Alexandre Jollien : Une rencontre plaisante et une rencontre ratée

Alexandre Jollien
Alexandre Jollien

Alexandre Jollien

Je ne suis pas philosophe…

Le hasard d’une télé ouverte un dimanche soir, et je découvre une personne aux allures bizarres, au langage difficile qui est acteur et philosophe : Alexandre Jollien.

J’avoue, malgré les commentaires de la personne qui était à mes côtés, que je ne le connaissais pas ; je me suis intéressé et sur le champ, j’ai commandé deux livres :

Éloge de la faiblesse : (MARABOUT)

C’est un petit bouquin de moins de cent pages, qui relate la vie de l’auteur dans sa jeunesse : établissement puis études. L’idée est bien trouvée, l’auteur s’interview lui-même par le truchement d’un Socrate imaginaire.

L’échange est vif, et intéressant.

Alexandre Jollien utilise avec brio ses pages pour présenter ses rencontres philosophiques et ses questions philosophiques sur la vie, sur sa vie.

Je retiens deux éléments essentiels.

D’abord l’amitié. Sa vie en établissement, son partage des faiblesses lui donne une réelle force dans la rencontre et l’acceptation de l’autre. Il a choisi, avec ses amis d’aller à l’essentiel. Parfois sans les mots, toujours avec des corps pas entièrement valides, mais avec des sincérités absolues. Pas le temps des fioritures avec des phrases menteuses, convenues, diplomatiques. Il connait l’amitié, et nous en fait rêver.

Ensuite, Alexandre Jollien par son expérience de l’intérieur a un regard sur l’éducateur qui me plaît bien. Pour ceux qui m’ont déjà lu, il m’arrive de m’emporter contre les théories fumeuses qui sont distillées dans l’action médico-sociale, particulièrement cette volonté de distance qui perche l’éducateur dans des nuages douteux. L’auteur s’exprime avec raison, sans débordement et sans colère. 

Il salue les éducateurs proches, et renvoie les défenseurs de la distance : « Le secteur social attire souvent des personnes à la recherche d’une certaine valorisation. Dès lors, le métier d’éducateur leur offre une chance d’endosser un rôle qui leur permet de s’affirmer. Elles « affichent » leur métier et jouissent ainsi presque d’un statut à part. Souvent, j’ai rencontré, dans cette profession, d’habiles raisonneurs, à la personnalité rigide, aux comportements incertains ; ils ne plaisantaient jamais, ne toléraient rien, s’énervaient facilement, prodiguaient des conseils qu’ils ne suivaient nullement. Malgré cela, ils accomplissaient tout ce qu’ils pouvaient afin de passer pour des maîtres. »

Aucune rancune dans ce livre, juste des constats, et énormément d’amitié.

C’est une perle de sagesse.

Cahiers d’insouciance (Gallimard)

C’est très rare pour moi, mais malgré mes efforts, je ne suis jamais entré dans ce livre. Les phrases s’additionnent, s’empilent et jamais elles ne me parlent.

Désolé, c’est moi qui entre en handicap. Je n’ai aucun avis sur ce livre, je « n’ai pas été invité à la fête » comme disait un ami.

Si un lecteur a les clés, je suis preneur.

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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