A propos du média franc-tireur à la liberté d’expression

Un média alternatif ? Par le journal abrasif
Un média franc-tireur ? Par le journal abrasif

A propos du Journal Abrasif ? Le média franc-tireur !

Être franc-tireur ?

– franc-tireur, francs-tireurs

Nom masculin

• 1. Soldat qui ne fait pas partie de l’armée régulière.

• 2. Dans un art, une science, dans un groupe quelconque, personne qui agit en isolé avec une complète indépendance par rapport aux autres.

• 3. Dans les armées de la Révolution française, soldat de certains corps d’infanterie légère.

Larousse

Au nom de la liberté !

Quand je pense à Charlie, je pleure encore. Je sais que le massacre n’est qu’un massacre parmi les autres. Je comprends que l’émotion, la colère, la combativité doivent se partager pour de nombreuses causes.

Si je pleure, si j’ai une émotion toute particulière, c’est qu’en fait très égoïstement, je pleure sur moi, je pleure sur les francs-tireurs, morts d’être francs-tireurs.

Les fourmis particulières.

Quand j’étais môme, je jouais dans le jardin familial à tuer les fourmis, à désorganiser les fourmilières. Armé d’une vieille pédale de vélo, je frappais, n’ayant aucune conscience de la souffrance animale. Il est possible que je méprisais les fourmis à cause de leur discipline. Je regardais leur organisation : des colonnes d’alimentation, des cimetières, une reine protégée, des fourmis sacrifiées pour permettre l’avancée de la collectivité. À voir ainsi, quoi de plus stupide qu’une fourmi qui ne respecte même pas sa propre vie.

Puis un jour, j’ai appris qu’il existe des fourmis exceptionnelles, des fourmis anarchistes, des fourmis francs-tireurs. Elles ne produisent rien, elles ne collaborent jamais, et profitent de la fourmilière.

Elles disent l’individualité dans ce monde de collectivité brutale.

Depuis, je veille à n’écraser aucune fourmi, au cas que ce soit une fourmi frangine.

La seule réponse au monde, c’est d’être un franc-tireur.

« La seule façon de traiter avec un monde non-libre est de devenir si absolument libre que votre existence même est un acte de rébellion » Albert Camus

J’ai derrière moi, une véritable carrière, j’ai aussi un périple finalement très particulier. J’ai déménagé très souvent, j’ai fait des tas de jobs, et j’ai donc croisé des dizaines de groupes, de société, d’institutions qui portent « la vérité ». Vous l’avez compris, à chaque fois, la vérité varie, mais la certitude ne varie jamais. Quoique vous faites, dès que vous entrez dans une collectivité, vous êtes dans la meilleure collectivité. Là, je vous parle de sport, de théâtre, de travail, d’association de communauté religieuse ou même franc-maçonne.

C’est impressionnant comment le groupe devient rapidement une prison de la pensée. Le projet est d’appartenir, d’être reconnu, de se plier aux rites.

J’ai souvent changé de fourmilière, car je ne suis pas sur terre pour faire vivre une petite collectivité.

J’ai un défaut terrible, j’ai un cerveau qui travaille sans cesse, qui pense et qui me rend malheureux quand on l’empêche de penser.

J’ai toujours écrit, et la plus grande partie de mes lignes sont parties au feu, ou dans d’autres labyrinthes.

À peine scolarisé, j’imaginais comment on pouvait enseigner autrement. À peine arrivé dans un nouveau service, je transforme l’organisation, à peine arrivé dans un groupe amical, j’envoie les bons leaders aller se faire voir ailleurs.

Ma réponse à la vie, au monde, c’est d’être un France tireur.

Le lien entre tout ça ?

En quatrième de couverture de « Le droit d’emmerder Dieu » (Grasset), Richard Malka, avocat de Charlie dit :

« C’est à nous, et à nous seuls, qu’il revient de réfléchir, d’analyser et de prendre les risques pour rester libres. Libres de nous engager et d’être ce que nous voulons. C’est à nous et à personne d’autre, qu’il revient de trouver les mots, de les prononcer, de les écrire avec force, pour couvrir le son des couteaux sous nos gorges.

À nous de rire, de dessiner, d’aimer, de jouir de nos libertés, de vivre la tête haute, face à des fanatiques qui voudraient imposer leur monde de névroses et de frustration… »

Être franc-tireur revient alors à une manifestation essentielle, existentialiste. Ce n’est pas une doctrine, un ensemble de pensées partagées. Ce n’est pas par exemple, l’anarchie. À bien regarder, les apports des francs-tireurs n’apportent aucun modèle de société… Pire, si vous cumulez toutes les réflexions, vous obtenez un désordre, un chaos. Être franc-tireur, c’est une position, pas une philosophie.

Un média franc-tireur, un média donneur de leçons ?

Les articles des médias francs-tireurs ne sont pas édulcorés, souvent l’auteur ne mâche ni ses mots, ni ses idées, ni ses dessins. Le média franc-tireur est irrévérencieux. Il ne s’attache pas à plaire ou à séduire, il dit, il crache, il vomit. Comme le média franc-tireur est composé de plusieurs articles, que les rédacteurs sont bien trop libres pour se concerter, les textes peuvent se contredire.

Pour illustrer, vous trouverez dans l’Abrasif, un article hommage à Tapie, et un autre (de moi) qui tire sur Bernard. Quand je lis l’Abrasif, certains articles me déplaisent, je n’aime pas le langage guerrier, par exemple. Parfois même, je renonce à la lecture. Je n’aime pas certains styles. Enfin, certaines affirmations m’interrogent, je n’ai pas encore réfléchi à certaines positions… Et qu’importe l’essentiel d’un média franc-tireur c’est son indépendance, pire c’est de regrouper des personnes qui agissent en isolé avec une complète indépendance par rapport aux autres.

Les rédacteurs ne sont pas unis par un même avis, un même ennemi, une même colère. Le média franc-tireur n’a pas de ligne éditoriale. Ils peuvent être pro vax, anti-vax…Pour faire écho à l’actualité
Selon moi, c’est une contradiction d’annoncer que l’on défend telle ou telle école de pensée. Moi, j’utilise la complexité, la dialectique, le marxisme, la systémie et bien d’autres outils… Mais c’est moi. Les autres rédacteurs font comme ils veulent.

Nos points communs, c’est de choisir d’écrire, donc de partager, évidemment dans le respect de la loi : pas d’accusations, pas de racisme, d’homophobie… Etc. Le média Franc-tireur est le contraire de la pensée unique. Les idées développées ont pour seule unicité, leur auteur. Exposer un avis, une idée est une invitation à la réflexion et une libération ;

Contrairement aux scientifiques, aux journalistes sérieux, nous pouvons écrire « le sans-abrisme : un génocide dissimulé ». Dans cet article, les chiffres sont réels, mais la conclusion n’est ni scientifique, ni politiquement correcte… Elle est un cri, une opinion. Si je voulais la démontrer, il me faudrait écrire un essai sociologique. Dans un média Franc-tireur, l’hypothèse est affirmée, criée, déplaisante. Chacun est libre de prendre sa plume, et d’essayer de débouter cette pensée.

Un média Franc-tireur, un espace démocratique ?

Il me semblerait bien présomptueux de s’autobaptiser espace démocratique. D’abord, le journal est écrit, et écrit sur la toile, donc loin d’être accessible à tous, même s’il est gratuit. Il ne peut être lu que par certains lecteurs, certains baroudeurs du web. Il n’est pas un espace démocratique, car en aucun cas, un média franc tireur n’est là pour faire société, pour organiser une société. Nous-mêmes, les rédacteurs, nous ne sommes qu’un ensemble d’individus distincts, chaque plume reste indépendante ; s’il fallait construire une société, ou simplement concevoir un projet de société, il nous faudrait harmoniser nos positions. 

Je ne sais pas pour les autres, mais je n’ai absolument pas pour projet d’être d’accord avec qui que ce soit. Non pas que mes opinions soient immuables, au contraire elles sont sans cesse malaxées par des échanges et des lectures, mais le seul accord qui m’intéresse, c’est celui que je conclus avec moi-même.

La parole de l’un autorise la parole de l’autre ; le mot permet de réfléchir, d’élaborer. Il n’est pas là pour convaincre.

D’ailleurs, regardez ce mot, il signifie en fait vaincre l’autre. Encore un relent de guerre. Un média franc tireur ne cherche pas à rallier des voix, mais juste à laisser entendre des voix. Toutes sortes de voix.
Parfois, ce sont des voix qui déraillent un peu, des voix fautives d’orthographe et de syntaxe, des voix incohérentes, jazzées, ou funky…


« Définition : Web Journal d’actualités des oubliés de la France et du monde, préférant traiter des sujets aux thématiques peu médiatiques, de façon brutes et corrosives (parfois), mais sans langue de bois tout le temps ; la précarité sociale, la santé mentale et physique, les violences du monde, les guerres, les coulisses du WEB, les cultures obscures diverses et variées, sont nos catégories de prédilections. »

L’essentiel est l’existence. Comme pour la fourmi. Comme pour Charlie.

« Selon la définition du journal abrasif, un média franc-tireur est un journal numérique indépendant qui ne mâche pas ses mots, qui est sans langue de bois et n’a aucune influence politique. Son orientation politique est souvent droite, gauche et centre. En effet, un média franc-tireur préféra laisser la parole à tout le monde, car tous les humains ont le droit de s’exprimer, mais éradiquera les extrêmes droites ou gauches.
Un média franc-tireur est aussi un quotidien papier ou numérique, voire encore les deux, mais c’est surtout un résistant qui ne se fera pas manipuler par l’opinion politique. »

Un média Franc-tireur, un journal corrosif ?

Pas que, surtout pas que corrosif…Le Média Franc-tireur n’a pas pour projet de faire société, mais il est une composante de la société. Il veille à l’expression des critiques, évidemment, mais aussi de douceurs. Un rédacteur peut partager ce qu’il souhaite, son attachement, son respect pour une personnalité Joséphine Baker, Sœur Emmanuelle, un rédacteur peut aimé un livre, un film. Il peut être poète, romancier, dessinateur…

L’expression est polymorphe. Parfois, elle décrit une humeur, une tumeur, une folie, une caresse. Il est inutile de s’enfermer dans un style unique, le corrosif.

Et il est vrai que le corrosif est essentiel, car il éveille, à sa façon, il permet de se démarquer et surtout d’inviter à penser par soi-même. La poésie, la douceur, la folie n’ont pas assez de forces pour faire réagir… Par le biais d’un média.

Un roman peut avoir beaucoup plus de sens, et d’efficacité que nos pages, mais c’est un autre exercice. Un journal est un acte limité dans le temps, incisif, plus facilement proche de l’uppercut que du câlin.
Néanmoins, le franc-tireur s’autorise tout, et toutes les formes !

 Le journal Abrasif, qui est derrière ?

Le créateur, c’est Lionel :
Lionel Belarbi
« Sur ce blog, je traite et analyse des sujets d’actualité qui me font frémir de délire, sans avoir un avis journalistique ou autres, j’exerce en toute impunité. Écrivain bipolaire à la plume corrosive, poétique, parfois humoristique ou tragique, mais toujours authentique. Merci de me signaler les fautes d’orthographe, elles sont nombreuses et je m’en excuse par avance. »

Lionel, est le créateur et l’animateur du journal. Ses écrits sont souvent sans nuances, authentiques, c’est certain. A défaut de diplomatie dans sa plume, il réalise l’exploit de faire vivre ce média Franc-tireur, et surtout sans imposer de filtres de réunir environ une trentaine de rédacteurs, très différents :

Diane [Auteur]
« De formation, je suis psychanalyste Reichienne ce dont je suis fière : Reich, bien loin de ceux qui ont appauvri l’humain dans toutes ses dimensions ! J’ai suivi les cours de Jacques Lesage de la Haye Personnage haut en couleur connu pour ses manifestes contre la psychiatrie. »
Diane est armée d’une plume et de réflexions. Elle ose, elle surprend…

Cyrille Loiseau
Cyrille est scénariste, illustrateur (au lavis, puis avec du café – d’où la couleur ocre et pour Passagers des rêves à l’aide de rudiments d’informatique).

John & Roy
Ancien ouvrier, pensionnaire à la clinique psychiatrique de la borde (malheureusement) depuis 19 ans

Serena Davis
Née en 1985, Serena Davis est une écrivaine inclassable, auteure de deux ouvrages récents, une comédie romantique moderne « Les chats retombent toujours sur leurs pattes » et un roman mélodramatique sur la combativité féminine « Les pendules ne sont pas toujours à l’heure » coécrit avec sa maman, Mary White.

Patrick Huet
Je m’appelle Patrick Huet. Je suis écrivain et j’habite à Lyon. J’écris aussi bien de la poésie que des romans et des livres de voyages. Ce qui me passionne surtout, ce sont les romans d’aventures, la fantasy et la science-fiction.

Electra Editrice
Je suis comme je suis, merci de me lire

Léonel Houssam
Léonel Houssam, rédacteur, romancier et biographe français né en 1973. Connu entre 2005 et 2013 sous le pseudonyme Andy Vérol, il s’attache à écrire le monde sans filtres ni concessions.

Patrick Hakiza (Journaliste)
Patrick Hakiza, journaliste congolais vivant en Ouganda et directeur exécutif de l’organisation » jeunes journalistes sans frontières « Kampala ouganda.

The Perturbator
« Les GJ et autres mouvements sociaux réagissent par l’émotionnel Je vais donc réagir par le rationnel. »

David Lerenard
Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d’habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d’action sociale auprès de demandeurs d’asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d’aide à la personne, l’auteur n’a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

Et d’autres volontaires…

Le journal Abrasif, en vrai, c’est quoi ?

Au commencement sur LJA par Lionel Belarbi
Le journal abrasif ne donnait la parole qu’aux oubliés du système, pour les invisibles de la société. Seules les actualités peu vendeuses et laissées à l’abandon étaient traitées par nos rédacteurs. Aujourd’hui, le journal abrasif est un journal gratuit et sans publicité pour les lecteurs qui n’ont pas les moyens de s’acheter un abonnement hors de prix pour un magazine d’information, et ce, même de qualité.

Et maintenant ?

L’œuvre échappe au créateur et à tous, car le nom l’indique, Média franc-tireur donc journal composé par des francs-tireurs  (dans un art, une science, dans un groupe quelconque, personne qui agit en isolé avec une complète indépendance par rapport aux autres.)
Le Journal Abrasif est une exception a toutes les règles. Très tôt, nous apprenons que pour réaliser un projet, il faut apprendre à travailler ensemble, savoir faire des concessions. Nous apprenons aussi qu’il faut veiller à satisfaire le public, qu’il faut faire des concessions…
Eh, bien rien de tout cela, le journal est sur le principe de l’auberge espagnole, on y trouve ce que l’on apporte.

Le lecteur ?

Parfois, certains articles dépassent les mille vues, d’autres fois, il se contentera de quelques centaines. Mais il n’y a pas de soumission à cet « audimat ». Le lecteur choisit. Parfois, il réagit. C’est prévu, il peut commenter. Il y a peu de réactions. Si les articles provoquent, ils ne provoquent pas forcément le débat. Il s’agit d’opinions, d’analyses, de témoignages.
Le souhait que je formule, c’est que chaque texte trouve au moins un lecteur, il est écrit pour cela.

« L’écriture par David Lerenard
Écrire est pour moi un double devoir. Sans ordre préconçu, il s’agit d’une part d’une lutte contre l’endoctrinement, la bêtise, les idées prémâchées, prédigérées, en un mot œuvrer contre le simplisme, et accepter le complexe, là où on ne sait pas tout, là ou le noir et le blanc se côtoient. Écrire est aussi un cri de liberté, un cri de promotion de la personne, un humanisme. Si l’écriture ne nous fait pas grandir, elle est vaine.

Deux phrases qui résument ma vision :
« Le simplisme, c’est l’ensemble des stratégies qui visent à supprimer une ou plusieurs caractéristiques de la pensée complexe… »
François Balta « la complexité à la portée de tous Une nécessité citoyenne »
Erès

Le métier d’artiste, c’est de faire passer au singulier des émotions plurielles. Nous sommes les haut-parleurs des anonymes.”
Guy Bedos / Revue de presse – 1990
»

Artistes ou journalistes ?

Ni l’un, ni l’autre… On l’a vu, dans la présentation, beaucoup sont des artistes. Mais au sein du journal l’abrasif, ils deviennent des rédacteurs. Chacun contribue à sa façon, avec ses talents, ses capacités.
Ce n’est pas un média franc-tireur écrit par des élites.

Parmi les rédacteurs, peu sont journalistes, l’Abrasif n’est pas un journal d’infos. Nous commentons, nous rediffusons des infos, mais nous n’avons pas de scoops… Même s’il arrive que par déduction, nous envisagions la suite des évènements. Un média-franc tireur ne peut pas prétendre plus que d’être un outil d’expression, sur l’actualité et tous les sujets qu’il souhaite. Il est essentiel que les rédacteurs soient différents, avec des histoires de vie de tous les horizons. Evidemment, il ne s’agit pas d’une communion, uniquement de contributions au sein du même outil.

L’idée de ce patchwork sociétal est en soit une rébellion. Un refus des experts, du contrôle de la pensée et de la parole. La société a sans doute besoin de penseurs professionnels, mais elle a surtout besoin d’amateurs , de personnes spontanées qui aiment simplement partager et qui ne dépendent de personne.

Un média Franc-tireur, un média gratuit ?

« Le journal de l’Abrasif est gratuit, même s’il peut couter à son créateur. La gratuité est le prix de l’indépendance. On le sait d’autres médias Francs-tireurs sont payants mais surtout fiancés par des intérêts privés. Ils sont donc payés ou achetés par quelqu’un, c’est antinomique avec la volonté Franc-tireur.
Le fric est l’instrument de l’aliénation. Chaque salarié le sait très bien ;

« Le Journal Abrasif des oubliés (Média Franc-tireur)
Le Journal Abrasif fonctionne grâce au volontariat, il est géré par des auteurs bénévoles, il est également contre le fait de vendre ses espaces d’éditions pour la publicité et de demander la moindre rétribution à ses lecteurs. Sauf les dons en argent sont acceptés, et aussi en chocolat.
En clair, c’est un journal gratuit et sans pubs à la con… STOP PUB ! On déteste ça, alors pourquoi le faire subir aux internautes ?

Les finances du journal des oubliés

Financièrement, ce journal à un coût de fonctionnement technique annuel de 1200€ environ. Le paiement est gracieusement assuré par Lionel Belarbi, auteur de la psychothèque ou la communauté des fous (Témoignage corrosif sur la psychiatrie en France). Les maigres royalties du livre, 100€ en moyenne depuis 2015 à fin 2019 serviront peut-être à payer les noms de domaine et les certificats SSL, mais certainement pas le serveur et les heures de maintenances techniques réalisées par notre prestataire internet IONOS – 1&1. Nous demandons à présent, des dons de 1€ minimum, qui serviront à payer le matériel. Sans aucune obligation bien sûr ! Votre journal reste gratuit à 100% »

Le prix de l’argent.

L’argent est nécessaire pour fonctionner, malheureusement. Ce que l’on sait peu, c’est que l’argent coûte très cher, mais pas qu’en monnaie. Le fric est à la fois l’expression des rapports de force, et à la fois le ciment des sociétés. Pour fonctionner, il faut du matériel, des services, il faut donc entrer dans des dépendances, se rendre vulnérable. Acheter, c’est accepter que l’on est insuffisant et se rendre dépendant de l’autre qui a ce dont on a besoin. C’est un rapport de soumission, un rapport de force.

Le fric, c’est également une reconnaissance communautaire, une identification. Gagner des euros et dépenser des euros fait de nous des Européens. (par exemple). La question de l’argent, donc du budget crée dans toute communauté (association, club…) un lien, une responsabilité commune… donc une organisation.
Pour une bande de francs-tireurs, la question n’est pas aisée. Elle est même antinomique, adieu la complète indépendance.

Dur d’être puriste dans un monde capitaliste ! Quel avenir pour le média franc-tireur Abrasif ?

Le journal a deux ans, et c’est indéniablement un exploit. Un exploit, car il draine du monde pour son écriture et pour sa lecture. Il est vivant, et il est toujours « un petit journal ».
Va-t-il grossir, doit-il grossir ?
Grossir, cela veut dire plus de lecteurs, plus de rédacteurs.
L’un et l’autre sont liés. Plus de rédacteurs amène par voie de « copinage » plus de lecteurs. On peut espérer, également, que plus de rédacteurs amène plus de diversité, plus d’intérêt.

L’augmentation du nombre de rédacteurs est dans tous les cas de figure une bonne chose. Plus de francs-tireurs permet plus de richesses, et de découvertes. Aucun rédacteur, actuel ou futur n’est suffisant pour couvrir les besoins d’expression. Chacun a ses domaines, ses folies, ses facettes, mais le monde est immense.

Plus de lecteurs, ce serait souhaitable, pour notre égo, bien sûr, mais on peut l’espérer pour la richesse des échanges, et car les écrits ont (je pense.) un sens.
L’ambition n’est pas commerciale. Quand un article est lu par cent ou mille personnes, cela ne change rien à la qualité de l’article. L’auteur est plus flatté avec mille lecteurs (moi, oui, je l’avoue). Chaque article est écrit quand il porte un message. Aucun rédacteur n’est assez fou pour communiquer avec l’espoir de n’être pas lu, pas compris. Quand, par exemple, Diane s’insurge contre les violences faites aux femmes, elle espère (je suppose.) alerter les femmes et les hommes.

Pour ma part, je ne fais pas la course aux lecteurs pour mes bouquins, je n’aime absolument pas la commercialisation. J’écris d’abord pour me libérer de mes pensées, et vite passer à d’autres. … Mais, j’aime bien de savoir qu’un texte est lu, voire apprécié.

Donc, il faudrait que le journal de l’Abrasif grossisse ?

Ce n’est pas une mauvaise idée, mais quel est le prix ? J’ai vu, par exemple, des associations grossir, une période, on m’a confié un secteur avec sept établissements ou services, trois ans après, il avait doublé…mais comme disaient certains salariés… Je jouais au monopoly, et surtout, j’avais perdu la richesse de la relation avec les personnes. Pire, les dirigeants nationaux sont devenus des ogres (du social) et ont perdu toute déontologie. 

Cela s’appelle l’implosion. Le journal peut grossir, et se prendre la grosse tête, il peut grossir et devoir « être sérieusement géré » financièrement et rédactionnellement.
Demain un comité de lecture qui censure les « mauvais écrits » pour le bien de tous ? Un comité de gestion pour faire le choix des bons sujets ?

Voici le paradoxe : être franc-tireur signifie « ne pas faire société », être un gros journal signifie devenir une société. Peut-on être franc-tireur en créant (ensemble) une société, même une micro société ?
Pour grossir, il faudrait, non pas être un journal franc-tireur, mais un journal de francs-tireurs. C’est-à-dire une structure organisée, donc dépendante de plusieurs facteurs, qui donne le droit d’expression à des francs-tireurs, qui se moquent éperdument de la structure mère.

Liberté chérie…

On le sait, la liberté n’existe pas vraiment, c’est une utopie. Le franc-tireur n’est pas complément indépendant, il faut bien qu’il mange, qu’il entretienne son égo.
Néanmoins, l’espace qu’est l’Abrasif, média franc-tireur est une anomalie intéressante. Une anomalie qui ne garantit pas la qualité des parutions, ni la régularité de celles-ci. L’abrasif dans sa forme actuelle garantit une authenticité « brute », spontanée, gratuite.

Et ce n’est pas rien. Même si la comparaison est prétentieuse, les dessins de Charlie, les textes de certains poètes sont de cette race, de ce dérangement, cette perturbation indispensable…

Et pour résumer, l’important, c’est la prose ….Alors souhaitons que l’abrasif gratouille encore longtemps…

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

4 Responses

  1. Avatar photo diane dit :

    Présente ! 🙂

  2. merci lionel et l’équipe de lja: je découvre cette présentation de toutes et tous..
    les mots alignés là pourraient être les miens, mais vous savez le faire mieux..
    pourquoi me rapprocher de vous aujourd’hui? diane m’avait donné le lien il y a des mois, et j’avais envoyé quelques commentaires..
    écrire est une obligation pour survivre, et ça le restera longtemps pour moi: au monde ignoble qui nous entoure, c’est pas nouveau..mais parce qu’aussi ça peut servir aux générations actuelles qui n’ont pas forcément les bons outils ,armes ou réflexions pour continuer à aller de l’avant: nous ne sommes que les emprunteurs éphémères de la terre: il est indigne qu’on la laisse au futur dans cet état : le royaume du fric nous a pervertis jusqu’à ‘y consacrer toute notre vie …
    cela n’empêchera pas (au contraire)que je continuerai à soutenir financièrement malgré ma retraite d’ouvrier-paysan(1036e):elle me permet de donner un ptit quequ’chose à pas mal de monde sans trop me serrer la ceinture..c’est aussi d’agricultures et de luttes que je parlerai bientôt..pardon, que j’écrirai: c’est un peu la même chose?
    bien à vous

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