|Précarité| Femme ayant 1000 diables administratifs à ses trousses

Solidarité Sophie femme isolée précarité

Tous les diables administratifs se ruent actuellement sur moi…il

Ceci est la présentation que j’ai préparé pour mes « amis » virtuels (ou réels) des réseaux sociaux…

Avant que vous ne lisiez mon texte, j’aimerais préciser que je ne suis pas seule dans mon cas… Voici déjà deux ans que je sillonne l’Europe à la recherche d’un avocat ou d’une association qui veuille bien me défendre – et oui, il y a plein d’escrocs pour vous faire miroiter que, à l’heure du téléphone et de FaceTime, il vous faut vous déplacer à Toulouse, Bordeaux, Stuttgart, Berne, Madrid, Séville, Coimbra ou ailleurs pour les rencontrer et qu’enfin vous aurez accès à la justice, et que non, ce ne sera pas de l’argent dépensé pour rien – et des gens comme moi, j’en ai vu plein… Enfants mal aimés, parfois victimes d’actes très graves, la justice nous a été déniée dès l’enfance et le sort semble s’acharner sur nous. La vie nous est difficile, entre les séquelles des traumatismes anciens et un monde consensuel où il ne fait pas bon réclamer le statut de victime, puis, soudain, le ciel s’éclaircit, un héritage, une chance, arrive enfin, la vie si dure va devenir jolie, on va pouvoir manger à sa faim… Helas non, la société veille, et au malheur des vaincus s’ajoute l’opprobre au messager… Quoi ? Cet ancien enfant martyr pourrait enfin faire entendre sa voix ? Comment ? Cet ostracisé du système pourrait en devenir membre à part entière ? Pourrait parler ? Accuser ? Renvendiquer ?

La société toute entière alors se met à harceler l’innocent aux mains vides, banques, impôts, eaux, logement, téléphone, tout se déchaine pour laisser l’innocent démuni. Nous sommes si nombreux, à travers l’Europe, à mendier devant vos supermarchés… Partout l’histoire est la même, vous pourrez l’entendre vous même, si vous laissez parler les innocents…

Ils disent : je ne comprends pas, je vivotais tranquillement, d’un coup j’allais toucher une somme d’argent et je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai perdu mon logement, les assistantes sociales ne m’ont pas aidé, les notaires m’ont escroqué, j’ai perdu mes papiers et… regardez le ce triste sourire à chicots… regardez cette main qui n’ose se tendre, sondez ces yeux de myope des éternels enfants…. animée d’un courage que je ne savais pas trouver j’ai écouté mes camarades, j’ai vu ce qui m’attendait et ai décidé de me battre… aujourd’hui je suis usée et n’ai plus beaucoup d’espoir… Dans un dernier effort, avant de rejoindre la cohorte des enfants battus du bord de la route, alors qu’amaigrie et frappée je sortais d’un foyer où l’on m’avait malignement attirée en me promettant une aide administrative qui n’est jamais venue, j’ai écrit le texte ci dessous et l’ai lancé sur internet…

Ami qui lit ces lignes pense à moi, pense aux autres et sourit aux malheureux mourant dans les fossés de l’Europe et du monde. Je fais partie des oubliés du monde. S’il te plaît, envoie moi des sous…

Impôts, foncier, eau, caf, sécu, logement, banque, notaire, avocat, relogement, rsa, travail, pôle emploi, as…
Ça fait au moins 10 ans que TOUT VA DE TRAVERS RÉGULIÈREMENT, que des diables administratifs se déchaînent épisodiquement en cascade autour de moi…
Je m’en suis toujours sortie mais là c’est pire que pire…

Sophie

Chaque fois que je pensais toucher un héritage (on en est à trois spoliations) tout se déchaînait autour de moi, cela me coûtait à chaque fois une énergie nerveuse indicible mais je suis toujours arrivé à gérer et à démêler seule d’incroyables embrogliaminos administratifs, qui, paraît-il, « n’arrivent qu’à moi ».

Mais là c’est TOUT EN MEME TEMPS depuis plus d’un an !!!

Je ne peux plus suivre le rythme des accusés de réception et prends les coups administratifs et moraux en avalanche.

J’essaie de rester zen mais parfois j’en deviens apathique, à geindre à tweet bas sur le Web, tel un Job moderne sur son tas de fumier numérique.

Je n’ai officiellement plus de logis et vois régulièrement bafouer le moindre de mes droits…

J’écris courriers sur courriers, qui la plupart n’arrivent pas, même en recommandé, ou du moins c’est ce qu’on me dit, je téléphone , je maile à différents services : ccas, département, associations, délégués en mairie, députés, absolument sans effet !

On me refuse les 3/4 des rendez-vous et jusqu’à un simple geste d’humanité (bah, ce dernier vendredi, après plusieurs rendez-vous au téléphone et en présentiel – oui, en plein confinement – on m’a finalement refusé « d’aller à La Croix rouge » et « on » me supprime les tickets d’achat alimentaires (je croyais que c’était valable pour tous les précaires, pas que pour moi, mais il semble qu’il y ai un tri, car les maraudes que l’on m’a dit fini existent bien encore, c’est affiché près de la gare…

Tout ceci ne se passe pas que à que à BAYONNE, je précise, car j’essaie quand même de voir les choses d’une manière systémique, et de m’élever « au dessus du débat », le débat étant lui même assez frustre, et composé presque exclusivement de demandes d’aide de ma part et de refus de la part de différents membres des sévices sociaux…)

Bref je n’ai plus de logement, des huissiers véreux sont entrés chez moi un jour d’absence et ont déclaré mon appartement, tout plein des petites choses de toute une vie, abandonné, le juge a suivi, le bail a été repris , on refuse de m’aider à faire mon dossier HLM (je l’ai fait quand même, seule) et des tas de galères pas possible que je peux développer et étayer m’arrivent avec tous les services de l’état (surtout la sécu, les impôts et la caf) .


Le secrétariat des femmes m’a dit faire des démarches, j’ai eu enfin un rendez vous (refusé depuis juillet 2019 par alternativement la maison de la solidarité départementale et le CCAS de ma ville, Bayonne) et voilà qu’on m’y refuse officiellement jusqu’à un ticket d’alimentation sous prétexte que « aucun droit ne sera ouvert pendant le confinement » (qui est fini pour tout le monde, sauf pour les vieux, les malades et les fous, il faudrait bien que quelqu’un s’en inquiète, un jour, de cette « sécurité sanitaire » à deux vitesses)

Pourtant je fais tout dans les temps et dans les règles et essaie de respecter les formes et les réglementations, malgré certains «conseils » malicieux (de nombreux travailleurs sociaux ont tenté de me dissuader, par exemple, de faire ma déclaration d’impôts ou ma déclaration de RSA ce moi ci) et quand j’essaie d’obtenir une aide administrative, et soit on ne me répond pas, ou bien on me répond à côté…

En outre ici (je parle de moi, de ma peur d’avoir faim, mais je ne suis pas seule dans mon cas) la maraude alimentaire du soir ne passera plus – que deux fois par semaine, et pour les gens qui mangent pas mal, comme moi, car je fais plein de sport pour me passer les nerfs, c’est une catastrophe… Un mois de foyer j’ai perdu 3 kg, certains de mes camarades engraissaient, pourquoi ?
En fait si tu es précaire l’alcool c’est la seule manière d’avoir de la calorie, l’alcool c’est beaucoup, cela coupe la faim et donne de l’entrain, et il est plus que bien vu d’en consommer de la part de ceux qui sont payés pour nous aider, mais je me refuse à y plonger…

Il me faut de la bonne nourriture tous les jours car réfléchir et apprendre ça creuse aussi, car j’apprends plein de choses mine de rien, depuis 6 mois que je n’ai plus de chez moi, je passe un temps fou à écrire à telle ou telle administration, aux impôts, à la caf, à l’ordre de ceci, l’ordre de cela, au ministère, (celui que j’appelle «le ministère» c’est le ministère de la solidarité, au secrétariat d’etat – femmes- à appeler souvent mon assurance (car je ne comprends rien à toutes ces lois et à ces règlements qui interdisent qu’on me propose aucune aide et qui entend que le droit ne s’applique pas à moi).

« Allez au CCAS » me dit-on, oui mais le CCAS de BAYONNE me dit qu’il n’aide pas les femmes, ni les femmes seules, ni les familles, uniquement les hommes célibataires « car ils sont plus nombreux » et qu’il faut aller voir le département – qui me dit que je dépends du ccas ! Je téléphone aux femmes, qui me dit de saisir le médiateur, qui m’envoie vers la déléguée départementale, qui refuse de m’aider car « il y a trop de choses et en plus, je n’ai pas que ça à faire je dois garder ma petite fille »…

Je ne sais plus où aller pour avoir des renseignements et de l’aide.

Malgré cette débauche de démarches depuis un an, ma situation ne cesse de se dégrader, on me refuse de signer quelque chose puis le même organisme (mais via un bureau different) me menace de sanctions car je n’ai pas signé le fameux papier dont on me refuse la signature, on m’envoie des huissiers pour des sommes illégitimes, je reçois des menaces de boîtes de recouvrement pour des choses qui n’existent même pas, j’ai 10 trucs urgents par semaine et là je finis par être fatiguée…

Parfois j’obtiens un maigre résultat, un rendez vous ou un appel, le plus souvent anonyme et sans effets – cela « bloque » sans doute au niveau inférieur, un employé ne veut pas /ne peux pas envoyer la lettre/chèque/appel qui résoudrait la situation, et le confinement a encore tout empiré, certaines para administrations me demandant de rappeler début juillet, pas avant.

(Rappelons que ma situation a vraiment commencé à déraper il y a un an et demi et que je ne cesse de demander de l’aide depuis lors, aide au sujet de laquelle on me donne rendez-vous 6 semaines après puis il n’y a personne au rendez vous, les choses pourrissent, j’ai des pénalités puis (épilogue de 18 mois de démarches) toute aide : loyer, électricité, eau, nourriture, vêture (ça j’ai pas besoin mais qd même) m’est refusée (vous faites vos démarches trop tardivement ») ce qui empire bien sûr ma situation…

Certains bénévoles de La Croix rouge marmonnent des trucs comme quoi je serais « blacklistee »…

Tous les « pauvres » savent que ce cas de figure – être blacklistee – existe, mais mon cas est si extrême, qu’il faut vraiment aimer KAFKA par cœur pour s’en sortir… moralement du moins, encore que le pauvre kafka n’ai pas eu une bonne résolution de ses problèmes…

Parfois des choses se passent et aboutissent a un effet tout à fait contraire au but escompté (comme « aller en foyer »)

J’ai accepté au début du confinement d’aller en foyer afin d’être prise en charge par un/des travailleurs sociaux.

Je voulais absolument signer le contrat d’engagement réciproque du RSA (obligatoire pour le bénéficiaire au bout du premier mois, et dont on m’interdit la signature m’interdit depuis 11 mois) qui me permettrait de travailler en « contrat aidé » et de ne pas voir mes droits au RSA suspendus comme le département m’en menaçait.

On m’a dit (un travailleur « issu du social » ) : « COVID 19, c’est une crise sanitaire, ça va durer des mois, la seule solution pour voir un travailleur social (qui doit me faire signer le contrat réciproque obligatoire) c’est d’aller en foyer de confinement sdf.

J’y suis allée, on m’a refusé toute aide administrative (et pire encore) j’en suis partie au bout de 3 semaines, amaigrie, enragée, avec une foule d’anecdotes, et des nouveaux « amis » – assez embarrassants socialement, mais aucune résolution de mes problèmes, et aucune rencontre de l’assistante sociale promise et qui avait motivé mon arrivée. On m’a refusé la domiciliation promise au départ, et mes prétentions à m’en sortir ont été raillées et moquées par ceux la même qui auraient dû les encourager.

J’ai perdu beaucoup d’affaires, beaucoup d’énergie, et beaucoup d’illusions, j’ai été traitée (je n’étais pas la seule) comme on ne traiterait pas un chien – j’ai d’ailleurs mis des impressions « sur le vif » sur mon twitter
@Parole_auPeuple et tout ça pour quel résultat ?

Rien

Enfin si :


Reprise du tabac, trois semaines à zigzaguer entre les joints et les bouteilles de whisky autorisées dans ce foyer d’Anglet, ordi cassé, lunettes cassées, inscription ANPE non renouvelée – j’avais des problèmes avec mon opérateur on m’a refusé de mettre à jour depuis l’ordi – allergies maximales (y’a même pas de taie d’oreiller en foyer) 3 kg de gras en moins, 3 tonnes de désespoir en plus…

J’ai tout fait, j’ai gravi toutes les montagnes, cela fait 10 fois que je hisse mon boulet administratif jusqu’au (presque) sommet …
mais il y a trop de choses à faire, et je suis dans une extrême précarité qui ne facilite pas la concentration et les idées claires… sans ordi comment faire tout ce secrétariat ? Sans repas comment avoir les idées claires ?

En plus mon compte bancaire a été piraté, j’ai un trou énorme, la banque postale a laissé filé bien au delà de mon découvert sans me prévenir de rien (pourtant j’ai une convention très chère et on aurait dû m’appeler) et on m’a encore redit hier qu’ « on » ne m’ ouvrirait aucune ligne d’aide.

Je suis persuadée qu’on me pousse à être désespérée.

Si vous me lisez sachez que j’ai vraiment besoin d’aides.
Aides matérielles, morales et/ou financières.

Ceux que j’ai de famille ne veulent pas m’aider et m’ont au contraire enfoncée ces deux dernières années (car il y a cette histoire d’héritage en plus dont je n’ai pas touché un sou) à coup de procès iniques pour demander ma tutelle ou que je sois dépossédée de biens immobiliers, ce qui m’a fait dépenser toutes mes pauvres petites économies en avocats véreux qui m’ont tous trahie.

Je n’ai plus de ressources propres et ai dépensé mes maigres subsides à coup d’avocats ripoux, de déplacements, d’amendes, de majoration, de déplacements pour des rendez-vous non honorés etc.etc.

Je n’ai plus d’idées…

Il ne me reste qu’à prier le ciel (et je le fais) et à implorer le bon cœur d’internet.

Svp aidez moi !
Et vite…

Pour m’aider :

Western Union et Moneygram, dons en tickets restaurants, bons d’achats, bons d’essence, monnaies locales, à-valoir dans des magasins, cartes Amazon, Leclerc, Carrefour ou autres acceptés bien volontiers.

Pour les modalités de remises manuelles voir avec le mail.

Pour tout contact :

Sur Twitter @parole_Aupeuple

Mail : contact@lejournalabrasif.fr

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Sofité [Auteur]

Sofité [Auteur]

Mauvaise tête mais bon cœur, d’après ma grand mère, « trop intelligente pour son bien » au lycée, je n’ai pas eu la chance de tomber sur les bonnes personnes. Partie de rien je ne suis arrivée à rien, mais toute seule (comme disait Grouchko Marx) néanmoins, même si la vie ne m’a pas fait de cadeau, je m’émerveille encore de la beauté du monde et une fleur ou un coucher de soleil savent encore me tirer une larme de ravissement... j’aime rire, manger, et la poésie, et ai une passion (malsaine selon certains) pour la compta.

1 réponse

  1. Diane [Auteur] Diane [Auteur] dit :

    Chère amie,
    Tu fais partie de cette catégorie de personnes que l’on n’aide pas sous prétexte qu’intellectuellement tu es parfaitement capable de t’en sortir seule. Je le sais parce que j’ai connu et qu’une assistante sociale a eu au moins la franchise de me sortir ces mots. Mon père disait : lorsque tu demandes de l’aide par courrier force toi à faire des fautes d’orthographe ça fait plus pauvre !
    Déjà tu devrais partir loin non pas pour fuir mais pour recommencer ailleurs, ça aussi j’ai fait…
    Courage et au plaisir de te lire et de t’aider

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