Tirs à balles réelles : Le con ! Il est mort pour de vrai

Tirs à balles réelles
Tirs à balles réelles

Tirs à balles réelles

« Quand les forces de l’ordre ont l’ordre d’être fortes »

Partout, absolument, partout, les manifestations sont contenues puis réprimées par les forces de l’ordre. Qu’elles soient militaires ou policières, les forces de l’ordre ont un pallier de tolérance, un seuil limite où les sommations se transforment en « balles réelles ». Très cynique cette expression, balle réelle, signifie-t-elle avant, on jouait, on était pas vraiment mort… Ou juste un peu blessé.

Il arrive donc un moment, ou le jeu cesse, l’ordre établi se sent en danger, et ne plaisante plus, ne discute plus, il tue.

Pour mémoire dans ces derniers temps :

• Aujourd’hui Le Monde avec AFP

Aux Pays-Bas, des blessés par des tirs de la police lors d’une « émeute » à Rotterdam

• Publié le 07 novembre 2021 Le Monde avec AFP

Au Soudan, des manifestants contre le coup d’Etat dispersés à coups de grenades lacrymogènes

• Mercredi 5 Mai 2021

Colombie. À Cali, la répression tourne au carnage, la police tire à balles réelles.

• Publié le : 09/03/2021 

Sénégal : une vidéo documente des tirs à balles réelles sur la foule à Dakar.

• Mis à jour le 12/08/2020 

Chaos à Hongkong : tirs à balles réelles et homme brûlé vif

• 11 nov. 2019

Biélorussie : tirs à balles réelles, plus d’un millier d’arrestations.

Évidemment et malheureusement cette liste n’est pas exhaustive. Selon les pays, et selon les situations politiques, le seuil de tolérance est plus moins proche. Quels sont las facteurs qui déterminent le danger pour « l’ordre » ?

Au feu les pompiers !

Quand les évènements ont lieu dans un pays totalitaire, personne n’est étonné de voir l’armée ou la police tirer sur les manifestants. En Birmanie, par exemple, les militaires au pouvoir sont venus explicitement détruire la démocratie. Ils sont dans une logique de refus du débat, de la contradiction… Alors l’argument ultime est la force et le meurtre. Les coups d’Etat se sont enchaînés en Afrique, et le même raisonnement s’applique : « On ne discute pas, on tue ! »

En Europe, ce genre de fait est plus rare, certes parfois, on frôle la catastrophe, en France, on fait des tirs de grenades tendus, mais on tue « par accident ». Hier, c’est à Rotterdam, que la police a tiré, certes sans tuer…Mais par chance.

Comment un Etat peut-il se sentir tant en péril, au point de viser son peuple ? Prenons des exemples chez nous ? Aujourd’hui aussi, la Guadeloupe est en feu :

« Guadeloupe : blocages et manifestations contre le pass sanitaire ».

Des bâtiments et des véhicules brûlent, le couvre-feu est mis en œuvre immédiatement. Les forces de l’ordre sont sur le qui-vive. Et la question est intéressante : qui vit ? L’ordre avec son pass sanitaire, les anti-vacs et leur refus, les voyous qui brûlent et pillent … Qui doit vivre ?

Pour mémoire, sur l’île voisine, la question s’est posée il y a peu.

« Martinique : des policiers visés avec des balles réelles, le retour du couvre-feu vire à l’émeute

Les tirs à balles réelles sur les forces de l’ordre dans la nuit de samedi à dimanche inquiètent les autorités et les syndicats. »

Publié le 04/08/2021 : Oui, le maintien de l’ordre est bien une bataille pour imposer ou maintenir un ordre. L’Etat et les forces de l’ordre peuvent se sentir menacés. Mais la menace pour l’Etat et pour les forces de l’ordre ne sont pas de même nature…

Les risques pour les forces de l’ordre…

Les forces de l’ordre sont composées d’hommes, avec des idées, des besoins, des réactions. Dans les moments « chauds », ils craignent pour leur vie. Ils ont choisi d’être là, en uniforme. Ils ont choisi par conviction, pour vivre… Qu’importe, ils représentent l’Etat.
Représenter l’Etat peur être un honneur, et un véritable mérite. En France, la police en particulier, n’est pas qu’un ensemble de machos imbéciles… Loin de là. Les « gardiens de la paix » nous sont bien utiles. 

Ils protègent, ils portent secours, ils régulent… Le souci c’est que certaines missions ne sont pas du tout sympas pour le citoyen moyen (saloperies de radars), que certaines lacunes sont dramatiques (protection de femmes victimes de violence…) et certaines fonctions sont détestables (non, pas sur la tête !).
Les forces de l’ordre ne sont pas là pour penser, mais pour obéir. Cela ne dédouane pas le flic qui tape, tire, tue.

Il y a deux ans suite à un guet-apens dans un quartier où les pompiers et les policiers ont été sauvagement attaqués, Del Rhazoui avait fait éclater une polémique en déclarant :
« Il faut tirer à balles réelles » 6 nov. 2019
. Les « cibles » dans ses propos étaient « la racaille. »

Il arrive que la population soit de cette même colère légitime quand un agent est brûlé, roué de coups, assassiné.

La violence policière et la violence contre les policiers forment une impasse. Il me semble que c’est un leurre absolu d’espérer changer la société en détruisant un flic, comme c’est un autre leurre de penser harmoniser la société en jouant les Benalla sur les manifestants.

Toutes les sociétés ont des forces de l’ordre, c’est souvent la première « réalisation » des révolutionnaires et des nouveaux dirigeants.

Une partie du problème vient des opposants et des forces de l’ordre, mais l’essentiel de la violence vient de l’Etat…

Les risques pour l’Etat…

Quand les forces de l’ordre des pays bas tirent, c’est une responsabilité gouvernementale. J’ignore comment cette fracture a pu se faire, mais elle est inadmissible. Comment peut-on en arriver là ?
Il est possible que les manifestations aient dégénéré… Et alors ? Les balles réelles tuent pour de vrai !!!

Un Etat qui tire sur son peuple perd toute légitimité.

Le meurtre est le propre des dictatures, pas des démocraties.

Que risquaient les Pays-Bas ?

Nos Etats occidentaux protègent l’ordre monétaire et financier, mais ils se doivent de garder l’apparence de la démocratie. En France, la répression des gilet-jaunes nous permet d’avoir des doutes, mais la crise Covid, avec ses systèmes de gardiennage, ses couvre-feu, ses interdictions et maintenant ses balles réelles entame gravement la démocratie.

À bien regarder, il est de plus en plus légitime de se moquer de la vie des autres pour garder nos beaux pays, on repousse les migrants à la mer, on les parque dans le froid et la faim, on interdit de travail les opposants, on détruit les tentes et abris de fortune…

Les tirs de Rotterdam… Accident ou symptôme ?

Je n’ai pas la réponse … Juste une inquiétude.

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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