Que faire de tout ce temps gagné par les automates ?

Temps gagné par les automates
Temps gagné par les automates

Temps gagné par les automates

La découverte de l’automatisme par la candidate.

J’ai cru à un fake… Anne Hidalgo, était en déplacement dans la Drôme. Sur les quais de la gare de Saint-Vallier, elle s’est filmée devant une borne automatique : « Bon alors, je suis à la gare de Saint-Vallier. C’est très beau, Saint-Vallier, mais quand les machines remplacent les humains, ça ne va pas, quoi ». Conclusion de l’intéressée : « Je veux vraiment des services publics avec des humains, des fonctionnaires, et pas des machines. C’est beaucoup mieux pour notre équilibre collectif dans le pays. Merci ».

Trop surréaliste, la candidate, découvre l’automatisme, elle ne prend donc jamais le métro, le train, elle ne va pas au supermarché, elle ne fait pas le plein de sa voiture… J’ai toujours un doute sur l’authenticité de la vidéo, dans un dernier article, j’expliquais comment Fabien Roussel recyclait les idées de 1871, maintenant la candidate PS découvre des organisations marchandes de plus de 50 ans. Elle est peut-être restée sidérée par le talent de Gainsbourg, et écoute en boucle « Le poinçonneur des Lilas ».

Je vous propose, non pas de se moquer de la candidate, mais juste de réfléchir à cette idée de re-humanisation des services marchands.

Démontons tous les automates…

L’idée n’est pas idiote, à la Réunion, par exemple, aucune pompe à essence automatique. Le choix est de maintenir l’emploi. Dans cette logique, les caisses automatiques de supermarché pourraient disparaître, personnellement, je me refuse d’utiliser ces machines dans mon commerce de proximité, je préfère conserver le petit mot sympa avec la caissière ou le caissier.

Maintenant, si nous supprimons les automates dans les gares, ou les stations de métro, je n’ose imaginer le calvaire pour les Parisiens ! Il resterait une autre solution… La gratuité, mais je suis en pleine science-fiction (bien que certaines villes la pratiquent).

Nous pourrions attaquer les robots dans les usines, construire les voitures pièce par pièce … Mais quelle chute des cadences ! … Et accessoirement quelle amélioration qualitative.

Les automates sont au service de : LA PRODUCTIVITÉ. L’idée est de faire plus vite et moins cher (pour le producteur). L’automate permet de supprimer des emplois, et de rendre les emplois restants plus rentables.

Cherchons alors l’emploi aux dépens de la productivité ?

En Union soviétique, le maintien de l’emploi est passé par des extrêmes : le préposé aux photocopies, le préposé au vestiaire même en plein été quand les vêtements avaient quasi disparu… L’emploi ennuyeux pour occuper le peuple. En France, nous avons connu également des situations ubuesques : dans la sidérurgie, les postes de cadres devaient correspondre à un nombre de personnes à encadrer, alors parfois les équipes étaient en grande taille pour une petite nécessité. 

France télécom dans sa période faste (très riche, début des années 80 avec le PS aux commandes) remplissait ses effectifs, et comme j’y étais, je peux vous assurer que beaucoup s’ennuyaient et on avait inventé le système de saisie de la saisie de la saisie (en fait 4 saisies pour un seul dossier). Les syndicats étaient alors très actifs pour ces gonflements de personnels, bien artificiels.

Des années plus tard, la logique du capital a repris ses droits, oust ! Tout le monde dehors.

Le coût salarial en variable d’ajustement…

Les équations sont toujours les mêmes : si j’investis en matériel, je peux enlever combien de salariés, et en combien de temps mon investissement est amorti par les économies sur les salaires ?

Partout, les gestionnaires se posent cette question. Même dans l’action sociale, si j’équipe une équipe de travailleurs sociaux avec des ordinateurs, et que je mets les salariés en « auto-secrétariat », et que par conséquent, je supprime deux postes de secrétaire, en combien de temps suis-je gagnant ?

Personne ne s’interroge alors sur le temps d’accompagnement perdu, et la perte de qualité du travail social…

Alors on embauche ?

Le souci est que toute cette réflexion reste dans la logique de notre système de production. Si nous devons plus voyager, produire plus de bagnoles, rentabiliser les services publics… Ne touchons à rien. Les propositions sont, par nature, à contre-courant. Ce n’est pas un peu de démagogie et la création de quelques postes ennuyeux qui vont stopper cette marche inexorable du massacre capitaliste.

Pour revenir au contexte des élections, les candidats sont presque tous d’accord pour renforcer l’économie, continuer à produire… Etc.

Nous pourrions sortir du principe de productivité ; changeons l’équation. Dix salariés réalisent 350 h par semaine. Une machine permet d’économiser 50 h. Parfait, les salariés passent à 30 h par semaine, avec le même salaire.

Ou encore, réfléchissons à une société moins productive et plus créative et solidaire.

Le problème du temps…

Le temps, c’est de l’argent, en mode productif… Mais pour chacun d’entre nous, le temps, c’est quoi ? Plus de relations sociales, plus d’heures sur les écrans, plus de création, plus d’ennui ….

À force de vendre notre temps, d’imaginer qu’il est précieux, nous ne connaissons plus sa valeur. Nous avons inscrit le réflexe de productivité dans nos habitudes.

Le ministère du temps libre est mort…

Mais autre question des temps modernes : il reste combien de temps avant que notre planète nous rejette ?

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

1 réponse

  1. DidierLavaud dit :

    Article intéressant, supprimer les automates c’est en effet maintenir de l’emploi ou du moins le recréer. Je ne suis, toutefois, par certains que la cause de nos soucis sociétaux est la technologie. Je pense même qu’elle pourrait en être la solution à condition qu’elle soit mise au service du bien commun et d’intérêt privé.

    Une petite note à part: on bien content de trouver son automate lorsque le guichet de la gare est saturé et que le train s’apprête à partir!

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