Témoignage sous Curatelle

Un protégé de l’UDAF dénonce

Avant propos, j’ai invité Nans à témoigner sur son expérience de majeur protégé à l’UDAF. Etant moi aussi sous mesure de protection juridique, je comprends Nans et son mécontentement. Voici son histoire…

Lionel Belarbi
Curatelle udaf

Parfois les psy vous donnent des mauvais conseils et vous les suivez et sur les « conseils avisés » de ma psy, je me suis retrouvé sous curatelle. Les premiers mois ont été un véritable calvaire car je devais retirer les 60 € par semaine qui m’étaient assigné au guichet et selon le bon vouloir de l’employé qui se trouvait au guichet de la poste où j’avais jadis mon compte, je ne pouvais pas obtenir mes sous et j’ai même dû menacer un employé de la poste d’en référer au juge des tutelles pour qu’il se calme et accepte de me donner mon obole hebdomadaire. Quand vous êtes sous curatelle, vous êtes un sous citoyen, au pire sens du terme. Vous devez demander un papier de votre curatrice pour la moindre démarche, c’est même marqué sur votre acte de naissance ! La curatelle est une mesure de « protection », décidée par un juge sur l’avis d’un psychiatre, c’est surtout une situation où vous n’avez plus aucun droit et en premier lieu celui d’avoir un moyen de paiement. Et la curatelle n’est pas vraiment une aide pour ce qui est des démarches administratives. Je suis sans logis depuis des mois et ma curatrice préfère payer 750 € d’hôtel par mois plutôt que bouger pour que j’ai un toit stable. Foutu psy et ses foutus conseils ! Oui, j’ai du mal à gérer mes sous et alors ? Est-ce que ce serait pas mieux si je pouvais jouir du peu d’argent que j’ai pour me trouver un appart’ dans une ville de taille moyenne loin de Paris ? Mais avec la curatelle, impossible pour moi de bouger sous peine de me retrouver sans le sou. Quand je vais à l’UDAF, qui est l’association qui gère ma curatelle, j’ai l’impression d’être dans une prison ! Les « clients » sont mal habillés, sales, les cheveux longs. Mais c’est comme ça, pas d’argent, pas de coiffeur! D’ailleurs, je ne suis guère mieux. Il y a un vigile qui fait la police, la plupart des suivis sont toxicomanes au crack et viennent réclamer des sous pour acheter leur caillou. Une porte blindée, les suivis mécontents qui cassent les vitres, les flics qui doivent intervenir pour ceux qui se sont échappés de l’asile. Pour refaire faire ma carte d’identité, on m’a fait galérer car je suis sous curatelle. Selon ma curatrice, ça n’aurait pas dû être le cas mais ce le fut. Pour ma demande d’allocation, on me fait galérer ! Sous curatelle ! C’est un stigmate pour notre société marchande. Ceux là ne peuvent ni acheter ni vendre, ce sont des parias ! Bref, la curatelle, c’est la galère mais pour prendre un avocat pour casser le jugement, il faut des sous que je n’ai pas. Ma psy m’a vraiment mis dans la merde !

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Nans (Auteur du Journal Abrasif)

Je m’appelle Nans, je suis un homme, j’ai 45 ans et je suis diagnostiqué schizophrène. Je ne travaille pas, je vis de l’aah et je suis considéré comme SDF vu que je vis dans une chambre d’hôtel dans le 18ème, à Paris. Ça a commencé par des voix, par des constructions de l’esprit. J’avais l’impression que je pouvais lire dans les pensées des gens, j’entendais des voix. A l’époque, je fréquentais les rave party et je prenais du lsd et je pense que ça n’a pas aidé. J’ai commencé à avoir des hallucinations et les voix me harcelaient. J’ai pété les plombs et j’ai quitté mon logement pour errer dans les rues hagard, comme un zombie. C’était il y a 20 ans, j’avais 25 ans. Heureusement, un jour, j’ai rencontré un psy qui a pris en compte mes souffrances. J’en avait rencontré beaucoup auparavant qui n’en avaient rien à foutre. Il m’a donné des médicaments et les voix se sont tues. J’avais réussi à tuer mes voix. J’ai essayé de me réinsérer, j’ai travaillé un peu mais j’avais encore des angoisses massives qui me faisait souffrir et j’ai fini par faire un burn out alors que j’étais agent d’accueil à la mairie de Paris. Je n’ai pas fait beaucoup d’hôpital, juste quelques petites hospitalisations de courte durée. Par contre, j’ai fait beaucoup de rue. Actuellement, je suis en attente de relogement mais c’est galère.

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