Témoignage d’un pro-psychiatrie

La psychiatrie m’a sauvé la vie ! Ceux qui comparent la psychiatrie et l’homéopathie devraient ouvrir un livre de médecine un jour.

Je vais vous expliquer comment :

Un traitement, c’est la vie !

Beaucoup de gens critiquent les traitements psychiatriques et notamment les neuroleptiques. C’est vrai que ces traitements sont lourds et ne sont pas parfaits. C’est vrai que les neuroleptiques ont de nombreux effets secondaires mais ils ont un effet principal qui est de vous débarrasser de la psychose. C’est la raison pour laquelle les médecins préfèrent parler d’antipsychotiques plutôt que de neuroleptiques qui est le terme qui convenait pour la première génération de traitement. Aujourd’hui, les traitements ont beaucoup moins d’effets secondaires et sont généralement bien tolérés par les malades.

Sortir de la psychose, c’est quoi ? C’est comme sortir d’une prison de verre, d’une forêt fantastique et terrifiante dans laquelle votre esprit s’est égaré. Quand vous êtes psychotique, parfois, vous ne voyez plus les autres, vous ne voyez plus que vous même et votre délire égoïste. Aussi quand le délire cesse, vous retrouvez le monde et vos proches et tous sont abîmés par le délire qui tue. Le traitement permet de reconstruire un lien entre soi et le monde, c’est presque un acte de foi, mais de foi en la science.

Mais ce n’est pas tout :

Il faut un suivi psychologique avec un psychothérapeute et je dois avouer que je vis dans un pays où le système de soin est encore assez bien fichu avec des gens formidables, soignants, administratifs, qui vous aident au quotidien à reconstruire ce que le délire a détruit. Les gens des cmp font un travail énorme et les soignants en psychiatrie sont en général des gens formidables. Ils ne vous jugent pas, ils ne trahissent pas le lien de confiance qu’implique une relation soignant/patient.

Bien sûr, comme dans toutes les professions, il y a des brebis galeuses mais personnellement, je n’ai jamais eu à me plaindre de la façon dont j’ai été traité par un soignant en psychiatrie.

Pour ce qui est de la psychothérapie, j’en ai suivi une d’inspiration analytique qui m’a permis de dénouer les nœuds que j’avais fait dans ma tête avec mes troubles et mes abus. Alors, on pense ce qu’on veut de Freud mais je dois admettre que personnellement, j’adhère à ses théories.

Voilà, ce petit mot pour dire que malgré ce que disent les antipsychiatries, la psychiatrie sauve des vies. Évidemment, c’est difficile d’admettre qu’on souffre de troubles mentaux et souvent les malades sont dans le déni et dans l’abus au niveau de leurs positions concernant les traitements et les soignants. Les soins sous contrainte, par contre, je suis contre et je peux comprendre qu’on puisse être traumatisé par un tel traitement. Je posterais bientôt un témoignage d’une personne qui a eu affaire aux soins sous contrainte et qui s’en est sortie.

Mais je pense que nous avons de la chance d’avoir un système de santé assez performant et qui permette à chacun de se soigner et de toucher une allocation pour compenser le handicap dû à ces maladies de l’esprit si difficiles à cerner.

En tout cas, moi, la psychiatrie m’a sauvé la vie !

Total Page Visits: 219 - Today Page Visits: 3
Avatar

Nans (Auteur du Journal Abrasif)

Je m’appelle Nans, je suis un homme, j’ai 45 ans et je suis diagnostiqué schizophrène. Je ne travaille pas, je vis de l’aah et je suis considéré comme SDF vu que je vis dans une chambre d’hôtel dans le 18ème, à Paris. Ça a commencé par des voix, par des constructions de l’esprit. J’avais l’impression que je pouvais lire dans les pensées des gens, j’entendais des voix. A l’époque, je fréquentais les rave party et je prenais du lsd et je pense que ça n’a pas aidé. J’ai commencé à avoir des hallucinations et les voix me harcelaient. J’ai pété les plombs et j’ai quitté mon logement pour errer dans les rues hagard, comme un zombie. C’était il y a 20 ans, j’avais 25 ans. Heureusement, un jour, j’ai rencontré un psy qui a pris en compte mes souffrances. J’en avait rencontré beaucoup auparavant qui n’en avaient rien à foutre. Il m’a donné des médicaments et les voix se sont tues. J’avais réussi à tuer mes voix. J’ai essayé de me réinsérer, j’ai travaillé un peu mais j’avais encore des angoisses massives qui me faisait souffrir et j’ai fini par faire un burn out alors que j’étais agent d’accueil à la mairie de Paris. Je n’ai pas fait beaucoup d’hôpital, juste quelques petites hospitalisations de courte durée. Par contre, j’ai fait beaucoup de rue. Actuellement, je suis en attente de relogement mais c’est galère.

2
Poster un Commentaire

avatar
2 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
1 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
1 Auteurs du commentaire
Asperger défense Auteurs de commentaires récents
  S’abonner  
le plus récent le plus ancien le plus populaire
Notifier de
Asperger défense
Invité

Évidemment tu parle de moi quand tu dit que des gens comparent la Psychiatrie a l’homéopathie ? Il faut voir a la fin de mon article ! Il faut déjà dire stop aux soins sans consentement, dissoudre la Psychiatrie actuelle, et la re-faire a partir de ce qu’on fait dans les cliniques privées (j’ai eu de très bon retour la dessus) et a partir de principes scientifiques ! Et pas d’amalgames, je ne suis pas contre les neuroleptiques, et je ne croit pas que la Schizophrénie n’existe mas (ou est iatrogène) moi, merci de ne pas confondre ! De plus… Lire la suite »

Asperger défense
Invité

Tiens d’ailleurs, faudrais que tu fasse un article sur les neuroleptiques atypiques, car beaucoup de gens croient – a tord – que les neuroleptiques (antipsychotiques) atypiques sont pire que les « typiques »
(Au contraire ils ont moins d’effets secondaires, 2/3 de moins)
Tu en parle assez bien (en plus d’être concerné par les antipsychotiques justement) je pense que tu devrais faire un article sur les antipsychotiques atypiques !