Le traitement des SDF en Pologne UE

sdf en pologne

Témoignage d’un SDF traduit par Diane du journal abrasif

Ceci est mon histoire, mon expérience lorsqu’à 48 ans je suis devenu SDF en Pologne, je suis polonais. J’ai entendu parler de ces centres pour SDF lorsque je n’étais pas encore concerné alors mon premier réflexe fut de m’y rendre afin d’éviter la rue. Ma toute première nuit au centre pour sans-abri, je suis réveillé par des conversations qui me concernent et de quoi parlent-ils ?


Choc :


Les téléphones portables sont apparemment un problème, le mien est nouveau, le mien a de superbes fonctionnalités et ils se demandent ce que je fais ici !! Ils s’expriment fort que je n’ai pas de problèmes majeurs puisque j’ai un téléphone et que donc j’ai un endroit pour manger et dormir. Je ne comprends pas qui sont ces gens qui jugent ainsi. Moi je suis mal c’est ma première nuit et la seule chose qui me reste c’est mon téléphone. Qui sont ces gens ???? Je suis dans une chambre exiguë avec 24 autres hommes. C’est ma première nuit, la plus lourde, la plus dure sans doute. Je ne connais pas ces hommes et je ne comprends ces jugements.

Le lendemain je découvrirai que le centre contient une centaine de personnes hommes et femmes confondus. Une seule salle de bain pour 100 personnes et plus mixte elle aussi. L’eau chaude n’est présente que 3 heures soit 180 minutes, donc 180 minutes pour 100 personnes. Le centre ne possède que quatre toilettes pour 100 personnes toujours dans la mixité. En tant que « nouveau » je reste donc dans une chambre de 25 personnes, d’autres avec un séjour plus long restent dans des chambres pour 4 à 8 personnes.

Seulement deux machines à laver mais une seule fonctionne. Je me rends dans le bureau de l’assistante sociale pour finaliser pour entrée et à mon retour mon sac est vide, oui, je n’ai pas encore le réflexe de tout emporter partout et du fait je n’ai plus rien. Plus de chaussures, plus d’argent, plus de cigarettes et je reste là assis sur mon lit pensant ‘c’est bien ça va être pire’

Le directeur me propose un travail de cuisine, ok je suis d’accord. Peu importe si vous savez cuisiner, il est important que vous travailliez. Deux jours de travail, 13 à 14 heures par jour, deux jours de congé. Je commence à travailler dans la cuisine, à préparer le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner. Certains produits de préparation des aliments proviennent d’achats parrainés par la ville, le reste provient principalement de «dons». Il s’agit de déchets d’atelier obsolètes et partiellement cassés.

Vous préparez plus d’une centaine de repas pour le petit déjeuner, car quelqu’un peut toujours rejoindre le centre plus tard. Préparation du dîner, à partir de légumes pourris, de viandes périmées « c’est de l’art culinaire ». Vous préparez 150 à 200 portions, pour les résidents de la station et pour les personnes venant de la ville pour un repas chaud. La plupart des «dons» des magasins conviennent aux poubelles; Nous sommes des éboueurs.

Vous préparez le dîner et cuisinez en même temps 100 litres de soupe, qui est disposée le soir autour de la gare pour les sans-abri et les pauvres.

La direction essaie de trouver des sponsors, ce n’est pas simple pendant cette période de crise, on sait que les sans-abri sont alcooliques, drogués, voleurs et sales……………

Vous avez fini de travailler, vous êtes fatigué, en sueur et vous allez sous la douche, et ici il n’y a pas d’eau chaude ! Bien sur vous travaillez «gratuitement», vous obtenez un toit au-dessus de votre tête. La sobriété est un devoir de base vous devez participer au programme anti-alcool, je ne bois pas, je ne suis pas alcoolique, mais je vois des personnes alcooliques qui souffrent de manque mais ce n’est pas grave si vous avez un problème avec l’alcool ou si vous n’avez pas réussi leur programme vous avez juste à partir.

Certains résidents ont un revenu stable, des pensions, d’autres doivent travailler, bien sûr au noir… Car vous devez payer votre séjour à l’auberge.

Le centre reçoit également de l’argent du Centre municipal de protection sociale qui est la taxe pour votre séjour. « La meilleure entreprise », explique l’un des travailleurs sociaux…

Vous commencez à rencontrer des gens qui restent au centre, ils ont des expériences de vie différentes derrière eux, ils ont une éducation différente, tous ne sont pas des alcooliques, des toxicomanes et des criminels.

Étrange qu’il y ait des femmes et des hommes dans le centre ensemble, cela conduit à une situation comme, par exemple, une jeune femme va dans une pièce habitée par 25 hommes et commence à avoir des relations sexuelles non pas avec un, mais avec plusieurs hommes à tour de rôle.

L’un des programmes du centre est de vous aider à sortir de l’itinérance. Ils louent un appartement et hébergent des sans-abri qui ont commencé à travailler légalement. Le problème est que l’on est responsable de chacun et que chacun est responsable de chacun. On commence à boire, tout le monde est jeté dans les rues.

Un autre programme est le Centre pour l’intégration sociale, parrainé par l’UE.
Des ateliers y sont menés, construction, couture, informatique, pour une durée d’un an avec possibilité d’extension de 6 mois. Participant à ce programme reçoit un salaire, la moitié du salaire doit être transféré pour payer le séjour dans le centre.
Un homme suivant un cours de construction, après un an de formation, prend une perceuse à béton et commence à percer un trou dans le métal, en fait ce n’est que main d’œuvre bon marché la formation est fictive, l’important est qu’il paie pour le séjour dans le centre.

Pendant mon séjour dans ce centre plusieurs personnes sont mortes, c’est un problème car où garder le cadavre ?

Vous déplacez le corps vers la salle de bain et personne ne peut l’utiliser avant l’arrivée de la police et du médecin, et cela prend plusieurs heures.

La norme est d’amener les sans-abri en ambulance, vous n’avez pas d’assurance donc il n’y a pas de traitement. L’hiver, la nuit moins 15 degrés Celsius, un homme frappe à la porte, vêtu uniquement d’un sac en plastique, alors la police l’a amené et l’a laissé dehors.

Fatigué de tout cela j’ai quitté le centre au bout de deux années pour en chercher un autre.

J’arrive au village dans un centre pour sans-abri, vous pensez que ce sera mieux. Et puis…

La nourriture est encore pire qu’avant. Pain moisi, saindoux, viande provenant d’animaux trouvés morts sans contrôle vétérinaire. Règles identiques, travail illégal et obligation de payer le séjour. Vous êtes traité par la direction comme un « animal ». Les insultes vulgaires sont normales. Vous n’aimez pas, sortez et retournez dans la rue !!!

Six mois de travail, j’ai réussi à mettre de l’argent de côté, à acheter une vieille voiture très bon marché et j’ai décidé de quitter ce pays pour partir là où je trouverai un travail, alors je roule et cherche et la voiture tombe en panne à Marseille, et je commence ma vie dans la rue.

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Diane [Auteur]

Diane [Auteur]

De formation, je suis psychanalyste Reichienne ce dont je suis fière : Reich, bien loin de ceux qui ont appauvri l'humain dans toutes ses dimensions ! J'ai suivi les cours de Jacques Lesage de la Haye Personnage haut en couleur connu pour ses manifestes contre la psychiatrie.

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