Témoignage : Dérapages incontrôlés d’un psychiatre ! Cap pas Cap ?

Témoignage : Psychiatre
Témoignage : Psychiatre

Garder le cap ou être cap de… Comment il a concilié les deux par un jeu dangereux !

Témoignage : Psychiatre

Psychiatre’ c’était le mot écrit sur sa blouse blanche et qui fiche la trouille Quasi muette à ma première séance, je ne vis que mes pieds et même si la parole s’est libérée rapidement, je n’ai longtemps regardé que mes chaussures. Ce n’est qu’en allant mieux des mois après que j’osais affronter son regard bleu acier et que j’aperçu son esquisse de sourire triomphant. Entre 50 et 60 ans, une voix calme et apaisante, des mains sans alliance, une manière de se vêtir comme s’il avait choisi ses vêtements les yeux fermés.

Il parlait peu mais revenait souvent dans ses phrases le mot ‘internet’ comme si toutes les réponses à mes questionnements s’y trouvaient, or, à cette époque, internet en France balbutiait ! Mais tentée, dans un endroit cyber, j’y effectuais mes premiers clics et découvrais que l’homme qui était en face de moi chaque semaine y avait lui, fait sa place depuis longtemps revenant d’un long séjour aux USA c’était effectivement l’une de ses passions.

Le temps passe et cet homme m’intrigue, alors je fouille la toile et ça ne s’arrête jamais, il était et est toujours un puits de sciences et de connaissances et je comprends vite aussi qu’il est en mal de reconnaissance…

Je lui envoie des mails, j’écris mes pensées, mon passé, mon présent, mon admiration pour lui, mes sentiments… Il aime ma façon d’écrire et m’en fait part.
Jusqu’au jour où je lui dis en face :
Je n’ai plus vraiment besoin de vous mais je ne peux me passer de toi CAP !
Ce qui est un réel ressenti tant il est présent, il fait partie de ma vie et ses semaines de vacances, donc d’absence, sont douloureuses. Mais le psy ne me manque pas, je vais bien maintenant et c’est là où ça se corse, l’homme lui me manque !
A la séance suivante il me dira sans forme interrogative :
– J’ai besoin d’une assistante c’est vous ! CAP !

Premier dérapage, tous les autres seront impossibles à compter, gardons donc ce chiffre jusqu’au dernier…
Le lendemain, je recevais un mail avec les instructions dues à ma nouvelle fonction d’assistante bien que gardant également l’ancienne d’‘analysante’ même si mon cursus le permet le mélange est savoureux, glissant, savonneux… Ainsi me nommera t’il plus tar ‘Mon A’


Toutes les étapes suivantes se chevauchent :
– Déménagement obligatoire car son cabinet officiel se trouve dans un autre département. CAP !
– Installation de mon bureau à côté du sien avec clés en main. CAP !
–  Création et gestion d’un groupe de paroles CAP !
– Création d’un site internet CAP !
– Préparation de son colloque prévu deux ans plus tard  CAP !
– Prendre en main son association psychanalytique CAP !
– Etre disponible 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 CAP !
 – M’allonger sur son divan plusieurs fois par jour. De moins en moins CAP mais c’est son mur invisible, sa protection de Super Héros dont l’armure tombe en lambeaux…

Alors je joue le jeu m’allongeant et le regardant derrière moi m’amusant de le voir se battre contre ses sentiments. Et lui faisant part des miens le plus naturellement du monde !!!

Le psy lutte mais l’homme craque jour après jour et dans une évidence implacable : il glisse !

Il devient jaloux de tous les hommes qui m’approchent, y compris le pauvre ouvrier venu effectuer quelques réparations et à qui j’ai osé offrir un café dans NOTRE cuisine et qui a osé fermer la porte, ce sera d’ailleurs la première fois où je le verrai en colère !
Il coupe les ponts avec un vieil ami à lui sociologue qui a osé m’offrir un emploi sans lui demander la permission.


Tel un personnage de Warner Bros je le vois monter et remonter son mur qui sans cesse s’écroule… Bip Bip…

Il part quelques jours à l’autre bout du monde et m’offre pour l’occasion une webcam pour pouvoir me voir mais officiellement pour le boulot, juste un hasard de concordances…

Personne n’est dupe des sentiments qu’il me porte, même pas ses patientes qui me confient ‘Tant que vous n’êtes pas arrivée au bureau il ne m’écoute pas, il guète les bruits de pas’

Nous nous disputons tel un couple et je claque la porte du cabinet, pour revenir des heures après le trouvant à chaque fois devant mon bureau. Il me ramène des gâteaux au chocolat prétextant que le pâtissier l’a obligé. Je lui offre des cadeaux qui disparaissent…

Puis la maladie le frappe ! Il s’écroule et m’en fait part je tiens le coup pour deux très difficilement. Je suis la personne qu’il appelle avant ses opérations et celle qu’il appelle après.

Il reprend le boulot avec les béquilles que je suis allée lui acheter, aménager le cabinet en fonction, aller ensemble acheter de nouveaux meubles, les essayer et en rire. Changer le divan de place et tomber dessus à deux, gênant, gênés ou pas… Confus, confusion… CAP pas CAP !

Il m’envoie chercher un objet dans son appartement et là je tombe des nues dans sa chambre trop tentante à visiter en voyant tous les objets que je lui ai offerts durant toutes ces années sur ses tables de nuit.

Après tous ces événements liés à sa santé, il m’est impossible de retourner sur le divan et je ne cède pas, c’est fini, sa panoplie de psy est définitivement tombée pour moi, il n’est plus qu’un homme fragile, humain, aimé et aimant mais pas CAP ! Il insiste c’est sa seule et unique protection contre lui-même.

Je le vois souffrir physiquement un soir et avec toute mon affection je m’approche de lui pour poser ma main sur sa joue, il attrapera mon bras fermement au vol pour le tenir loin de son visage le regard glacial.
Il signe à ce moment là sans le savoir une déclaration de guerre que je compte bien gagner coute que coute !

Je mets alors ouvertement en doute ses concepts et m’accorderais avec un homme allant à son contre sens. Piqué au vif il me posera de but en blanc la question pour savoir si j’entretiens une relation sexuelle avec cet homme, sans réponse de ma part il extrapole refusant de se remettre en question.
Il me retire la gestion du colloque, du groupe, du site, me retire la présidence de son association.

C’est une guerre humainement froide et je retire moi toute vie à mon bureau ne laissant volontairement au mur qu’un portrait de lui que j’avais fait faire afin que dans cette pièce au moins il soit face à lui-même. 

En lui rendant ses clés, je lui annonce que je vais ouvrir mon propre cabinet, ce à quoi il répondra :
– Vous allez commettre des erreurs déontologiques
Avec mon plus beau sourire, je lui répondrai que sa plus belle à lui se tient en face de lui…

CAP !

Mais nos véritables adieux se feront lors de la première journée du colloque tel était mon engagement, colloque qui ressemblera plus à une réunion d’anciens combattus !
25 personnes dans un château loué pour 200… Eh oui ceux qui me suivaient ne l’ont pas suivi…


Il s’approche de moi et je vois la colère dans ses yeux, je lui tends la main, il me la broie (5 jours d’ITT) mais je savoure sa défaite, le regardant s’exprimer pendant des heures miné par la jalousie car il souhaitait la présence de l’homme à contre sens pour pouvoir casser son contre concept et sur mon conseil cet homme devenu mon ami, ne se déplacera pas, ne participera pas…
A la fin de la journée, j’irai lui dire au revoir, sans geste et là il me dira ‘Faites donc attention à votre autre main’ ce à quoi je répondrai ‘Docteur faites attention vous-même car la main qui me reste pourrait fort bien vous arriver fortement sur le visage’

CAP ! PAS CAP !

Un an plus tard un article sera fait sur mon cabinet et mon travail de psychanalyste dans un magazine à grand tirage, je lui en enverrai un exemplaire… Pour le Plaisir…

Je ne crois pas au transfert trop facilement utilisé par des psy qui ne mesurent pas ou qui jouent avec ce que l’humain a de plus précieux : L’amour !

Vues : 0

Diane [Auteur]

De formation, je suis psychanalyste Reichienne ce dont je suis fière : Reich, bien loin de ceux qui ont appauvri l'humain dans toutes ses dimensions ! J'ai suivi les cours de Jacques Lesage de la Haye Personnage haut en couleur connu pour ses manifestes contre la psychiatrie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *