Mon syndrome d’Asperger : TSA Troubles du spectre autistique

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Syndrome D’asperger TSA

Afin de changer un peu, et à la demande de Lionel, on va parler un peu de moi, et de mon syndrome d’Asperger. Ça fait pas mal de temps que je veux en faire un article, donc tant mieux ! Peut être que certains d’entre vous se reconnaîtront là dedans, ayant le syndrome d’Asperger (Que l’on va abréger en « SA » pour faciliter la lecture) ou étant des neurotypiques, des gens « normaux » dans le langage courant.

Afin de changer un peu, et à la demande de Lionel, on va parler un peu de moi, et de mon syndrome d’Asperger. Ça fait pas mal de temps que je veux en faire un article, donc tant mieux ! Peut être que certains d’entre vous se reconnaîtront là dedans, ayant le syndrome d’Asperger (Que l’on va abréger en « SA » pour faciliter la lecture) ou étant des neurotypiques, des gens « normaux » dans le langage courant.


Petit disclaimer : Ce sont mes propres ressentis, il ne faut pas les généraliser, et attention, certaines choses pourraient vous surprendre. A la fin, je joindrait un petit document qui explique les signaux sensoriels des personnes autistes, c’est un PDF. Le « moi je » sera légion dans cet article. Bonne lecture !

Je suis parfois malentendant

Par moment, j’entends très bien et très loin. Parfois, j’ai besoin de mettre le volume de la télé à fond sinon j’ai l’impression de pas comprendre ce qui est dit. Et là, vous allez vous dire que c’est un peu paradoxal pour un autiste asperger puisque dans tous les films, on les voit hypersensible. En fait c’est pas toujours le cas : 30% des personnes autistes sont hypo-sensibles.


Ce que ça veut dire ? Ça veut dire ressentir les stimuli sensoriels de façon moins atténuée et aussi les apprécier. Apprécier l’odeur de l’essence, le bruit d’une sirène, regarder le soleil droit dans les yeux sans avoir mal (ce qui peux être dangereux) et dans les cas extrêmes ne pas sentir la douleur. Si si.


En fait, on peut alterner : être hypo-sensible quelques jours puis hypersensible quelques jours. Pour moi, c’est assez pratique, du coup je supporte très bien le masque, et comme j’ai une hyposmie (baisse considérable de l’odorat) je tolère beaucoup mieux les mauvaises odeurs. Par contre, ça peut être handicapant : ne pas sentir les odeurs des moisissures, ou encore réveiller les voisins ou faire répéter H24 son entourage parce qu’on entend mal ce qu’ils disent, et ce, de façon intermittente.

Je ne supporte pas l’audiovisuel

Je ne sais pas comment le dire autrement. Pour faire simple, je ne supporte pas de rester devant une série ou un film pendant très longtemps, sauf exceptions. Quand je regarde un truc à la télévision par exemple, si ça dure quelques minutes, ça va. Mais au bout d’un moment, j’ai l’impression d’étouffer, une impression d’oppression. De toute façon, si ce que je regarde ne me captive pas suffisamment, je pense très vite a autre chose et c’est un vrai cauchemar : je dois reculer constamment car je pense a autre chose.


J’ai été très « cinophile » pendant 1 an car j’avais moins de capacités cognitives à cause de mon SAOS (apnées du sommeil) donc je réfléchissais moins, mais ça n’a pas toujours été le cas : je me rappelle encore de disputes datant de quand j’étais gamin, où je jouais avec une copine mais sa mère voulait nous mettre devant la télé. Je piquais une colère.

Et même quand ça a un rapport avec mes intérêts spécifiques (voir ci dessus) je ne peux pas supporter. Je ne suis qu’une seule série aujourd’hui, une série médicale, car comme c’est des internistes, ça me fait réfléchir fortement aux diagnostics, donc j’apprécie et je n’ai pas de sensation d’oppression.
Un effet similaire d’oppression et (surtout) de dispersion peut se produire avec la lecture d’un article ou d’un texte (Alors je le lis en diagonale et je ne retiens pas forcément) c’est d’ailleurs pourquoi je ne peux pas me relire correctement.

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A cause de mon anonymat absolu (On ne sait même pas mon âge ni mon genre ni mon pays…) des petits malins s’amusent a faire des théories conspis sur moi et le peu que je dit sur moi. Parfois, c’est très drôle ! Comme l’exemple ci dessus (Théorie du complot sur la seule série que je suis, d’où pourquoi je pose ça là.)
Ça vous dit un top 10 des théories du complot les plus stupides et drôles ? Dites le moi en commentaire !

J’ai des intérêts spécifiques

Dit comme ça, ça ne va pas beaucoup vous parler. Un intérêt spécifique, c’est un sujet qui va passionner de façon intense une personne autiste.
Mais pas que : les objets, la nourriture, ou encore la musique sont également concernés.
Ainsi, je mange quotidiennement le même plat le soir et la nuit, tous les jours pendant des années. Si je ne fais pas attention, je peux manger ce « plat exclusif » 15 fois par jour. Le midi je mange cependant autre chose pour ne pas être carencé et avoir une alimentation équilibrée.


Ce « plat exclusif » ça peut être n’importe quoi : sucré, salé, malbouffe ou nourriture bonne pour la santé. Bien évidemment, je ne choisis absolument pas quel plat je vais « adorer » pendant plusieurs années.
Pour la musique, ça se manifeste différemment, avec une chanson que je vais écouter dès que je suis sur mon PC, en boucle, pendant plusieurs jours, sans même prêter attention aux paroles et en travaillant en même temps. Je n’écoute qu’une seule chanson à la fois : je n’ai pas de playlist par exemple.

C’est déjà plus contrôlable : il me suffit de trouver une musique qui corresponde à quelques critères, notamment la présence d’un chœur, un refrain occupant la majorité de la chanson mais pas son intégralité (La répétition est importante chez les personnes autistes, elle concerne à peu près tout) et l’absence d’interruption pendant la chanson, au début ou à sa fin (Car sinon on ne peut pas la lancer en boucle)
Enfin, la chanson me reste souvent en tête, parfois même au réveil ou au coucher, et ça me fait beaucoup bouger et réfléchir.


Concernant les objets, ça se manifeste généralement (pour moi) sous la forme d’une envie importante de collectionner des objets. Ensuite, je n’utilise pas ces objets et je les regarde rarement (parfois je les regarde quand même beaucoup) leur présence me suffit et j’ai leur image en tête. Du coup ça mène à des situations rigolotes : ainsi, quand on m’offre des cadeaux à noël, on me demande tout le temps si je les ai ouverts ou utilisés.

Ils ne savent pas forcément que leur présence me suffit pour être aussi « heureux » qu’un gamin de 10 ans devant une PS4… D’autant que j’imagine énormément, je réfléchis énormément, je passe peu par le matériel.
Il y a un même un dernier type d’intérêt spécifique moins connu dont je vous parlerais quand je retrouverais le tweet qui me permettra de détailler.

Reconnaître les divers organes qui composent une fleur
« Le pouvoir des fleurs » – Laurent voulzy – est avec Symphony (Clean Bandit) est l’une des chansons qui m’a procuré la stimulation la plus intense, allant parfois jusqu’à une impression similaire a elle d’un surdosage de caféine ou une phase maniaque.

Et on continue sur les intérêts spécifiques

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Une description brève mais très explicative des intérêts spécifiques par un neuro-atypique.

Quand il n’y en a plus, il y en a encore. En effet, je ne vous ai pas parlé des intérêts spécifiques sujets, les plus connus. Si vous connaissez des « autistes savants » c’est probablement « grâce » à ça.
Un intérêt spécifique sur un sujet, c’est un sujet (N’importe lequel) dont une personne autiste va se passionner et apprendre tous les détails, devenant parfois un expert sur son intérêt spécifique, sans pour autant pouvoir transposer ces capacités sur un autre sujet.


Parfois, c’est très discret, parois la personne va en parler quotidiennement voir ne pas manger ou dormir pour se concentrer sur son sujet.
Moi, ça me fait même parfois sentir des odeurs, me réveiller et ça peut réduire ma fatigue (de penser à mon intérêt spécifique)
On peut en avoir plusieurs : Pour ma part, quand je suis en mono-IS, ça me fait un effet très puissant (mais pas non plus au point de ne pas manger) alors que quand je suis en poly-IS (j’ai plusieurs intérêts spécifiques en même temps) c’est souvent discret.


Pour ma part, j’ai aussi des sous-intérêts spécifiques : je me concentre sur une partie de mon intérêt spécifique, et je passe au suivant. c’est souvent en arborescence.
Par exemple, quand mon sous-IS est la neurologie, je vais m’intéresser aux psychostimulants, et plus spécifiquement aux racétams, et ensuite je m’intéresserais aux amphétamines. Quand c’est les maladies infectieuses, je passerais de la blastocystose au nitazoxanide. Entre temps, je me serais désintéressé de la neurologie, mais je m’y ré-intéresserais plus tard.


Une autre caractéristique particulière que j’ai, c’est la division de l’intensité des intérêts spécifiques en deux effets. Il y a l’effet cognitif, c’est à dire l’intensité de ma capacité d’apprentissage sur mon intérêt spécifique, et l’effet affectif, c’est à dire comment je vais adorer (et encenser) mon intérêt spécifique.
L’absence du côté cognitif donnera – pour ma part – l’adoration d’un sujet sans apprentissage (et des effets chelous), tandis que l’absence du côté affectif donnera un apprentissage avec peu de passion visible. L’association des deux dans de bonnes proportions forme un bon intérêt spécifique avec une bonne praticité mais sans être gênant.


L’nfodump est le fait de parler abondamment de son intérêt spécifique, parfois ça ressemble a un monologue.
Il n’y a pas forcément de raison à l’apparition d’un intérêt spécifique, d’ailleurs il m’arrive de me rappeler d’une « prémisse » d’un IS jusqu’à 15 ans plus tôt. Parfois même depuis que je suis né.
Parfois, une peur se transforme en intérêt spécifique, ou inversement un IS se transforme en TOC.
J’ai soupçonné le rôle de cheminement (passer d’un sujet à un autre sujet très voisin car je fais une réflexion qui concerne les deux mais aussi de mes rêves qui joueraient un rôle dans la partie affective. Je sais, je suis bizarre.

Qu'est-ce que la médecine interne ?
Quand j’ai un intérêt spécifique, l’info fait généralement le « tour du village. » très rapidement. Toutes les personnes qui me parlent, dans la vie comme sur Internet, connaissent mon IS.
Par exemple, il a fallu 3 jours en tout et pour tout pour que mon entourage apprenne ma passion (sous-intérêt spécifique, voir ci dessus) pour la médecine interne et les internistes, ces formidables cliniciens qui soignent et font un bien considérable (Je sais, je recommence…) Même quand c’est discret, ça se fait généralement savoir !
Sauriez vous deviner quel est mon intérêt spécifique actuel ? je ne l’ai pas mentionné de tout l’article mais vous le devinerez sans aucun soucis, surtout si vous me lisez régulièrement sur le journal abrasif.

Approfondir le sujet

Comme promis, voici quelques sources pour approfondir.
Voilà un bon document PDF qui explique la plupart des mécanismes sensoriels. Ça parle des enfants mais ça vaut aussi pour les adultes.
Si la lecture, c’est pas votre truc, vous pouvez regarder quelques vidéos de la chaîne YouTube d’Alistair, dont une vidéo qui aborde les intérêts spécifiques.
Une suite pourrait arriver si ça vous intéresse, je pourrais parler de mes paralysies temporaires, du fait que je ne connais absolument personne ou encore de mes phobies plus WTF les unes que les autres.
Signé un autiste Asperger diagnostiqué officiellement au CRA, malgré ce que certains en disent…

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Asperger Defense

Asperger Defense

Autiste asperger en lutte contre les soins sans consentement, libertarien et pro-choix, et souhaitant, non pas fournir un simple avis comme généralement c'est le cas sur les réseaux sociaux, mais des analyses plus rationnelles et nuancées.

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