Santé Mentale : J’ai eu une amie borderline…

Santé Mentale : J'ai eu une amie borderline
Santé Mentale : J’ai eu une amie borderline…

J’ai eu une amie borderline

Je l’ai rencontrée dans les années 80 à cette époque cette ‘étiquette’ n’existait pas l’on parlait de personnes excentriques, lunatiques, possessives, addicts, AUTRES…

Attachant personnage aux longs cheveux blonds aux rires et fous rires éclatants, toujours prête à rendre service (le ‘trop prête’ viendra plus tard) elle est rentrée dans ma vie un peu comme si je venais de rencontrer une sœur que je ne connaissais pas ou tout du moins, une âme sœur.
A cette période, elle m’a sauvé la vie en risquant la sienne ce qui m’a rendue bien entendu pleine de reconnaissance avec ce côté ‘redevable’ à vitam æternam que l’on ressentirait tous ; je n’ai donc eu de cesse de tenter de sauver la sienne, la sortir de ses addictions de celles que peuvent avoir les personnes souffrant de troubles borderlines : alcool, drogues, sexe tout en refoulant l’aspect possessif à mon égard qui la caractérisait mais que je plaçais, je crois, dans le fait de sentiments d’amitiés profonds et la peur de l’abandon.

Lorsque j’ai du quitter rapidement l’endroit où nous vivions pour des raisons de sécurité (violences conjugales) je suis partie sans la prévenir, sans lui dire où j’allais, c’était impossible pour sa sécurité à elle.
Lorsque j’ai pu et surtout du revenir sur place pour des raisons que je tairais ici c’était dans la crainte de revivre ce que j’avais vécu et bien que tentant de lui expliquer le pourquoi du comment, elle a longtemps refusé d’écouter bien qu’entendant, puis, comme un animal que j’aurais blessé, elle s’est réapproprié notre amitié bien que sa rancune fut tenace et si en face à face elle me parlait peu, c’est par téléphone qu’elle s’exprimait m’appelant là où j’avais refait ma vie en pleine nuit et toujours, oserais je le dire… Défoncée… Donc un dialogue de sourdes avec des ‘je t’aime’ de sa part auxquels je ne pouvais que répondre que moi aussi pour calmer ses angoisses d’amitié et j’étais sincère mais à force d’appels répétés, j’étais aussi épuisée de discours lancinants, de ses reproches, de son état perché… Bien que dans mon cœur elle restait ma meilleure amie…

J’ai coupé les ponts pour avancer en me disant qu’un jour peut être, je reviendrai vers elle et qu’elle serait ‘clean’ et que tout irait bien… Tout en prenant de ses nouvelles auprès de connaissances communes. 

Elle ignorait où j’étais à nouveau partie volontairement de ma part et je tenais à cet état de fait un peu comme un signal d’alarme que malgré tout j’ai fait taire…

C’est 20 ans plus tard que posée tant dans ma vie affective que professionnelle et familiale que j’ai cliqué sur ‘Copains d’avant’ et lui ai envoyé un mail contenant un simple ‘comment vas tu?’ 

qui reçut de suite une réponse contenant ‘Où es tu ? Que fais tu ? Avec presque m’entends tu ?’ à laquelle bien sur j’ai répondu sans m’attendre une minute à recevoir un appel 2 jours plus tard me disant ‘j’ai loué un gîte près de chez toi je t’attends toi et ta famille’
Les retrouvailles furent touchantes, elle avait vieilli, moi aussi, elle me semblait avoir changée, avoir compris mais ce n’était qu’un aspect lors de moments de sobriété et de calme avant les tempêtes… La plus jeune de mes filles faisait enfin connaissance avec cette amie dont je lui avais tant parlé, la plus âgée se souvenant d’une personne extrêmement perturbée mais gentille qu’elle ne revit pas avant de nombreux mois étant dans sa propre vie.

Un peu comme une lune de miel, les premiers mois et même les premières années nous avons été plus proches que jamais.
Ses addictions étaient toujours présentes mais plus discrètes et suite à un lourd traumatisme survenu  sur son lieu de travail elle était considérée comme dépressive, un peu comme l’arbre qui cache la forêt et les cordonniers étant les plus mal chaussés il m’a fallu des années pour ouvrir les yeux sur son état réel.
Elle était très présente se rendant petit à petit indispensable me créant des besoins que je n’avais pas, m’offrant des cadeaux excessivement chers et sans que je m’en rende compte me faisait prendre des décisions qui n’étaient pas les miennes et que je n’aurais sans aucun doute pas prises sans cette influence.
Les murs de sa chambre étaient recouverts de mes photos, elle aimait la photo , au début j’ai trouvé cela touchant, les photos étaient belles c’était une de ses passions.

 Il m’était quasi impossible de faire quoique ce soit sans elle même à des kilomètres de distances elles les franchissaient si rapidement qu’elle était partout tout le temps et les colères ont commencé insidieusement si je n’étais pas disponible ou si je ne m’étais pas assez occupée d’elle.

Petit à petit elle a pris possession de ma vie en passant aussi par l’un de mes ami qu’elle s’est approprié à son grand étonnement à lui se trouvant bien que marié et père de famille dans une relation fantasmée où il lui aurait promis de tout quitter pour elle et dont il s’est très vite extirpé m’alertant sur la présence de mes photos partout chez elle et me disant que j’étais dans un remake du film ‘Jeune femme partagerait appartement’ !
Se proposant pour tout et partout et ses propositions étant des ordres dissimulés elle achetait doucement ma vie.
Sa ‘gentillesse’ envers mes enfants et mes petits enfants ne passait pas pour un achat mais pour de la bienveillance qui se transformât de plus en plus en possessivité, en plus de mes photos celles de mes filles et petites filles ont gagné l’espace de ses murs.
L’alcool avait toujours le pouvoir sur elle ,fait que je refoulais pour ne pas revoir ce que j’avais vu et surtout connu , avec un effet accentué de par la prise de ses médicaments.
J’ai réussi à lui faire entendre qu’elle était certainement bipolaire et les psychiatres allèrent dans mon sens mais la médication n’éteignaient pas le fond du problème et encore moins le fond de sa personnalité accentuée par les troubles borderlines.

Une colère de trop, une scène de jalousie de trop et j’ai réalisé enfin que j’étais dans une relation toxique à tel point qu’elle n’acceptait plus aucun de mes amis mêmes mes connaissances sur facebook ; la relation devait être exclusive, je devais chaque soir à 20h précise parler avec elle par tchat durant au moins une heure et tout manquement était pour elle un affront inconcevable avec ce qu’elle commençât à avancer : Avec tout ce que j’ai fait pour toi !!!

J’ai donc décidé dans un premier temps de la supprimer de mes amis FB d’une part pour lui faire comprendre qu’elle allait trop loin et d’autre part pour respirer…

Là dessus j’ai reçu elle appel en pleine nuit trouvé le matin sur ma messagerie me disant qu’elle mettait fin à ses jours suite à ma décision et me disant ‘adieu’ ! Je l’ai alors appelée et rappelée sans obtenir la moindre réponse et j’ai donc alors bien entendu appelé les pompiers afin qu’ils se rendent chez elle inquiète du geste irréparable qu’elle avait pu commettre et c’est ainsi que les pompiers m’ont rappelée en me disant qu’ils s’étaient rendus pour rien chez elle et qu’elle leur avait ouvert la porte étonnée et avec un grand sourire.


Puis une personne de sa famille m’appela pour me demander de la remettre dans mes amis FB qu’elle allait mal et ne supporterait pas ce rejet et cette impossibilité de savoir avec qui je corresponds.
J’ai donc décidé de couper tous les ponts définitivement et c’est alors qu’ont commencé les mails incendiaires les uns après les autres de plus en plus menaçants et où elle sortit enfin de son chapeau le fond de sa personnalité l’achat d’être humains avec une facture très longue où tout était compté et décompté et surtout détaillé depuis le premier jour de nos retrouvailles allant jusqu’à un flacon de démaquillant en passant par les repas pris chez elle où le carburant pour venir chez moi et bien sur les cadeaux qui n’en étaient pas ou plus puisque j’osais ‘rompre’ !!!


Ils continuèrent avec des chantages, des injures et élucubrations touchants mes proches que j’ai transmis aux intéressés et c’est ainsi que toute ma famille et mes amis lui ont également fermé tout accès à leurs vies.
Mes amis FB reçurent eux aussi des mises en gardes et menaces.
C’est alors que j’ai fait une main courante auprès de la gendarmerie en leur transmettant ses mails en précisant tout de même qu’ils venaient d’une personne ‘psychiatriquement’ malade et fortement alcoolisée ce qu’ils remarquèrent de par les phrases totalement décousues et dépourvues de sens et ce en précisant bien que je ne souhaitais pas déposer plainte mais simplement que cela s’arrête !
Elle menaçât elle de déposer plainte pour abus de faiblesse et me fera d’ailleurs envoyer un courrier par avocat interposé.


Ce que je ressens aujourd’hui, quelques années après n’est pas de la rancœur ni de la colère qui ne pourrait d’ailleurs qu’être contre moi de m’être retournée pour tenter de voir si cette amitié était encore possible. 

Non ce que je ressens c’est de la peine car malgré tout elle me manque souvent, très souvent mon amie, ma sœur, ma complice cette personne unique dans une vie.

Mais elle me fait aussi me questionner ayant entendu d’autres histoires similaires à la mienne :

L’amitié avec une personne souffrant de troubles borderlines est elle possible ?

Jean-Jacques Goldman – Puisque tu pars

diane journal abrasif

Diane [Auteure]

Femme psy - Auteure - Présidente d'une association luttant contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Ma plume peut être aussi corrosive que compatissante selon l'actualité. Acide où humoristique selon mon humeur !

1 Response

  1. Avatar photo Fleur dit :

    L’amitié avec une personne borderline oui si la personne gère mieux ces émotions.

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