Saint Sylvestre : Il était une fois… les fêtes de fin d’année !

Réveillon de la Saint-Sylvestre
Réveillon de la Saint-Sylvestre

Partie 2 : Saint Sylvestre 

Je vous parle ici d’un temps avant la surconsommation, avant les téléphones portables, avant les écrans en tous genres hormis la télévision, le temps béni de la communication verbale.

Dans les années 60/70 le réveillon de la Saint Sylvestre était réservé aux adultes mais surtout à nos parents et nous, enfants, étions gardés ce soir là par nos grands parents ravis de nous faire partager non seulement leur diner amélioré en grande partie fait maison mais également partager de petits plaisirs comme jouer aux petits chevaux, aux dames où Dame l’Oie.
Pour ce qui me concerne, c’étaient chez mes grands parents maternels en Bourgogne que cette soirée spéciale se déroulait.


Mon grand père était cordier et également gardien de la propriété sur laquelle reposait l’atelier de cordage et câblerie, mes grands parents bénéficiaient ainsi d’une maison et de dépendances ainsi qu’un jardin et verger.


Ma grand-mère travaillait tard, je me revois la regarder partir à 18 heures en Solex afin de faire le ménage de différents bureaux en ville et ne revenir que vers 21 heures c’est donc mon grand père qui se mettait en cuisine ce soir particulier du réveillon et je me souviens encore de son pâté en croute dont la marinade embaumait le frigidaire depuis des jours ; de mes mains dans la farine avec lui et portant fièrement le même tablier de cuisinier que lui si grand que je me voyais princesse cuisinière…

Mes papilles se rappellent de la traditionnelle buche au beurre au Cointreau.

Après le diner, nous regardions traditionnellement ensemble les variétés en direct à la télévision en noir et blanc et sur la seule et unique chaine ORTF.
Des comiques, des chanteurs, des clowns de quoi fait rire autant les uns que les autres et ainsi nous attendions minuit pour nous souhaiter une bonne et heureuse année les cadeaux étant ces jolis vœux et de tendres bisous et une ou deux papillotes au sucre ou chocolat fourrés à la crème car le praliné était cher et mes grand parents comme vous l’aurez compris, de simples ouvriers pour lesquels Noël était plus important qu’une fin d’année qui représentait aussi une fin de mois difficile.

Le lendemain matin sentait bon le chocolat mijotant sur le coin de la cuisinière m’attendant avec de grosses tartines de pain beurrées.
Mon grand père partait au ‘bistrot’ du quartier pour fêter la bonne année avec ses copains et collègues. Il rentrait parfois un petit peu gai mais toujours avant midi !
Le déjeuner était fait de petits riens et de jolies choses terminant le repas de la veille.

Mes parents venaient me chercher en milieu d’après midi présentant leurs vœux en premier aux grands parents ainsi était la tradition.

Ce ne fut qu’après mes 12 ans que je pus accéder aux repas de la Saint Sylvestre avec mes parents et même si j’en étais fière, je les ai souvent trouvés ennuyeux et trop longs et je compris alors ainsi pourquoi ils étaient réservés aux parents et leurs amis.
Chaque année il se passait chez des personnes différentes faisant tourner ainsi l’accueil chaleureux des uns et des autres ainsi que les mets cuisinés d’autres façons bien que restant ceux à la mode des années 70.

Tout le monde présent était sur son ‘31’ les hommes en costumes et les dames ayant passé une partie de l’après midi chez le coiffeur se présentaient souvent en robes ou très longues ou très courtes mais brillantes et parées d’un maquillage parfaitement adapté.
Les enfants n’échappaient pas à la règle de présentation impeccable. 


Les tables comptaient entre 12 et 20 convives et très souvent s’additionnait celle pour les enfants de mon âge et plus ; si elle n’était pas présente, nous étions placés à un endroit ensemble en bout de table afin de ne pas déranger les adultes avec nos bavardages tout en pouvant partager quelques bêtises.
C’était une époque où prendre ou couper la parole aux adultes valaient des remontrances

Bien entendu avant le repas il y avait l’apéritif qui pouvait durer une heure ou deux, c’était l’époque où ces dames buvaient du Martini et ces Messieurs dégustaient des Whiskys et tout ceci dans une atmosphère enfumée à laquelle, nous enfants étions habitués.
Je me souviens que même les femmes ne fumant pas habituellement se munissaient de Kim ou de Royale Menthol pour l’occasion… 


Nous dégustions tous ensemble de petits canapés préparés par l’hôtesse et toujours savamment décorés.

Au menu :

Huitres – Saumon fumé – Langoustines ou lotte à l’américaine – Cote de bœuf ou canard à l’orange – Un plateau de fromage immense toujours servi avec une salade et enfin la fameuse omelette norvégienne !

A chaque plat son vin et l’ambiance battait son plein !

Le champagne servi à minuit avec le cortège de ‘bonne année’ et cotillons, serpentins.
Suivaient les danses à gogo. Mais aussi des sketchs empruntés à des comiques pour la joie des grands et des petits. Les danses du tapis…etc.

Vers 4 heures du matin arrivait la soupe à l’oignon pour terminer en beauté et en rires.

Ne pensez pas que ces réveillons là étaient réservés à une élite car vous penseriez faux.
Toute une année durant une cagnotte pour ce jour était construite par chacun et chacune réunissant fièrement leurs deniers économisés !

C’était une époque belle certes mais où le travail était dur et les vacances courtes, ces retrouvailles du nouvel an mélangeant tous les milieux était une merveille de réussite brillant de mille feux d’amitiés longues et précieuses commencées parfois durant l’enfance et plus souvent au régiment…

Et pour terminer et arriver au petit déjeuner je vous offre ce sketch et le dédie à feu mon père qui l’adorait et ne manquait pas de nous le faire vivre et revivre à chaque Saint Sylvestre.

Bonne fin d’année à tous !

Fernand Raynaud « Les croissants »

Total Page Visits: 860 - Today Page Visits: 2
Diane [Auteur]

Diane [Auteur]

De formation, je suis psychanalyste Reichienne ce dont je suis fière : Reich, bien loin de ceux qui ont appauvri l'humain dans toutes ses dimensions ! J'ai suivi les cours de Jacques Lesage de la Haye Personnage haut en couleur connu pour ses manifestes contre la psychiatrie.

4 réponses

  1. Merci pour ce très joli moment, et désolé pour les croissants ^^

  2. Friard Friard dit :

    Merci Diane pour ce morceau d’enfance. Les St Sylvestre bourguignonnes et bretonnes ont de nombreux points communs.

  3. Diane [Auteur] Diane [Auteur] dit :

    Merci Friard pour ce commentaire !
    Une génération sans doute bien différente…
    Belle journée

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *