« Que la norme et la normalité crèvent ! » Réquisitoire ! Par Krähvenn « Sombrelance » Vërkhörr.

hors norme normalité tue
Hors norme, la normalité tue

Réquisitoire Trollo-Desprogien, sans filtre.

– « L’audience est reprise. Je vous rappelle que dans l’affaire opposant le Ministère des Marginalités, des Modes de Vie Alternatifs, des Oubliés et des Cultures Underground à la ‘norme’ et la ‘normalité’ … La ‘norme’ et la ‘normalité’ sont frappées des accusations d’incitation au suivisme en masse organisée, d’apologie du conformisme, de promotion de la soumission, de stigmatisations diffuses des libertés et différences par ‘injonctions sociétales’ avec intention de les commettre. »

« L’esprit de la Marginalité va maintenant s’exprimer, par l’organe puissant, mais généreux quand même, d’un Gros Lutin pas comme les autres … La parole est donc au Procureur-Troll de la Cour de Justice Ironique et Obscure – Mr le Procureur-Troll, nous vous écoutons pour votre réquisitoire. »

– Merci Madame la Présidente. Oh, camarade claviériste, que j’adore cet indicatif avec une flûte Celtique, le « Homeward » de Sojourner, c’est jouissif le Black Metal Atmosphérique ! Pouf-pouf.

Françaises, Français, Belges, Belges, Populace Variée et Versatile, Normales, Normaux, Normopathes, Normonouilles, Normoriz, Vous les « bien sous tous rapports », Désespérants pondeurs d’injonctions sociétales autant pourries que ce qui vous tient lieu de « culture grand public », Impayables chairs à crédits et à « chemins de vie tout tracés », Conformistes développant une soudaine tachycardie à la lecture de mon pamphlet, Suivistes volontaires ou trop faibles pour avoir refusé de vous soumettre … je vous hais tous tellement, bordel !

Mais d’un autre côté … Madame la Présidente au Sarouel bariolé, Monsieur l’Avocat de la Défense Passive, Monsieur le Garde des Bassines … des Cruches … non, pardon, Garde des Sceaux ! 

Chers Lecteurs et Amis du Journal Abrasif, Chers amis Outsiders, Marginaux, Chers camarades Oubliés par ce système, Frères et Sœurs de Cultures, de Rêves, de Loisirs décalés et d’Idéaux, vous qui avez été rendus malades comme moi par cette société fondamentalement ‘normale’, Mesdames et Messieurs les Jurés sous Serment d’Allégeance à vos Différences, Lectorat Chéri, mon Putain d’Amour !!

‘Bonjour ma Colère, Aux Flammes ma Bienveillance, je te Salue ma Haine, et mon courroux … COUCOU !’

Une morne journée pluvieuse et venteuse de Novembre naît sur la Pointe Bretonne à l’heure où je rédige ce pastiche franchement barré d’inspiration Trollo-Desprogienne. Samhain (et non « Halloween », qu’on arrête d’emmerder un Païen comme moi avec ça) était hier, aussi j’espère que les Anciens Dieux Vikings de la Baston ont entendu mes interrogations, mes doutes, ma souffrance et ma volonté inébranlable. Car oui, chers Lecteurs et Amis, sous le treillis Camouflage Centre Europe du Metalleux forestier, se cache la plus rouge, la plus dure et la plus honteuse des sensibilités.

La manifestation la plus visible, chez moi, de cette sensibilité bien particulière, n’est pas une « demi-molle exploitable ». Mais bien une opposition manifeste, permanente, irrépressible, et quasiment impulsive, envers tout ce qui est considéré « socialement acceptable » comme étant la « norme » ou la « normalité ». Pourquoi, me direz-vous ? Finalement, en me remémorant ma jeune existence en quelques instants, c’est assez dense. Non, je n’ai jamais été intéressé par le football, ni par les « Pokémon », ni par les « sapes de marque », ni par tout ce qui a toujours fait consensus et unanimité autour de moi. Dans les comportements comme dans les préoccupations, peu importe l’âge. J’ai toujours eu le nez plutôt plongé dans les bouquins, que le pouce occupé à faire tourner un ridicule bout de plastique. 

Il y a toujours eu dans mes rêves, de la nostalgie pour les vieilles voitures, les camions anciens, les trains d’autrefois, tout ce qui puait l’essence ou le gazole et l’huile chaude pour de bonnes raisons (notamment, pour les trains d’antan, desservir nos campagnes les plus profondes pour que le brasseur vende sa bière, pour que les jeunes aillent au lycée, pour que les permissionnaires de Berlin-Ouest reviennent chez eux après 18 heures de voyage …) J’adore les trains, j’ai des trains miniatures fonctionnels et un réseau en projet, je collectionne les timbres, et si j’allume la télé pendant deux heures par semaine, c’est vraiment qu’il faut qu’un programme soit réellement intéressant à mes yeux. C’est vous dire.

La relation, non pas « d’apparat » mais « d’utilitaire », que j’ai envers mes modestes possessions matérielles, est une des composantes fondamentales de mon existence. Je considère ma voiture comme un véhicule utilitaire, et rien d’autre. Surtout pas un objet « statutaire » (j’y reviendrais). Je m’habille avec des treillis achetés dans un surplus militaire, idem pour mes chaussures, et avec des tee-shirts et sweats glanés ici et là chez des vendeurs Allemands sur Amazon. Je conchie les « modes » et les « tendances », je n’adhère pas à Twitter, ni aux cafetières à capsules, ni aux « machines à pain », encore moins aux « enceintes connectées ».

Et pourtant, alors que durant ces deux dernières décennies, les bouleversements climatiques, la crise des « subprimes », puis la crise sanitaire, économique et sociétale du COVID-19 auraient dû inciter les Français (en général) à se poser de sérieuses questions sur leurs modes de vie, sur leurs références culturelles, idéologiques, sur leurs loisirs, sur l’impact que tout cela a sur l’environnement, sur ce qui a un avenir … et sur ce qui est condamné d’avance, il se trouve toujours une majorité de « gens » chez nous pour « bien suivre le mouvement ». 

Oui, il se trouve toujours une majorité de personnes qui aspirent à un pavillon de style franchement quelconque, en zone résidentielle, dans un village dont les derniers commerces ont fermé, dont la gare SNCF a fermé, dont la Poste va fermer, avec « sans augmentation du prix des consommations », le nécessaire SUV « grimpe-trottoirs » ou l’indispensable monospace « parce que les enfants ». Je vous épargnerais pour une fois mon point de vue détaillé et référencé sur la TNT, qui est devenue un immense bar PMU interactif sans alcool, où tout le monde s’engueule à tout crin et où tout le monde parle pour ne rien dire, ou pour sortir des discours soit populistes, soit franchement dégueulasses, soit copiés/collés d’un jour sur l’autre, et faisant à la fois l’apologie de la « norme », le bonheur des annonceurs et les besoins inutiles mais devenus nécessaires.

Voyons … et si on dit « NON » à tout ça ? Et si jamais, par manque de moyens ou par volonté d’autre chose, par simple bon sens ou par honnêteté intellectuelle et soif de connaissances au lieu de jalousies matérialistes et de « facile d’accès », on refuse ce genre de « chemin de vie tout tracé » et ce qui va avec ? Et si on refuse de « se mettre au même niveau que tous les autres », Dieu me tripote (… merci mon Dieu) ? Et au cas où on le crie haut et fort, pour que tous les assourdis par la « norme » aient peut-être une chance de « comprendre » ce que nous ressentons (pour peu qu’ils soient accessibles à la compréhension) ? 

Eh bien, nous finissons « mis au ban », ni plus ni moins, « citoyens de seconde voire de troisième zone », voire carrément « parias », parce que chaque société a besoin d’une part des « bons » qui la maintiennent dans l’illusion de la « durabilité », de ce qui est « acceptable », et de la « croissance éternelle », et d’autre part des « mauvais » qui osent remettre tout cela en cause !

Où donc est le bon sens, quand on ferme 6000 kilomètres de voies ferrées jugées « non rentables » parce que manquant d’entretien depuis 30 ans, là où nos voisins Allemands rouvrent des petites lignes fermées depuis 50 ans ? Où donc est le « durable », quand on condamne à des jours-amende à 100 € des habitants de yourtes, de chalets, de roulottes, de tipis, tout en laissant des « champignons » miter les moindres terres autrefois cultivables ? Où est donc le « réel », quand un pays tout entier se retrouve gouverné non pas par le Président de la République ni même par son propre gouvernement, mais bel et bien par la « norme », et par la « normalité » ? 

Où donc, et comment, se considère le sens d’une vie humaine quand un pays tout entier est soumis à toutes ces injonctions sociétales insupportables du genre « Et les enfants, c’est pour quand ? » ou « Et pourquoi tu n’as pas envie de vivre à crédits comme tous les autres ? », ou encore « Et pourquoi tiens-tu tant à ta culture alors qu’il te suffit de passer ta journée devant la télé pour ne plus te poser aucune question ? » ou le célébrissime « Tu te poses trop de questions ! », qui est quasiment une injure envers un autiste Asperger comme moi …

… Ce à quoi je réponds du tac au tac « Et tu n’aurais pas des crédits à aller rembourser au lieu de vouloir convertir un marginal assumé à tes niaiseries de maudit cave ? »

Tout ça n’a plus de sens. Toutes ces véritables profanations du bon sens, de l’environnement, de la réalité, toutes ces inadmissibles violations de nos libertés d’être viscéralement différents et de l’assumer, d’en être putain de fiers, tous ces comportements inhérents à la « norme » et à celles et ceux qui lui servent de nom de Dieu de porte-étendards, n’ont plus aucun sens. Et pour ce qui est de leur avenir hypothétique … Si un ‘foyer Français normalement constitué’ (la bonne blague !) peut vivre à crédits, eh bien la planète Terre, elle, ne nous fait pas crédit. Et inutile de penser à aller coloniser Mars ou une des lunes de Jupiter pour espérer faire les mêmes conneries ailleurs, une fois que la Terre aura rendu l’âme.

Alors, je revendique que Nous, tous Marginaux, Oubliés, Différents que nous sommes, avons le devoir moral de poser la question à l’envers. « Pourquoi continuez-vous à vous vautrer dans le statutaire ? Est-ce par volonté de ‘ne pas faire de vagues’ ? Est-ce pour bien faire comme tous les autres ? Est-ce pour tailler des pipes à la fois aux établissements de crédits, aux publicitaires, à vos ‘vedettes’ jetables et aux magasins de fringues devant lesquels vous faisiez la queue au lendemain du déconfinement ? Est-ce pour écœurer vos voisins en ayant une plus belle bagnole, une plus belle piscine, un plus grand barbecue qu’eux ? Et au final, est-ce que votre mode de vie ‘statutaire’ vous sauvera, au mieux du COVID-19, au pire des conséquences d’un baril de pétrole à 300 $ pour les dernières gouttes ? »

La « norme » TUE

Non seulement elle tue des rêves, des idéaux, des libertés, des cultures souterraines, des choix d’une vie radicalement en retrait du fracas qu’elle engendre, mais en plus elle tue légalement. Parce qu’elle sacrifie des milliers, des millions de vies humaines à son seul profit, et sans en avoir rien à foutre. 

Le nombre de dossiers en commissions de surendettement, le nombre de personnes qui coupent les ponts avec leurs familles à cause d’un changement de vie, le nombre de jeunes gays et lesbiennes mineurs expulsés de chez leurs parents à cause de leur homosexualité, le nombre de personnes jetées à la rue parce qu’elles vivaient en yourte, en cabane, en roulotte, le nombre de vies foutues en l’air par suite d’un fait-divers largement évitable ayant eu comme point de départ un acte de pur suivisme ou un pari débile basé sur une « mode », le nombre d’innocents condamnés pour un crime qu’ils n’ont jamais commis à cause de ‘ce que disent les gens’ … Combien de vies détruites sur l’autel de la ‘norme’, cette entité mouvante, vulgaire, dépassée, sans avenir, sans relief ?

La « norme » cause des morts. La « norme » EST la mort. Et face à ça, toutes nos différences, toutes nos marginalités, tous nos « pas de côté », tous nos loisirs peu communs, toutes nos souffrances que nous arrivons à convertir en détermination à soulever les montagnes, sont la VIE, la définition la plus absolue de la vie et de la liberté, la grandeur de la vie et de la liberté réelle de tous les nôtres …

Donc, et la pertinence de mon raisonnement m’étonne moi-même, Dieu m’écartèle, si possible sous anesthésie générale : la ‘norme’ et la ‘normalité’ sont reconnues coupables d’incitation au suivisme en masse, d’apologie du conformisme, de promotion de la soumission, de stigmatisations diffuses des libertés et différences par ‘injonctions sociétales’ avec préméditation.

La ‘norme’ comme la ‘normalité ‘ encourent de fait, pour ces chefs d’inculpation cumulés, la réclusion en noirceur à perpétuité, dans les bacs à lombricompost des cultures Underground, sous surveillance renforcée des contingents de la Marginalité. Mais leur avocat vous en convaincra mieux que moi !

– Le Procureur-Troll de la Cour de Justice Ironique et Obscure (alias Krähvenn « Sombrelance » Vërkhörr).

Total Page Visits: 365 - Today Page Visits: 2
Krähvenn « Sombrelance » Vërkhörr.

Krähvenn « Sombrelance » Vërkhörr.

"Un Troll du Chaos en immersion dans le monde des hommes. Ses sentiments bruts, ses rêves, ses idéaux, il les assume, et quand il montre les crocs, ça n'est jamais bon signe. Ne plaisantez pas à son sujet au pied des mégalithes ... il pourrait vous faire un coup de troll-falgar." ("coup de Trafalgar" façon troll) Mon blog : =>http://dernier-bastion.eklablog.com/

4 réponses

  1. Quel article formidablement bien écrit, du grand art Trollesque ! Bravo ! La norme tue !

  2. Avatar Vanessa dit :

    Olé ! Qu’est ce que tu écris bien !

  3. Merci pour vos retours, ça fait plaisir ! 🙂

    J’espère pouvoir satisfaire votre soif de trolleries lors d’un prochain pamphlet, dont je ne connais pas encore le sujet … A venir ! Peut-être, pourquoi pas, un article sur la dernière émission « troll » dans le PAF actuel, à savoir « Groland » ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *