Psychoses : Genèse d’une œuvre fascinante aux frontières du réel

Psychoses : Interview de l’auteure Serena Davis 
Psychoses : Interview de l’auteure Serena Davis 
Psychoses : Interview de l’auteure Serena Davis 
Psychoses : Interview de l’auteure Serena Davis 

Psychoses : Interview de l’auteure Serena Davis 

Elsa : Bonjour Serena. 

Serena : Bonjour Elsa, je suis ravie de vous retrouver. 

Elsa : Le plaisir est partagé. Vous avez l’air en forme, aujourd’hui.

Serena : Je vous retourne le compliment.

Elsa : Vous venez d’annoncer la sortie de Psychoses sur toutes les plateformes numériques. De quoi s’agit-il ?

Serena : Psychoses est un recueil de nouvelles psychotiques. 

Elsa : Du genre, thriller psychologique ?

Serena : Non, psychotique.

Elsa : Il y a une différence ?

Serena : Elle est énorme. 

Elsa : Pouvez-vous nous expliquer ?

Serena : Je vous conseille de visionner le film Psychose, chef d’œuvre d’Alfred Hitchcock. Vous comprendrez que les deux genres ne sont pas comparables.

Elsa : Est-ce ce film qui vous a inspiré cet ouvrage ?

Serena : Pour tout vous dire, je l’ai visionné pour la première fois hier soir. C’est exactement « l’esprit » de mon livre.

Elsa : Hitchcock vous a copiée ?

Serena : C’est ça (rire.)

Elsa : De quoi souffrent vos personnages ? 

Serena : Ce ne sont pas des personnages, ce sont des personnes. Deux femmes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer. Les huit autres souffrent d’une forme de schizophrénie, qui ressemble à la schizophrénie paranoïde, et d’autres troubles associés.

Elsa : Dans vos personnages… excusez-moi, je veux dire… parmi ces personnes, certaines sont des enfants…

Serena : Les adultes ne sont pas les seuls à être atteints de troubles de la personnalité.

Elsa : Ces gens sont-ils dangereux ?

Serena : Non. La plupart ne le sont pas. Dans mes romans, je m’intéresse seulement à ceux qui sont passés à l’acte.

Elsa : Comme votre père ?

Serena : Vous êtes bien renseignée.

Elsa : Ce drame, vécu pendant l’enfance, vous a marquée. Il est à l’origine de votre projet littéraire, n’est-ce pas ? 

Serena : C’est une recherche. Je me suis longtemps interrogée sur mon identité, perdue aux frontières du réel. J’ai essayé de comprendre ce que j’ai vu, d’interpréter les faits. J’ai même rencontré ma grand-mère paternelle.

Elsa : … et cette rencontre a remué le couteau dans la plaie…

Serena : Ma grand-mère a enfoncé et tourné la lame en me regardant sans ciller. Mais cette douleur m’a fait du bien. J’ai expié. Comme pour mon père, j’ai compris qu’il n’y avait rien à attendre, aucune réponse à trouver.

Elsa : C’était sa maladie. C’est étrange, vous en parlez comme quelque chose de vivant… Vos livres semblent presque donner une forme à l’innommable, modéliser le diable… 

Serena : Ces choses-là peuvent arriver à tout moment, sans prévenir, comme ça. L’indicible, telle l’abstraction dans l’art, est une vision déformée du réel, mais nul ne sait de quel côté se tient la vérité. 

Elsa : Vous êtes effrayante.

Serena : (Rires.)

Elsa : Pourtant, vous écrivez aussi des romans feel-good. Dans quelques jours, vous sortirez Alerte à l’Ehpad, aux éditions Sudarènes, une comédie romantique légère et pleine de vie. Comme passe-t-on d’Alerte à l’Ehpad à Psychoses, ou l’inverse ?

Serena : Comme on passe du rire à la peur, du bien-être à la douleur, sur un « trigger », un coup du sort. On n’a pas toujours envie de rire, on a parfois envie d’avoir peur. Je n’aime pas les choses figées. Laquelle de mes nouvelles vous a le plus marquée ?

Elsa : Derrière la porte. 

Serena : Pourquoi ? 

Elsa : La petite fille n’a commis aucun crime.

Serena : En effet, elle n’a pas agi, elle s’évade, elle est inoffensive ; le criminel se tient derrière la porte, dans la vraie vie. Pourtant, on ne lui a diagnostiqué aucune maladie. C’est important de rappeler ça, aussi. Même si j’écris des textes d’épouvante, je ne veux pas qu’on l’oublie.

Elsa : Vous ne jugez pas. Pas même le crime.

Serena : Non. Moi, j’écris. 

Elsa : En ce moment, écrivez-vous d’autres nouvelles dans ce genre ? Psychoses attend-il une suite ?

Serena : J’ai en tête mes deux prochaines nouvelles, et elles sont terrifiantes. Il faut s’attendre à un Psychoses 2. Quand on me lance, on ne peut plus m’arrêter.

Elsa : Qui vous a lancé, justement ? 

Serena : Mon éditeur. Lorsque je lui ai parlé de mes prix littéraires, de façon tout à fait anodine, il m’a demandé combien de textes primés j’avais en stock, où ils étaient. Je lui ai répondu que j’avais écrit une soixantaine de nouvelles qui dormaient dans mon disque dur. Pour lui, c’était un sacrilège. En une semaine, Psychoses est né. Il m’a suggéré de diffuser le recueil en format e-book, via PLn, une plateforme de diffusion numérique qu’il a lui-même créée.

Elsa : Psychoses est accessible sur toutes les plateformes ?

Serena : Kobo, Amazon, Google Play… oui, toutes, grâce à PLn. Nous avons voulu un prix de lancement accessible : 2,99 €. L’objectif n’est pas de m’enrichir, mais de faire découvrir mes écrits.

Elsa : Sortira-t-il en version papier ?

Serena : Oui, en tirage limité. Les exemplaires papier seront diffusés dans l’intimité, à la demande, sur les réseaux sociaux, dans les festivals et sur les salons. Ils seront tous numérotés. De 1 à 3 000. 

Elsa : Ce recueil, c’est comme une partie de vous, finalement ?

Serena : Mieux vaut ne pas essayer de me l’arracher (sourire.).

Elsa : Je ne tenterai pas. Merci, Serena.

Psychoses, Serena Davis 

Editeur : PLn

Date de parution : 04/2022

109 pages

Liens de téléchargement : 

https://www.numilog.com/1387820/Psychoses.ebook

https://www.leslibraires.fr/ebook/9782493845160/psychoses-serena-davis-pln

https://www.kobo.com/fr/fr/ebook/psychoses-2

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Serena Davis

Née en 1985, Serena Davis est une écrivaine inclassable, auteure de deux ouvrages récents, une comédie romantique moderne « Les chats retombent toujours sur leurs pattes » et un roman mélodramatique sur la combativité féminine « Les pendules ne sont pas toujours à l’heure » coécrit avec sa maman, Mary White.

8 Responses

  1. ça m’a l’air excellent, j’en veux un en version papier now !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! L’interview est vraiment drôle et parfois corrosive ^^

  2. Avatar photo Lerenard dit :

    Tu prends des risques, j ai commencé la lecture…

  3. Avatar photo Gina21 dit :

    Je l’ai téléchargé, vraiment c’est surprenant. Les chutes sont géniales et les histoires prennent aux tripes.

  4. Bravo, c’est un bouquin espiègle, farceur, joueur, mauvais enfant adorable …. de belles chutes, un rythme parfait … MAIS, jamais je vais dans un cimetière avec toi !

  5. appel aux dons sdf Lionel Belarbi dit :

    666 lectures à 15h22 un 24/05/2022 c’est terrifiant !

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