Psychiatrie compassionnelle – Sujet offert par Mr M. H (Dit l’homme au cigare)

Psychiatrie compassionnelle
Psychiatrie compassionnelle

Psychiatrie compassionnelle

Sujet offert par Mr M. H. (dit l’homme au cigare), directeur médical d’un HDJ, répondant à ma demande, afin qu’il me soit possible de passer 1 mois à mon domicile hors l’inopérante (déjà) de cet HDJ.

Le jeu que je proposais : le premier mot/ objet/ ou son lui passant par la tête, je devais en « faire » quelque chose…Il trouva cela non conventionnel et s’en amusa.

Je lui suis reconnaissante. Cet homme était tout sauf un imbécile. Il m’a aidé à sa façon plus que n’importe qui , et ceci malgré nos heurts récents.

Je traitais le sujet en 12 jours, et ne tenais pas plus.

Ceci est un travail solitaire sur deux semaines, et une tentative de mettre en récit des morceaux en nuée dans le plus strict inconfort. En partant de deux mots à imaginer vivre ensemble. Je partis donc en plantant le décor de ce qui, au préalable, découlait de ma proposition de « devoir de vacances ». (sic Mr H. , je lui pardonnais sa bonhommie en répondant à son rire sympathique par un acquiescement réjoui.)

Ce texte parle d’une époque ( de 2003 ) où cela prit sens, puis 7 années plus tard où je décidais d’inventer les conditions de ma survie.

Ce papier ne changea rien aux choses, mais il me changea moi.

Il y en eu bien d’autres : avant-pendant-après ( périodiquement).

Six années plus tard, quand la rupture avec une psychiatrie molle et infiniment violente dans sa nature fut consommée , je rencontrais mes camarades de psy/soins/accueil, place de la République à Paris, lors des mouvements contre la loi du travail et leur monde. Je découvrais à cette occasion des collectifs militants psy dont je ne connaissais pas l’existence.. je les ai fréquentés, je les ai beaucoup écouté et lu quand ce fut possible. 

Les choses se sont complexifiées et affirmèrent mon activisme.

Reste que le chemin est long… et le souffle limité à nos capacités pulmonaires bien humbles.

Ce ne sont pas les idées qui manquent…

05/08/2010 : Psychiatrie compassionnelle

« Je déteste l’optique« , août 2003.. J’ai pensé à des tas de trucs alors: les tissus, les costumes, le polisseur hollandais blasphématoire, le pli..

IL a « horreur de ça » (l’optique)… Cette petite butée du hasard,pourtant m’aura aidé à supporter.

Et l’endurance lourde qui fracture les bricolages rustiques.. un engramme saisi par la peau.

Quelques semaines gagnées, octobre.

L’amusant cabinet des curiosités, le feutre des murs, La Havane pas si loin…réminiscence d’un asthmatique valeureux.

Quand je file,le souvenir/ l’effort de composer un tableau s’anime bien sûr… Mais là, je souriais, présente encore de ces histoires de perspectives, de focales; la topologie fumiste.. Des images comme de la Lettre qui danse…actuelles!

A chaque instant, sans que je n’use de ces réflexes ou recours au lien entre quelques uns des atomes du temps projetant sur la toile de quelques autres atomes d’espace disponible, dessinant… projetés.

Non pas construction du Réel: reflet de segmentarités perçues, mais crevure effective et neuve du réel et qui demeure -comme de ces brèches/figures du souvenir, ailleurs et plongeant dans une immanence, et qui n’a pas de bord.

Dont on ne peut sortir, donc.

C’est vif et c’est plusieurs -d’être écartelée, disloquée en axe (et qui n’est qu’un mur de plus), et de ne tenir son ensemble que par la grâce de flêches ceintrant de l’éveil captif.

Je supporte alors, avec ce que je soupçonnais là de moquerie réfractaire et vitaliste !

Je ne vais pourtant pas tarder à sentir le ciel, la nef érectile des balivernes marchandes, chacun des immeubles du boulevard que je traversais, les troupes dépareillées, synchrones ,le pas désynchronisant- et même Ceux-là-qui-me-touchent-et-me-parlent-encore: rougis d’un rouge cochenille gagnant tout.

Mes mains quand je les regarde!

Mais pas question qu’on m’encriste à une croix, fusse-t’elle genevoise ; les bribes d’un Saussure semant les tiroirs de l’Université..continuant d’en démanteler la légende fallacieuse (une fraicheur qui sauve un peu).

Les Sirènes en blanc sont pires -les petits soldats du défaut de l’étude- et puis les petits soldats tout court: les bottes et les clés qui s’impatientent qu’une ruse de Circé ne prévient pas.

Il y avait le carbone de derrière mes yeux,saignant, planqué..ça fendillait, je me souviens,brûlant, grondant de bruits parasites ajoutant aux furies qui torpillent l’intérieur de mon crâne.

Je suis le récepteur de tous les signaux du semblable.

Qu’il se fracasse, fende et crève ce truc en fontaine que le ver creuse -J’irais quelque part ailleurs, transfigurée…le message de soi intact..

C’était presque impossible, infime..un coup de dé négocié dans l’urgence.

Il fallait créer de la singularité…je suis mécanique avec la densité de l’acier que le son traverse à toute allure, configuration de sauvegarde.

Le détail d’un ami m’a arraché de la rue et de la durée qui fixait.

Je voulais la nuit totale à l’intérieur d’un cube.Mon cauchemar mais en propre.

J’ai pas vraiment compris tout ce rouge quand même…Pas que le halo d’un trou noir qui s’agrège…

Je ne pouvais me contenir davantage et me déchirai sur des kilomètres, et tout ça rosissant (s’oxyde puis se fige) coagulant une viscosité imprégnant un territoire d’Apocalypse qu’un uniforme balaiera peu après.

Le Sujet,surpris à l’intérieur, lorsqu’il a les yeux ouverts, n’en saura davantage…et rien n’est transmis.

Et moi qui suis une armée, j’ai pu les pleurer beaucoup. Mais il n’y a pas d’innocent.

La compassion va aux gredins et à ceux qui restent: les démunis, les fous, les salauds magnifiques..

Et les circuits agissant…quoi ou qui distingue?

Étendre en faisceaux labiles et serrés des couloirs polymères palmant l’instant qui ramasse toutes les heures…

J’étais quand même un peu plus que de la viande!

Et quand bien même!! Tous ces connards phobiques, souffrant, ils n’en bouffent plus!

Ceux qui modélisent et parcellent la structure dissipative d’une chair en feu pensant n’intéressent plus guère que les insectes achevés, les fossoyeurs silencieux, ceux que le roseau grégaire évite pudiquement…alors qu’ils étaient là avant, et seront là encore après: toute la masse grouillant en attente et s’affairant; une cybernétique du cloporte, diraient les Anciens.

Je suis un monstre pour les Hommes, puisque de fait ils ne savent pas ce qu’ils font.

Je vois, c’est ainsi. Les aimer un peu. Ça repart vite; la distance supposée pour les voir, ça se brise et eux avec.

Respirant, sept ans plus tard…je décris de la vermine épique, l’humilité d’une vie de la déliquescence qui épaissit les ombres comme un acide sirupeux s’adaptant aux courbures recouvrant tous les angles morts…

Grégoire culpabilise quand même de sa perte programmée d’une humanité franche -toute la sémiotique du Convenu- lorsque la culpabilité de n’en être plus survit en miroirs crûant les vacuités urbaines en face…de franche on saisit les friches, l’artifice déclinable, le cortège..courtisant les parures du Sensible, la sainte famille..Que le Fils des évangiles délaissa avec sévérité, que d’Autres turbinent, joyeux, d’argumenter une critique de la critique d’un sanhédrin du 19e siècle.

Subir et angoisser la métamorphose…peut-être …

Mais l’Homme, « l’animal sinistré » de Sartre, c’est le Brundelmouche mutant de Cronenberg: qui de s’observer en objet d’un monde enceint -objectal autant- s’émerveille (minutieux)de la dé-formulation de soi reformulant du soi-autre.

De soi partout!

Il y a le tourment, la solitude, et alors !!??

-Un espace sans limite précise.

Les négationnistes du pourrissement et de la question héroïque ont posé l’arbitraire soluble infectant la raison des Peuples.

Un onguent sur la peur pour briller en photos volées; la mort brossée avec toutes ses dents : itérabilité copiant le mouvement pour dissimuler la perte -qui n’est qu’incongruité- et l’effroi associé.

Les frontières, s’agissant de concevoir du bord, la ligne de front que je puis opposer comme passage d’ailleurs ou vers…

Un espace sans limite qui cramponne tout à la fois.Non pas orienté! 

Cette foutue pensée accueillie comme attendue, balisée..Les combinatoires fermées distribuant un infini du rebond..avec papiers-visa et le sourire du ministre…

Lorsque la multitude (s’) est assujettie de la normalité unifiant, on a viré la Loi et posé les règles orchestrant le désir en gavage.

Le conforme, il ne brusque guère sinon que le vivant à l’état de syllabus, les images/idées dès-aliénées (puisque libre on ne naît pas et que la mort ne délivre point.), le soucis du Contre, les architectures indéterminées qui métabolisent de la structure/matière en énergie sombre.

Cette multitude enkyste, la sclérose rigole en eaux trompeuses; elles désaltèrent l’ambitieux aux mains vaines, filtrant le tiède, le confort choisi, le spectacle des poupées qui sonnent du « maman je t’aime ».

La machine-maladie se reproduisant tant et mieux que cette « psychiatrie compassionnelle », maladie autre, maladie rare si hautement curable et qui toutefois émerge chez quelques uns encore..de s’éteindre?

...qu’eux mêmement.

Toute tentative qui faillit dans l’appareil à dissoudre d’une Novlangue victorieuse.

Le combat pour libérer les « malades » se heurte sourdement à la machine-malade si vive de tenir le pacte des soumis à un autoritaire de Luna Park et de fiction polie, qu’un flux d’improvisation sauvage n’ébranle pas tant.

On peut se perdre dans le relatif et s’égarer dans le Fabuleux-Parisien-des-Prés-2010.

Si la « belle âme » est encore du coté de l’être en questionnement, les mendiants en Esprit de toutes figures; la conscience bonne reste la conquête des héritiers d’une néo trigauderie glacée aux tabloïds..ceux qui exsanguent la mauvaise conscience du tourment de la responsabilité, embrassant la culpabilité-dolorosa qui traine son salut de mariée oblative .

Un slogan de convaincus, les perclus d’une mésestime de soi tremblante, affectée -automatique au discours- et si commode..

Les petits jeux sadiques qui mettent en scène la pitié, la rédemption par les larmes mêlées..

Ils caressent leurs entre-soi calquant à plusieurs les attitudes promises..Tous souffrant de la même lèpre : Paresse/Démission/Collaboration.

Ils la fardent avec bonheur -usant d’un monde qui les digère- les honneurs pannés, la griffe de valeurs empruntées; le sang, la sueur des anonymes, l’excitation confinée dans les gradins..attendant la mise à prix.

Se prêtant parfois eux même à l’enchère: de se faire objet d’attention, Ô amour, objet (grand) A, retour d’un soleil copié collé.

Ergotant sur la toxicité des sucres rapides, ils ont inventé l’élégance partenaire, l’empathie bouclant dedans la tribu mimétique..

Un enfer qu’ils circonscrivent à leurs poches: les Autres, ils n’existent pas!

Le hors champ n’est pourtant pas l’absence .

Il ne montre pas mais il raconte..

Ces espaces diégétiques terroristes, ces insolents qui arrachent à l’autre qu’ils imaginent !

Hors champ où il est des messéances qui tournent, s’entournent..un monde qui résiste, vit, doute, crée, s’étiole.

Le hors champs claque une mise en abîme de l’immédiat..en permanence.

L’artiste peut composer, en jouir..comme des ces convictions qui hantent.

Le corps d’une conviction qu’on ne possède jamais tout à fait..

L’œuvre d’art n’existe que de dissidence, de révolutionnaire..parce qu’elle est inespérément singulière.

Elle affirme, elle s’affirme : étrangeté- profondeur..ce dont parlait Blanchot, faisant place à cet autre langage qui la nie et la repousse.

Vivre, cela ne semble que cette espérance ténue -si peu permise et supportable aux travers de l’agir- se distinguer du dieu de la totalité carcérante , s’en extraire comme l’ange déchu porteur de lumière..

De naître, ouvrant ainsi l’espace d’un inédit potentiel ,et de créatures imparfaites dont la caractéristique émouvante serait de penser -et de penser en acte.

Tendre par l’autre.

Une dialectique où le travail en exercice sauverait ( écartant les naïvetés « bienveillantes » qui paressent), au moins partiellement du corruptible en trace.

Le tout, selon le mot de P. Watkins -parlant du monoforme- sans autre nouveauté qu’un espacement de la lecture..Décider de rompre le schéma narratif dominant que véhicule le néo-fascisme ordinaire..Ah..nos cités plurielles laminées, éructant une homogénéité du fast food..dont chacun s’emprend.

La commune, Punishment Park..il faut faire un tour dans les cinémas de quartiers…

Penser/réfléchir (les grands maux/mots !!) supposent déjà une distance « entre » minimale, et du feu: de distinguer du contraste..

VIGILANCE, la perspective est traître.

Les mots/maux, la dévotion et l’arnaque associées.

Toute sémiologie -y compris psychiatrique- a ses limites.

Le diagnostic, c’est le discerné dans la courte vue..et parfois de cela échappe..où forcement tout échappe!

Circonscrire un « patient » à sa condition de patient c’est déjà un acte ségrégationniste.Le cerner d’une maladie (même exotique) c’est bien sûr un vaste fourvoiement en germe, et pour tous.

Une psychiatrie dite compassionnelle saurait elle s’en affranchir seulement?

C’est une guerre, une ruse de Sioux, un combat qui n’achève jamais.

Comme celui du « malade » qui tente de ré-investir l’espace de son corps que des contentions « thérapeutiques »(?!?) aideraient à redéfinir…Alors que dans un même temps, on l’oblige -vassal- à baisser la tête pour sanctifier son hôte (l’hôpital). Et la légitimité de cette parole « patiente » qui s’étrangle dans le cri étouffé d’autres en bouquet !??

Et ça : la banalisation des torpeurs humaines, toute cette « fabrique du consentement » à l’œuvre, si elle ne se borne d’évidence pas aux chapelles des hôpitaux psychiatriques, il faut entendre qu’elle y entre comme partout..Sus à une population vulnérable, à des « soignants » complices qui sont -dans leurs pratiques d’ailleurs- tout le contraire d’un rempart supposé, et qui ajoutent !!

La Terreur serpente toutes les couleurs du spectre. Elle file désormais par tous les pores et percute en continu; elle transfuse -inclinant aux passivités déconcertantes- 

Il n’est que dans l’espace de la révolution portée que l’on s’en émancipe..celui du polémique, de la vibration, de l’analyse.

L’humour seul est indécent, inefficace..L’humour avec est déjà une victoire.

Cette Terreur use d’outils éprouvés, instruments du contrôle des âmes: discriminant, divisant..les bonnes vieilles ficelles.

Et aujourd’hui, davantage encore, propageant sa propagande par les pubs/infos qui réclament qu’on réclame, applaudissant au flot ininterrompu de conneries animées par les média qui enseignent..inoculant sans cesse son engeance saltante, fouissant le terreau synthétique de cette société du consommatoire décomplexé -increvable- charriant de la tumeur maligne et exponentielle : arborescence de la somme frayant d’avec la chute et où une jeunesse, perdue à sa propre Histoire, s’arque de toute cette linéance qu’achève un ciel infanticide et cannibale.

Qu’est ce que l’hôpital psychiatrique fait de ça ?

Lequel aujourd’hui se manage comme une succursale sacerdotale, sollicitant aux cultes de son siècle, dépareillée de l’être -même priant- c’est à dire rendant grâce.

Les finasseries du rentable sursautant ces Désirants Vertueux accablés de la tâche..préférant l’intégration obligée du « malade » au modèle.

Alors ?

Rompre ?

Rompre l’enfer du pullulement qui résonne en cathédrale ?!

Avec l’énergie de l’hyper violence redessiner la carte du monde..la lutte armée?

Beaucoup peuvent la recourber cette Vivace dessus la constellation de leurs corps..Perdant l’usage du mot, s’éteignant sans rien avoir éclairer …et frayant la mèche dans un ventre, n’attendre que de noyer la gorge d’une chaleur ferreuse.

Signer du rituel pour commémorer la défroque.

Sinon, du mythe du guerrier Odinique, ressasser les vilénies des dieux grecs -que certains voudraient moins destructeurs(!??)- et subvertir à la politique du correct la complainte sédimentaire hystérisant du douloureux chanté par des vents qui sifflent ?

Voyons…

De penser que ce qui retient le sultan (bouffé de sa désespérance) de fondre ses épouses dans un charnier infernal : c’est la présence du sujet..Shéhérazade..et qui le tient en éveil.

Où la narration fait surgir l’inattendu -toujours- on ne sait comment..Un effet DU sens où le récit n’est là que pour soutenir un ressac qui n’égare pas, qui rend saillante (de)  -la trace qui arquebute- un effet DE sens où la série se mute en présence.

Présence, et qui préserve donc..pas du vide (il ne s’agit pas de cela), mais de la multiplicité du même , qui se résout dans l’impossibilité « à faire de l’autre » jusqu’en user..et de s’user de cela en soi ..qui se délite à mesure..jusque confondre. Et tout est mort.

« Et qu’est ce que peut un corps » a dit l’Autre.

Qu’est ce que peut le corps de la psychiatrie, celui des « soignants », de chacun d’entre eux, de chacun de chaque « malade » ?

Évidemment , il n’y a pas uniformité (surtout pas!) de ce que nous serions en capacité d’élaborer, de critiquer, d’agir, de sourire…Mais que la question exigeante (mon inclination janséniste) interroge de ça de soi -et collectivement- (chahutée certes par la relative indifférence d’une poignée) ..que cela questionne de ce quelque chose quand même qui bat dans le « no man’s land » importé de l’HP, c’est chercher (et trouver simultanément)l’effet de sens pour saisir une présence « contenante » (soignante) et mutuelle, distribuant un chemin à investir par le collectif.

Tout ça ouvrant du champ, le laboratoire stimulant les volontés bonnes, une esthétique du dedans comme un manifeste!

« La science pratique des manières de l’Etre » chez Deleuze..de l’Ethique , cette opération de l’immanence , en défense aux dérives sectaires les plus extravagantes, aux querelles mortifères.

L’hôpital psychiatrique : de la zone neutre entre deux lignes de front , pour respirer la seule paix possible ?

Vaste blague!

Que l’on soit coincé entre les quatre planches de sa dérive fractale, les quatre murs d’une chambre condamnée au sommeil, attaché à la potence d’excentricités soignantes flirtant d’avec le barbare, ou bien circuitant les journées d’un lieu psychiatrique « ouvert » alors que la toute parole fragmente, L’assourdit et se perd: on peu s’exaspérer de ces déclinaisons à ne trouver personne!

Parce qu’il est de ces lieux de la conversation, les groupes : ateliers, un coin improvisé, où l’un (« soignant ») déclare de débattre, un autre (quiconque) propose..où ça s’agite, où l’on balance des mots ensemble.

Lieux dont l’existence en soi affirmerait l’indice factuel et non réfutable (ça commence mal!) d’une adresse vigilante, d’une écoute etc.. et circulant..libre.(??!)

Que sont ils ces lieux, alors que ceux qui pêchent d’aventure (ou à dessein) de s’y plonger, cognant le cadre d’un consensus qui flique et qu’un pseudo exercice du respect timoré contraindrait..Ceux là  -discutant d’éthique au sens large- à qui l’on n’offre en retour (lorsqu’il y a) qu’un écho le plus souvent dégradé, réductionniste, et menteur de ce qu’ils disent.

Une opprobe à ce qu’ils sont.

Une attaque en règle.

Le tout arguant d’un vide sidéral -alpha et oméga menacé dans sa fixité, et qui roule les yeux de l’outragé face au satyre « stalino » grimaçant : visage d’un homme seul qui simplement se tente libre, use de méthode, de la prévalence du jeu, de la question dynamique et rigoureuse (et pas de la question de la sainte inquisition, merci bien!)..et dit  malgré les abattements et les désordres qui l’agitent.

Et puis l’argument du pathologique , si prompt d’être dégainé avec la glose hygiéniste qui s’en suit, me fait penser à ce qu’écrivait Chomsky de ces armes idéologiques employées par quelques uns..incapables ,eux, de reconnaître la dimension pathologique de leurs propres activités..Puisque cet « argument » n’est qu’une accusation confinant à l’insulte, aucunement une ouverture au dialogue!

S’il n’y a malveillance dans un premier temps, il faudrait interroger l’échec de ce qui communique …les Lego, le schéma de Jakobson, la thermodynamique, la physique des particules: tout ce qui est disponible à l’imagination afin d’éviter que certains ne s’aliènent d’une finitude ouatée engourdissante, et d’autres de s’assommer contre ce monolithe qui absorbe tout.

Monolithe con-fusionnant les craintes, le goût du sang d’autorités défaillantes et qui s’insurgent, les théocraties du « bon absolu » dans le « pas si mal !  » et puis le « à quoi bon! »; les impossibilités (et que je puis plus que concevoir: de se saisir soi et autre à la fois, puis de saisir de ces Autres qui ne sont pas de Soi) mais qui participent là avec ardeur au lynchage qui s’annonce. 

La communication s’explose la plupart du temps dans un dérivé de litanies en trompe l’œil…s’égarant, crispant sur un mot, isolant de la matière du discours en fraction de signes, les dévitalisant -comme d’arracher une fleur à sa terre- reformulant à la chaîne, qu’un label viendrait légitimer, et s’effondrant dans un labyrinthe de miroirs striés qui capture la lumière, rebondissant elle, la lucide, compressant et se mourant dans une grille de lecture au format manufacturé..d’où l’entendement ne peut que rarement s’échapper.

Et l’intuition (chère à quelques) , en douce dans la tombe??

La bulle d’un air mortifié qu’éclatent et évaporent les aridités rectorales.

Elles : s’étendant en bac -immenses..immobiles- le sourire entravant le souffle: L’inutile est roi.

Tout ce cirque, la mosaïque qui subalterne le vivant, les scories martelantes…alors que l’ignorance , et qui n’est pas le faux (puisque..) mais s’en pare (..de s’en convaincre) corrompt les corps du Sage et de la Raison.

La bonne parole: sa mécréance.

On a les courtisans au mérite, là où les pleutreries carapaçent de l’Empire..on y engeôle « salubrement » ou de guerre lasse, malignement toujours un peu…

L’Anonyme dans son tonneau : en tatouer la croupe, c’est l’usage..et il faut taire!

L’abrutissement est volontaire, soit.

Et il est massif.

Le mal est si ordinaire, une figure du show-biz, séduisant Alice et autres Gary..singeant la lune claire lorsque les nuits sont pleines.

Quand le conte n’est plus que comptable de toutes ces sortes du vil: les bruits.

La singularité de la « maladie mentale » soupçonne alors de ces décadences là aussi, et qui sont ailleurs d’elle, jamais bien loin..au hasard de congruences dont on ne sait plus…

Et ça bataille  de la métaphore du creux qui déplace et désespère, ça métonymise une entropie de buée expansive sans y penser davantage..de ces « soignants » aux poitrines médaillées,aux épaulettes voulant se faire aussi grosses que le bœuf ,ou autres  psychanalystes fondus au fauteuil, nous ne saisirons rien que l’incurie à établir du contact.

Et où les mots qui permutent et ré-enchâssent ne distingue de ce qui est, ce qui fut..que ce que le temps, pris comme mouvement dans l’espace, arrête soudain: incarnation de géographies stériles condamnant l’Archéologue..et dont le reflet vous regarde, en éclats.

Une contagion par le théâtre et le rire qui Klaxonnent les piètres connivences.

Un bunker qui légifère et théorise ces pièges du discursif : la pensée emprise dans les fables de l’unique.

Si l’on pense un peu la psychiatrie comme une « pratique de la relation », alors ses acteurs, « soignants » en tête  -puisque porteurs de la légitimité de la dame- ne peuvent évacuer mollement l’interrogation épistémologique fondamentale , tout ce travail réflexif exigeant -sévère- qui questionne la pertinence du savoir.

Y compris et surtout dans un travail en équipe!

Une Praxis (cohérence?) pour éviter le morcellement  que les patients se prennent en pleine gueule, et cette illusion (même larvée) , de la toute puissance « soignante », et qui mène inévitablement chez ses techniciens à une culpabilité nécrosante et qui cimente encore davantage le fossé creusé entre ce qu’ils se reconnaissent être transversalement, et la cohorte des « malades ».

Passons ces réunions vaguement institutionnelles qui écartent les « patients » de cette mystique des « soins » les concernant: le projet thérapeutique (?); l’extrayant (le patient) du cœur d’une clinique devenue orpheline de son objet.

Et où les psychologues « and Co » ne font plus de psychologie, mais désormais une maïeutique de la formule..et qui s’avorte elle même.

Eux pris dans le quotidien du circulatoire, claustrés de sas en sas de décompression et qui ne voient plus guère la surface.

Et les « malades » : sans demande, peu concernés ou consommant de l’infirmière, du « thérapeutique » à la criée ; une nourriture qu’on avale comme de laper la rosée sur une fougère afin d’endiguer une soif qui s’écoule d’une artère sectionnée.

Alors que l’écoute, protéiforme certes -mais qui ne véhicule rien, ne mène nulle part ..(sinon que de tout circonscrire entre ses deux pieds qu’il s’agit de ne point bouger!), tout ceci très largement éreintante des deux côtés et qui ne stimule que l’appétit de l’addict :

-l’appétence d’un « soignant » dans son allant (déçu ?) de « prendre soin » afin de se reconnaître/être reconnu actant,étant..puisque impuissant à établir du contact véritable.

-Défection de « malades » qui délirent une écholalie pirate d’un système brouillé: Prendre/Donner/Figer, « Prendre ce qu’on te donne » surtout, parce que c’est tellement moins suspect de nos jours.

Et il a bien compris le « patient », il est peut être fou mais il est pas con!

D’accord…il y a parfois de ces pervers de service qui se ragaillardiront toujours d’un peu tout ce qui traîne..et puis d’autres, ces malmenés (et strictement) par une recherche affective angoissée, laquelle survivra à la fission de l’atome , on peut parier dessus!!

Les « malades », les « soignants » ,et les « civils » autour; tous, on n’échappe pas à sa patrie.

Les fruits déviants qui se font la belle , tombant du réseau signifiant de l’arbre, ne peuvent que rarement germer le sol ..et quand bien même  -ce qui naîtrait là-  porterait encore la sève des  devenirs consommés.

A moins que la mutation ne prenne, au moins pour quelques..

Parce que la psychiatrie..compassionnelle..nécessite du contre pouvoir -même subtl.

L’exercice du politique.

Proposer à la psychiatrie qu’elle se distingue en tant que compassionnelle, c’est convenir combien traditionnellement elle ne l’est pas.

L’outil étant d’injecter du solidaire au travers de la reconnaissance d’une souffrance du « malade », etc…Et ré-investir la belle notion de « responsabilité » -si insidieusement délaissée..

Pas de problème éthique sans sujet responsable ,il est vrai!

Donc en revenir à l’immanence de la question, (?) ..d’une éthique en exercice : où il est besoin de l’Autre pour la causer, le seul commerce qui vaille qu’on s’y blesse.

Si la compassion peut être cela en bref: de considérer l’Étrangeté non pas comme une différence de forme agitée de son angoisse existentielle commune, mais comme le : « ce qui souffre de moi-soignant, alors que tu me vois (ou non), ou m’ignore (ça arrive), toi-patient..et que l’on se reconnaît  -bien qu’objectaux et fantasmés- Sujets .

Bon, c’est évidemment pas une science exacte, mais puisqu’il y a dynamique et mouvement orienté, cherchant..Cette tension juste -qui retient- afin de ne pas fuir dans le bavard, la posture, le triste.

Cela brosse un profil soignant plutôt ambitieux, sous tendu d’une institution saine qui ne le serait pas moins.

Moi, je pense qu’une éthique (et) opiniâtre est la seule véritable condition d’une psychiatrie supportable..Quelques soient les grandes (si banales) et petites (vigoureuses) tortures que l’institution et ses agents potentialisent, quelque soit le degré de « liberté » qu’un balisage de secteur serait supposé octroyer « aux patients » (la liberté « offerte » comme un os à ronger).

Tout le reste….

De toute façon le compassionnel ne sauve en soi rien que le respect que l’on puisse offrir à la souffrance d’autrui.

Il sauve du coup un peu..enfin ,j’imagine..

Je pensais là vite fait au film « out of the blue » de Dennis Hooper; un joyau du début des années 80, semblant clore les « utopies » hippies de la décennie précédente.

La gamine a à faire à un psy-éducateur plutôt perspicace et aidant..

Elle achève son errance en tranchant la gorge de son père violeur, et se dynamitant avec sa mère dans l’épave d’un semi-remorque qu’elle affectionne..En écoutant du Neil Young mâtiné de mouvance punk..

De là à en déduire que c’est le Rock’n Roll qui fout tout par terre…

                                                                                                                  Laurence Renaud

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Laurence Renaud

Auteure invitée par le journal abrasif sur la santé mentale

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