Politique : « Extrême » le mot qui fâche !

Politique : « Extrême » le mot qui fâche !
Politique : « Extrême » le mot qui fâche !

« Extrême » le mot qui fâche !

«  Emmanuel Macron déplore la banalisation de l’extrême droite.

En campagne pour l’élection présidentielle à Fouras (Charente-Maritime), jeudi 31 mars, Emmanuel Macron a multiplié les attaques contre Marine Le Pen et Éric Zemmour. Des candidats « d’extrême droite », a-t-il insisté plusieurs fois, ce qu’ on oublie » et « qu’on banalise ». « Je n’ai jamais banalisé le Front national », « il y a un tandem d’extrême droite, que je combats », a poursuivi le président sortant. » La Croix.

Pour lester les discours vides, il reste le poids des mots.

C’est assez dingue l’effet du mot extrême. Quand il s’agit d’un sport extrême, on applaudit. Quand le plaisir est extrême, c’est génial ! Mais en politique, le même mot devient péjoratif, répugnant. Le non-dit c’est le bien, c’est la modération, l’équilibre. L’astuce est simple, ceux qui sont dans l’extrême sont dans la démesure, la folie.

Il faut donc en politique trouver le compromis. On a donc associé le mot extrême au pire : crime, terrorisme, bêtise, violence.

Pourtant, si l’extrême droite refuse son appellation, les candidats d’extrême gauche ne la refusent pas. Il y a longtemps que LO, la Ligue, NPA et autres partis sont de la mouvance, et hors quelques miettes électorales, ils n’ont rien fait sauter.

Marine -marchande de haine se moque en disant que Macron n’a plus que cet argument, et se défend en disant : . « Je ne suis ni de droite, ni d’extrême droite, mais patriote ». D’ailleurs, elle « ne voit pas » ce qui fait de M. Bolsonaro un candidat d’extrême droite.

Ce débat ressemble au débat en 1981, quand Mitterrand a transformé l’ex-majorité en Droite… Mais l’étiquette avait tout de même un sens.

Quel sens le président emmerdeur peut-il donner à l’expression « extrême droite » ?

La manœuvre est simple, il lui faut une image de modérateur, mais quand on ose emmerder, quand on accuse les chômeurs de paresse, quand on met les bénéficiaires du RSA sur le pilori, quand on pique 5 € aux bénéficiaires APL… La modération est effacée.

Pour mémoire, il n’est ni de droite, ni de gauche…Alors qu’il défend les mêmes idées que la droite.

Marine-marchande de haine a raison, il s’agit de l’argument crétin, uniquement de la forme.

Il y a longtemps (et je l’avais écrit.) que les idées d’extrême droite sont gagnantes pour ces élections.

Tout doit être fade !

C’est la règle du politiquement correct. Les pensées les plus fortes sont forcément mauvaises… Mais sans Malcom X, Martin Luther-King, ne serait arrivé à rien, Gandhi également a profité des extrêmes pour tracer sa route.

Notre révolution n’était pas tiède, la résistance non plus… Aujourd’hui les militants qui ont été accusés de délit de solidarité ne sont pas tempérés…Etc.

La peur de l’extrême est une ineptie. Évidemment, la nuance a ses qualités, vive le débat, mais vive la révolte, la colère. La société ne s’est jamais construite dans les cabinets feutrés. Il est légitime de dénoncer l’inacceptable, il est sain d’être un inconditionnel de l’humanisme…

« Moi les hommes, je les déteste » un exemple de peur de l’extrême

Dans ma lecture du jour, je viens de tomber sur un exemple de cette peur de l’extrême. J’ai choisi de lire ce petit essai de Pauline Harmange « Moi les hommes, je les déteste ». Hors ce titre choc, l’essai reprend des constats connus, et valorise la misandrie en réponse au patriarcat misogyne et défend la sororité.

« Je privilégie cette sororité qui me fait du bien et qui me porte, qui me nourrit. Dans ma créativité, dans mon militantisme, dans mes réflexions sur moi-même et sur la société, tant de domaines où, je l’ai enfin compris, je n’ai pas besoin des hommes pour me construire »

 Ce livre, que je conseille, ne m’a pas bouleversé. L’auteure le dit elle-même, il est sans prétention, et n’a pas la richesse d’analyse d’autres ouvrages que je vous ai déjà conseillés. La surprise, c’est la censure ! Uniquement, sur le titre, une fonctionnaire a donné l’ordre de le censurer. Le résultat est à l’inverse, c’est un succès et c’est tant mieux.

Pauline Harmange « Moi les hommes, je les déteste »
Pauline Harmange « Moi les hommes, je les déteste »

Ce qui me fait peur…

Dans mon article d’hier, je parlais d’Eva Hitler (Braun) qui au nom de l’amour pour son homme cautionne tout, ce qui me fait réellement peur, c’est ce pourrissement de l’âme, de l’humanisme. Que les monstres s’appellent Papon, Poutine, Zemmour, Le Pen, Mao… Ce qu’ils produisent en extrême, c’est la haine, le rejet des autres. Le mot extrême par lui-même n’est pas une insulte, surtout quand il parle de la vie.

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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