Petite auto critique par Stanislas Dejoie

Petite auto critique par Stanislas Dejoie
Petite auto critique par Stanislas Dejoie : Yves Klein 1928-1962 (Dueling Remix)

Petite auto critique

Au lieu de se relire, dans ses proses poseuses à l’irrégularité irrémédiable et qui, à force de replis, finissent ronflantes ou cassées à la fibre continue comme un roseau, qui scandent à nul et remâchent, ou bien dans d’inexactes créations poétiques à la versification sans véritable mesure métrique, qu’on ne devrait pouvoir se permettre de démêler, d’effilocher puis de tisser en règle qu’en connaissance de la chose poétique de classiques aux canons produits et reproduits des siècles durant, il faudrait donc bien s’humilier, comme on relèverait du droit coutumier ailleurs, devant les grands maîtres antiques.


De la face de biscuit, glabre du menton au front peiné, gratté par de la fine chevelure de terre — donc cuite et recuite —, de ces Grecs dont je ne sais que trop peu la science, rappelés par le néo-classicisme, des pieds glissants et informes sous un corps fier et dur aux yeux incolores sculptés par un véritable Michel-Ange, qui paraîtrait s’il fallait comme un César couronné de rameaux de laurier au Panthéon du burin, qu’en subtiliser de poétique dans la technique, et qu’imiter de l’art du verbe placé justement ?


Désordonné, contradicteur de lui-même, jeté, le poète contemporain se fait le plus paradoxal des artistes lorsqu’il devient célérité de la pensée, brusqueries de gestuelle. Et il est tourmenté tant et tant, parfois, que son travail perd en don universel pour se ranger, par le produit d’une divagation des humeurs changeantes, parmi les obscurs, les quêteurs brûlants de l’originalité abrupte et aphoristiques, rebutant dans leurs prosodies, sans une logique prédéterminée de cœur et de remémoration.


Quel premier vœu doit-il faire pour retrouver dans sa bibliothèque les « nouveaux » qui traduisent comme des centenaires, sans trahir leur jeunesse de thésards surdoués, depuis que la poussière tapisse les corpus chez eux traduits, et s’en vouloir légataire à titre d’admirateur ?
Qu’est-ce qu’admirer ?

Stanislas Dejoie de nosblouses.org

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Stanislas Dejoie

Poète et essayiste amateur. Féru de technologies, de toutes créations artistiques. Connait la psychiatrie comme patient borderline depuis 20 ans. Souhaitant ici apaiser le dialogue entre toutes parties de la psy moderne et faire rencontrer des mondes qui s'affrontent. Prêt à dénoncer toute injustice subie par les malades psychiques quel que soit leur mode de prise en charge. Amoureux du genre humain.

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