Les quatre murs des enfants victimes de pédophilie

enfants victimes de pédophilie
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Les enfants victimes

Ah ces enfants là… Tout est dans ces mots !
Tout tient en quatre mots comme entre quatre murs.

Diane

Je les ai entendus souvent ces 4 mots au sein de l’Education Nationale avec des intonations différentes :

  • Interrogatives
  • Exclamatives
  • Dubitatives
  • Excédées

Compatissantes NON jamais !

J’ai reçu des dizaines d’enfants victimes de pédophiles amenés à mon cabinet par des mamans désespérément désespérées et désespérant de trouver enfin quelqu’un qui les écoute, mais surtout et avant tout qui comprenne leurs petits.
Les dérivés du désespoir sont répétés volontairement dans ma phrase, ces mots porteurs de toute cette horreur !

Je n’ai pas pu tous les sauver des 4 murs et je pense à eux souvent, à leurs sourires, à leurs larmes, aux centaines de dessins épinglés dans ma salle d’attente et dans mon couloir. Je ne peux raconter leurs histoires à tous alors à titre d’exemple du mal que la société peut leur faire et en premier l’éducation nationale, j’ai choisi mon petit Paul dont les épreuves m’ont considérablement marquée.

Paul, le plus jeune que j’ai reçu, 3 ans, je le revois à notre première rencontre à genoux devant moi prononçant et répétant ces mots Pitié Madame Pitié
Paul dont voici le parcours du combattant ayant survécu aux pires sévices que des adultes puissent infliger à des enfants. Abus sexuels, tortures physiques et mentales.


Il m’a fallu des mois avant que Paul me laisse entrer dans son monde, debout sur mon divan il s’imaginait sur une scène de spectacles, scène où il était la vedette, le chanteur dont j’étais l’unique spectatrice. Il mimait tout telle une star faisant mine de tenir un micro et il chantait ce qui lui plaisait mais à moi de recueillir les mots et les maux qu’il glissait savamment à l’intérieur. Jamais de comptines mais des airs entendus à la radio et tout ce qu’il avait subi se trouvait à l’intérieur, il était ainsi protégé, il n’avait pas dit la vérité, il l’avait chantée.


Lorsqu’il eut compris que j’avais non seulement entendu mais écouté et assimilé tout ce qu’il avait enduré il me permit enfin d’entrer dans sa bulle.
Enfant joueur, taquin, réceptif et d’une intelligence rare Paul n’a cessé de m’épater et chaque séance était un moment de partage exceptionnel, m’interrogeant sur ma vie et compatissant au moindre de mes rhumes…

Et Paul entra à l’école… Ce moment qui aurait du être pour lui, comme pour tous les enfants une belle découverte pris la forme d’une nouvelle torture et il en fut malheureusement de même pour sa maman. Il fut rapidement étiqueté : attardé mental – perturbateur – opposant. En clair : NON-CONFORME !
L’étiquette de non conformité bien que masquée par de jolis termes se voulant éducateurs arriva comme une gifle dans le visage de cette maman déjà durement éprouvée et ce rejet fut bien entendu ressenti par Paul.


Il y eut donc un conseil de classe où bien évidemment et à la surprise de tout ce corps enseignant dédaigneux et despotique, j’accompagnai la maman. Un déballage fut fait des attitudes et aptitudes de Paul ce petit bonhomme de 5 ans eut même droit à la présence de l’inspectrice d’académie qui ne l’avait jamais vu ailleurs que dans un dossier.


Je me souviens encore de la main si fragile de sa maman dans la mienne et je revois ses larmes couler sur ses joues doucement. Après les avoir écoutés vider leurs poubelles et avoir entendu les mots CLIS (Les CLIS ont vocation à accueillir des enfants présentant des troubles importants des fonctions cognitives) et Hôpital de Jour : les quatre murs – je me suis levée pour leur faire face et leur dire que nous ne parlions sans doute pas du même enfant et j’ai posé sur la table un DVD d’un enregistrement d’une heure de Paul passée avec moi.


Après avoir visionné ces aspects d’un petit Paul vivant, heureux, vif et confiant tout en regardant leurs montres ils furent stupéfaits mais les premiers mots de la Directrice d’établissement tranchèrent :

  • Il n’est pas comme cela à l’école !
  • Madame, vous n’avez jamais tenu compte de ce que Paul a subi bien que sa maman vous en ait fait part et vous ait priée de bien vouloir l’aider à s’intégrer. Vous ne l’avez jamais écoutée lorsqu’elle vous parlait des terreurs de Paul.
  • Nous ne sommes pas là pour prendre en compte les problèmes de ces enfants là !
    Fut la réponse de l’inspectrice d’académie.

Avant de quitter cette pièce j’ai lu haut et fort ma défense qui contenait simplement le fonctionnement de ces enfants là comme ils disent ainsi que leurs ressentis et telle une avocate je scrutais les visages imperturbables de ces juges qui au fur et à mesure de mes mots se décomposaient.

La décision de la maman fut elle sans appel et Paul fut déscolarisé pour échapper à la CLIS et autres écoles pour enfants handicapés où pire encore l’hôpital psychiatrique.

Mais ce chemin fut pavé d’un harcèlement continuel de l’éducation nationale, surveillant sa scolarité faite à la maison par sa maman et ses grands parents scrutant la moindre faille éducative.
Cette ignominie fut poussée au paroxysme lorsque l’inspectrice nommée à cette surveillance déposa plainte auprès du procureur pour le grave fait que Paul était un enfant trop aimé et surprotégé.


La plainte est allée jusqu’au tribunal alors que celle qui fut déposée contre les bourreaux de Paul n’y est jamais arrivée.
Encore des larmes, encore des peurs, encore des angoisses car la menace de placer l’enfant était bien réelle et encore revenaient les 4 murs.
La demanderesse fut déboutée mais la démarche de l’éducation nationale reste immonde !
Aujourd’hui Paul a 15 ans, il n’a jamais remis les pieds dans une école et son niveau en est bien supérieur. Sa vie sociale est parfaite et les quatre murs sont loin derrière lui.


Mais tous n’ont pas eu cette chance !


Et beaucoup ont connu une enfance puis une adolescence entre 4 murs ainsi punis d’avoir été victimes.


Des enfants dont le seul crime restera d’avoir été ces enfants là !!!!!!!!!!!!!

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Diane [Auteur]

Diane [Auteur]

De formation, je suis psychanalyste Reichienne ce dont je suis fière : Reich, bien loin de ceux qui ont appauvri l'humain dans toutes ses dimensions ! J'ai suivi les cours de Jacques Lesage de la Haye Personnage haut en couleur connu pour ses manifestes contre la psychiatrie.

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