« Où s’arrêtera donc l’indécence généralisée, et surtout … quand ? »

L'indécence généralisée
L’indécence généralisée

L’indécence généralisée

– Tribune lutino-trollesque en faveur d’une attitude ‘anti-insurrectionnelle‘ des Marginaux, Outsiders et Atypiques, et de leurs alliés.

Chers amis et chers lecteurs du Journal Abrasif !

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas tapoté fébrilement mon clavier, pour vous concocter un pamphlet trollesque comme vous les aimez, et je m’en excuse. Je n’ai, à vrai dire, pas d’autre excuses que le dépit, la désillusion, le dégoût, le sentiment à la fois de faire partie d’un monde qui n’existe plus, et d’avoir les pieds dans une « société » qui va droit dans le mur à la vitesse d’un TGV sans freins.

Les circonstances actuelles n’aident en rien les autistes Asperger, encore moins les personnes souffrant de maladies psychiques impactant bien plus durement leur vie quotidienne …

Mais là, nécessité fait loi, le sentiment devient un serment, j’ai des choses à écrire – pour le meilleur, pour le pire comme pour le rire – et, à nouveau, sous le rustique treillis Camouflage Centre Europe du ‘gros Lutin du Chaos’ que je suis, palpite la plus rouge, la plus puissante, la plus douloureuse des peines, Dieu me tripote (… merci mon Dieu.)

Et dans mon âme nimbée des volutes de Iron Maiden, clapotant dans la caféine, et dans la confusion qui habite mes pires pensées, se dessinent les figures des sinistres (ir)responsables de l’état actuel de ce pays, ainsi qu’un futur possiblement … pas très joli à observer, fût-ce depuis un chalet paumé dans quelconque bocage du Centre-Ouest.

Commençons par la fameuse « tribune des généraux », qui a tant enflammé les PMU interactifs en HD (les chaînes d’info en continu, pardon), la presse à grand tirage (qui va bien pour allumer le feu, donc), et les ‘réseaux asociaux’. Que non, je ne me suis pas infligé l’achat du torchon qu’est l’hebdomadaire (dont je ne citerai pas le nom) dans lequel cette tribune a été publiée. Je l’ai lu ailleurs.

Grâce aux Anciens Dieux, ma stabilité budgétaire personnelle fait que je dispose de réserves suffisamment conséquentes de papier toilette, lequel, contrairement à une feuille de torche-cul imprimée en offset, ne me donne aucun furoncle ‘à l’endroit ousque le dos perd son nom’.

Pierre DESPROGES disait « Pas la peine de vous emmerder à lire tout SARTRE. Vous n’avez qu’à acheter ‘Minute’. Et en une minute, vous avez à la fois la nausée et les mains sales ! » Mais tenter de résumer tout cet emballement par une citation de mon principal inspirateur serait trop simple, voire malhonnête de ma part.

Et j’en veux pour preuve le déchaînement de réactions de tous les bords politiques à cette tribune qui, publiée le 21 avril, prévient le président de la République, le gouvernement, les députés et sénateurs, que si la situation actuelle dégénère, et mène à une guerre civile en France, le président de la République lui-même se verra contraint d’en appeler à l’Armée pour « rétablir l’ordre et l’autorité de l’État sur tout le territoire, et particulièrement dans les ‘zones de non-droit’ ou dans les ‘territoires perdus de la République’. »

Ça sent l’avertissement ultime, peut-être même la tentation du putsch, de la prise de pouvoir par l’Armée, du renversement du gouvernement actuel et du président de la République, avec l’instauration possible d’un pouvoir autoritaire, non pas policier mais militaire … vous ne trouvez pas ? Je ne sais pas, je pensais juste au Chili en 1973, à la Birmanie, à la « dictature des colonels » en Grèce, à l’Espagne après 1936, à la Pologne sous Jaruzelski, bref, « tout un tas de choses très réjouissantes » comme on dit avec l’ironie et le cynisme aux lèvres.

Ah, et tant qu’à tartiner joyeusement comme un gros troll qui ricane, NON, il n’y a toujours pas de « territoires irrémédiablement perdus » qui ont fait « acte de sécession » ou de « séparatisme » vis-à-vis de la République.

« Et mon cul, c’est de l’Elfe ? Non, c’est toujours du Troll. »

Sérieusement, arrêtez de faire vos Darmanin de base, ça devient chiant à force de tourner en boucle, pire qu’un vinyle rayé … encore que pour un vinyle rayé, on peut débrancher la platine. A moins de « faire une Vincent Lambert » à tous les effrayés de base et autres « promoteurs en autoritarisme », beaucoup trompetteront leurs peurs aux heures de grande écoute, jusqu’à ce que mort du système s’en suive.

OUI, c’est de l’humour gras, OUI, c’est de l’humour noir, mais j’ai encore le droit de le dire … et pire pour vos gueules, de l’assumer !

Juste quelque chose, une précision en passant : les militaires d’active, qu’ils soient simples soldats, sous-officiers, officiers, officiers généraux, sont tenus par ce qu’on appelle le « devoir de réserve ». C’est à dire qu’ils ne doivent en aucun cas prendre position sur des sujets politiques, religieux, ou militer, pour quelque parti, groupe, ou cause que ce soit, dans le cadre de leur service actif. Y compris s’ils sont réservistes ou en disponibilité. Je le sais, j’ai été militaire brièvement, et c’est une des premières choses qu’on nous a inculqués à l’instruction de base dans la Marine Nationale.

[Oui, j’ai été militaire, c’était il y a tellement longtemps que je me persuade, comme on dit des chats, d’avoir 7 vies. D’ailleurs, j’ai un jour croisé un aumônier militaire (un prêtre, à la fois soldat de carrière et homme de foi) sur la base où j’étais affecté. Quand on est militaire, sur sa base, on s’adresse à un aumônier, catholique, protestant, musulman ou israélite, si on souhaite parler de religion, et à personne d’autre.]

Pourquoi est-ce que je parle du « devoir de réserve » ? Eh bien, parce qu’il se trouve que, même si plusieurs des généraux à l’initiative de cette « tribune » sont à la retraite, d’autres sont toujours d’active, donc sous les drapeaux, et commettent là un délit, condamnable devant un conseil militaire. Et ce sans compter sur le millier, peut-être plus, de militaires (officiers, sous-officiers et soldats) ayant signé cette tribune, qui sont pour beaucoup toujours d’active à l’heure actuelle.

Ainsi donc, j’éprouve un certain sentiment de malaise diffus, voire une remontée œsophagique acide, à la seule idée que des militaires, censés être l’incarnation de l’ordre, de la discipline, de l’obéissance, de la défense de la République qu’ils servent, portant un uniforme, entraînés au combat et disposant d’armes à feu (et d’autres moyens armés) dans le cadre de leurs actions, puissent bafouer avec une désinvolture totale leur principale obligation … tenir leur « devoir de réserve ».

Vous vous en doutez, chers lecteurs et amis, les réactions politiques à cette tribune ont été variées. Ladite tribune a été publiée le 21 avril, anniversaire de triste mémoire en 2002 comme en 1961. Eh oui, le second tour avec la gueule du Borgne comme le putsch des généraux d’Alger … ça vous place les ‘références idéologiques’.

A gauche, la France Insoumise réclame des sanctions, rappelle les articles de loi qui concernent l’incitation par voie de presse à la commission d’un coup d’État, chez les ‘macronistes’ (enfin, ceux qui restent), ça a réagi très mollement, confusément et sur le tard, tandis que l’héritière LE PEN a bien évidemment accueilli avec joie la possibilité que ces généraux et soldats adhèrent au RN.

Mais, « détail de l’histoire » comme dirait l’autre épave, quand on sait qu’un officier ayant signé cette tribune a été candidat aux élections municipales en 2019 sous l’étiquette du RN, qu’un autre fût des années durant membre du « DPS » (le service de sécurité du FN), et que 40 % des militaires d’active disent voter pour le RN … les concernés ne se posent plus la question de s’encarter, pas vrai ?

Tout cela à un an des élections présidentielles, « dans une France particulièrement apaisée », comme dit si bien Guillaume Meurice. Ce qui offre une formidable transition vers le deuxième sujet que je voulais aborder, en parlant d’indécence généralisée … Figurez-vous qu’un animateur de télévision, sans doute le plus aimé, haï ou voué aux gémonies à la fois, a « tapé dans l’œil » de notre « secrétaire d’État à la déconstruction », rien de moins que pour présenter le débat d’entre-deux tours de la prochaine présidentielle !!!

Oui, on en est là. Après le coup de la candidature possible de Bigard, de Francis Lalanne, d’autres fanfarons se voulant « représentants du peuple » alors qu’ils vivent de généreux subsides de par « la grandeur de leur contribution culturelle », ou de l’illusion « présidentiable » d’un vieux réactionnaire tenant d’un croisement foiré et foireux entre le corps de Gollum et l’esprit de Philippe Henriot, c’est bien l’hémorroïde du PAF farcie à la schnouff qui est pressenti pour jouer le rôle d’arbitre dans le débat du second tour de la présidentielle.

Ça n’est plus « la France éternelle », c’est « la France au bout du couloir à droite ». Mais plus aucune règle ne dispose « qu’on est prié de laisser les lieux aussi propres qu’on les a trouvés en entrant » ! (Je peux aller vomir, s’il vous plaît ?)

Que dire de ça … Oh, je pourrais très bien dire que je n’ai plus à faire de vannes, parce que l’actualité s’en charge à ma place ! Mais non. Finalement, je dirais que la beaufitude crasse, le relativisme culturel et intellectuel, l’amollissement, la tendance au suivisme caractérisé des « Français moyens bien normaux bien cons comme il faut » a fini par engendrer un monstre. Un béhémoth abominable. Une horreur, menaçant les hommes et femmes libres et rêvant d’idéaux. Un démon fossoyeur des derniers espoirs, des libertés ultimes, des marginalités absolues, des rêves simples et décalés, de nos différences.

Un « Cthulhu » de la taille et de la puissance d’un état, avec plein de tentacules qui vont farfouiller partout, et une grande gueule avec des milliers de dents prêtes à tout bouffer. [Oui, j’ai placé une référence à H.P. Lovecraft, et j’assume.]

Depuis des décennies, il a fallu préparer la domination de la « soupe culturelle » actuelle, pour vendre les « croûtons » qui vont avec, puis, graduellement, il a été nécessaire de faire accepter la lente « dématérialisation » des échanges sociaux, l’avènement de la « politique Twitter » et de la nouvelle « justice en 280 caractères », chasse gardée des SJW et autres « guerriers du camp du bien », … et voilà le résultat. Rappelez-moi de voter « Groland » aux deux tours en 2022, histoire que je ne me fasse pas une ablation de la dignité au couteau suisse …

Nous voilà donc coincés, bloqués, « entre l’enclume et le marteau » comme je le sens, entre d’un côté la poussée de fièvre réactionnaire qui embringue à la fois certains militaires, la plupart des gueulards de plateaux de chaînes d’informations en continu, comme la plupart des sinistres abrutis incultes ou des vieux cons attendant de finir sous les cyprès pour se taire, et dans l’autre camp, la « génération spontanée » des nouveaux « juges de la moralité » et des « prescripteurs de la doxa du bon du bien », … le tout au beau milieu d’une crise sanitaire, économique, écologique et sociale comme jamais le monde n’en a connu. Et c’est que le début. Personne ne me fera croire que ‘c’est fini, on est tous sauvés, youpi tralala pouêt pouêt’.

Ah, attendez une seconde, on me fait savoir ‘dans l’oreillette’ qu’une dépêche de dernière minute vient de tomber … Jupiter 1er s’est adressé à une chaîne de télévision américaine, et a déclaré à propos de la France, qu’il fallait « déconstruire notre histoire ».

Bordel … J’en ai ma claque. Réellement. Cette impression qui m’habite (sous le bras), celle de faire partie d’un monde qui n’existe plus, d’être sur le couvercle brûlant d’une cocotte-minute, d’être tellement « à côté de la plaque » par rapport à tous ces concepts périmés, « la norme », la « politique Twitter », le relativisme culturel et intellectuel, devient insupportable. Mais dans le même temps, ça représente tout ce que je suis, et ce n’est aucunement négociable.

La conviction qui me percute comme un choc violent est que nous sommes entrés dans un long hiver, froid, persistant et paraissant interminable, comme un « hiver d’impact » après la chute d’un astéroïde énorme. Nous avons tant de capacités, tant d’idéaux et de rêves dans nos cœurs comme dans nos âmes, tant d’amour à offrir à celles et ceux qui le méritent en lieu et place de reproduire les conneries actuelles qu’on nous montre en boucle … 

… Mais si peu de marges de manœuvre pour vivre nos rêves au lieu de rêver nos vies, que je me demande comment nous pouvons encore trouver la lumière et la chaleur rassurantes d’un minuscule feu de camp, pour nous raccrocher à ce que nous sommes au plus profond de nous.

Nous sommes des marginaux. Des outsiders. Parfois, quelques-uns nous qualifient de « parias ». Personnellement, je prends ces mots comme de multiples fiertés, comme des compliments face à la platitude et à l’insipidité de ceux qui me les offrent. Mais plus encore, nous avons le potentiel d’être, chacun, et malgré notre infériorité numérique, des « bestioles des Ombres », des « loups noirs ».

Nous ne sommes ni des fidèles serviteurs et dévoués cireurs de pompes du grand « Cthulhu », ni des irresponsables qui cherchent l’insurrection, la guerre civile ou le foutoir universel. Et nous ne serons jamais de cette engeance.

Nous sommes de ceux qui grandissent, évoluent, aiment, vivent, dans les ombres, ceux qui ont été humiliés, pourris, bizutés, insultés, malmenés au grand jour, du fait de la moindre différence ne seyant pas à l’omniprésente « norme » !

Comme une destinée, comme une mission, nous ne sommes ni prêts à servir la « norme », ni disposés à nous affadir pour « être acceptables en société » ou « être moins problématiques ». Si réel problème il y a en ce pays et en ce monde, c’est celui d’être sain d’esprit (voire ignorant) dans une société fondamentalement malade et au bout du rouleau.

Mon espoir, en guise de conclusion ? … Chers lecteurs et amis, ne vous laissez plus abuser par ces techniciens de la manipulation, de la réaction à l’émotionnel, de la ‘cancel culture’ et autres dérives, ces architectes du ‘polissoir à verdir’ (le sinistre ‘développement durable’), ces vendeurs de peurs et façonneurs de paranoïas.

Vivez pour vous, par vous, selon ce que vous rêvez, à travers ce que vous espérez le plus dans vos cœurs et vos âmes, dans la force et la détermination qui vous encouragent à idéaliser et à concrétiser.

Et surtout, ne vous insurgez pas, ni pour un camp, ni pour un autre. Ne tombez « au champ d’honneur » ni pour les chemises brunes, ni pour les cheveux roses. Ça n’en vaut pas la peine. Vivez vos marginalités et vos différences simplement, loin des menaces, aussi diffuses et confuses soient-elles.

Que crève cette indécence, et que crève cette « norme », en emportant tout ce qu’elle représente et ses suppôts avec. Merci à vous de m’avoir lu.

– Krähvenn « Sombrelance » Vërkhörr des Allobroges, sentinelle des Forêts, en exil …

L'indécence généralisée
L’indécence généralisée
Total Page Visits: 887 - Today Page Visits: 3

Krähvenn « Sombrelance » Vërkhörr.

"Un Troll du Chaos en immersion dans le monde des hommes. Ses sentiments bruts, ses rêves, ses idéaux, il les assume, et quand il montre les crocs, ça n'est jamais bon signe. Ne plaisantez pas à son sujet au pied des mégalithes ... il pourrait vous faire un coup de troll-falgar." ("coup de Trafalgar" façon troll) Mon blog : =>http://dernier-bastion.eklablog.com/

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *