On voit la liberté ? Le convoi

Le convoi
Le convoi

Le convoi : On voit la liberté ?

Est-ce un mouvement sporadique ? Est-ce une lame de fond ?

Voici le nouvel épisode du mouvement RAS- LE -BOL : le convoi de la liberté

La certitude unique : la colère.

Ils sont nombreux à râler, rouspéter , à crier « on n’en peut plus ! ». il s’agit de personnes qui se sentent pris pour des cons quand il font le plein d’essence, quand le 31 du mois arrive le 10, quand il faut un pass pour boire un coup, quand on ne peut même pas rester debout au comptoir… Certains sentent également pris pour des cons quand ils entendent les efforts faits pour les migrants ou les pays en difficultés, ils râlent contre les patrons, et les fainéants qui profitent du système. Ils râlent pour des tas de raisons, ils ne se sentent pas considérés, ils sont écœurés.

Alors ils se mobilisent, ils espèrent faire bouger les choses. Ils font un bouchon pour faire sauter Macron, l’emmerdeur.

La certitude unique est cette colère contre le mépris quotidien qu’ils subissent.

Le mépris au quotidien !

D’abord le président. C’est vrai, il fait très fort dans son attitude de premier de la classe, ses phrases odieuses. Il est sans doute très intelligent, mais pas en intelligence humaine.

Ce n’est pas le seul qui méprise les populations. Toute la gauche qui se divise, se couvre de ridicule, qui ne représente plus rien… Toute cette gauche ne forme qu’un amalgame de donneurs de leçons éloignés qui roulent pour l’extrême droite.

L’extrême droite et la droite qui malgré son populisme fait des doigts d’honneur, méprise les femmes, et ment à longueur de temps ; tous ces gens blindés de pouvoirs et de fric qui manipulent.

Et le mépris, c’est aussi le patronat avec les chiffres de leur réussite, c’est aussi les administrations toujours hautaines et inaccessibles pour beaucoup, le mépris c’est aussi les prix à la pompe évidemment, mais dans tous les domaines aussi, le mépris, ce sont ces salaires ridicules…

La colère a un réel fondement.

Alors il faut tout bloquer ?

J’écoutais un appel à la mobilisation, et le message n’avait pas de sens. L’homme au micro n’a pas énoncé la moindre idée. On le sait la première étape à tout changement, c’est le chaos, le désordre. Et la deuxième étape est l’autodestruction, dans toutes les révolutions quand le pouvoir est renversé, les leaders se dépêchent de maîtriser les foules et d’éliminer leurs concurrents… Citez-moi, un seul contre-exemple ?

Les leaders actuels sont pour une partie comme toujours à l’extrême droite, et d’autres sont dans la confusion, la juste colère. Ou juste la colère.

Quand il sera temps, des « personnalités » viendront éclairer le bas peuple…

Est-ce qu’on voit la liberté ?

Pour ma part, non. Cette colère a pour but de retrouver le respect, c’est-à-dire conserver sa place dans le système. L’objectif n’est pas de modifier le système productif national. Il s’agit d’une course au plus, au mieux bien français.

L’idée est de sortir du mépris affiché, de se sentir « entendu ». Les vainqueurs seront les plus populistes. Ceux qui sauront jouer a « les plus proches du peuple ».

Dit autrement, il s’agit bien de garder nos chaînes, pas de nous en libérer.

Tout ceci est bien sympathique et légitime… Mais la planète s’en fout, le reste du monde s’en moque également.

Au bout du convoi, les noms des présidents changeront peut-être, mais encore une fois, ce ne seront que des anecdotes.

Que faire ?

Déjà se poser la question « que faire ». à tous les échelons, communes, entreprises, quartiers… Non pas que faire pour changer d’hommes politiques, mais que faire pour une politique respectueuse des femmes et hommes, et de la terre.

Les solutions sont dans nos solidarités, dans nos choix de vie.

Derrière la colère du « Ras-le-bol » rien de nouveau n’est dit. L’histoire des gilets jaunes nous enseigne que la beauté du mouvement était dans la solidarité, et que l’efficacité de la colère a été nulle.

J’avais un formateur qui disait : « si tu veux semer, forme un sillon profond, les graines ne restent pas en surface ».

Allez, bonne route !

Total Page Visits: 1117 - Today Page Visits: 1

David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.