Ma campagne présidentielle 8 : une labellisation de l’information

une labellisation de l’information
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Proposition n° 8 : une labellisation de l’information

C’est une nouveauté de notre temps, la fake-news nous envahit. Non pas, que dans des périodes précédentes l’information était plus fiable, la différence, c’est que les polémiques s’installent et le doute règne en maître. 

Qui détient l’information ?

L’information est un outil de pouvoir, il permet de gouverner, de mobiliser, d’apaiser ou d’ameuter ; les propriétaires de l’information sont évidemment les puissants : les gouvernements ; les puissances financières, les armées, les industriels…

Nous, les gens ordinaires, nous n’avons que les miettes abandonnées, mais comme les puissants se font des guerres réelles, économiques, idéologiques, commerciales, nous avons des miettes d’origines diverses, et souvent contradictoires.

Nous avons tous admis le mensonge pour raison d’Etat, ainsi les guerres par exemple ne dévoilent leurs vérités que des décennies après leur fin, et encore pas forcément. Tous les gouvernements de tous les pays mentent, mais uniquement pour les affaires passées. Dans l’actualité, il semblerait que le commun des mortels entre dans la croyance spontanée ; tous les discours sur la Covid, avec ou sans masque, tous les discours sur l’Ukraine sont considérés comme véridiques s’ils émanent du gouvernement et des médias.

Les personnes qui émettent d’autres affirmations sont des complotistes, ici, des terroristes ailleurs.

Il faut tout de même admettre que nous ne sommes certains de rien. Les infos tronquées, les politiciens menteurs, les secrets bien gardés, et les manipulations techniques sont monnaie courante. 

Il ne nous reste que la foi, pour imaginer savoir.

L’information que l’on vous propose…

Une information est devenue un produit, elle doit trouver sa clientèle : Multiplier ses « likes », ses commentaires, ses reprises… Elle doit parler à l’inconscient, être un événement, être dynamique, émouvante. L’information sombre, quotidienne, banale n’intéresse personne ; rien n’est plus lassant que le bonheur ordinaire. Pour nous intéresser, il faut des morts, des conflits, des méchants, du stress, du sensationnel.

L’information se vend et s’achète. Non seulement, elle fait vivre les médias, particulièrement nombreux, elle permet d’appuyer par exemple son assise politique ou commerciale. Un crime par un étranger prend par exemple une valeur plus forte en période électorale, un produit commercial mis en évidence dans un film valorise le produit.

Non seulement l’information décrit un fait, mais elle doit faire écho avec le public destinataire, le malheur des Ukrainiens est tellement plus touchant que les souffrances africaines, ou moyen-orientales.

L’information doit également être intéressante, c’est-à-dire en lien avec l’actualité ressentie, les préoccupations du moment. Le sort des Afghanes, et le sort des Palestiniens sont passés de mode, même le Mali avec les derniers combats ne fait pas recette.

Comment on en dispose…

L’information doit conforter. Si on accepte que dans le passé, nous ayons cru à des mensonges, nous ne pouvons avancer qu’avec des certitudes. Alors chacun choisit ses sources, nous devenons des convertis par les différents apôtres. Autant nous pouvons imaginer qu’une voiture est meilleure, car elle est de « qualité allemande », autant, nous pouvons apporter du crédit à une info qui vient d’un ministre ou d’un opposant (selon notre courant de pensée).

En fait, nous sommes des consommateurs d’infos, il faut qu’elles soient dynamiques (plaisantes, étonnantes, riantes, spectaculaires et brèves) et que ne soient pas si dérangeantes. On peut se conformer à un confinement si on a confiance, on peut se faire piquer trois fois ou plus si notre confort persiste.

Nous ne cherchons pas à comprendre ou à savoir, juste à continuer notre chemin. Comme le précisait Gérald Bronner dans son livre « Apocalypse cognitive », nous demandons Arte, et nous regardons TF1.

La proposition N° 8 : une labellisation de l’information.

Actuellement, personne ne peut garantir la véracité ou la fausseté d’une information. Toutes les sources sont contrôlées par des « puissants ». Il n’y a pas que Poutine qui contrôle le flux d’information sur son pays … Il existe des journalistes honnêtes, mais la parole du journaliste pour venir à nous doit être portée par un média, un canal qui n’est jamais libre.

Donc l’idée est de créer sur fonds publics une commission de labellisation de l’information, avec évidemment aucun représentant des « puissants », pas d’argent, pas d’hommes d’Etat, mais des professionnels, des citoyens indépendants, des intellectuels.

Chaque info serait étudiée, et éventuellement certifiée réelle ou erronée dès que la certitude est réalisée. Il faut créer une source pure, non contaminée, et la protéger fermement. Le projet est d’éviter la manipulation de la population et de nous garantir un avenir.

Je reprends un extrait de la conclusion de Gérald Bronner :

« Il est en revanche vital de prendre conscience que les conditions d’évolution prévisibles du marché cognitif font revenir l’homme préhistorique sur le devant de la scène publique. Ce que nous pouvons donc faire de mieux c’est d’organiser les conditions pour chacun de sa déclaration d’indépendance mentale. Il ne s’agit pas seulement d’entraîner nos capacités à différer les plaisirs immédiats_ même si ce point est important_, mais aussi de domestiquer l’empire immense de nos intuitions erronées.

Apprendre à lire, à écrire et à compter devrait s’accompagner de la mission d’apprendre aussi à penser sa propre pensée et de donner à chacun l’opportunité de ne pas céder trop systématiquement au vorace cognitif avec lequel nous cohabitons. Le bras de fer est d’autant plus difficile à gagner que nous avons vitalement besoin de cette partie de nous-mêmes qui pourrait nous conduire à l’autodestruction. »

La survie de l’espèce est dépendante de la qualité des informations et par conséquent de nos choix. Cette labellisation est une URGENCE.

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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