Education sexuelle : Ma campagne présidentielle 1

Males Baisées ; éducation sexuelle
Males Baisées ; éducation sexuelle

Education sexuelle : Ma campagne présidentielle 1

· Proposition n° 1 : un service civique spécial éducation sexuelle.

Suite à la lecture de l’excellent livre Dora MOUTOT, « Mâle Baisées » (édition Guy Trédaniel), j’ai décidé de réaliser mon programme électoral, et très sérieusement, je propose en première mesure et en urgence la mobilisation d’une brigade de service civique dédiée à l’éducation sexuelle, dans les écoles, les collèges et les lycées, conformément à la loi. J’ajoute au programme les établissements sociaux et médico-sociaux.

Pour vous expliquer le fondement, je reviens sur le livre de Dora.

Sincèrement, je ne sais pas si l’autrice a conscience qu’elle aborde souvent à travers les problématiques posées, de problèmes d’éducation. Attention, je ne veux pas réduire la réflexion particulièrement riche à un simple problème d’éducation, je relève juste que pour créer l’espoir il faut agir pour demain.



Un vocabulaire mâle baisant.


Que c’est vrai, nous savons tous dire con, mal baisée, pute, fils de pute… Ça, que l’on soit homme ou femme, on apprend vite à dévaloriser le « trou » , la femme. La valeur positive est mâle, d’abord mâle.
J’ai souvenir d’une prof qui nous a obligés à chercher la définition du mot « con ». Ça fait réfléchir.


Derrière ces mots blessants et dévalorisants, c’est une réelle domination qui s’exprime. Ainsi, on dit : « Elle s’est faite violée… La pauvre ». Pourquoi on ne dit pas : « Untel l’a violée, quel salopard ! »
La sexualité est centrée sur le besoin de l’homme, qui parfois ne sait pas se contenir. Heureusement, qu’il y a des prostituées, ces femmes qui ne comptent pas vraiment.

L’autrice explore avec justesse nos fonctionnements, en société et en intimité. La règle de la pénétration, la méconnaissance de nos corps, des deux sexes.
Bravo à Dora Moutot, à chaque exploration, à chaque question, elle creuse, elle apporte de nombreuses références, de nombreux points de vue. Elle partage aussi son expérience personnelle, avec humilité.

Chaque débat reste ouvert, que ce soit sur la gestion de la prostitution, que ce soit les apports du féminisme, que ce soit la responsabilité des hommes ou des femmes…

Je ne vais pas résumer ce bouquin, juste vous dire que je l’ai dévoré, qu’il se lit très facilement malgré l’épaisseur de forme et de fond, et qu’il est indispensable.


« Mâle baisées, car on manque d’une bonne éducation sexuelle. »

L’autrice a un peu plus d’une trentaine d’années, et dit n’avoir jamais eu de cours d’éducation sexuelle. De mon côté, je le dis également, pour mon compte, mais j’ai trente ans de plus qu’elle. Je tombe sur…le cul. Avant, on a « appris sur le tas », c’est-à-dire que l’on a cumulé les silences, les ignorances, les maladresses, et qu’en fait « sur le tard », on découvre que l’on ne sait rien.

Mais à trente ans, rien sur le corps féminin, aucun bouquin avec un dessin de clitoris, rien sur l’anatomie intime, rien sur l’ensemble des méthodes de contraception, rien sur le plaisir masculin, rien sur l’empathie, l’amour…

« Théoriquement, l’éducation sexuelle est obligatoire à l’école en France depuis 2001. ». Il n’en est rien.

Pourtant, on le sait, il faut apprendre très tôt, démystifier, se libérer des discours religieux. Je ne parle pas d’impulser une débauche, mais la compréhension, le savoir, l’altérité.

Aujourd’hui, les mômes se forment par les pornos avec des scénarios souvent violents, toujours machos. Ils se forment par Internet. Dans un établissement, j’ai un entendu un gosse de 13 ans dire à une fille de sa classe « t’es bonne qu’à t’enfiler une bite de cheval ». Avec un collègue, nous l’avons repris, et le gamin nous a renvoyés sur internet. En effet, sans aucune protection, si vous tapez « bite de cheval », vous avez une vidéo insupportable (pour mon collègue et moi).

L’autre souci pour une éducation sexuelle, c’est qu’elle ne peut exister que par des volontaires déjà membre de l’équipe. La parole se limite, la pudeur s’impose, la relation personnalisée est impossible.


Une brigade « sexualité »

J’imagine des services civiques, des jeunes formés et libres qui échangent, qui osent construire le monde de demain. Pas des profs, pas des moralistes, ou des vieux témoins. La grande sœur, le grand frère qui parlent de sexe, d’amour, de respect, de plaisir.

C’est possible, et indispensable. Dans les écoles, et les établissements. Là où des personnes vivent en collectivité avec le silence et l’humour grivois.

Il y a urgence de dire haut et fort « le sexe fait partie de la vie, et c’est beau. »

éducation sexuelle
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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

4 Responses

  1. Avatar photo Garcia dit :

    Tellement vrai ce que tu dit
    Je me rappelle qu’un jeune avait dit lors d’un transport « Celle la je la violerait »
    Je l’ai repris et on échanger sur l’acte sexuelle, faire l’amour.
    Échange intéressant et enrichissant.

  2. Je te fais confiance pour trouver les mots qui parlent vraiment aux marmaille
    Merci

    • Avatar photo diane dit :

      Très bien en ton article David, je vois effectivement ce qui se passe avec l’une de mes petites filles jeune ado et c’est une catastrophe il s’agit d’une involution volontaire, voulue et organisée de manière à ce que les jeunes n’ouvrent plus le dialogue avec les parents au sujet de la sexualité mais se la prenne en pleine face par des termes, images, vidéos et JEUX via internet ! Non seulement on viole les filles mais on vole les filles pour en faire des objets. Le mot KEN ‘Niquer’ (au sens sexuel) circule dans les SMS et autres tchats d’ados de 12 ans, le but étant de baliser et le corps de la femme et l’acte sexuel. Ne jamais laisser son enfant seul devant internet SAUF que : les leçons et devoirs s’y trouvent !
      Je suis de la même génération que toi mais en 4e nous avions des cours d’éducations sexuels dispensés par les profs de sciences nat’ pas du tout formés pour :
      https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000518345
      Puis ces cours ont disparu !
      Cependant, privilégiée sans doute, mes parents m’avaient offert un livre illustré expliquant aux jeunes filles leur corps, son changement, les cycles menstruels, ect… parents ouverts à la discussion sur le sujet également.
      Le corps des filles à cette époque étaient à la fois convoité et craint, aujourd’hui malheureusement il n’est que convoité et violé par des images et mots impropres !!!!

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