Liberté d’expression : Le blasphème… Un droit essentiel !

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Lors de mon époque lycéenne, nous avions créé un syndicat lycéen, le CLAF (comité lycéen d’action de Fameck) et nous avions un journal… le CLAF’outil (évidemment).

Un soir, organisés en commando libérateur, nous nous sommes introduits au lycée pour écrire quelques slogans…Nous voulions mettre « liberté d’expression »… et la censure nous est tombée dessus, avec le surveillant général et les gendarmes… l’inscription s’est limitée à « liberté d’exp » suivi d’une coulée de peinture… Finalement, c’était une belle œuvre.

Je ne sais pas si du haut de nos 17 ans, nous mesurions totalement le sens de l’expression « liberté d’expression ». Notre souci à l’époque était de conscientiser le peuple lycéen sur des débats essentiels : l’armée, le capitalisme, la violence policière…

Nous vivions au milieu des usines et des fumées, et l’écologie n’était pas encore notre souci. Il me semblait que le plus important était que les cheminées continuent à cracher, nous ne savions pas encore que nos parents allaient en mourir.

L’immigration n’était pas un souci, et nous nous battions pour que les musulmans aient des repas sans porc à la cantine.

Avec les profs, nous avions beaucoup d’échanges, et la seule chose que nous avons fait sauter, c’est sans doute quelques capsules de bouteilles.

La liberté d’expression était, pour nous, incluse dans le combat des classes sociales, du conflit gauche/droite. Nous avions déjà l’habitude des collages nocturnes, des contrôles des Renseignements Généraux, et des uniformes noirs.

Hara Kiri nous avait fait rire, personnellement, je ne savais pas quoi penser du Pr Choron, mais j’avais lu presque toute l’œuvre de François Cavanna.

On imaginait bien que la liberté d’expression pour ces joyeux drilles était un combat quotidien, mais Sous VGE, la presse avait du poids. Le Canard, taclait le Président avec ses avions renifleurs et ses diamants.

Personne, sans doute, n’imaginait alors que la bataille de la liberté d’expression deviendrait une bataille sociale entre les obscurs et les libres-penseurs.

Le symbole Samuel Paty

Cela fait un an et quelques jours que le prof s’est fait décapité. J’ai pensé écrire un article, et je ne sentais pas l’intérêt de ma plume. Il me semblait que tout avait été dit. En parallèle, j’ai visionné le film sur le procès fait à Charlie Hebdo suite à la diffusion des caricatures, et je viens de lire l’excellent bouquin de Richard Malka, avocat de Charlie : « Le droit d’emmerder Dieu » (Grasset).

Dans ce livre, Richard Malka dénonce dans un chapitre les personnes publiques qui ont été lâches devant la montée des menaces islamistes, les défenseurs du « soyons gentils, ne les vexons pas » et ceux qui accusent Charlie d’islamophobie . Chirac, Royal, Mélenchon … au milieu de tant d’autres.

Quand on attaque Charlie, on reste gentil, quand on brule Charlie, on ne change pas… quand on tue Charlie … on manifeste …puis quand on menace Samuel Paty, la théorie molle reprend le dessus, le prof en fait trop, il doit s’expliquer avec les parents … Ce n’est que décapité qu’on manifeste le soutien.

Le terrorisme s’appuie sur une complicité morale, on ne devrait pas oser critiquer la religion. On reste en bonne entente. D’ailleurs, le Premier ministre est venu amener un maillot de foot au Pape, afin que cette histoire de pédocriminels et de suprématie de la confession passe aux oubliettes…

Cette recherche de « paix sociale nauséabonde » ouvre toutes les portes aux islamistes. Samuel Paty en est mort.

Richard Malka … met quelques points sur les « i »

Les caricatures insuffisamment offensantes.

La crise a commencé au Danemark, puis les caricatures ont été plusieurs fois publiées dans d’autres pays, sans générer de grosses réactions. Les imans danois ont ajouté trois caricatures supplémentaires et fausses pour inciter à la haine. Ils sont parvenu à mettre le feu aux poudres.

Le blasphème…

Le blasphème est sans doute un péché, mais pas un délit. Le péché pour celui qui ne croit pas n’a aucune importance. Le blasphème est retiré du code pénal depuis 1791…

Aucune religion n’a un statut particulier, les textes et les dessins irrespectueux sur les dieux sont dans nos droits fondamentaux.

 Un droit essentiel

Le débat ne porte pas sur la qualité artistique des textes et dessins. Chacun a le droit d’apprécier en fonction de ses gouts. L’essentiel, est le droit à l’expression, qui nous défend. Dans mes écrits, ici et dans mes bouquins, ma seule règle est de ne pas faire d’attaques personnelles, mais pas de plaire à tous.

Tout homme politique digne ce nom doit s’insurger quand une religion veut régir le droit français. On peut caricaturer les prêtes, les rabbins et les imans… Jésus, Mahomet.

Et merde, ils ont été assassinés !

 L’auteur retrace aussi l’Histoire, les histoires, les gens de Charlie. Il n’est pas une provocation, il est juste un rappel lumineux.

Je suis Charlie et bien d’accord sur notre droit d’emmerder toutes les inventions qui se pensent supérieures à nos droits, à notre liberté.

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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