L’humanité en soins palliatifs sans en avoir conscience

L'humanité en soins palliatifs sans en avoir conscience
L’humanité en soins palliatifs sans en avoir conscience

Je profite de ce jour qui succède à une nuit où j’ai pu me réparer par le sommeil pour écrire. L’été infernal est en cours d’achèvement. Désormais, même la presse de droite parle de dérèglement irréversible du climat. Dans la tête de ces gens, cela veut sans doute dire: fin d’un business, commencement d’un autre avec, ô chance, un degré supplémentaire de sentiment d’insécurité qui offrira à leur discours de flippés des arguments supplémentaires pour augmenter les effectifs de l’armée, de la police et pour déployer ces immenses armées de drones armés et de robots-flics capables de matraquer 47 manifestants en une salve de tentacules en titane.

La dite « prise de conscience » générale n’est en réalité qu’une couille coincée provisoirement dans l’abdomen des citoyens affairés. Le peuple a peur pour son pouvoir d’achat… Le peuple demande à l’état de l’aider. Le peuple paie les impôts dûment versés dans les poches de ce même état. Ce dernier est tenu de lui reverser la somme… Tels des poissons rouges dans l’aquarium, tels des hamsters dans leur roue, les citoyens dans leur écrasante majorité, embourbés dans une dépression généralisée, exigent qu’on leur injecte le vaccin miracle pour les sauver du dérèglement climatique, de la crise économique, de la vie dénuée de sens, des guerres qui pointent le bout de leurs canons…

Ils sont en réalité des malades au stade terminal à qui l’on prodigue des soins en leur affirmant que si ça n’ira pas mieux demain, il est certain que tout se passera bien le surlendemain. Jamais personne n’ose dire une vérité toute simple. Les élites politiques, économiques, politiques sont ce médecin atteint du même mal que ses patients mais qui en connait l’issue. Mais quand il s’agit de grappiller tout ce qui peut encore être grappillé, on chante le chant des sirènes…

« Cher citoyen, la situation est critique, mais sachez que les efforts que vous faites aujourd’hui, et malgré les douleurs et la fatigue que cela engendre, vous permettront d’aller beaucoup mieux et de reprendre cette vie que vous souhaitez de tous vos vœux. »

Un oncologue qui prodigue donc une chimio palliative sans le dire.

Me concernant, et avec tant d’autres, je ne suis pas dupe. Ce traitement pour prolonger au maximum un monde ultra-consumériste est avant tout un moyen bien commode pour ceux qui en profitent de se goinfrer toujours plus sur le futur macchabée de l’Humanité. L’effondrement en cours n’est pas une crise majeure. Je ne cesse de le répéter (avec tant d’autres dont des dizaines de milliers de scientifiques dans le monde), l’effondrement, c’est comme une crise, sauf qu’il n’y pas d’après. La montagne qui s’effondre ne se relève pas ensuite. L’Humanité est cette montagne. ça n’est juste qu’une question de temps, d’années, de quelques décennies…

Si parmi la horde de médecins que constituent nos élites « éclairés » il y en avait quelques-uns qui mettaient l’intérêt général loin devant l’intérêt personnel, on informerait les citoyens occidentaux (et tous ceux dans le monde qui vivent dans ce matérialisme quasiment religieux) qu’il est temps pour eux de cesser d’inscrire leurs gosses dans des écoles de commerce fraîchement bio-équitablo-responsablo-écologistes et autres universités et grandes écoles à coût de prêts étudiants et pétage de PEA/PEL/assurances-vie au profit d’un apprentissage accéléré de la survie en milieu hardcore. Car c’est ce dont auront besoin ces jeunes générations et générations dites futures (si tant est que le futur dépasse trois décennies tout au plus), c’est apprendre à se défendre face aux hordes, nouvelles tribus, milices et autres autorités plus ou moins légitimes qui régiront le monde de demain. Il leur faudra accepter une espérance de vie ratatinée, une rétractation accélérée de l’offre de nourriture, d’eau et de sécurité. Il sera nécessaire d’accepter non pas leur propre mort, mais celle de nombreux de leurs proches… Il leur faudra accepter de regarder au loin ces forteresses ultra-sécurisées que les puissants auront bâties pour rallonger leur pouvoir, leur confort et s’assurer d’obtenir la place des derniers survivants de notre espèce.

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Léonel Houssam

Léonel Houssam, rédacteur, romancier et biographe français né en 1973. Connu entre 2005 et 2013 sous le pseudonyme Andy Vérol, il s'attache à écrire le monde sans filtres ni concessions.

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