Quand les parents sont ridiculisés par la société !

Les parents sont ridiculisés
Les parents sont ridiculisés

Les parents sont ridiculisés

Il y a quelques jours, j’étais chez une jeune femme que j’accompagne dans un projet, et elle m’a présenté son fils de 17 ans. Celui-ci était particulier, il était poli, calme. En discutant avec sa maman, j’ai appris qu’il respectait des règles de vie, comme la participation au ménage, et qu’il construisait sa vie d’adulte, j’ai donc interrogé après le départ du jeune pour comprendre pourquoi il était si particulier ?

Un enfant si particulier… ?

Évidemment, je plaisante, ce gamin est juste un enfant éduqué, avec des principes, du respect. Il a appris que l’argent vient du travail, et il connaît le travail, car il profite de ses vacances pour bosser. Il connaît l’effort pour un petit salaire, le sien ou celui de sa maman.

Mais je ne plaisante pas totalement, mon propos n’est surtout pas de dire que « les jeunes de maintenant sont moins bien », ma réflexion se porte sur l’éducation, car le contexte éducatif a totalement changé dans les dernières décennies. La parole parentale s’est trouvée progressivement en concurrence avec la parole médiatisée, les influences, et la disparition des personnes exemplaires.

Le rôle des parents a évolué, il était compliqué, il est devenu complexe. Les parents ne maîtrisent ni l’origine ni les conséquences des idées des enfants, et les parents eux-mêmes sont emportés par la société mouvante, qui peut rapidement les déclasser, même les disqualifier. Ils deviennent parents démissionnaires, des parents rétrogrades, souvent hors du coup.

Le parent qui trime est un imbécile…

Désolé quand on a un Président qui étale sa montre de luxe, et que son ami déclare « quand tu n’as pas une Rolex à cinquante ans, c’est que tu as raté ta vie », il n’y a pas pire insulte faite aux « laborieux ».

Nous n’éduquons pas nos enfants seuls, le proverbe africain dit « il faut un village pour élever un enfant », notre village à tous est notre société, et le message envoyé n’est pas particulièrement éducatif.

De Gaule, et Pompidou, que je n’apprécie absolument pas, avaient le souci d’une certaine exemplarité… mais tout ceci est parti en eau de boudin : Giscard se couvre de diamants, recrute des fachos à son gouvernement, Mitterrand mène au moins une double vie, il permet la gauche caviar qui pique dans les caisses, Chirac est le premier Président condamné, met en avant ses envies adultères et permet à son épouse de se couvrir de pièces jaunes, Sarko expose son luxe, parvient a être condamné plusieurs fois mais bénéficie d’indulgences, Hollande recrute des ministres véreux, traite le peuple de sans dents, enfin Macron ment plusieurs fois, s’entoure de mecs arrivistes et dangereux, et méprise le peuple régulièrement …

En effet, l’exemplarité présidentielle n’est plus de rigueur, pire, on pardonne. Le fait d’avoir été Président, et d’avoir triché, est normal. Vous comprenez, c’est lié à la fonction !

Le mépris ne s’arrête pas là. Je vais vous citer une pub qui m’horripile parmi d’autres. Le Crédit mutuel met un scène un monsieur, un peu âgé qui ne comprend pas que sa banque soit autre chose qu’une banque, alors il est raillé, moqué, même le chien se fout de lui. Au nom de l’humour, on s’autorise le mépris parental. Autre exemple, pour une histoire de bouteille en plastique, on banalise une gamine qui engueule ses parents, autre exemple encore, pour une assurance, monsieur devient ridicule, et heureusement que madame sauve la situation…

Non seulement la pub nous fait rêver de choses inutiles, elle se moque des « consommateurs »

Ce message sociétal donne une leçon : « si tu penses que tu t’en sortiras avec ton travail, ton honnêteté, tes valeurs, t’es complètement hors du coup ». « Pour réussir, abandonne toute morale ».

Une société perverse…

Mais la contribution éducative sociétale ne s’arrête pas là ! On a aussi inventé la parentalité, le code de conduite pour être un bon parent. La CAF devient alors la « formatrice » des familles. Elle organise des réunions, édite des plaquettes ; décide des dépenses pour harmoniser les familles. Comment une institution a vocation de contrôle et de financement, peut s’improviser ami, conseiller, psychologue, travailleur social… ?

Le pourvoir d’une administration est de produire des règles, des normes, et certainement pas un soutien psycho-affectif à la personne… Même si parfois des centres sociaux, et d’autres acteurs parviennent à faire des choses très sympathiques.

Le problème de la parentalité, c’est qu’elle définit ce que doit être un parent, alors que de devenir parent est naturel, et que si certains parents sont défaillants les causes sont multiples, et ne se résument pas à un positionnement parental.

Je parle de perversité, car la société agresse la position d’adulte par le mépris, la pauvreté, la contrainte et ensuite lui fait porter à lui seul la responsabilité de sa connerie.

Oui, il y a des parents inconscients qui fabriquent des enfants inconscients…

Maurice Berger à propos des familles :

« Oui, l’autorité diminue. Elle vise à réguler les désirs de chacun, à passer du «je » veux ça au « nous ». Qu’est-ce que cela donnerait si tout le monde faisait comme moi et ne respectait pas les lois ? Mais pour un parent, poser un interdit cohérent nécessite d’accepter de ne pas être aimé temporairement par son enfant, de souhaiter avoir un enfant aimable par les personnes extérieures à la famille et qui ait envie d’être un citoyen ; d’être un parent capable de sortir de son confort personnel pour faire l’effort d’interdire, donc de délaisser temporairement la télévision ou son jeu vidéo, et ne pas se dire que l’école ou le club de foot fera ce travail à sa place. »

« Faute d’attention et d’échanges avec leurs parents, certains jeunes que vous accompagnez ne sont même pas capables de reconnaître les émotions d’autrui…

Un bébé ne sait qu’il sourit que s’il rencontre un sourire en miroir sur le visage du parent, il ne reconnaît ses émotions que si un adulte lui nomme ce qu’il ressent. Conséquence, certains de ces jeunes ne sont pas capables de comprendre la structure d’un visage. Les émotions qu’exprime le visage d’autrui peuvent être aussi indéchiffrables et ses mimiques sont alors interprétées comme menaçantes, donc il faut l’attaquer.

Rien n’est simple, et la théorie, « c’est la faute de la société », comme la théorie, « c’est la faute des parents » sont deux inepties.

L’idée est si nous constatons qu’il existe un réel fléau, non pas le manque de parentalité, mais le manque de repères pour tous, il nous faut développer d’autres modèles, d’autres exemples.

Ce n’est pas cet enfant qui est particulier…

Ce n’est ni lui, ni sa maman, mais la relation, l’échange, la sincérité… Et particulier, car nous nous perdons tous dans le souci d’avoir, de paraitre, de « passer du bon temps ».

Cela devient « particulier » de valoriser l’effort, et l’honnêteté… Particulier, car la chose publique valorise le contraire

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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