Ces 5 maladies infantiles sont-elles si bénignes que ça ?

les maladies infantiles

Et si l’on parlait un peu de maladies virales ? Je suis sûr que vous trouvez que l’on en parle pas assez en ce moment. Rassurez-vous, on ne parlera pas du covid-19, rappelez vous que ce journal est réservé aux oubliés.
Lionel Belarbi m’a demandé de faire un article sur les maladies infantiles, et ça tombe bien, je suis a fond sur le sujet actuellement. Du coup, ça tombe bien pour nous deux ! J’hésitais à en parler ici car je ne sais pas ce qui vous intéresse, n’hésitez donc pas a poser vos questions et à faire des suggestions en commentaire ou dans le sujet dédié sur le forum. J’y répondrais avec plaisir dans un article dédié.

Les maladies infantiles

Parlons donc, dès maintenant, de 5 maladies infantiles, leurs traitements, leurs préventions, leurs gravités, et surtout : sont-elles si bénignes que ça ? Et du coup ça parlera vaccination, sinon c’est pas drôle. On en profitera pour parler d’autres sujets indirectement (donc restez jusqu’à la fin) tels que la paupérisation, la mortalité infantile et pleins d’autres.
Et comme les détails m’importent, la liste des maladies est faite en fonction des agents causaux. Ne vous inquiétez pas, j’expliquerais tous les termes médicaux.

Rougeole

les maladies infantiles Rougeole

La rougeole, measle en anglais, qui veut dire « misère » a l’origine, est une maladie infantile grave, chez l’enfant et encore plus chez l’adulte.
La maladie commence une quinzaine de jours après le contact si le patient n’est pas vacciné et ne l’a pas eu dans le passé. Elle peut également survenir chez l’immunodéprimé y compris l’ayant eu ou étant vacciné, d’où l’importance d’une bonne couverture vaccinale.


Les symptômes sont plus ou moins spécifiques : fièvre, toux, rhinorrhée (Nez qui coule) adénopathies (ganglions) mais la maladie créé des symptômes aussi spécifiques, le Signe de Koplik est pathognomonique. Un signe pathognomonique est un signe qui est spécifique à une seule maladie : sa présence suffit à affirmer avec certitude le diagnostic. Son absence n »exclut cependant pas la maladie en tant que diagnostic. Ensuite, survient la fameuse éruption cutanée dite « morbiliforme », c’est à dire des rougeurs regroupées et séparées par des espaces de peau saine. L’état général est généralement assez altéré avec une asthénie (fatigue d’origine pathologique) marquée.


La maladie est dans la majorité des cas bénigne chez l’enfant, cependant le taux de complications est malgré tout assez élevé et la maladie est assez intense, ce n’est en rien comparable à la varicelle. Un adulte sur 3 finira en réanimation.
Cependant, n’allez pas croire que les enfants ne craignent rien : la rougeole a tué 200 millions de personnes ces 150 dernières années. Le taux de mortalité varie selon le contexte socio-économique : dans les pays développés, le taux de mortalité est de 1 personne sur 1000. C’est une personne de 1000 de trop vu qu’il y a un vaccin mais bon.


Dans les pays en développement, le taux de mortalité est d’1 personne sur 100. Il peut monter jusqu’à 15%, soit la moitié de la mortalité d’Ebola avec soins hospitaliers modernes, en particulier lors d’un contexte de dénutrition.
A cela s’ajoutent
diverses complications : pneumonie et encéphalite peuvent arriver laissant des séquelles neurologiques graves ou imposant l’intubation du patient. La cécité, temporaire ou définitive, est également possible et n’est pas rare.
Le traitement il est préventif et c’est la vaccination : il n’existe aucun traitement curatif. La vitamine A peut cependant réduire la mortalité mais réduit surtout la cécité. La vitamine C quand a elle n’a pas démontré d’effets.


La ribavirine et la moroxydine, deux médicaments antiviraux à large spectre, ont une activité sur les paramyxovirus, dont le virus de la rougeole. Cependant, les bénéfices sur la morbidité et la mortalité ne sont pas démontrés scientifiquement et les deux médicaments ne sont pas forcément accessibles, encore moins dans les pays en développement.
Dans le rayon horreur, il y a également la PESS. C’est une complication tardive de la maladie. Et quand je dis tardive, c’est un euphémisme : la PESS apparaît entre 8 et 14 ANS après la rougeole.

C’est une infection démyélinisante (coucou les antivax) du cerveau qui se divise en plusieurs phases : dépression et troubles cognitifs dans la première (Difficile de la diagnostiquer à ce stade) puis changement de personnalité, convulsions… Le patient décède d’un arrêt cardio-respiratoire après 3 ans d’évolution.
Cette complication connaît une prévalence d’un sur 20 000 cas de rougeole, cependant certaines études montre une prévalence de 1 sur 600…
La ribavirine permet de traiter le syndrome si celui-ci est administré à la phase précoce. Le vaccin prévient efficacement la PESS.

Oreillons

les maladies infantiles Oreillons

Les oreillons, c’est la maladie de Neymar. Plus sérieusement, les oreillons, plus précisément la parotidite virale (à ne pas confondre avec parodontite) est une maladie virale causée par un… paramyxovirus. Je vous ai dit qu’on citerait par groupe d’agent causaux.
La maladie se manifeste par un symptôme assez original : l’inflammation des parotides, les glandes salivaires les plus importantes puisqu’elles produisent 60% de notre salive. Cela fait donc grossir le visage de façon assez impressionnante, et les glandes sont algiques, c’est à dire qu’elles sont douloureuses.


Le patient présente également de la fièvre et peut souffrir d’odynophagie, c’est à dire des douleurs lorsqu’il avale. Cela est directement lié a l’inflammation des parotides. L’état général est généralement altéré, de manière légère à modérée. Des céphalées (maux de tête) peuvent également être présente.
Chez l’enfant, la maladie n’est normalement pas dangereuse. Cependant, chez l’adulte elle peut se compliquer : stérilité (cela est assez connu) et surdité transitoire (cela est moins connu) ou perte d’audition.
Une méningite aseptique, généralement bénigne, est présente dans 5% des cas environ. La maladie est encore fréquente : plusieurs milliers de cas par an en France.


L’orchite ourlienne complique 15 a 30% des cas d’oreillons chez les hommes et peut aboutir à une diminution du nombre de spermatozoïdes (Oligospermie) voir une stérilité par atrophie testiculaire (Diminution de la taille des testicules) généralement définitive.
Le traitement est préventif et c’est la vaccination : elle est efficace dans 80% des cas. Ainsi, avec une bonne couverture vaccinale, la maladie peut reculer. L’éradication est possible : elle n’est présente que chez l’humain. Enfin, elle est immunisante (on ne l’a qu’une fois sauf en cas d’immunodéficience) comme toutes les maladies dont on parle ici.


La moroxydine pourrait traiter la maladie, mais dans l’ensemble le traitement curatif se base sur le repos ainsi que le froid et le chaud sur les joues. L’évitement des jus de fruits est préférable. Le paracétamol traite douleur et fièvre et l’aspirine est systématiquement évité sous peine d’un syndrome de Reye, maladie rare mais très grave, d’étiologie (cause) inconnue et qui cause des lésions hépatiques (foie) et cérébrales.
Les oreillons sont heureusement moins sévère que la rougeole mais les complications restent fréquentes.

Varicelle

les maladies infantiles Varicelle

Vous savez sûrement tous ce qu’est la varicelle… ou pas. La varicelle est une maladie infectieuse causée par un virus… herpétique.
J’adore étudier les virus herpétiques. Ils sont très complexes : ils arrivent à infecter la majeure partie de l’humanité sans causer significativement des décès, là ou la plupart des maladies (rougeole par exemple) tuerait des millions de gens, d’autant qu’ils ne sont pas contagieux par voie respiratoire à l’exception de la varicelle.

Ils sont immunisants, mais ils restent à vie latents dans l’organisme. Ils sont également très pharmaco-sensible (Une grande partie des antiviraux ont un effet sur les virus herpétiques) et sont soupçonnés dans différents problèmes médicaux tels que l’EM/SFC ou certains lymphomes (cancers du système immunitaire) voir la maladie d’Alzheimer.


Rassurez-vous, votre bouton de fièvre n’y est pour rien (ou pas pour tout) : ce sont différents virus. Dans le groupe « herpès » il y en a 8 chez l’humain.
Fun fact : herpès veut dire « ramper », ça fait référence aux lésions cutanées particulières dû à la maladie herpétique.
En réalité la maladie n’est pas si correctement connue : si je vous demande vous allez sûrement me dire que c’est une maladie de peau qu’on contracte dès l’enfance, qu’on a plus jamais après et qu’il n’y a aucun traitement. Vous vous trompez.


Donc, la varicelle est une maladie infectieuse causée par le VZV, ou HHV-3 (Herpès !) qui cause un rash (éruption cutanée) accompagnée d’un intense prurit (envie intense de se gratter) des maux de tête et anorexie (perte d’appétit)
L’état général est plutôt bien conservé mais une fatigue peut se faire ressentir. La fatigue peut également être due aux traitements contre le prurit.


En fait, la maladie est beaucoup moins grave que la grippe : le taux de mortalité (de la varicelle) est estimé à 1 personne sur 60 000 et le nombre de décès dans le monde s’élève autour de 6000 en 2015, dont 20 en France par an en moyenne.
Bien que le VZV infecte la peau, il infecte surtout les nerfs afin d’y rester quiescent à l’instar des autres virus herpétiques.

De fait, dire « qu’on a eu la varicelle » est étymologiquement incorrect : on l’a a vie de façon asymptomatique. Le VZV peut se réactiver et causer une infection des nerfs : le zona. Elle cause névralgie (douleurs des nerfs, douleur neuropathique plus précisément. Ces douleurs peuvent ressembler à une sciatique pour vous faire une idée) et ces douleurs peuvent être persistantes : ce sont les douleurs post-herpétiques.


Le zona arrive chez la moitié des personnes de 80 ans, et chez ces personnes, une personne sur 4 souffrira de douleurs post-zostériennes qui dureront des mois voir des années. Tout de suite moins bénin, n’est ce pas ? Enfin, la varicelle est très risquée pour les adultes. Elle peut causer pneumonie et encéphalite, et l’éruption cutanée est beaucoup plus longue.


Le traitement se base sur une lotion à base de calamine, des antihistaminiques (médicaments contre les allergies et les démangeaisons) tels que la cétirizine et des médicaments contre la fièvre comme le paracétamol. L’aspirine, c’est niet (Reye)
Un traitement antiviral sûr et efficace existe : l’aciclovir. Il y a également un vaccin, lui aussi sûr et efficace dans 95% des cas. Cependant : le vaccin n’est pas recommandé. Pour plusieurs raisons : Déjà car on a peur d’un déplacement de la varicelle vers l’âge adulte ce qui serait catastrophique.

Cependant, l’expérimentation aux USA (qui ont systématisé le vaccin) a montré que cela n’arrivait pas.
Ensuite, il y a les antivax. Vous savez, ces gens qui croient que le vaccin ROR rend autiste et qui trouve que 200 millions de morts en 150 ans c’est bénin ? On peine à les faire vacciner contre des maladies avec un taux de mortalité de 10% (Diphtérie) alors de là a les protéger de la varicelle et du zona qui s’en suit…

Mononucléose

les maladies infantiles Mononucléose

La mononucléose, plus connu sous le nom de « maladie du baiser » est une maladie infectieuse causée par le virus Epstein-Bar.
Ses symptômes principaux sont des douleurs musculaires, une rhino-pharyngite (angine), une adénopathie (ganglions) et surtout une extrême fatigue.
Cette maladie n’est pas infantile au sens strict mais elle arrive fréquemment chez les adolescents n’ayant pas été immunisés pendant lors enfance, où la maladie est totalement asymptomatique.


Cette fatigue est d’une intensité particulière : de sorte que les patients ne puissent parfois pas faire quelques pas sans avoir une sensation de malaise. La fatigue ne passe pas au repos, et le syndrome ressemble de près au syndrome de fatigue chronique a ceci près que la mononucléose dure 1 a 2 mois (l’asthénie persistant souvent jusqu’à 6 mois)
Des extrêmes de durée sont possibles : quelques semaines a jusqu’à 33 mois (2 ans et 9 mois) pour certains cas exceptionnellement décrits dans la littérature médicale.
Bien qu’il y ai des complication rares liés a la numération sanguine (aplasie médullaire, généralement rare mais grave) la complication la plus fréquente est la rupture de la rate.

La rupture de la rate cause une hémorragie interne et peut nécessiter une splénectomie (Ablation chirurgicale de la rate) c’est pourquoi il est conseillé de ne pas porter d’objets lourds pendant plusieurs mois après la rémission d’une mononucléose. Le risque de rupture de la rate est d’environ 1,5% et la moitié n’ont pas pratiqué de sport au moment de la rupture. Une hépatite peut également survenir, nécessitant une courte corticothérapie (environ 10 a 15 jours) et l’hépatomégalie (Augmentation du volume du foie) arrive dans 20% des cas environ.


Le traitement est symptomatique, on traite la fatigue avec des vitamines et des médicaments anti-asthéniques, les douleurs avec du paracétamol et des AINS (Mais pas l’aspirine, Reye tout ça)
Les antiviraux pourraient réduire la durée de la maladie de quelques jours (Aciclovir, Ganciclovir…) et les antibiotiques sont totalement inefficaces, provoquant une éruption cutanée caractéristique, surtout lors de la prise d’amoxicilline.
La maladie est immunisante, et il n’y a aucun vaccin.

Syndrome pied-main-bouche

les maladies infantiles Syndrome pied-main-bouche

Le syndrome pied-main-bouche – ou syndrome bouche-main-pied – est une maladie virale qui est causée par un entérovirus ou un virus coxsackie. Ces virus appartiennent à la même famille que les virus du rhume, de certaines gastro-entérite, de l’hépatite A et de la poliomyélite, on les appelle les « picornaviridae ».
Ceux-ci sont la plupart du temps bénins. Mais pas toujours.


Le syndrome pied-main-bouche se manifeste par des petites vésicules aux extrémités : mains et pieds. Ces vésicules apparaissent également autour des lèvres et des ulcérations (aphtes) apparaissent dans la bouche. De la fièvre, des vomissement, de la diarrhée et des adénopathies (ganglions) sont également possibles. La maladie guérit en 3 a 6 jours mais des complications (rares) sont possibles : encéphalite (Inflammation du cerveau et de sa membrane, surtout avec les entévirus) ou myocardite (Inflammation du muscle cardiaque), et peuvent être mortelles c’est pourquoi plusieurs sociétés essayent de trouver un vaccin protégeant contre la maladie. Le vaccin serait efficace sur certaines souches, mais pas toutes.


La maladie se propage par petites épidémies ou est sporadique (cas isolés) et l’éviction scolaire n’est pas conseillée.
Le traitement est essentiellement symptomatique, un seul antiviral (pleconaril) existant et n’étant pas disponible en France ni étudié dans la population pédiatrique. La maladie peut avoir lieu chez l’adulte mais n’est pas spécialement plus dangereuse que chez l’enfant contrairement aux autres maladies du classement.

Si vous voulez des détails (alerte image gore) sur les 11 maladies vaccinales, voici une vidéo très intéressante :

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Asperger Défense [Rédacteur en Chef]

Asperger Défense [Rédacteur en Chef]

Autiste asperger en lutte contre les soins sans consentement, pro-choix, et souhaitant, non pas fournir un simple avis comme généralement c'est le cas sur les réseaux sociaux, mais des analyses plus rationnelles et nuancées.

2 réponses

  1. Un dossier comme on a jamais fait sur le journal abrasif. N’oublions pas les enfants !

    Bravo pour ton article très pro.

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