Les couilles sur la table : un livre intelligent…

Les couilles sur la table
Les couilles sur la table

Les couilles sur la table

Je ne connaissais même pas l’existence de Victoire TUAILLON, et c’est son livre coloré qui a attiré mon regard « les couilles sur la table » (Points). Le titre est provocateur, mais en le feuilletant, c’est immédiatement une autre provocation que j’ai perçu : « Ce livre est une synthèse indispensable de ce que l’on sait sur la virilité, les masculinités et les hommes. »

Les couilles sur la table
Les couilles sur la table

J’ai pensé à un vieux bouquin de 1973 « du côté des petites filles » de Elena Giani Belotti (livre de Poche). À l’époque, l’idée que l’éducation fabriquait les filles était une idée difficile à encaisser. J’avais trouvé cette révolution pertinente. Parfois, j’ai lu des remises en cause de cette réflexion, et sans certitude, j’ai continué mon chemin, en pensant qu’il y a beaucoup de vrai dans ce concept.

J’ai toujours trouvé les schémas typant les hommes et les femmes très caricaturaux. En fait, je ne sais pas ce qu’est un homme, ce qu’est une femme. Pour exemple, j’ai dirigé des équipes entièrement féminines, où ça s’est mal passé, et d’autres ou au contraire, c’était super. 

J’ai vu des hommes, se chamailler comme des gosses au boulot, être mesquins, incapables de franchise. La seule chose que j’ai comprise « à peu près », c’est à adapter mon comportement en fonction des groupes, ou du moins supporter les délires sexués des collègues de sport, ou attendre que les descriptions minutieuses des personnes se passent lors des réunions féminines.

Donc le livre est devenu aussitôt une invitation à revisiter mes impressions et connaissances des hommes et des femmes. Je rassure de suite, je n’ai pas été déçu…

Que dit Victoire… Et ses complices ?

C’est un début en douceur, et très en parallèle avec le livre « du côté des petites filles ». Elle regarde la fabrication de la masculinité et de la virilité. On s’en doutait, ces « réalités » sont culturelles, pas naturelles… Mais si l’idée peut être intellectuellement assimilée, elle donne une drôle de gueule au miroir personnel. On peut se demander ce qui est authentique en soi, se repasser le film de nos séances de drague, nos séances de mâles…

Elle poursuit sur les privilèges le l’homme blanc, hétérosexuel… Je vous invite à découvrir cette démonstration précise, qui m’a beaucoup fait penser à une amie noire avec qui j’ai partagé une période de ma vie. Avant elle, je ne voyais pas le racisme au quotidien, le racisme ordinaire… Les regards, les « je peux toucher vos cheveux ? » , « vous venez d’où ? »

Les chapitres suivants se centrent sur le travail domestique puis sur la violence. Je ne vais pas les commenter plus, ils sont à lire absolument.

En dernier chapitre, et c’est celui qui m’a le plus interrogé, Victoire propose « esquives » : repenser la sexualité, repenser le désir… Réinventer nos scripts sexuels.

L’auteur nous amène à rechercher une « autre » rencontre. Elle nous dévoile nos ignorances, à nous les hommes, et les comportements bien stéréotypés des hommes et des femmes.

Le livre ne se termine pas par un constat, une condamnation, mais par des perspectives de changement.

Je sais qu’un jour, je relirai ce chapitre.

Mes couilles sur la table…

Il y a peu, j’avais fait une découverte essentielle pour moi, découverte qui me permet d’être absorbé par cette lecture.

Avec une « amie » FB, nous nous lançons le défi d’écrire un recueil de nouvelles sur la sexualité. J’adore écrire des nouvelles, mais je n’avais jamais abordé le sujet. Je ne parle jamais de ça. Alors j’ai écrit, des fictions, plus ou moins fictives. J’ai pris un réel plaisir à faire ce voyage. Aucune de mes nouvelles n’était vulgaire, parfois pas très morale, mais jamais crue.

Puis les premières nouvelles de mon amie sont arrivées. J’ai eu un mal fou à les lire, j’ai pris en pleine poire une sexualité féminine, osée, violente, soumise, gourmande. J’ai failli abandonner le projet, alors j’ai proposé d’élargir le cercle des auteurs. Un autre homme a glissé quelques textes, très romantiques. Une amie a témoigné de son viol, et de son après-viol. Une collègue auteur a produit des textes « venus d’un autre monde »… Enfin une jeune femme a glissé des textes non conventionnels (homosexualité, viol conjugal …)

Le livre s’appelle « sexualité à plusieurs mains » (éditions Edilivre. Si je vous en parle, ce n’est pas pour la promo, mais juste témoigner, que l’on est souvent ignorant, très ignorant, et que seul l’échange peut nous faire grandir.

Je vous conseille fortement la lecture de « les couilles sur la table » ….Ça ne fait pas mâle.

sexualité à plusieurs mains
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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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