Les boucles du métro

Les boucles du métro

En regardant par sa fenêtre ce matin là sa tasse de café à la main, Capucine élaborait sa tenue du jour avec un soleil timide qui pointait son nez apportant la certitude que le printemps était bien là.
Au sortir de la douche, ses vêtements étendus sur le lit ne semblaient plus vraiment en adéquation avec les nuages gris qui zébraient le ciel parisien en ce joli mois d’avril et pourtant elle n’eut aucune envie d’en retirer le moindre élément ni même d’en rajouter.
Et c’est donc ainsi, qu’en se glissant dans ses escarpins noirs pourvus de talons aiguilles d’une quinzaine de centimètres qu’elle mit la touche finale à son look avec l’approbation de son miroir se souriant à elle même en admirant sa création du jour tant au niveau maquillage rajoutant au passage une touche de poudre Chanel, qu’au niveau vestimentaire ; jupe droite blanche courte et moulante et chemisier léger laissant visible son soutien gorge les deux étant assortis à ses yeux bleus.
De sa chevelure nous ne dirons rien en cet instant, celle ci étant la clé de l’histoire…
Elle décrocha tout de même un imperméable long noir et léger par acquis de conscience pour faire honneur à ce printemps indécis et descendit les marches de son immeuble haussmannien après avoir claqué sa porte tout en vérifiant que son sac contenait bien ses clés.
En ouvrant son porche elle fut éblouie par la luminosité tenace des rayons de soleil, et son odorat fut happé par l’odeur chaleureuse de la torréfaction se trouvant en bas de chez elle et kidnappé par le parfum envoûtant des croissants chauds de chez Lenôtre, le tout transportant habilement ses pensées  vers le ‘café croissant’ qu’elle ne manquerait pas de déguster avec ses collègues de travail, image quotidienne qui attachait un sourire à son joli minois et accompagnait ses pas vers le métro le plus proche.
Mais ce jour là en regardant sa montre, elle s’aperçut que le temps et le temps lui permettaient de prendre l’un des deux en goûtant l’autre et entreprit de continuer la marche tout en se dirigeant vers son lieu de travail, saluant au passage les commerçants de son quartier et souriant aux sifflements des ouvriers de la voirie et du bâtiment leur envoyant même un baiser, qui, elle le savait, illuminerait leur journée et les ferait parler la matinée entière!
Lorsque soudain le ciel mit ses menaces à exécution et déversât sur Paris le contenu de ses noirs nuages, Capucine se mit donc à courir regrettant d’avoir évité la station  précédente et bien que s’étant hâtée à rejoindre la seconde, c’est donc  ruisselante qu’elle gagnât le quais puis sauta dans le métro surgissant au même instant. 
Sans réfléchir un instant elle se dirigeât vers la première place assise libre et se secoua tel un félin balançant sa longue crinière blonde et bouclée d’avant en arrière apercevant à son moment de descente des mocassins masculins puis un sourire éblouissant et des yeux verts amusés à sa phase remontante.
C’est au moment où elle lâcha un ‘Oups’ qu’elle s’aperçut que l’homme souriant possédait également une chevelure bouclée aussi brune que la sienne était blonde et bien entendu beaucoup moins longue… Ayant suivi son regard l’homme brisa la glace avec ces quelques mots  aussi chauds que sa voix ‘Oui je connais le problème des boucles pluvieuses…’
Il plongeât son regard dans celui de Capucine, cet échange qui pourtant ne dura que quelques minutes leur parut à eux deux, des heures, des jours, des semaines et c’est ainsi que lorsque que le métro stoppa quelques stations plus loin, elle accepta de prendre la main tendue et de suivre la voix lui disant ‘ Il faut vous sécher maintenant’ !
Il pleuvait toujours lorsqu’ils empruntèrent la sortie et que tel un mirage dans le désert face à eux brillait une enseigne ‘Hôtel’
De douches chaudes aux chaudes étreintes, les heures passèrent et c’est sous un soleil éclatant qu’ils prirent ensuite, ensemble, à la terrasse d’un café ce petit déjeuner tant convoité par Capucine…
Il l’abandonna quelques minutes pour revenir avec une rose rouge comme si la fleuriste s’était imposée dans ce décor magnifié et s’est en lui baisant la main, son café terminé qu’il prit congé reprenant sa vie et un autre métro et que Capucine souriante lui souffla un baiser de sa main.
Pas de prénoms ni de numéros de téléphone échangés juste des sourires et des souvenirs pour toute une vie….
Un voyage dans les années 80…

diane journal abrasif

Diane [Auteure]

Femme psy - Auteure - Présidente d'une association luttant contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Ma plume peut être aussi corrosive que compatissante selon l'actualité. Acide où humoristique selon mon humeur !

1 Response

  1. Avatar photo QuiCouYou dit :

    Ah les années 80 oh Capucine
    Du vecu
    Merci Diane

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *