Le vedettariat : Je suis mal dans ses baskets !!!

Le vedettariat
Le vedettariat

Je suis mal dans ses baskets !!!

Il n’y a pas un organe de presse qui n’ait pas repris l’info : « Des baskets portées par Michael Jordan avec les Chicago Bulls atteignent près de 1,5 millions de dollars aux enchères ». Et aucun n’a crié au scandale… L’info est à l’état brut, et elle me brutalise. Je ne comprends pas, ou je comprends trop bien.

Le vedettariat…

Ils nous faut des héros, et je veux bien que Michael Jordan soit un héros…Du basket. Chapeau le champion… mais hors ce respect, je m’arrête là. Je ne minimise pas les exploits du sportif et des autres sportifs, mais je ne peux accepter que la sueur d’un homme prenne de la valeur marchande. Je serais lui, je ferais des fioles de sueur, et je les vendrais très cher.

D’ailleurs, je vais tenter le coup, je vends mes vieux kimonos, tant de fois trempés par mes efforts, kimonos avec lesquels j’ai gagné quelques combats…

Je sais, je suis ridicule, mais ce qui est encore plus ridicule, c’est d’attacher de l’importance à un objet porté par une star.

L’indécence…

1.5 millions de dollars ! Une fortune, dans un monde où on rejette des personnes du resto du cœur

Imaginez un instant d’entrer dans une dérive totalitaire, et nous pourrions crier : « Attentat à la pudeur ! Crime contre l’humanité ! Injure publique ! »

Il n’en est rien, dans cette société, chacun fait comme il veut, ce n’est pas le premier, ni le dernier bourré de fric qui achète un objet fétiche…

Mais vraiment désolé, les baskets, trop grandes pour moi, me donnent le mal de mer…

Finalement, comme les autres, tu es connecté au pognon…

Peut-être, j’imagine ce que ce fric pourrait faire en bien… mais mon plus grand malaise, c’est la sauvagerie, la connerie.

C’est incroyable que des gens en soient là, incroyable que le fait soit relayé sans dégoût. On accepte que le monde tourne ainsi.

Et en même temps, un joueur de foot en Angleterre témoigne qu’il lui est impossible de faire son coming-out : « Les clubs sont restés avec une mentalité des années 80… »

Et dans les horreurs de ce monde :

« Le suicide de Dinah, 14 ans, est imputé par ses proches au harcèlement scolaire.

Traitée de « pute, sale lesbienne, sale race »… Pendant deux ans, Dinah, 14 ans, a fini par se pendre. Ce harcèlement juvénile est d’une incroyable violence, devenue quotidienne. »

Là, je n’en peux plus, je pleure… Comment avons-nous rendu nos enfants si monstrueux pour qu’ils tyrannisent une gamine qui se sent attirée par les autres filles …

Où est l’intelligence ? Où est l’amour ?

Liberté chérie…

Non, je m’en fous de la dépense, je n’ai plus qu’une chose à dire, si vous avez trop de fric, faites ce que vous voulez, mais je vous en prie ne le mettez pas au service de la connerie mondiale…

Pour vous détendre, une autre histoire de baskets ….

Des godasses en pagaille

 » Vous rappelez vous qu’à l’approche du XXIe siècle une guerre éclata en Europe dans un pays qui ne faisait rêver que par ses plages. La guerre déplaça des milliers de personnes, et en tua beaucoup aussi. La France décida que les gens de l’Est de ce pays étaient les gentils, et les autres les méchants. Alors elle condamna moralement les méchants et accueilli en grand nombre les gentils. On fit même une loi pour eux, pour qu’ils puissent rapidement apprendre notre langue et travailler.

À cette période je dirigeais un centre d’accueil pour des victimes de partout. Il y avait des africains, des orientaux et des européens… mais ceux-ci n’avaient dû être assez gentils, ils n’avaient ni le droit d’apprendre notre langue ni de travailler.

C’est vrai que ces personnes venues de cette région de l’Est étaient formidables, mais comme les autres. Il faut croire que fuir la guerre, les horreurs, sauver sa vie et celle de ses proches donne de l’humanité.

Des ouailles d’une paroisse proche touchée par l’élan de générosité nationale pour cette population de l’Est décidèrent de faire une bonne action. Elles auraient pu apporter des victuailles et nous aurions encore une fois partagé et fait la fête ensemble. Non, elles ont choisi d’apporter des belles chaussures, des chaussures de sport symbolisant bien notre société de consommation. Elles ont voulu les offrir aux nouveaux venus de l’Est, parmi les autres victimes de guerre, parmi des gens qui n’avaient pas d’argent.

Mais la marmaille qu’elle vienne d’Afrique, de l’Est ou d’Asie ne comprend pas qu’un des leurs est meilleur que l’autre. La misère se partage très bien.

Mes gentilles marmailles ont mis la pagaille, et les ouailles sont reparties avec leur godasses neuves, elles trouveront bien des pauvres plus soumis.

Tous ensemble, tous… ex ennemis parfois, amis c’est sûr, nous avons continué à être solidaires…

Moralité : l’enfer est pavé de bonnes intentions … « 

L’éduc’acteur David Lerenard Edilivre

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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