Le salon maladie France ! Made in France

Made in France
Made in France

Le salon Made in France

Ils défilent, ils défilent les beaux candidats au beau salon « Made in France ». Ils n’ont pas encore fait sauter du veston l’œillet du onze novembre, et les poussières de Colombey les deux Églises… Ils sont parfumés au patriotisme, et se querellent pour savoir qui est le digne héritier de Charles, le plus patriote et le précurseur de l’idée géniale du « made in France ».

Tout cela ne crée pas une gerbe de fleurs poétiques, mais la gerbe d’un vomi amer…

Éloge de la production

Du vert au noir, du rose vif au bleu, ils sont tous d’accord : il faut produire. La machine ne doit pas cesser de faire du fric, des emplois, des objets de confort, des objets inutiles… Il peut facilement, le Président rallier la France sur la réussite du capital, la poursuite du nucléaire et la chasse aux chômeurs. On peut avoir quelques désaccords sur des points de détails, le bon âge pour la retraite, le quota d’immigrés, les mesures de sécurité intérieure et les degrés de réchauffement tolérables, mais nous sommes tous unis derrières les bleus pour vaincre les chinois, les ricains, les australiens, les britanniques et autres pays concurrents …

Il nous faut, ensemble, faire une France forte, belle, puissante, productive et RESPECTEE !!!

Nous avons trouvé une arme imparable : le « made in France »… Grace à cette arme, nous faisons des emplois français, des produits de qualité française, nous polluons moins, et nous sommes une grande nation.

Pour l’idée, elle est vieille, n’en déplaise à Arnaud, il y a quarante ans, le PCF affichait « Fabriquons français », et d’autres martelaient « La France aux Français ».

Il y a quarante ans, on parlait du péril chinois, et les entreprises françaises devenaient internationales. On dépaysait, on délocalisait, le capital n’avait pas de patrie.

Mais tout a changé, certaines entreprises reviennent, et l’idée rétrograde du « produisons en France » devient une idée d’avant-garde.

La blague patriotique…

Je ne parle pas de la petite entreprise familiale de pulls ou de sucrerie qui se bat pour exister, mais des grosses entreprises qui choisissent le pays, comme le matin, on choisit ses vêtements pour aller au marché.

Je parle de ces entreprises qui sont, selon l’angle, africaines, polonaises ou chinoises ; de ces entreprises qui défendent l’Homme ici, et qui exploitent l’enfant ailleurs… De celles qui jouent le gardien de la planète dans les congrès et qui pillent ailleurs.

En fait toutes les entreprises du capital, qui se moquent bien de la planétologie et qui engraissent les actionnaires.

Le « Made in France » permet de se refaire une belle image en se cachant derrière les petits qui « font ce qu’ils peuvent, là où ils sont ».

Certes, les usines en France donnent du travail en France, Toyota est ainsi « fabriquant français », quand Renault est fabriquant espagnol.

Tant mieux pour les salariés, mais ne pensez surtout pas que ces localisations se font par solidarité.

Certes, les productions locales favorisent certains circuits courts, encore faut-il regarder de plus près les composants et les ventes…

L’objectif des industries est et a toujours été le fric !

Fait en France ne garantit rien : ni le respect de l’environnement, ni le respect des femmes et des hommes, ni la qualité, ni même des retombées positives pour le monde. Dit autrement en France, on sait faire des merdes dans des usines sans scrupules qui iront empoisonner d’autres populations.

Pour l’ouverture d’un salon « au service du monde » …

Déjà, virons le mot « made », « fait » …. Avant de faire, il faut se poser la question du nécessaire, du recyclage, de la transformation.

J’aimerais que l’on pense « mondialement utile ».

Reprenons le mot service, et abandonnons la culture de la production. Il est urgent de servir la planète et ses occupants.

Regardons aussi comment un service est réalisé, qui le fait, dans le respect de quelles valeurs humaines ?

Et évidemment l’impact sur Terre, en carbone, en destruction et en protection.

Avant de vénérer des politiciens polluants, des industriels puants, d’adhérer à des slogans simplistes, défendons non pas les stratégies nationalistes mais celles de l’internationalisme …

Total Page Visits: 535 - Today Page Visits: 4

David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *