« Le Metal, la musique du Diable » ? – Explications de texte puis Démantèlement des « peurs primaires » façon troll

Musique Metal
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La musique Metal

Chers lecteurs et amis du Journal Abrasif, c’est, comme toujours, un petit plaisir que de me visser le postérieur dans mon fauteuil, pour vous concocter un pamphlet bien assaisonné, épicé juste ce qu’il faut … Mais néanmoins percutant comme seuls les écrits d’une Bestiole du Chaos peuvent l’être. Aujourd’hui, en ce début du premier week-end de Décembre, alors qu’un vent du Nord sème ses rafales glaciales sur le Finistère et que le grésil tombe par giboulées, le Troll semi-givré que je suis va vous parler de sa musique préférée et de la culture à laquelle il a fait allégeance, il y a maintenant plus de quinze années.

[Et aussi, parce qu’il le faut, je parlerais de toutes ces ‘peurs primaires’, de toutes ces attaques, de tous ces irrationnels confirmés, les premiers à répondre dès qu’il s’agit de salir l’image d’une culture Underground … en fait, l’image qu’ils ne voient pas, à défaut de plonger dedans, et d’en faire pleinement partie.]

Partie I – Les Entrailles de la Bête …

Le Heavy Metal, est né dans la période tumultueuse des années ’70, avec des groupes comme ‘Blue Cheer’, ‘Black Sabbath’, ‘Iron Maiden’, puis leurs successeurs, et ce avec tous les sous-genres nés d’expérimentations ou d’audaces. Quand Reagan gouvernait aux USA, et Thatcher au Royaume-Uni, quand régnait l’austérité néo-libérale née des deux chocs pétroliers successifs, les temps étaient plus qu’incertains, marqués par la guerre froide notamment.

La défiance généralisée envers la société « normale » et « bourgeoise » qui a éclaté en Mai 1968 ayant été un bouillonnement culturel, les années suivantes ont vu la naissance du Punk, qui criait haut et fort « No Future » … se séparant ainsi irrémédiablement de la vague Hippie des années ’60 et ’70, laquelle prétendait qu’il y avait un « futur » possible, quelque part, et autrement.

Musicalement, pour schématiser, on va dire que si le Hard Rock et le Blues avaient eu un enfant « bâtard », ç’aurait été le Heavy Metal. Avec un recours massif à l’amplification des instruments et de la voix, des chanteurs aux voix puissantes, modulées, et immédiatement reconnaissables, des guitaristes de génie qui ont repris « l’intervalle du diable » (le « triton »), nombre de bassistes talentueux et de batteurs emblématiques, le sceau de cire brûlante qui est devenu la marque de fabrique du Metal a pris forme. Les années passant, et les courants idéologiques et musicaux évoluant avec, certains musiciens de Heavy Metal se sont mis à créer, même sans le vouloir, de nouveaux genres.

Le Thrash Metal, un Metal à la cadence de mitrailleuse calibre 12.7, a commencé à blasphémer ouvertement envers les monothéismes (les groupes ‘Slayer’, ‘Venom’, ‘Sepultura’, entre autres), et à sur-représenter les symboles chrétiens (inversés ou non) dans leur « artwork », dans leurs morceaux, et dans leurs performances scéniques. Et ce en incluant des tenues de scène remaniées, des jets de flammes, des mises en scène et des attitudes qui détonnaient à l’époque. On peut dire que le groupe Venom a eu un effet inattendu, puisqu’une fois passé par les oreilles de certains jeunes fans Norvégiens, le Thrash Metal a été remodelé à la façon Scandinave, rendu encore plus brutal, plus criard, plus sombre, plus chaotique, et naquit … le Black Metal, dont je vous reparlerais plus loin.

Le Death Metal, quant à lui, est au Metal ce que la scie circulaire est à un cadavre : la musique est littéralement farcie d’allusions à la maladie, à la décrépitude, aux cultes du chaos, à la douleur, à la torture, à la guerre, à la mort, aux turpitudes humaines entraînant tous les fléaux possibles et imaginables. D’ailleurs, les titres de morceaux de certains groupes de Death Metal actuels ou plus anciens évoquent assez bien le dictionnaire médical ou les annales de la criminologie ! Les voix criées (Chuck Schuldiner avec ‘Death’, notamment), les solos de guitares et les martelages impitoyables de percussions, et plus tard les voix graves et caverneuses (« growl », « grunt » ou « pig squeal »), ont largement contribué à la diffusion de la musique Metal en général, notamment en Amérique Latine et en Amérique du Sud – la jeunesse de plusieurs de ces pays, sortant à l’époque de dictatures militaires, trouvaient dans les cassettes ‘pirates’ des premiers groupes de Metal extrême qu’elles recevaient un message de liberté, d’insoumission, de rébellion, un appel à la force, à l’imaginaire, et à la puissance.

Le Black Metal … Le sous-genre musical du Metal qui a donc fait couler le plus d’encre et de sang est né en Norvège, au pays des Vikings, du soleil de Minuit, de la viande de renne (… et des Trolls), dans les esprits de plusieurs jeunes Metalleux Norvégiens. Ceux-là sont devenus au fil des années soit de véritables légendes, soit des « traîtres à l’underground » (ce critère d’appréciation dépend du positionnement idéologique de chaque amateur de Black Metal). Ainsi donc, vers le milieu des années ’80, les jeunes groupes ‘Mayhem’, ‘Darkthrone’, ‘Burzum’, ‘Immortal’, ont repris le staccato infernal du Thrash Metal, l’agrémentant de convictions violemment anti-chrétiennes, voire pas du tout recommandables (ils se prétendaient tous « satanistes », certains étant ouvertement néo-nazis ou l’ayant été … mais beaucoup de choses restent de l’ordre du déclaratif), ainsi que de motifs de noirceur, de déchéance, de haine, de guerre, de désespoir … Et ce, bien souvent en enregistrant leurs premières démos sur des magnétophones plus tout jeunes, avec les pires amplis possibles, pour que le son soit le plus crade et le plus brut.

Les dissensions, disputes, mésententes, engueulades sur fond d’alcool, querelles financières, menaces, entre différents membres de la petite scène Black Metal norvégienne, ont trouvé leur apogée sanglante dans les années 1992-1993 : une série d’incendies d’églises et de profanations de tombes sans aucun précédent dans l’Histoire, divers actes de vandalisme, et surtout, deux meurtres, dont celui de Oystein « Euronymous » Aarseth, fondateur du groupe ‘Mayhem’, par Varg Vikernes, fondateur et unique membre du groupe ‘Burzum’ … Lequel fut condamné à 21 années de prison (la peine maximale en Norvège), puis finira par se distancer du Black Metal « pur et dur » pour faire de la musique « Ambiante », mais pas de ses convictions extrémistes.

[Dans la deuxième partie du pamphlet, je reviendrais plus amplement sur les accusations portées contre la musique Metal.]

Le dernier sous-genre le plus important (à mes yeux) que je vais évoquer pour ‘présenter’ l’univers Metal aux néophytes sera le Pagan/Folk Metal. Né au milieu des années 1990, grâce à des groupes comme ‘Mägo de Oz’, ‘Cruachan’, ‘Korpiklaani’, ‘Finntroll’, ‘Moonsorrow’, ‘Manegarm’, c’est un sous-genre du Metal qui combine la façon de jouer d’un des sous-genres précédemment définis à une ambiance imprégnée de Paganisme, de références aux Anciennes Civilisations (surtout les Vikings, les Celtes et les Slaves Anciens, mais pas que), de légendes et de faits historiques (de l’Antiquité jusqu’au Haut Moyen- ge), et/ou dans un style de musique qui s’apparenterait à du « Metal à boire », joué dans une taverne Médiévale par des ménestrels itinérants déguisés en Lutins.

Les chants clairs ou criés (il y a souvent des chanteuses), les instruments folk en plus de la guitare, de la batterie, de la basse et éventuellement du synthétiseur (cornemuse, tambour, harpe, lyre, guimbarde, violon, flûte de Pan, banjo, luth …), sont les caractéristiques de ce sous-genre. Les groupes de ce sous-genre pourront vous évoquer soit une joyeuse ambiance de banquet chez les Gnomes, soit des sentiments proches de ceux qu’ont pu ressentir les derniers Gaulois se battant à Uxellodunon, ou encore un besoin irrépressible d’aller trouver le froid, la solitude, le calme et le bruit d’un ruisseau en pleine Forêt.

Il y a donc nombre de sous-genres de Metal, et « l’arbre généalogique » du Metal a des dizaines de branches et plus encore de ramifications, selon les époques, les styles, les régions du Monde. Il y en a pour tous les sentiments, dans le Metal. Mais celui qui me vient le plus souvent à l’esprit, est le sentiment de liberté. La liberté de dire « NON » à ce qu’on nous propose ou à ce qu’on veut nous faire avaler à la cuillère depuis l’enfance, la liberté de se créer son imaginaire, de réaliser ses rêves, de vivre comme on l’entend, et pas comme « les gens » l’entendent pour nous.

Vous le constatez donc, chers lecteurs et amis, le Metal dans son ensemble est, et restera à jamais, une culture Underground, dans le sens où il n’est pas fait pour être « accessible au plus grand nombre », ni pour « briller en société avec du cirage sur les New Rocks ». Ceci étant dit, les quelques groupes qui ont cédé à l’appel de la facilité pour séduire le plus large public et devenir très vendeurs, créant ainsi une vague de jeunes « kikoos » ( = « fans de Metal pendant un été, avant de revenir à la norme »), sont souvent désavoués par beaucoup de fans de longue date. Moi le premier, Satan m’habite (merci mon Diable !)

Eh non, on ne va pas s’abaisser à faire du Black Metal Atmosphérique imprégné de solitude dans une forêt déserte du Perche et chanté en patois Normand, pour passer en direct chez Hanouna ou chez Nagui ! Encore heureux … Restons dans nos ténèbres, elles nous rassurent. Nous n’avons pas vocation à pactiser avec la « norme », mais plutôt à rester embusqués en forêt ou dans des cavernes, à attendre tranquillement qu’elle se casse la gueule bien comme il faut.

Partie II – « Si vis pacem, para trollum. »

Que oui, chers lecteurs et amis, depuis ses débuts, la musique Metal a toujours été moquée, critiquée, dénigrée, attaquée, traînée parfois devant la justice, mais elle s’en est toujours relevée plus vaillante et plus créative encore. Et elle n’est pas la seule, parmi les cultures Underground, qui a eu le droit à ce genre de « traitement » de la part de la « norme » et de sa prétendue « bien-pensance ». Mes amis Gothiques peuvent en témoigner tout autant que moi, et tous les Rôlistes peuvent en attester aussi pour leur loisir favori. Nombre d’organisations religieuses (toutes monothéistes), d’effarouchés moyens, d’institutions et de médias en manque de chats à fouetter, ont tour à tour déversé de véritables tombereaux de merde sur la culture Metal et sur son univers.

Pour des prétextes divers et variés, allant de l’accusation de « blasphème » (Dieu me tripote … merci mon Dieu !), à celle de « perversion de la jeunesse », en passant par « provocation à la haine raciale », « provocation à commettre des actes de profanations », « incitation au suicide », « incitation au meurtre », « apologie du nazisme » … Combien de « reportages choc » totalement bidonnés sur une chaîne du PAF (… qui passait des clips de ‘Iron Maiden’ et de ‘Warning’ à ses débuts !) voulant traiter des « dangers du Metal » ou de « l’influence du satanisme sur les jeunes » ? Combien d’articles de presse lamentables, mettant au même niveau les païens, les satanistes authentiques (il y en a, ils ne font jamais parler d’eux, et ne portent atteinte à personne), les « satanistes en carton » qui s’aventurent bourrés dans des cimetières, et les néo-nazis ? Combien de plaintes émanant d’ « associations de défense de l’individu contre les dérives sectaires » contre un concert de Metal extrême, motivées par le seul fait que ces associations sont justement … catholiques intégristes ?

Juste pour votre information personnelle : le Metal, c’est avant toute chose de la musique. C’est de l’art, que vous le vouliez ou non (d’ailleurs, on se passe bien de votre approbation). C’est une culture à part entière, avec ses références, son imagerie, ses artistes, son public, toutes les personnes qu’elle fait vivre, des disquaires et labels indépendants aux organisateurs de concerts et festivals.

Personne ne vous force à écouter du Metal en tout cas, alors que la « norme » tente de forcer l’oreille des irréductibles avec sa soupe qui se vend (… et qui fait acheter, n’oubliez pas les crédits qui vont avec). On ne verra jamais à la vente, par exemple, des maisons de Hobbit « série spéciale ‘Summoning’ », pas plus qu’aucun concessionnaire automobile ne vendra jamais de 4×4 Land Rover équipés bivouac et survivalisme, « série spéciale ‘Woods of Desolation’ ».

Donc ne venez pas faire chier les Metalleux, parce que vous n’avez pas été assez courageux pour refuser de vous soumettre devant le temple sacré de la norme !

Personne ne vous force à apprécier ce qu’on appelle « les Arts Noirs » ; oui, l’imagerie est dérangeante, sombre, occulte, obscure, mais elle est justement là pour nous montrer ce que vous avez peur d’admettre sur vous-même et sur le monde. Votre soumission, votre hypocrisie, votre lâcheté, votre bassesse, votre défaut d’honnêteté intellectuelle, et ça, je le dis une bonne fois pour toutes, il faudrait que vous le sachiez … et pas seulement au fond du jardin. [Pierre DESPROGES, sors de ce corps !]

Il vous est inutile, et risqué pour votre trouillomètre, de dire à un Metalleux (face à face) que « notre culture vous évoque la mort ». Parce que dans le meilleur des cas, on en rira à gorges déployées, et au pire, on surjouera nos rôles de Metalleux, car on sait qu’en vous foutant les pétoches, on sera tranquilles pour un moment. Et surtout, il n’est pas juridiquement répréhensible d’être soi-même, tant que l’on reste légaliste. Il est vrai que c’est tellement plus accessible comme choix de vie que d’être une pâle copie de tous les autres, ou une parodie des bonnes petites familles parfaites comme celles que les pubs vous montrent …

Oui, il y eut par le passé, dans le milieu Metal, des dérapages, des personnes qui ont commis des délits plus ou moins graves, voire des crimes, et des suicides. Et ça se reproduira à l’avenir, mais ce ne sont là que des cas isolés. Avant même d’être une culture, le milieu Metal dans son ensemble est une représentation de la société dans laquelle nous vivons. Il y a des crétins finis et malfaisants tout autant que des personnes intègres et fiables, il y a des sur-diplômés tout autant que des ouvriers titulaires d’un CAP ou d’un BEP, ou des personnes sans emploi, il y a des personnes de toutes origines, de toutes opinions politiques, de tous milieux sociaux, de toutes croyances. Il y a de tout dans le Metal. Comme sur les réseaux sociaux, comme sur Internet, comme dans tous les aspects de la vie et de la société, peu importe le pays dont on parle. Il se trouve juste que là … je parle de la situation en France. Et que, en tant que Metalleux, nous sommes ici des putains de parias idéologiques et culturels, avec de très bonnes raisons d’en être fiers, bordel.

Mais honnêtement, en 2020, qui donc croit encore que la musique Metal représente un danger réel et sérieux pour la jeunesse, par mauvaise interprétation ou par bêtise ? Sachant que les premières causes de mortalité chez les 15-30 ans sont les accidents de la route, l’alcool, la consommation de drogues, le suicide (sans lien établi avec quelconque culture), et que la radicalisation religieuse (… monothéiste encore une fois, foutez la paix aux païens) a emporté dans la mort nombre de jeunes hommes et femmes influençables depuis des années, croyez-vous que la culture Metal, son imagerie, ses références, puissent représenter un risque menaçant la vie de centaines de milliers de jeunes en France, par suite d’un passage à l’acte ?

… J’ai oublié les « défis Facebook », et autres paris stupides parfois mortels, avant tout basés sur la « norme » et « ce qui est à la mode », mais vous connaissez déjà mon avis sur la question, chers lecteurs et amis. Bien forcé de reconnaître que les peureux et les effarouchés de tous poils sont irrationnels ! Tout comme la « norme » qu’ils servent, finalement, ce qui me va bien pour clore cette démonstration trollesque, par les couilles du géant Ymir.

Je dis donc aux détracteurs du Metal ce que j’assume totalement en public :

Vos « peurs primaires », comme vos regards en biais, vos reportages pourris, vos attitudes de cons, vous vous les roulez, vous vous les taillez en pointe, et j’apporte personnellement la vaseline ! Plus ça vous fera mal, plus vous vous en souviendrez longtemps, et donc vous arrêterez de nous chercher des noises. Peut-être même que vous irez vous acheter une culture … car la culture ne se paye pas avec des crédits, contrairement à ce qui matérialise vos irrationalismes !

« Si vis pacem, para trollum », autrement dit, « Si tu veux qu’on te foute la paix pour de bon, laisse apparaître le Troll qui gronde en toi. »

Bière et Baston à tous les Metalleux, tous les Goths, tous les Atypiques et leurs alliés qui liront ce texte !

  • Krähvenn « Sombrelance » Vërkhörr des Allobroges, mercenaire Troll du Clan des Montagnes de l’Est, en exil.
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Krähvenn « Sombrelance » Vërkhörr.

Krähvenn « Sombrelance » Vërkhörr.

"Un Troll du Chaos en immersion dans le monde des hommes. Ses sentiments bruts, ses rêves, ses idéaux, il les assume, et quand il montre les crocs, ça n'est jamais bon signe. Ne plaisantez pas à son sujet au pied des mégalithes ... il pourrait vous faire un coup de troll-falgar." ("coup de Trafalgar" façon troll) Mon blog : =>http://dernier-bastion.eklablog.com/

1 réponse

  1. Et bien ! C’est un sujet très bien maitrisé que tu nous offres ! Merci ! Le métal, mis à part un jeu vidéo de flipper de la méga drive de Sega, que j’ai tellement adoré, à me faire des k7 de métal que j’écoutais en boucle.

    Mise à part ça, je n’y connaissais rien, jusqu’à te lire, c’est moins le brouillard à présent.

    Je terminerai par un « Si tu kiffes pas renoi t’écoutes pas et puis c’est tout » les connaisseurs comprendront 😉

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