Le harcèlement scolaire : parler est primordial !

Le harcèlement scolaire : parler est primordial !
Le harcèlement scolaire : parler est primordial !

Le harcèlement scolaire

Le harcèlement scolaire a toujours existé, il fait partie de ces ‘choses’ dont on ne parlait pas, tout comme la pédophilie ou l’inceste mais il était là et il continue avec une violence de plus en plus intense avec toujours malheureusement la honte intérieure de ceux qui le subissent.

Le harcèlement scolaire ne cible aucun sexe en particulier, filles et garçons en sont victimes, si les élèves sont majoritairement les plus grands harceleurs(leuses), les enseignants ne sont pas non plus totalement innocents à 100% ; des élèves peuvent être victimes de harcèlement de la part de leurs professeurs ou instituteurs(trices) les autres élèves profitant ainsi encore plus de la pauvre victime et même si les cas sont rares, ils existent !
Il n’existe pas de causes spécifiques au harcèlement, cela peut aller d’une paire de chaussure, une couleur, une origine ethnique, une religion, une condition sociale ou familiale, de bons ou mauvais résultats scolaires, une orientation sexuelle, …ou… rien du tout… les élèves ciblés non rien de particulier, ils sont ce que l’on appelait à mon époque ‘la tête de turc’

Première partie, mon vécu :

Deux de mes filles l’ont subi, l’une début des années 80, seule élève eurasienne de son école, elle a donc subi le harcèlement raciste ‘sale bridée, chintok, bouffeuse de chiens, etc … Miquette, elle avait 6/7 ans…  J’ai donc créé pour elle une association de parents d’élèves ‘libre’ au sein de laquelle j’ai réglé ce problème et surveillé les autres… Avec le soutien de la direction et du corps enseignant.

Dans les années 95 j’ai croisé un ancien élève de cette école qui m’a reconnue et s’est adressé à moi en ces termes :
– Bonjour Madame excusez moi mais vous êtes bien la maman d’Amélie X?
– Bonjour, oui pourquoi ?
– J’étais dans la même classe qu’elle au primaire et j’ai honte de le dire mais je dois le faire,j’ai fait partie de ceux qui l’ont harcelée et je voudrais vous demander pardon à vous mais mais aussi et surtout à elle ! Pouvez vous lui faire passer les excuses de Fabien s’il vous plaît ? Que devient elle ?

Ma réponse ne fut certainement pas celle attendue mais elle fut écoutée :
– Fabien, j’ai entendu tes excuses et je les prends, mais je n’en ferai certes pas part à Amélie qui ne souhaite plus parler de cette époque douloureuse et quant à ce qu’elle est devenue ; une très jolie jeune fille au yeux bridés que tu aurais certainement plus envie de courtiser que d’insulter, alors tu resteras avec tes remords en éduquant, je l’espère, tes futurs enfants de manière à ce qu’ils ne répètent pas les erreurs de leur père.
– Oui Madame je comprends et merci de m’avoir écouté, je n’oublierai jamais Amélie…

La deuxième dans les années 2000 a subi au collège le harcèlement de 3 élèves filles, ce harcèlement des mauvaises élèves sur les bonnes, celles plus préoccupées par leurs tenues que par les cours !
J’ai vu ma fille changée du jour au lendemain, perdre l’appétit, le sommeil, le sourire et surtout la joie d’aller au collège et devant son silence j’ai pris les devant un soir assise sur son lit la faisant parler doucement et essuyant ses larmes en cachant les miennes remplies de haine. OUI l’on peut haïr des enfants lorsque le mal est fait aux nôtres !
Dès le lendemain je me rendais au collège et demandais au directeur de bien vouloir convoquer ces 3 monstres ce qu’il fit de suite après avoir écouté ma description des faits, effectivement il m’est apparu clairement lorsque j’ai vu arriver ces  Spice Girls miniatures maquillées à leur age comme des voitures volées que les vrais responsables étaient les parents comme trop souvent !!!! Comme pour Fabien d’ailleurs…
Elles furent exclues une semaine et je demandais également à voir les parents qui refusèrent bien entendu outrés que leurs Miss soient ainsi ‘sorties’ du jeu mais lorsque je les ai vus plus tard à la sortie du collège j’ai malheureusement encore une fois compris qu’effectivement, les chats ne font pas des chiens….
Ma fille s’est remise difficilement de ce qu’elle a subi avec l’aide de thérapeutes et je sais que encore maintenant il reste quelque chose en elle de cette époque, un tout petit quelque chose qui ne veut pas parler davantage…
Malheureusement, j’allais découvrir quelques années plus tard que ce trio maléfique avait fait d’autres victimes, comme vous le lirez dans la partie psy.

J’ai subi également le harcèlement scolaire, petite, le premier en primaire à 8 ans de la part d’une institutrice, nous avons été 2 à le subir ma meilleure copine et moi, cela allait des mauvaises notes non méritées, aux livres cachés, et brimades continuelles. Nous en avons parlé à nos parents tant nous étions mal et ils ont reçu la même version du directeur, cette institutrice avait une enfant handicapée et ne supportait absolument pas les petites filles ‘modèles’ comme elle les appelait, soit : propres, jolies, polies et bien habillées. Nos parents nous ont changé d’école et ont opté pour ce qui me concerne pour le privé très abordable à l’époque mais malheureusement une année gâchée donc redoublée.
Harcelée aussi dans les années 70, nouvelle élève venant tout droit de la ville entrant dans un collège au fin fond de la campagne. De la 6e à la 4e j’ai pris des coups, mon cartable était renversé au milieu du car chaque soir sous le sourire complice du chauffeur. J’ai été bousculée, insultée, frappée par les garçons, ignorée par les filles craignant les représailles.
Non seulement les élèves mais harcelée également par le Directeur de l’école qui ne cachait pas ses idéologies communistes et me faisait payer le fait de venir d’une école privée catholique, d’ailleurs il voulut me faire passer un examen pour être certain que mon enseignement était bien à la hauteur de l’enseignement public,ce que mon père refusât catégoriquement aggravant sans le savoir ma situation…

On ne parlait pas de ces choses là à l’adolescence ce qui malheureusement continue, on cachait, on avait honte déjà !
Ma vengeance fut prise en 4e à l’age où la chenille devient papillon et l’amour donnant des ailes mon cœur se mit à battre pour le garçon le plus craint du collège et réciproquement. Craint par la direction pour le niveau social élevé de ses parents et par les élèves par le fait qu’il pratique les arts martiaux et ce fut donc les uns après les autres que mes harceleurs eurent des saignements de nez d’origine inconnue à la sortie du collège …. Et je n’en ai aucun regret ni remord ma souffrance était trop grande !

Deuxième partie, le point de vue psy :

Sensibilisée par ce sujet dans ma chair, j’en ai bien entendu étudié tous les effets, les causes étant tellement étendues qu’impossibles à cibler, si ce n’est bien sur les essentielles : d’une part l’éducation et d’autre part l’effet de groupe. L’on ne trouvera jamais 1 élève harceleur mais DES !

J’ai largement fait savoir par le biais des médecins généralistes, directeurs d’établissements, Associations de Parents d’élèves, internet, etc… Que j’étais à l’écoute des victimes et des parents.
Je ne m’attendais pas à autant d’affluence, je ne m’attendais pas à autant de souffrances, entendues, lues.
La pire des écoutes étant, bien entendu celle des parents ayant perdu leurs enfants poussés au suicide.
Je vais parler du cas de Mélodie car ses séquelles regroupent réellement celles de toutes les victimes.
Mélodie fut une des autres victimes des ‘Spice Girls‘ citées plus haut mais c’est 3 ans plus tard qu’elle se décida à en parler. Ses parents tant elle allait mal inquiets de son état ne cessaient de lui faire consulter médecins et spécialistes pratiquant divers examens sans trouver quoique que ce soit pouvant expliquer sa mauvaise santé physique et psychologique.
Lorsque Mélodie arrivât à moi elle avait 16 ans, le harcèlement remontait à ses 13 et 14 ans, totalement repliée sur elle même au sens propre comme au sens figuré, elle ne cherchait qu’une chose ‘l’invisibilité’ ! Il lui était impossible d’aller en cours bien sur d’autant plus que les pestes s’étaient trouvées inscrites au même lycée et comme elle avait tout gardé secret ses parents ne pouvaient pas savoir…
Elle prenait donc ses cours par correspondance lorsque j’ai commencé à la suivre.
Elle ne se nourrissait que partiellement, de temps en temps, restait enfermée dans sa chambre le nez dans ses livres refusant de participer aux activités familiales avec ses frères et sœurs.
Elle se douchait fréquemment plusieurs fois par jour et était surtout dans la totale impossibilité de sortir de chez elle même pour aller acheter du pain.
Ses nuits étaient peuplées de terreurs nocturnes.
S’éloigner en voiture même avec ses parents impossible prise par des attaques de panique.

C’est donc par téléphone que nous avons travaillé durant plus d’une année.
Bien sur elle avait pensé en ‘finir’ tant les phrases entendues revenaient sans cesse, tout ce qui était elle avait été décortiqué, sali, abîmé et quasiment détruit, de ses cheveux à ses yeux en passant par ses vêtements et chaussures, aux couvertures de ses livres, à sa façon de marcher et de parler de manger, son hygiène également ces ‘filles’ allant jusqu’à la renifler et hurler qu’elle puait de la chatte.

Elle a souhaité comme beaucoup d’autres enfants que j’ai suivi pour harcèlement que ce soit moi qui l’explique à ses parents mais me précisant bien qu’elle ne voulait pas faire de vagues craignant pour ses petites sœurs.
Pas à pas, petit à petit, nous avons avancé tout d’abord chez la boulangère ce qui fut un pas de géant et enfin jusqu’au lycée, le même avait elle souhaité voulant affronté son mal qui fut guéri par le mal car les unes après les autres les poisons furent sorties de l’établissement leurs notes étant catastrophiques.
Aujourd’hui Mélodie sillonne le monde ayant choisi une profession qui l’a très vite conduite compte tenu ses aptitudes et réussites à tous ses examens à devenir l’une des plus jeunes cadres supérieures dans son domaine.

Malheureusement beaucoup n’auront pas la chance de Mélodie et il est beaucoup facile de dire qu’un enfant ou un adolescent s’est suicidé parce qu’il souffrait de troubles psychologiques comme cette jeune fille que j’ai connu sur Marseille. C’est sur que ça la fout mal dans un lycée BCGC le harcèlement scolaire !!!!!!

Conclusions :

J’accuse ici les parents des enfants harceleurs pour le manque d’attention portée à leurs progénitures, où les idéologies inculquées, car les monstres ne se créent pas seuls mais dans la solitude ! Et puisque le harcèlement est désormais reconnu comme un délit que ces parents là soient poursuivis aussi car ils ne pouvaient pas ne pas savoir contrairement aux parents des victimes.

Message à tous les parents : ne laissez jamais seuls vos enfants devant des écrans quels qu’ils soient et vérifiez chaque soir les téléphones et ordinateurs car désormais le harcèlement s’y trouve et non ce n’est pas de l’intrusion ça s’appelle ÉDUCATION !
Au moindre doute, au moindre changement d’attitude de vos enfants posez vous avec eux et parlez encore et encore…. Et n’hésitez pas à consulter vous en premier et eux ensuite.


J’aimerai aussi attirer l’attention du corps enseignant en lui disant simplement :
Êtes vous certain de n’avoir rien oublié de dire lorsqu’il fallait le faire ?


A tous et toutes :
1 enfant sur 10 est harcelé en France plus de 20 enfants se suicideront par an suite au  harcèlement subi alors pour eux et ceci est réellement l’affaire de TOUS ouvrez l’œil car mieux vaut parler pour rien que se taire et laisser mourir !

Indochine – College Boy (Clip officiel)

diane journal abrasif

Diane [Auteure]

Femme psy - Auteure - Présidente d'une association luttant contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Ma plume peut être aussi corrosive que compatissante selon l'actualité. Acide où humoristique selon mon humeur !

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