Valeur de gauche ? valeur de droite ? Le débat sans valeur !

Le débat sans valeur !
Le débat sans valeur !

Le débat sans valeur !

La philosophie niveau bac s’est emparée du débat politique, et pendant ce temps-là, la société continue son chemin sans projet, en usant la terre et les hommes. Quelle connerie la guerre ! … et quelle connerie de se faire la guerre des mots, des phrases creuses, des égos médiatisés.

Vous avez forcément subi les derniers remous, l’héritier de 1871 (Roussel) divise la gauche en deux parties, celle des allocations, et celle du travail. Sandrine Rousseau déclare maintenant que le travail est une valeur de droite.

Dans tout ce chaos, il émane une seule certitude « être gauche », c’est être mal à droite »

Quelles sont les valeurs qui restent à la gauche ?

Si on accepte de démarrer avec Karl et la révolution industrielle, le fondement était la lutte anticapitaliste, la lutte contre les patrons nommée lutte des classes. C’est une définition par défaut, c’est-à-dire que c’est l’adversaire, le capital, qui crée la philosophie de gauche : socialisme, puis communisme. Ce n’est d’ailleurs pas totalement vrai, en cette période les anarchistes étaient présents, et les idées de démocratie permanente, de refus des partis s’opposaient au concept de dictature de prolétariat.

Qu’importe ! ce vieux débat s’est résolu dans le sang de millions de personnes en Russie, en Chine et dans de nombreux endroits ; de tout ce bordel, il reste la logique anticapitaliste (le patron c’est l’ennemi), et la sociale démocratie qui vogue sur ce constat amer, le modèle de gauche a sombré, il reste à faire avec le capitalisme en le rendant plus gentil.

Tonton a bien fait la démonstration en 1981 que la gauche c’est la droite avec quelques principes humains, 35heures, abolition de la peine de mort par exemple. En parallèle, n’ayant pas le monopole du cœur, les présidents de droite ont apporté aussi leurs réformes humanistes (IVG, égalité dans le couple, fin du service militaire).

Il ne faut pas minorer les réformes sociétales, telles que le mariage pour tous, mais elles sont les émanations de la société civile, et aucun camp ne peut se les approprier.

Quand la gauche est au pouvoir, le seul changement réel se trouve dans le langage verbal et non verbal. A gauche, on évite le clinquant et le discours méprisant, on préfère le scooter et les expressions comme les « sans dents » en coulisse.

Quand la gauche est dans l’opposition, elle redevient anticapitaliste, elle dénonce les profits, les privilèges accordés aux grands patrons … elle crie haut et fort, dans l’espoir d’intégrer un ministère ou un fauteuil de consolation.

Oui, la gauche politicienne est sans intérêt …mais il ne faut pas conclure pour autant que la gauche n’existe pas.

Petit détour par ce qui fait la droite …

Marine marchande de haine et l’eugéniste de service, ou encore les têtes pensantes des républicains ont en commun que toute leurs idéologies sont basées sur des entités fortes, et abstraites : la préférence nationale, la France forte, la culture judéo-chrétienne …Tous fonctionnent avec, des « lovisuh », les logiques vivantes supra humaines décrites par François Balta dans son livre « la complexité à la portée de tous ». En donnant vie à des nébuleuses dont eux seuls détiennent les règles, ils créent un monde simpliste, et définissent le bien et le mal, selon leur intérêt. La droite n’est pas une droite intelligente en capacité de s’adapter avec les réalités, c’est une droite de résistance à toute évolution.

Du côté d’Emmanuel II la variante est dans la désignation des lovisuh. Dans ce camp, on utilise moins les valeurs ancestrales, on les combat, il n’y a plus de gauche ou de droite, on fait jeune, on joue l’ouverture, mais on utilise les lovisuh de la combativité, de l’image française jeune et dynamique, de la sagesse des gestionnaires …

Pour résumer, à chaque débat, on sort une raison supérieure, impérative, inaccessible au commun des mortels. Le citoyen n’a pas à comprendre, il doit croire.

Retour à la gauche …

Les débats actuels sur la valeur travail sont très similaires au fonctionnement de la droite. D’ailleurs aussitôt dit, les phrases de Roussel ont été saluées par le gouvernement.

Les grands ténors de la gauche sont des politiciens, c’est-à-dire qu’ils cherchent un discours pour être élus, pour plaire, pour se démarquer ; leur action s’évalue par leur audimat.

Forcément dans le flot des mots, certaines idées ont du sens … quand Rousseau s’exprime sur la pratique du barbecue, ce n’est absolument pas idiot, et ce serait pertinent et amusant de faire une véritable étude sociologique, mais posée ainsi la réflexion n’apporte rien, et place de nouveau les écolos en donneurs de leçons.

Alors cette gauche ?

Il y a au moins trois éléments dont je n’ai pas encore parlé depuis le début de cet article, ou à peine.

La force de l’entraide, la crise planétaire, l’imprévu.

La force de l’entraide

Dans leur livre « l’entraide, l’autre loi de la jungle » Pablo Servigne et Gauthier Chapelle démontrent que la loi naturelle de la compétition est aussi vraie et aussi fausse que celle de l’entraide. Que ce soit avec les animaux ou avec les humains, la logique d’écraser tous les autres n’est pas universelle, la solidarité non plus. Mais cette observation nous permet d’envisager que la co-gestion, la co-construction peut aboutir, et les preuves sont nombreuses. La gauche dans les années 70 prônait l’autogestion, et je suis convaincu que c’est une idée moderne. Dans le même ordre d’idée, Pierre Mendès France défendait à l’inverse de Debré une démocratie permanente, où l’élu devait rendre compte régulièrement. Debré (qui a gagné) défendait la démocratie représentative, on fout la paix à l’élu pendant son mandat. Il y a là objectivement des valeurs à définir, celle de la place des citoyens et des modes de collaborations.

La crise planétaire

Ce n’est pas rien, cette planète qui craque, qui part en eau de boudin, qui augmente sa menace de guerre tous les jours ; le débat planétaire est devenu essentiel, la société doit savoir, la société doit créer son projet. Nous ne pouvons pas nous contenter des résolutions à 19°, des voitures électriques pour envisager le monde de demain. Il y a urgence d’avoir un projet politique … et non politicien.

L’imprévu.

L’imprévu, c’est autant l’espoir que le désespoir. Nous devons apprendre à écouter notre planète, apprendre à débattre, à nous organiser là où nous sommes. Certains ont crié « réveillons nous », l’enjeu n’est pas de créer un parti, mais une conscience d’être sur cette terre.

Il émane de ces phrases trop brèves, que si la gauche a une place, ce n’est pas dans un placement politicien basé sur des certitudes assommantes et utilisables comme des matraques. Il nous faut définir une éthique, accepter l’incertitude, le complexe. Les plus grandes évolutions sont toujours venues de la société civile, être de gauche ne peut plus avoir d’autre sens que de s’inscrire dans l’acte de partage et de respect planétaire, être de gauche c’est alors avoir une relation au monde basée sur l’entraide et qui s’oppose à la loi du plus fort.

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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