Le Burn-out : Un accident de management ?

Le Burn-out
Le Burn-out

Le Burn-out

Le monde du travail évolue sans cesse… En apparence. On change les mots, à défaut de changer les maux. On a vu le directeur disparaître pour laisser place au manager qui laisse sa place à l’animateur, au coach…  Ou autre chose. Le plus révolutionnaire à mon goût, c’est d’avoir substituer le conflit par le « burn-out ».

Le monde du travail n’est plus conflictuel, il n’existe plus que quelques salariés qui pètent un câble, qui ont leurs nerfs qui lâchent, qui font des dépressions… En un mot : le burn-out !

Quand le directeur disparaît…

Le titre le dit, directeur, c’est directif, c’est ringard. J’avais un Directeur Général qui plaidait pour la suppression du mot (mais pas dans son cas), il stigmatisait les directeurs par l’expression « Ma vie, mon œuvre, mon établissement ». Ainsi, il reprochait l’appropriation et l’incapacité à déléguer, et responsabiliser les collaborateurs.

Le principe nouveau est que le salarié est devenu un collaborateur, c’est-à-dire qu’il se crée, il se réalise à travers la réussite de l’entreprise. C’est fini de n’être qu’un exécutant !

D’ailleurs voici un petit rappel du concept de management :

« Les 5 principes fondamentaux du management participatif

Gestion d’entreprise • Publié le samedi 22 mars 2014, mis à jour le lundi 17 décembre 2018

En impliquant ses collaborateurs davantage dans le fonctionnement de l’entreprise et notamment, au niveau de la prise de décision, le manager participatif renforce les liens interpersonnels au sein de son équipe et favorise leur contribution active au progrès de l’entreprise. Sur le plan pratique, le management participatif se base sur cinq principes fondamentaux qui permettent de concrétiser les valeurs qu’il véhicule.

LES 5 PRINCIPES DU MANAGEMENT PARTICIPATIF

1. MOBILISER LE PERSONNEL

2. METTRE EN PLACE UNE POLITIQUE DE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL.

3. DÉLÉGUER DU POUVOIR

4. CONFIER LA RÉSOLUTION DES PROBLÈMES AUX ÉQUIPES CONCERNÉES

5. METTRE EN PLACE UNE REGULATION. »

Ne loupez surtout pas le pont deux : METTRE EN PLACE UNE POLITIQUE DE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL. Le chef, le cadre, le patron ne sont plus des techniciens au service de la productivité, ils sont des psychologues, des coachs, des gourous… Des manipulateurs ? (pas possible, c’est encore un débordement de ma mauvaise foi.) … Il faut croire cette saine humanisation de l’entreprise, d’ailleurs l’article se poursuit ainsi :

« LE MANAGEMENT PARTICIPATIF REQUIERT CINQ QUALITÉS.

1. Le sens de l’écoute

2. La communication :

3. Le respect de l’autre

4. Le dialogue

5. La délégation

Osez le management participatif, il représente l’avenir des entreprises. »

Ce concept ne parle plus d’argent, mais des humains, d’ailleurs n’oublions pas la Direction des ressources humaines, gardien du trésor de l’entreprise… Le CAC 40 va bien, le boulot reprend, les actionnaires gonflent…

Est-ce le bonheur ?

Arrive un moment, où il faudra cesser de nous insulter, si les profits augmentent, c’est que les salariés triment, servent les intérêts, et continuent à se serrer la ceinture. Oui, je reste un marxiste préhistorique, le travail est un marchandage, et le patron n’a pas les mêmes intérêts que le salarié. Je ne crois pas une seconde que mon bonheur l’intéresse. 

Mon état d’esprit le concerne si je ne parviens plus à produire. Même dans les associations « si gentilles », le défilé des chefs est toujours pour la bonne santé financière des établissements, quand le « collaborateur » conteste, c’est forcément qu’il a problème personnel. Voilà la plus grande perversité, non seulement, on nie le capital, mais le management permet de glisser le conflit social dans l’intimité du collaborateur.

Le burn-out ou l’impossibilité de rejeter son chef…

Comme le collaborateur participe à la réussite, comme son énergie, sa disponibilité, sa créativité sont ses outils, comme le chef est devenu son « ami », son conseiller… Si les choses ne vont pas, la seule raison possible est SOI.

J’entends des questions étranges : « Suis-je assez sociable avec mes collègues ? Je n’ai sans doute pas bien compris ce que l’on attendait de moi ? Si je suis absent, c’est toute l’équipe qui en pâtit ? Vais-je décevoir ma cheffe ? »

C’est vraiment dingue cette réussite du management, on se détruit par peur de découvrir que le système se moque de nous…

Je ne vous invite pas à mal travailler, je ne vous invite pas à vous ennuyer… Au contraire, prenez plaisir, transformez le travail en jeu… Mais refusez l’aliénation.

Vous seuls êtes responsable de votre bonheur, de votre développement… Alors mettez un rire franc et vainqueur entre vous et votre Manager !

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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