La précarité tue toute l’année

Même le dimanche…

la précarité tue
….

Cette précarité qui sent le moisi n’a pas de jours de repos, ne prend jamais de vacances, elle guette n’importe qui et même les plus riches jusque dans leur précarité cérébrale. Celle dont je vais parler, c’est celle de la faim, de la honte et de la fin. Alors je n’écris pas vraiment un article, une news, mais des pensées sans idées car je n’ai pas de solutions à proposer, je me sens inutile et triste pour ce jeune homme.

Encore une fois, il faut attendre un drame pour en parler, pour agir. Il faut des personnes couillues comme Sarah Frikh et d’autres pour faire avancer les choses. Car en effet, la mort est dans nos rues aussi, femmes et hommes.

La précarité est une forte incertitude de conserver ou récupérer une situation acceptable dans un avenir proche. C’est une notion développée et étudiée en sciences sociales. C’est aussi une notion subjective et relative, puisqu’elle est définie par rapport à une « situation acceptable », au sein d’une société donnée. 

Wikipédia

Quand on a connu la faim, celle qui ronge l’estomac vide et que l’on y a survécu pour en parler, c’est une chance incroyable. J’ai vécu le pain sec et l’eau en France, avec aucune ressource, ni même 1€ pour acheter des pâtes afin de les manger crues. N’ayant plus d’électricité dans mon magnifique studio insalubre, je mangeais du riz cru. Je vivais une double précarité, mentale et sociale. Impossible de faire la moindre démarche administrative pour toucher le RSA ou faire la manche dans le métro et même travailler m’était inaccessible. Prendre une douche ? A quoi cela m’aurait servi, puisque j’allais mourir de soif et de faim. Je ne me nourrissais plus et je ne buvais plus, j’étais allongé sur mon lit de mort, et j’attendais la fin. Ce sont des amis qui ont appelé les Sapeurs Pompiers de Paris pour me secourir car je ne donnais plus signe de vie. J’ai terminé en psychiatrie, blablabla blablabla.

Lyon : un étudiant s’immole par le feu en pleine rue pour dénoncer la précarité

https://putsch.media/20191109/culture/actualites/lyon-un-etudiant-simmole-par-le-feu-en-pleine-rue-pour-denoncer-la-precarite/

« Cette année, faisant une troisième L2, je n’avais pas de bourse, et même quand j’en avais, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ? (…) Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser […] et du libéralisme qui créé des inégalités. J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous-tes, j’accuse aussi Le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires. »

J’ai honte, je ne regarde pas les informations, je n’écoute pas la radio, je ne lis pas la presse écrite, mes seules ressources d’informations sont sur internet, et je n’ai rien vu passer sur ce jeune étudiant de 22 ans qui s’est immolé devant un CROUS à Lyon. Je ne savais même pas ce qu’était un CROUS. Alors ignorant et bête comme mes pieds j’ai appris tout ça sur Twitter avec les tendances et le hashtag #LaPrécaritéTue. Je n’ai pas réagi de suite, mon passé a refait surface comme un sous-marin de guerre. Alors, après deux ou trois Tweets sur ce jeune homme, j’ai déconné sur des thèmes plus légers et pour me racheter une conscience j’ai écrit cet article bien tard.

Aucun média mainstream ne parle ce soir de ce jeune étudiant qui s’est immolé devant un Crous à Lyon. À bout de la violence du néolibéralisme qui nous mène à l’abîme.

En Tunisie, l’acte similaire d’un jeune vendeur fut le début d’une révolution.

Alexis Poulin
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Lionel Belarbi

Sur ce blog je traite et analyse des sujets d’actualités qui me font frémir de délire, sans avoir un avis journalistiques ou autres, j’exerce en toute impunité.Écrivain bipolaire à la plume corrosive, poétique, parfois humoristique ou tragique, mais toujours authentique.Merci de me signaler les photes d'orthographes, elles sont nombreuses et je m'en excuses par avance.

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