La parenthèse « Gilets Jaunes » vue par l’œil acerbe d’un Troll …

Gilets Jaunes
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La parenthèse « Gilets Jaunes »

Quel bonheur, hier comme aujourd’hui, de me caler bien confortablement dans mon fauteuil, à composer pour votre plus grand plaisir sur LibreOffice, une de ces bafouilles trollesques dont j’ai le secret. En Bretagne, l’automne est déjà bien installé, les feuilles sont tombées, la nuit tombe tôt, les températures baissent, et la visibilité aussi. Mais, tout automobiliste responsable que je suis, je n’ai jamais jugé utile d’enfiler un gilet de haute visibilité dans d’autres circonstances que celles d’une panne de voiture ou d’un accident. Vous comprendrez donc, par cette formule alambiquée (‘bloup bloup bloup’, fait l’alambic), que je vais disserter à propos des « Gilets Jaunes ».

Ah oui, on a tout dit, tout entendu, tout lu, tout relu, tout écrit sur ce mouvement, né le 17 novembre 2018, et en état actuel de mort cérébrale. Mais … A-t-on une seule fois, dans les médias institutionnels, donné la parole en longueur à un individu n’étant pas journaliste ou éditorialiste, sans distinction d’âge, de sexe, de milieu social, d’origine ou de religion, qui avait sérieusement médité sur son propre refus d’être « Gilet Jaune » et sur les raisons qui l’ont poussé, idéologiquement, à ne pas participer à ce mouvement ? Je ne crois pas. Ou alors, je suis passé à côté.

Ce n’est pas un complotiste jaune en mode « casquette à l’envers » pour masquer son « pète au casque », ni un « borgne to be alive » (dont je ne citerais pas les noms), ayant eu leur « heure de gloire » respective (quoique bien éphémère) chez Hanouna et d’autres, qui me feront la leçon. A moi, maintenant, de dire le plus clairement du monde, en assumant totalement mes écrits et sans aucun remords : je n’ai jamais été « Gilet Jaune ». Et je ne le serais jamais. Pourquoi, me direz-vous ?

Tout d’abord, les prémices puis le début de ce mouvement m’ont fait clairement penser à une « jacquerie » de type proto-Poujadiste, transposée au temps des réseaux sociaux et des chaînes d’info en continu. Et je ne me sentais pas concerné. Je n’avais pas de raisons d’y participer.

En parcourant moins de 400 km par mois avec ma brave citadine plutôt économique, ce n’étaient pas 0,06 € de taxes en plus par litre de Super 95 – E10 qui allaient m’arracher la gueule, en plus du portefeuille. De plus, dès les débuts, quand bien même ce mouvement des « Gilets jaunes » s’est réclamé « apolitique » à grands cris, les infiltrations de l’extrême-droite, de certains mouvements et groupuscules (plus ou moins politiques mais carrément conspirationnistes), sont apparues au grand jour.

Inutile donc pour moi de faire un Master en sociologie et / ou en sciences politiques pour acquérir la conviction que je n’avais pas ma place sur les rond-points, à bloquer des camionneurs, des automobilistes, des motards, des gens qui n’ont rien demandé à personne, en bouffant des merguez tièdes, en buvant de la bière premier prix, sur fond de « musique de la norme » avec supplément « discours de beaufs » sans augmentation du prix des consommations.

Il était également inapproprié pour moi de « jouer les miliciens », en ne laissant passer aux points de blocage que ceux qui « affichaient leur soutien au mouvement » avec un gilet jaune sur le pare-brise de leur véhicule. Fût-ce pour avoir une « demi-molle exploitable » par l’argument d’autorité en papier mâché.

Je tiens à faire la précision qui s’impose : je ne tiens pas ce discours pour qu’un commentateur mal inspiré vienne me qualifier de « pro-Macron » ou de « pro-LREM », ou encore de « raclure de chiotte capitaliste ». Je ne suis rien de tout ça. Je ne milite plus dans aucun parti ou groupe politique depuis bien longtemps, je n’adhère à aucun parti ou groupe politique.

Ma seule action politique réelle est d’exister à l’année, en tant que marginal culturel, idéologique et spirituel, assumé et putain de fier de l’être, de gérer ma vie, et de maintenir mon indépendance matérielle et mon organisation de célibataire endurci. C’est tout. Peu m’importent, finalement, les nombreuses « sorties » de « notre bon Monarque présidentiel », élu par défaut en mode « la peste ou le choléra » – un technocrate restera toujours un technocrate, et au pouvoir, gérera toujours un pays comme une entreprise. Il en est ainsi du capitalisme actuel et de ses porte-étendards, peu importe sous quelle étiquette ils se camouflent.

Pourquoi est-ce que je fais référence à Pierre POUJADE, fondateur d’un mouvement conservateur et corporatiste, rural, traditionaliste, étiqueté très à droite et ayant été un pilier dans les bases fondatrices de l’extrême-droite moderne en France ? Je vous laisse vous renseigner sur cet homme, sur son mouvement, sur ses revendications, et vous apprendrez sans doute qu’un des jeunes députés qu’il a fait entrer à l’Assemblée Nationale, à l’époque de l’apogée politique du poujadisme, n’était autre qu’un certain … Jean-Marie LE PEN.

Eh oui. Pourquoi est-ce que je parle de l’entrisme de certains groupes politiques d’extrême-droite (dont nombre de membres sont rompus aux techniques du combat de rue) au sein du véritable fatras des « Gilets jaunes » ? Il n’y avait qu’à voir ces militants (dont une poignée assuraient une forme de « service d’ordre » en tenue militaire, avec des insignes de l’armée séparatiste pro-Russe du Donbass en apparence …), un temps présents dans les cortèges parisiens et dans d’autres grandes villes, jusqu’à ce qu’ils se fassent éjecter par les militants anarchistes.

Et pour quelle raison est-ce que je cite les complotistes et autres conspirationnistes, me direz-vous ? Soral, Dieudonné, Chouard, Asselineau, entre autres, n’ont pas hésité à soutenir plus ou moins vaillamment les « Gilets jaunes », ou à tenter de les récupérer pour leur compte … Sans faire une thèse sur des individus douteux, alléguant que l’attaque terroriste du marché de Noël de Strasbourg (survenue le 11 décembre 2018) était en fait l’œuvre de « tireurs d’élite des services secrets » pour « détourner la population du mouvement des gilets jaunes » ! Ça, je tiens à le dire, ce n’est pas du ressort de la psychiatrie. Ça dépend de la connerie réelle et du pète au casque.

On a vraiment tout lu, nous le savons, et pas seulement de Marseille ! Mais ça, et je m’adresse à tous les Français, il faudrait une fois pour toutes que vous le sachiez, et pas seulement dans la semoule … « Pierre DESPROGES, sors de ce corps ! »

Il m’apparaît primordial de dire aux « Gilets jaunes » que je les mets tous dans le même sac, sans distinction. Est-ce qu’il y avait des Metalleux, des Goths, des Travellers en camion, des Rôlistes, des Médiévalistes, des Hippies authentiques parmi eux ? Non, il ne me semble pas … parce que nous leur faisons peur, en tant que marginaux culturels, tout comme nous faisons peur à la « norme » qu’ils représentent si bien ! De même, un grand nombre de personnes ne sont pas dupes, et ont pensé dès le début que les « Gilets jaunes » ne veulent, pour toute finalité, et malgré des revendications parfois ahurissantes, que la perpétuation de leur mode de vie, donc de la « norme ».

Quand bien même, justement, le « paraphe » sur le « contrat de vente de leur mode de vie » a provoqué leur révolte – oui, ils l’ont, leur pavillon en zone bétonnée sur d’anciennes terres cultivables, mais dans un patelin où la gare SNCF, la Poste, la banque, l’école communale, la plupart des commerces de proximité, ont fermé depuis longtemps. De facto, il leur faut 80 voire 120 km de voiture chaque jour pour aller amener leurs enfants à l’école, au collège, au lycée, aller au travail, en revenir, faire les courses.

Vous n’avez pas lu les « conditions générales de vente » du contrat, et vous venez chialer en direct sur BFM TV, C NEWS ou LCI, en vous « désolidarisant » bien mollement des actes de violences commis envers les policiers, les journalistes, et des dégradations et destructions de biens publics comme privés … Mais quel genre de peuple êtes-vous donc, Dieu me tripote (merci mon Dieu …) ? Mais qui êtes-vous pour vous définir à l’occasion « anti-système » … alors que vous avez les deux pieds dedans ?

Un homme en couple, ses trois enfants, dans un break familial Diesel flambant neuf, ne peut pas dire qu’il est « anti-système ». Un mec ou une femme placé totalement à poil en pleine nature, qui a pour mission dans une journée de se faire un pagne, de se construire une cabane, de cueillir des plantes et baies comestibles, puis de chasser du gibier après avoir fait un feu pour faire cuire son repas du soir, sans aucun autre outil qu’un couteau suisse et une popote militaire en aluminium, est réellement « anti-système ». Là est la démolition pure et simple du mantra des « anti-système en carton ».

Vous généralisez, vous, les « Gilets jaunes », en vous montant le bourrichon sur les « assistés » (dont certains de vos potes de barbecue font peut-être partie …), sur « les puissants », sur « les plus riches », sur « la forme actuelle de la démocratie », sur « les territoires oubliés », alors je ne vois pas pourquoi je vais me gêner pour généraliser sur vos tronches ! Tenez, d’ailleurs, en 2018, il y a eu une « action » des « Gilets jaunes » sur un rond-point, un samedi, non loin de chez moi. Le « meneur », un retraité, dénonçait pêle-mêle dans un article de Ouest-France « les assistés », « les feignants », « les handicapés qui touchent les allocs », tout en mettant en avant qu’il était membre du parti « Debout la France » (quel hasard !)

J’aurais bien aimé, n’eût été plus importante pour mon moral la réunion hebdomadaire du club de modélisme dont je suis membre, aller lui montrer mes deux dossiers de RQTH et de demande d’AAH auprès des MDPH de la Creuse et du Finistère, accompagnés de toutes les preuves de mes tentatives pour trouver une formation ou une place en ESAT / EA ! Et ce avec force « éléments de langage » façon troll … Oh que ç’aurait été bon ! Mais je ne l’ai pas fait.

Bon, je ne regrette pas, il y aura bien une occasion où je pourrais envoyer un petit « retour de bâton » convenablement placé à ce genre de personnes, avec le sourire aux lèvres pour bien leur faire comprendre à quel point je les emmerde, le plus cordialement du monde !

Bien sûr, vous « Gilets jaunes », la guerre en Syrie, l’extrême pauvreté qui frappe des dizaines de millions de personnes dans ce monde, la précarité immédiate et brutale, toutes les familles qui se retrouvent à la rue du jour au lendemain, les violences envers les femmes, les violences homophobes, la crise écologique majeure qui risque de détruire ce monde, vous n’en avez que foutre.

Vous ne voulez que votre « pouvoir d’achat », vous ne voulez que votre bifteck, vous ne pensez qu’à votre gueule, à vos crédits, à votre apparat et au paquet de bouzin global qui va bien avec. Et vous vous vautrez devant Hanouna, Ardisson, Pascal Praud ou la télé-réalité le soir venu, en vous persuadant toujours d’être « anti-système ». Mais je vous retourne le mépris au centuple, ne vous inquiétez pas pour moi. Le pire ? C’est que j’assume en public ! Ça vous la coupe !

Tout ça, naturellement, et je n’ai pas encore livré ma pensée quant aux dommages réels, occasionnés par votre révolte de « normopathes aux fils qui pendent ». Non seulement sur l’économie, mais n’oublions pas les dégradations causées aux biens publics comme aux biens privés. Ça, même si vous n’avez pas été interpellé, mis en garde à vue, jugé et condamné en justice pour avoir commis ce genre d’agissements, vous l’avez déjà payé, et vous le paierez encore, tout autant que tous les Français. Comment ? Je vais vous le dire.

Les biens publics endommagés, détruits, ont été réparés par les services de la ville concernée, du département concerné, de la région concernée, donc de l’État, et tout ça a été financé par les impôts de tous ceux qui sont imposables. Les biens privés endommagés ou détruits, eux, ont fait l’objet de constatations d’experts mandatés par les assureurs concernés, et dans tous les cas où il y a eu réparations et indemnisations, le montant total s’est déjà répercuté sur les montants annuels de toutes les primes d’assurances automobiles, domiciles, professionnelles, responsabilité civile !

Ne me dites pas que les « Gilets jaunes » sont tous « responsables », je n’y croirais pas un instant. Je préfère croire aux Lutins, aux Fées, aux Korrigans, aux Gnomes et aux Kobolds, ça n’engage que moi et ça ne fait de mal à personne !

Et les obstructions à la liberté de circulation ? Et votre tendance à bloquer des voitures pendant 30 secondes ou 15 minutes, selon votre bon vouloir ou votre alcoolémie (les deux se battant dans ce qu’il vous reste de pois chiche), on en parle ? Parce que ça, je l’ai vécu, en décembre 2018, en vacances de Noël chez mes parents dans le Pas-de-Calais. Ma mère, qui était au volant alors que nous rentrions de balade, a vu les « Gilets jaunes » qui bloquaient la route au milieu d’un pont de 2*2 voies.

Elle m’a dit « Surtout, ne dis rien, ne fais aucun geste ». J’ai répondu « Si, je vais faire un seul geste, celui-ci », en appuyant sur le bouton du déclenchement du verrouillage centralisé des portières. Après, elle m’a demandé pourquoi j’avais fait ça. Je lui ai dit que j’avais déjà eu ma portière ouverte de force par un beauf de cet acabit, ici en Bretagne, alors que la route était fermée pour une course cycliste, et que personne n’avait jugé opportun d’informer les riverains que la route serait fermée. Et que je ne voulais pas que les « Gilets jaunes », ni que quiconque, tente d’ouvrir ou ouvre notre portière sans une raison manifeste !

Même sans s’en réjouir exagérément, la crise du COVID-19 a quelque part ses aspects « positifs », alors que les effets générés de la sorte sont dissonants, face à une crise économique majeure et au nombre de victimes de ce virus. Ainsi donc, à l’heure actuelle, les « Gilets jaunes » ne sortent plus « en troupeau » (pardon, « en manifestation », ça m’a échappé …), les médias n’en parlent plus, les masques de protection contre le virus ont remplacé les gilets jaunes, sur les tableaux de bord des voitures des Français moyens (quel épouvantable pléonasme, Dieu me tripote une nouvelle fois …) Et je m’en délecte.

Un virus venu de Chine aura réussi à faire taire leurs braillements d’otaries décérébrées sous LSD, là où le gouvernement a échoué. Ce pays est en droit d’exiger la résurrection immédiate du grand Pierre DESPROGES, lui qui trouverait tant d’inspiration pour sortir un livre par mois ! Et celui-là, j’irais l’acheter.

Ne vous inquiétez pas, chers lecteurs et amis du Journal Abrasif : la « crise des Gilets Jaunes » n’a été qu’un coup de semonce. De mon analyse, ça indique le début d’un compte à rebours vers la fin de la société du pétrole bon marché, des médias de masse, des zones périurbaines, des immenses centres commerciaux au milieu de nulle part, des modes éphémères, de la culture jetable, en gros, la fin de la « norme ».

Et le début d’autre chose : une société dans laquelle non pas les plus nombreux, ni les plus soumis, ni les plus malléables s’en sortiront. Mais les plus débrouillards, les plus autosuffisants, et les plus inventifs, dans un monde post-industriel, seront ceux qui auront tout à y gagner, et auront leur pleine revanche à prendre. Ça non plus, je n’ai pas peur de le dire en public.

Merci de m’avoir lu. A bientôt pour de nouvelles trolleries !

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Krähvenn « Sombrelance » Vërkhörr.

Krähvenn « Sombrelance » Vërkhörr.

"Un Troll du Chaos en immersion dans le monde des hommes. Ses sentiments bruts, ses rêves, ses idéaux, il les assume, et quand il montre les crocs, ça n'est jamais bon signe. Ne plaisantez pas à son sujet au pied des mégalithes ... il pourrait vous faire un coup de troll-falgar." ("coup de Trafalgar" façon troll) Mon blog : =>http://dernier-bastion.eklablog.com/

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