La douleur et le bonheur, un duo de plaisir ?

La douleur et le bonheur
La douleur et le bonheur

La douleur et le bonheur

Certains malchanceux la subissent, d’autres connards la cherchent

Le connard !

J’aurais pu choisir n’importe quel sujet pour ma parabole, mais j’ai choisi l’otite pour ceux qui ne voudront rien entendre.

C’est dans la douleur que se dilue le bonheur. J’ai décidé aujourd’hui, à cause d’une otite externe, de diluer ma douleur dans la joie et la bonne humeur.

Infectés et remplis de pus, mon oreille droite et tout le côté tribord de la tête, mâchoire comprise, m’ont fait battre un record très personnel de douleur. Un merveilleux 9 sur 10, voire 10/10, à en perdre la boule. Un élancement incroyable pour une inflammation colossale, due à mon refus d’aller voir un docteur ou les urgences ainsi que mon acharnement débile, à percer moi-même à vif, tel un bourrin, la petite bille irritée située dans cet organe de l’ouïe.

Cette douleur atroce me permettait de compter les battements de mon cœur à l’aide de mon crâne qui devenait de jour en jour une caisse de résonnance et une surface de manœuvre militaire où se tenait une formation de tir au canon. J’ai essuyé plusieurs jours de bruit intense à cause de l’amélioration esthétique d’une saloperie de jardin. Marteau piqueur et tractopelle étaient de mèche pour fusiller mon quotidien ainsi que mon instabilité mentale.

Pendant que l’oreille droite suintait (je vous dégoute, je le sens, alors faites une pause vomie) un liquide jaunâtre d’or mélangé à du cérumen sanguinolent et malodorant, s’écoulait de mon oreille droite, je philosophai sur la douleur intense.

La souffrance physique reste pour moi la moins mauvaise. Endurer une crise de panique (angoisse) de 10 heures en continu c’est un enfer vécu difficilement et très dur à soigner. La vivre pendant 10 ans avec une boule qui comprime le poitrail et un boulet qui tire l’esprit vers les abymes, c’est une agonie éternelle. La dépression récurrente est aussi une grave maladie avec des symptômes d’autodestruction. En tant que patient souffrant de bipolarité, je me permets d’affirmer ce genre de chose.

Aujourd’hui, je suis enfin stabilisé mentalement, et je peux alors subir de façon plus sereine la douleur physique. On peut très rapidement calmer ce type de douleur extrême avec des antalgiques puissants et quasiment l’annuler avec de la morphine.

Revenons à mon otite. Je l’ai vécu avec un bonheur intense. J’ai même relativisé la douleur physique. J’ai connu des souffrances abominables dans ma vie sociale, familiale, psychiatrique et mes organes m’ont joué des tours de passe-passe à vomir de lancination démesurée. Et même avec des tiraillements de moindre intensité, je ne supportai plus la douleur. Je broyais du noir.

Mais ce jour-là est enfin révolu ! La douleur, cette salope, je la nique avec style et rire. J’ai rigolé de mon otite et surtout de ma bêtise à vouloir sortir le pus qui s’était propagé jusqu’à la mâchoire. Plus ça coulait et plus j’y allais. J’ai même essayé de percer la boule de pus avec un couteau. Abruti que je suis ! La douleur était décuplée par mon imbécilité. Alors je me suis bien fondu la poire avec cette histoire qui aurait pu tourner très mal. J’avais fait le con et j’endurai ma connerie. Cette nuit, j’ai toujours excessivement mal, mais je suis avec mes lecteurs et je me marre bien. Plus de couteau sur l’oreille, promis !

Si vous avez la chance d’être stabilisé mentalement et que vous avez des amis, des vrais, la douleur peut être vécu en parallèle avec la joie et le bonheur.

La souffrance physique, même extrême, n’est pas incompatible avec l’amour que l’on porte à son prochain et ses camarades. Pour terminer ce tandem, un dernier conseil : il faut toujours semer de l’amour autour de soi, du seul fait qu’en cas de fortes douleurs, il sera toujours prêt à être récolté le jour où l’on en aura le plus besoin.

Inventaire d’hiver – La Rumeur

Total Page Visits: 210 - Today Page Visits: 1

Lionel Belarbi

Sur ce blog je traite et analyse des sujets d’actualités qui me font frémir de délire, sans avoir un avis journalistique ou autres, j’exerce en toute impunité. Écrivain bipolaire à la plume corrosive, poétique, parfois humoristique ou tragique, mais toujours authentique. Merci de me signaler les fautes d'orthographe, elles sont nombreuses et je m'en excuse par avance.

1 réponse

  1. Delphine Glachant dit :

    Bonjour
    Merci de votre écrit de ce jour et ceux des autres jours.
    Ce que vous dites de votre dépression est très touchant.
    J’espère que du côté de l’oreille ça va mieux !
    Delphine

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *