JosépHine BakeR Par Serena Davis le 17.11.2021

JosépHine BakeR l'obs
JosépHine BakeR l’obs

JosépHine BakeR

JosépHine BakeR l'obs
JosépHine BakeR l’obs

Hier, l’équipe de L’Obs donnait une table-ronde sur le thème Joséphine Baker, lumière noire, au Musée national de l’histoire de l’immigration. Un lieu que j’affectionne particulièrement, bibliothèque de témoignages au confluent des cultures, un endroit où les gens déposent les cahiers de mémoire de leurs parents au sang mêlé, un réservoir de sentiments, une bulle d’humanité. 

Il y a quelques jours de cela, je me suis laissé tenter par ce Hors-Série de L’Obs qui consacre en ce moment – c’est de rigueur – un numéro à Joséphine Baker, Une femme libre au Panthéon. Quelle belle surprise ! Ce numéro est articulé de manière artistique, chorégraphié comme une danse. 

Un numéro au carrefour des arts, du chant, de l’écriture, du cinéma et de la danse, des textes de qualité illustrés par des images remarquables, de la célèbre lithographie de Paul Colin à la BD de Catel-Bocquet, en passant par d’illustres photographies, témoignages immortels de cette vie extraordinaire. Assemblage d’archives réussi ! 

Un journaliste y dépose même son cœur dans un article à la chute personnelle et libre, chargée d’émotion.

Quelle réussite, ce numéro ! Chaque page que j’ai feuilletée m’a fait tourner. Au rythme du souvenir de ces lignes qui me semblent flotter encore, je valse, vrille, vacille. Arabesque, entrechat, grand jeté !

Oh oui, j’aime la danse. Combien de fois ais-je contemplé les personnages vaporeux de Marie Laurencin à la lumière de l’Orangerie, féminité exaltée par la féminité ? Une peinture symphonique, tout en finesse. Des couleurs pastel. La douceur. Les ballets.

Mais, cette autre danse, énergique, endiablée, une danse puissante et révoltée, met au revers de ces doucereuses pensées une face enflammée. Parce que rien n’est tout blanc ni tout noir mais que blanc et noir se confondent à l’ombre des illusions… 

Ce verso, c’est la colère, épongée par un corps à nul autre pareil, un corps à semer la discorde dans les cœurs des auteurs. Une colère qui jouit sur la douleur, une colère qui transforme la peur pour en faire un moteur. Et le verso devient recto. Jouissance, danse, bonHeuR.

Une femme secouée par l’horreur, l’homophobie, la haine, une vie hachée par la lettre h. La résilience, la résistance, le rêve. Une vie relevée par la lette r. 

JosépHine BakeR

Derrière l’infâme, la femme ! 

Et quelle femme ! Une femme libre qui tout à la fois défendait la diversité, assumait sa bisexualité, combattait pour la fraternité. Libre de toute convention, évoluant en dehors du cadre. Libre, même dans ses passions. 

Je ne referai pas l’histoire, qui fleurit de toutes parts, dans les journaux, dans les webzines, à la télévision que je ne regarde pas. Je veux juste manifester ma joie. Ma joie de voir que le monde s’incline devant son histoire, pour enfin, écrire l’Histoire dans la lumière de ses héros.

À présent, j’écoute ses deux amours et je m’imprègne de sa voix, de ses mots. Demain, je testerai ses recettes, dûment consignées par Alice. Et puis, parce que je ne fais jamais les choses à moitié, dimanche, jour de marché, je ferai le plein de bananes ! Quant à la ceinture de cuir, non, je vais vous l’épargner.

Ah ! Comme j’aurais aimé connaitre cette femme ! Pour sûr, je l’aurais embrassée !

Quel bonheur de se dire que le 30 novembre, nous célébrerons JosépHine BakeR en RytHme, en cHoeuR. 

Lorsque je regarde cette photo d’elle, ondine pleurant sur le bord de sa maison arc-en-ciel (Ô malheur), j’ai envie de traverser l’image et de lui dire : ne pleure pas car bientôt, toi aussi tu ajouteras ta couleur à la palette du Panthéon. 

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Serena Davis

Née en 1985, Serena Davis est une écrivaine inclassable, auteure de deux ouvrages récents, une comédie romantique moderne « Les chats retombent toujours sur leurs pattes » et un roman mélodramatique sur la combativité féminine « Les pendules ne sont pas toujours à l’heure » coécrit avec sa maman, Mary White.

1 réponse

  1. Quel article magnifique pour une femme magnifique, quel talent tu as ! Bravo Serena ! N’oublie pas de me rappeler de passer cet article à la une à nouveau le 30 novembre 2021 😉

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