Jean Pierre Adams, une vie hors du commun

Jean Pierre Adams Mort
Jean Pierre Adams Mort

Jean Pierre Adams : Le 6 septembre 2021

Le 6 septembre 2021, un monument du cinéma français s’éteignait. Le même jour, comme un ultime coup du sort, Jean Pierre Adams prenait le même chemin dans un anonymat presque représentatif de ses quarante dernières années. Retour sur une vie, décidément, pas comme les autres.

« Le foot m’a tout donné et m’a tout repris »,

Bernadette Adams

Né à Dakar, le 10 mars 1948, Jean Pierre Adams est élevé par sa grand-mère. A l’âge de huit ans, au cours d’un pèlerinage à Montargis, elle confie son petit- fils à une école religieuse. Recueilli par des parents adoptifs, le petit Jean Pierre veut par-dessus tout s’en sortir et une passion, à l’époque, le dévore déjà : le football.

L’amour aussi, auprès de Bernadette, qui l’épousera en avril 1969. Deux enfants naitront de cette union. Une vie de famille accomplie et en parallèle, une ascension footballistique sans précédent. Une carrière qui débute dans les rangs amateurs de l’Entente de Fontainebleau pour finir à son paroxysme : international chez les A de l’équipe de France. Vice champion de France amateur en 1968 et 1969 avec l’Entente Fontainebleau, Jean Pierre Adams signe à Nîmes en 1970.

1972 sera l’année de sa révélation puisque les Nîmois atteignent la seconde place du Championnat de France, gagnent la coupe des Alpes et le rugueux défenseur atteint le Graal : l’équipe de France et une première sélection contre l’Afrique du Sud. Mesurant 1,78 m, il constitue en équipe de France avec Marius Trésor une charnière centrale défensive redoutable surnommée « la garde noire »

Vice-champion de France avec l’OGC Nice, il signe au Paris Saint Germain.. Une avant dernière pige au FC Mulhouse puis, en fin de carrière il rejoint en 1980 au FC Chalon.

À Chalon-sur-Saône à partir d’août 1980, il trouve un emploi à l’établissement Moreau Sports. Le 17 mars 1982, alors qu’il doit être opéré d’une rupture du tendon au genou, l’anesthésiste fait une erreur d’intubation, plongeant Jean Pierre Adams dans un coma dont il ne se réveillera jamais.

Foot sentimental et droit à l’oubli ?

39 ans d’un sommeil marqué par des mutations géopolitiques sans précédent que Jean Pierre Adams n’aura pas connu. Un coma débuté en pleine guerre froide et qui aura perduré, traversant les plus grands événements de l’histoire tels que la chute du Mur de Berlin, l’effondrement de l’URSS, l’avènement de l’Union Européenne et de tout ce qu’ils auront engendré sur le plan footballistique et du business mondialisé qui en résulte. Tout cela, Jean Pierre Adams ne l’aura pas connu.

39 ans et surtout une implication de tous les instants pour celle qui aura été sa première supportrice jusqu’à son dernier souffle le 6 septembre 2021. Elle qui, aura gardé Jean Pierre à domicile dans un état végétatif jusqu’à la fin. Elle qui, à demi mots, reprochait aux anciens partenaires de Jean Pierre Adams et plus globalement au monde du foot, ce cruel désintérêt pour celui qui aura formé la solide « Garde Noire » avec Marius Trésor.

Certes, il y aura eu des inaugurations de stade à son nom et un dernier hommage, le lendemain de son décès, au Groupama Stadium de Lyon, lors de France – Finlande. Mais un goût amer. Cette impression que le sportif et plus généralement l’homme médiatisé n’existe que par ce dernier. Et que l’oubli semble être la seule issue pour celui qui s’en éloigne. L’histoire de Jean Pierre Adams en témoigne

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Kevin BOËDARD

je souhaite mettre à profit ma passion pour l'écriture pour traiter de sujets sociétaux qui me tiennent à cœur (le handicap, politique nationale et internationale) ou encore des sujets plus transversaux sous un angle critique (dopage dans le sport, hooliganisme dans le sport etc.)

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