Folie et furieuse folie acte 1, par Lionel Belarbi

Folie
Folie

La folie improvisée

Folie
Folie

Soleil de plomb, je suis en nage, la moiteur va me plonger dans un bain de sueur. Les fous vont me rendre encore plus cinglé, je suis à bout. Rester tranquillement à distance raisonnable de ma personne où résonne une alerte meurtrière « attention humain méchant ». Vous vous frottez à un monstre d’été en plein délire malsain. J’écris cette prose sans aucune rime, du moins j’essaye, le tout en musique satirique qui se contredit avec une mélodie relaxante empirique et expérimentale. Merde ! Une rime (ou plusieurs) s’est glissée sur ce papier brouillon d’improvisations sans cul ni tête.

Changement de décors, d’instruments et de musiciens, c’est un peu brutal, mais cela n’est pas si grave. Après tout, c’est automatiquement non désiré et impromptu comme bévue. Suivez-moi ou pas, je m’en fous, car je suis complètement dingue, frappadingue, quadruplé d’un foldingue, zinzin, toqué, fêlé.

Encore plus fort, la timbale de cette note noire tribale m’excite, m’incite à toujours plus de bordel textuel. Je joue avec les mots, je triche avec les phrases et je nique avec la critique qui pique. Toujours dans le crime, je lime et aiguise ma lame qui vous coupera la cime de votre tronc.

Ah ! Nouvel air ! Ère nouvelle ! Je m’accroche à ce flow et je décroche de cette bitte d’amarrage mon amiral. Un mirage sur le cap, une anomalie me détournent de mon objectif. Redémarrage sur une autre ligne de train voyageur, je contemple le blé et le maïs qui défilent sur un son violent avec violons aux alentours.

Au loin me guette une rythmique qui gicle, des couleurs acides et toniques. Je prends votre mâle malin en évidence et le sectionne en rondelles ! Je perds le la, égare le si, je vis l’ennui telle une torture qui me nargue la nuit et le jour, putain ! Là, je sauve le mi ! S’emmerder, ce n’est vraiment pas le pied. Écrire de la merde pour passer l’été, tuer le temps sur un ton très monotone. Je veux du changement sans latence et pense que l’errance musicale me bercera comme une sainte balance.

Je reprends sur des vers aux pas militaires.
Mais que faire ?
Pour que la perfection persévère
Ou perd ses vers
Quand la paire sévère
De claque, remonte les pendules pour un mouvement pendulaire.
Que jaillissent les mots avec ou sans rimes de non-sens satirisés.
Je n’oblige personne de penser à mal de ce tas de style improvisé.
Fin…

Dieu, folie et poésie

Dieu, folie et poésie
Dieu, folie et poésie

Je t’ai créé de toute pièce
Tu es en moi et qu’en moi
Il me fallait un Très-Haut
Encore plus haut que lui
Le malin de mes nuits
Le divin de mon âme
Je t’ai créé de toute pièce
Pour que mon âme tu rachètes
Il me fallait l’équilibre
Entre vice et vertu
Je t’ai créé de toute pièce
Pour avoir peur de toi
Que tu sois mon guide
Quand mon esprit s’évide

Blanche neige et les sept nains (Toxicomanie et Folie)

Folie Cocaïne
Folie Cocaïne

Minuit passé, l’envie de connaitre Blanche-Neige est plus forte que celle de miser sur les sept nains. Alors je me tords de douleur et mes songes rouge, noir et blanc font de la résistance en vain. Deux heures passées, ma nuit ouvre le bal vers un coma blanc, blanc coma, je m’éteins avec mon sachet blanc, vide…

Elle était bonne cette poudre blanche sans ce tas d’étrons de bouffons, cette nuit sans filet, qu’importe les reins ! Que je défonce ! Ce matin, il y a un nain, malsain, divin et déjà faiblement étreint, je me le ferais bien. Minuit est passé, toujours envie de me faire Blanche-Neige, mais seuls les sept nains réclament, alors, avec ma lame, je découpe et étête le nain le plus malin, et très serein je voyage vers un paradis chimique, pas pudique.

Deux heures passées, mon quotidien câlin, nacré par la plus belle catin de ton royaume, m’alarme. J’ai joui de nos épopées folles, lyriques et peu éthiques, loin d’être triste, plutôt épique. Midi se termine, le réveil déteint sur mon visage et mon haleine sauvage, je nage sur un amas de cadavres.

Folie Cannabis
Folie Cannabis

~ Sympathiquement Empathique et Folie ~

Une pièce décousue à recoudre.

Je suis arrivé avec une carapace antipathique, un mois de folie en novembre, en 2018 à la clinique de La Borde, ne supportant pas les cris des patients que l’on appelle ici des pensionnaires. Ce fut l’enfer pour mon être meurtri, qui à peine entré dans ce vieux château de Cour-Cheverny, veut déjà s’envoler vers de plus beaux horizons, sans égard pour son psychiatre.

Après trois longs mois, indispensables pour faire tomber se masque putride, je devenais enfin un camarade agréable et dynamique, membre actif du Club de La Borde. J’avais mal appris l’empathie, mais je restais tout de même un être sympathique. Deux années m’ont fallu pour comprendre ces mots, pour ne plus plaindre mes amis, et encore moins mes confrères du Club.
Sympathique avec mes amis, empathique avec mes camarades pensionnaires.

Les souffrances des patients et les vociférations de trois membres du secteur de l’extension n’étaient plus considérées comme des attaques ou un manque de respect envers ma carapace, ma bulle de protection, mais un appel au secours ou un mal-être insoutenable.
Il n’y a pas de morale à cette histoire, mais une prise de conscience, j’ai compris qu’aider un Labordien en difficulté est inefficace en cas de colère ou d’instabilité de l’esprit. Il faut prendre soin de soi avant tout. À quoi bon s’énerver sur un pensionnaire pour un manque de volonté ou d’effort ? Personne ne devrait juger un patient, et même un soignant n’a pas à le faire, c’est contreproductif et cela va à l’encontre de la psychothérapie institutionnelle.

Bien sûr, un pensionnaire n’a pas, non plus, à juger un moniteur. Le jugement envers un camarade, un ami, n’a pas sa place ici. J’ai également appris à ne pas répondre par la haine ou par le détachement, et ce, même si une personne est de mauvaise humeur ou malveillante à mon égard.

La maladie ou la folie a bon dos est une expression à la con que j’ai éradiquée de mon esprit.
Il n’y a pas de personnes autoritaires donnant des ordres à La Borde, mais des guides, des anges gardiens, des bienfaiteurs, et quiconque n’a pas compris cette couture, doit encore apprendre ce qu’est le Club, et l’esprit Labordien. Après plus de deux ans passés à La Borde, j’ai encore beaucoup de choses à apprendre ou à désapprendre, et ce, jusqu’à mon départ, à la mort et l’au-delà.

Le détachement de l’autre, une folie ?

L’enfer ce n’est pas les autres, pour vivre heureux ne vivons pas caché et je ne pratique pas le détachement. J’aime contredire les autres avec leurs phrases vomies par leur estomac philosophique putride. L’autre, c’est son prochain, l’enfer, la folie, c’est soi-même. Le dégout de tout son être commence le matin devant ce miroir que l’on regarde pathétiquement. L’autre fait de la même façon après tout, donc si l’on résume bien le problème, pour vivre malheureux, vivons égaux.

Pourtant, je ne suis pas pessimiste, bien au contraire, alors l’autre peut être aussi la joie, la folie, comme l’être aimé, ses enfants, sa famille, ses amis. L’autre est aussi polyvalent, ou pire encore, versatile, de ce fait on ne peut pas compter sur sa fiabilité. L’enfer est donc humain, trop humain. C’est l’homme qui crée sa propre perte, son enfer ou son paradis ; masochiste ou sadique (parfois les deux), il apprécie le plaisir et la douleur, sème le bien pour récolter le mal ou inversement.

Dans ma folie des grandeurs et de toute puissance, le pessimisme revient au galop, j’aime me lacérer les bras pour gouter mon sang et me badigeonner le visage avec mon rouge qui coule. Je me prends alors pour un guerrier, un super-guerrier supérieur à l’homme qui est une sous race qui se détruit en prenant soin de faire sombrer toute l’humanité, le règne animal, végétal et j’en passe.

J’ai une excuse, je suis mentalement gravement malade à cause de l’autre, bien évidemment. L’autre m’a fait énormément de mal, l’autre c’est ma mère, mon enfer, mon bourreau, mais aussi mon seul amour, ma Cybèle. Pour conclure, l’autre c’est l’autre, et j’y suis très attaché et intéressé. Je vous pose donc la question, mais qui est l’autre ?

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Lionel Belarbi

Sur ce blog je traite et analyse des sujets d’actualités qui me font frémir de délire, sans avoir un avis journalistique ou autres, j’exerce en toute impunité. Écrivain bipolaire à la plume corrosive, poétique, parfois humoristique ou tragique, mais toujours authentique. Merci de me signaler les fautes d'orthographe, elles sont nombreuses et je m'en excuse par avance.

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