Le premier des hommes, et les derniers…

Fabrice un Sdf, un sans chez moi
Fabrice un Sdf, un sans chez moi

Fabrice un Sdf, un sans chez moi

Ce sera ma lumière d’espoir. Fabrice un Sdf, un sans chez moi, interrompt sa manche, et sauve José, un commerçant prisonnier des flammes dans son magasin :

« LA BELLE HISTOIRE – A Lyon, un sans-abri a risqué sa vie pour sauver celle d’un commerçant piégé dans son magasin en proie à un incendie. Les deux hommes témoignent face aux caméras de TF1. »

Un fait divers ?

Aussitôt, on parle de héros, on en fait un conte de noël un peu anticipé. Fabrice est émouvant « un café suffira », ou « moi, je n’avais rien à perdre, mais ce monsieur a tout perdu », et « je n’ai pas réfléchi. »

Il nous reste à passer au fait divers suivant , et à nus gaver des films de noël avec un beau barbu bien propre dans sa tenue opérationnelle.

Non, ce n’est pas un fait parmi les autres, c’est une magnifique leçon. Dans cette période, où les hommes forcent le trait pour être les pires des humains ; où on entasse des troupes aux frontières, où on rejette des hommes à la mer, où on laisse mourir tant de personnes, Fabrice qui est au dernier rang de la hiérarchie sociale est le premier de nous tous.

Lui, qui a sans doute vu dans sa carrière de SDF des milliers de visages méprisants, lui qui sert de repoussoir éducatif « si tu ne travailles as à l’école, voilà ce qu’il t’arrivera », lui, par humanisme automatique, il sauve l’autre.

Rien n’est plus beau dans l’échelle des valeurs, c’est un exemple… Et je sais très bien, que je ne lui arrive pas à la cheville.

Ma question n’est pas de transformer Fabrice en héros, pour le sortir de l’humanité ordinaire, mais au contraire d’admirer son humanité ordinaire, dans une vie particulièrement difficile.

Dites à vos enfants ; « tu vois ce SDF, c’est la plus belle personne. »

Quand Fabrice sauve spontanément, les Etats tuent spontanément aussi.

« Elle est le premier visage des 27 migrants morts lors d’un naufrage cette semaine au large de Calais. Mariam Nouri Hamadameen avait 24 ans et était impatiente de rejoindre son fiancé au Royaume-Uni. Originaire d’Irak »

Ils étaient au moins 29 dans cette frêle embarcation, ils ont appelé au secours. Ils ont appelé la France, ils ont appelé l’Angleterre… Mais la possession de la Manche compte plus que les vies humaines. On réfléchit, on ne peut pas, on trie les responsabilités, les urgences. Exactement à l’opposé de Fabrice.

Le geste de Fabrice est encore plus important dans un contexte où les états décident sans scrupule de la vie ou de la mort de ces humains de dernier rang : les demandeurs d’asile. Que ce soit en France, en Angleterre, en Biélorussie, en Pologne, ON TUE au nom du tri, des priorités, des origines.

Que dire ?

Je pense à la chanson de Louis Chedid « t’as beau ne pas être beau… Monde cinglé… jt’ai dans la peau

Jt’aime, t’aime , t’aime..

Faut dire qu’il y a quand même des mecs qui ont du soleil dans la tête »

Merci Fabrice !

Total Page Visits: 1106 - Today Page Visits: 1

David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.