Et si Dieu n’existait pas ! Croire pour éviter d’être ignorant

Et si Dieu n’existait pas !
Et si Dieu n’existait pas !

Et si Dieu n’existait pas !

L’info cueillie au hasard des pages FB : « C’est une première. Le dernier sondage annuel de l’Ifop sur le rapport des Français à la religion indique que plus d’un Français sur deux ne croit pas en Dieu. La proportion est inédite, et le seuil symbolique des 50 % franchi. Le chiffre, pourtant, n’a rien de très surprenant. L’on pourrait même s’étonner qu’il ait fallu attendre 2021 pour l’atteindre ! »

Croire pour éviter d’être ignorant.

Donc on croit de moins en moins… en Dieu, mais l’homme continue à croire. Rien n’est plus inquiétant que le doute, et l’ignorance. Nous avons tendance à jouer au bon élève : répondre à tout. Pas étonnant dans ces périodes d’inquiétudes que l’on ait vu se développer ce phénomène, l’ultracrépidianisme. (comportement consistant à donner son avis sur des sujets à propos desquels on n’a pas de compétence crédible ou démontrée).

On ne sait pas, mais on croit le médecin ou politicien pro-vaccin, on ne sait pas, mais on croit le médecin ou le politicien antivaccin. Dire « je ne sais pas » est finalement très violent ! Dans la quatrième de couverture du livre de Jean Birnbaum « le courage de la nuance » (Seuil) on lit cette phrase . « Dans le brouhaha des évidences, il n’y a pas plus radical que la nuance ». Refuser de choisir un camp, accepter de garder le doute le questionnement. Toujours sur cette couverture « Partout de féroces prêcheurs préfèrent attiser les haines plutôt qu’éclairer les esprits »

On croit, et on se bat contre ceux qui croient autre chose. Même en science, certains chercheurs se battent contre toute allusion au paranormal, avec comme seul argument » ce n’est pas crédible ». Ils refusent l’étude… Pourtant la base de la démarche scientifique. Or, en science, il ne s’agit pas de croire, mais d’analyser. et finalement d’accepter que l’on ne parvienne pas à tout expliquer aujourd’hui.

 « Dès qu’un sujet comme les ovnis vient sur le tapis, jamais un sociologue n’évoque les « débats sur l’existence des ovnis » et sur « les preuves avancées par les ufologues ». Au lieu de cela, il se précipite (le mot n’est pas trop fort.) immédiatement sur la question des sectes ou de croyances religieuses comme si l’ovni se réduisait uniquement à une question de croyance pseudo-religieuse ».

Vers une sociologie anomaliste. Le paranormal au regard des sciences sociales sous la direction de Renaud Evrard et Éric Ouellet

Éditions universitaires de Lorraine.

La foi est la réponse au vide de l’ignorance. On explique un mystère par un mystère, tellement il est insupportable de se rendre compte que nous ne maîtrisons pas tout.

Pour revenir à Dieu, le souci n’est pas forcément la foi. Comme disait Brassens « Dieu est une belle image poétique ». Le problème, c’est la guerre et la bêtise qu’elle génère.

Hannah Arendt explique par exemple qu’Eichmann était en fait stupide, ce qui lui a permis d’être un des plus grands criminels de son époque. Il ne débitait que de misérables stéréotypes.

Quand la foi reste une affaire personnelle, on peut s’en moquer, mais la foi devient toujours une affaire publique.

Laissez venir à moi…

Le propre de la foi, c’est qu’elle a besoin d’être partagée ; elle crée un lien identitaire. On crée des manifestations pour affirmer les convictions, contre l’avortement ou pour l’école privée. La foi conduit au groupe : secte, communauté, parti, église. Non seulement chaque groupe se trouve des points d’ancrage idéologiques, le groupe s’identifie sur ce qu’il n’est pas, les ennemis et il crée ses ritualisations.

Nous avons tous une perception des ritualisations religieuses : prières, règles alimentaires, cérémonies, vêtements. Le respect des règles devient parfois, et souvent l’essentiel. Les images du bon-chrétien, ou du bon musulman qui peuvent n’être que des façades permettent l’authentification, la « fraternité » apparente.

La réflexion et l’échange deviennent secondaires devant l’appartenance. La force, c’est d’être ensemble, les groupes, les églises luttent contre la solitude, plus précisément, ils utilisent la peur de la solitude.

Par exemple, chez les francs-maçons le symbolique fait le lien entre les « frères ». La tenue, les phrases apprises par cœur, les pas, les cérémonies font les francs-maçons, ensuite on s’aperçoit que chacun pense comme il veut, fait comme il veut s’il utilise les mots laïcité et république suffisamment souvent.

Je trouve finalement amusant de voir des francs-maçons prêcher pour la laïcité alors qu’ils ont copié toutes les règles qui font une église, et comme toutes les églises, ils cherchent à influencer le monde au nom de leurs conceptions.

Oui, car une des conséquences du rassemblement et la volonté de s’exprimer, puis de diriger. La conquête de l’idéologie, c’est le pouvoir.

Le droit canonique supérieur au droit républicain !

C’est le débat actuel, le droit du secret de la confession serait supérieur aux lois de la protection de l’enfance… Cela me fait penser au père de famille qui me soutenait que Dieu interdisait la scolarité de sa fille de douze ans…

Nous ne sommes pas dans un Etat religieux …. Officiellement.

Mais le droit canonique ne fait plus loi en France, que sur une partie du territoire… En effet en Alsace et Moselle (quelques millions d’habitants) les prêtes sont de fonctionnaires… La séparation de l’Église et de l’Etat n’a pas eu lieu, à Mayotte département majoritairement musulman, on accorde du pouvoir aux juges religieux… Tous les dimanches, on a le droit à la messe sur les chaines publiques.

Nous sommes loin, très loin de nous libérer du pouvoir religieux. La querelle des prénoms est également une querelle religieuse, Mohamed et Marc ne font pas référence au même Dieu.

L’Église catholique est présente dans tous les villages, nous entretenons avec nos impôts des bâtiments appelés églises, chapelles ou cathédrales dont nous n’avons pas la jouissance. Imaginez que Versailles soit encore peuplé de royalistes !

Nous reprochons sans cesse à certains musulmans de vouloir imposer leurs lois, on crie au scandale … Mais ce droit canonique, les groupes de pression de personnes bien-pensantes sont aussi scandaleux.

Dans son titre, « le chien » Léo Ferré chante, ou hurle : « Et si Dieu existait, comme le disait Bakounine, ce camarade vitamine, il faudrait s’en débarrasser ! » … À méditer.

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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