Erwann Menthéour : Un vert au tableau noir…

Erwann Menthéour
Erwann Menthéour

Lecture critique de « Les chances qu’il nous reste » …. « Pour sauver la planète ENTREZ EN RÉSISTANCE ».

De Erwann Menthéour éditions Pocket.

Accrocheur… Non ?

Moi, le titre m’a accroché, je me suis dit, mon petit gars, tu vas enfin savoir quoi faire pour sauver la planète. On le sait, ça va mal, mais quand j’aurai lu le bouquin, j’irai mieux.

Quant à l’auteur, la tête me disait vaguement quelque chose, mais pas un seul souvenir précis. Une amie qui m’a vu acheter le livre s’est moquée : « C’est l’animateur TV, ancien cycliste, coach alimentaire et sportif, lanceur d’alerte… ». J’ai répondu « ah, bon » … Car j’ai un grand sens de la répartie. Passons les présentations, visitons le contenu.

Aie, aie et aie !!!!

D’entrée Erwann, le vert, nous met à l’aise : « Nous sommes condamnés à l’optimisme et cela nous tue. »

Chapitre 1 « apocalyspe now ». Il explique avec justesse que la planète n’en peut plus, elle est au bout du rouleau « le XXIe siècle sera celui de l’épuisement. »

L’inventaire du désastre est « no limite » : « Au cours des quarante dernières années, notre planète a perdu plus de 70% des populations du vivant dont 80% des vertébrés »… Plus d’insectes pour orner nos pare-brise, en 2048 plus de poissons dans les océans.

Il y a ce maudit pétrole qui pollue et qui va manquer. La planète se vide et nous sommes aux portes de la surpopulation : « tous les quatre jours, 1 million de personnes naissent sur cette planète alors qu’environ 635 000 meurent. »

Et tout es altéré : « En Europe 100 00 enfants meurent chaque année d’une maladie causée par l’environnement »

Cette destruction progressive de la planète n’est pas égalitaire : « Un Américain pollue 91 fois plus qu’un habitant du Bangladesh. »

« En moins de trente ans, l’industrie des énergies fossiles a pollué plus que l’humanité entière au cours des deux derniers siècles. À elles seules, 90 entreprises émettent plus de CO² que la Chine »

Je vous propose une dernière catastrophe : « 15 500 litres d’eau sont nécessaires pour fournir un kilo de viande ».

Je ne m’essayerai pas à mesurer, contrarier les constats apportés par Erwann vert et rouge de colère.

Je pense que globalement, il dit vrai, il a raison. Il est possible que des détails soient trop forts ou trop faibles, mais je suis OK, nous fonçons dans le mur.

Mais si le bouquin m’a accroché, c’est qu’après la pluie le beau temps, je veux dire après le tableau noir, normalement il y a un coup de lumière sur l’avenir…

D’abord comprendre pourquoi on ne comprend pas…

Deuxième chapitre sur le déni, la manipulation. Avec justesse, selon moi, Erwann enfile le maillot à pois pour grimper sur l’idéologie, la manipulation. Il revient sur l’excellent « Le meilleur des mondes » qui expliquait la merveilleuse dictature « qui aurait les apparences de la démocratie… un système d’esclavage où les esclaves auraient l’amour de leur servitude »…
Je vous invite à lire, à réfléchir.

Plus loin, il écrit : « Le déni… devient une stratégie de survie » ;
Cette idée pour moi est essentielle. Erwann, tente la démonstration, avec mérite. Je n’irai pas le contredire. Mais voilà que je me pose une question idiote : « ce livre, comme mon article d’ailleurs, avec ces aspects catastrophiques, ne servent-ils pas plus la poursuite du processus de destruction qu’un changement de cap ? »
L’alerte, est-elle acceptable ? entendable ?
Logiquement, l’auteur parvient au volet 3 de sa réflexion : désobéir.

Ami, entends-tu les cris d’un pays… ?

Erwann appelle à la désobéissance… Mais avec pour leader, Nicolas Hulot … C’est ballot. Il s’insurge contre Macron et les accords du CETA. Il raille Pierre Rabhi et sa pensée « qui remonterait à l’idéologie ruraliste de Vichy » Il écarte l’hypothèse que nous redevenions tous paysans…et rappelle que le grand Hulot a dit : « La politique des petits pas, ce ne sera pas suffisant. »

« Alors que faire ? », en mettant une phrase de Coluche en exergue « Quand, on pense qu’il suffirait qu’on arrête de l’acheter pour ne plus que ça se vende », Erwann prend son courage à quatre mains et propose 4 réponses :
Arrêter de manger du bœuf et du porc.
Restreindre son usage d’Internet et achats de nouvelles technologies
Arrêter de prendre l’avion ou diminuer drastiquement ;
Savoir à qui confier son argent ….


Après la Flop 26, je présente la Flop en quatre points.

Erwann, après un exposé si brillant comment tu peux te contenter de retourner aux petits pas, à la culpabilisation du quidam, à rester dans la logique du « tout va bien » il reste des avions, de l’argent, des ordinateurs … et à manger pour tous.

Désolé, mais cela ne va pas suffire.

Je vais être honnête, tu continues tes réflexions…Tu invites à sortir de certaines logiques :
Croire au nucléaire… Sous prétexte que la science trouvera une réponse au traitement des déchets ! Mais relis ton chapitre sur la manipulation.
Une participation active des industries … Oui, ce sont eux les gentils…

Et cerise sur le gâteau, tu termines par une lettre à Macron… Comme si un valet de la finance pouvait sauver la planète.

Sérieusement, on t’a payé pour bâcler la fin. Tu n’as aucune solution… Et rassure toi, moi non plus. Mais j’ai le souvenir d’avoir lu le dernier livre de Michel Rocard, qui faisait lui aussi le constat du désastre, et qui invitait, à des notions comme la misère partagée, à se défier de la Finance, et qui rappelait que les vrais changements sont toujours venus de la société civile, pas des politiques.

Mais pour conclure, je vais te citer un grand écrivain qui nous a quitté il y a une dizaine d’années : J.H. il disait
« Noir, c’est noir.
Il n’y a plus d’espoir. »

Erwann Menthéour
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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

2 Responses

  1. M. Lerenard !!! J’espère qu’il va nous apporter des lecteurs, parce que là tu lui fais de la publicité à son livre ? 🙂

  2. J’ai choisi une belle illustration quand même lol

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