Équithérapie et santé mentale, le duo miraculeux !

l'équithérapie santé mentale
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Définition de l’équithérapie

L’équithérapie, appelée hippothérapie dans de nombreux pays Francophones, telles que la Suisse, le Canada ou encore la Belgique, est un suivi thérapeutique, non conventionnel qui accompagne les soins de santé mentale ou physique, voire les deux. L’équithérapie soigne le patient physiquement et psychologiquement, elle se sert du cheval comme éducateur ou médiateur, soit un partenariat thérapeutique entre l’animal et l’humain efficace pour développer des buts fixés en suivant la fonction spécifique du thérapeute, mais également des attentes du patient, acteur de sa propre réussite vers un soin de qualité élevé, voire une guérison totale.

L’équithérapie a sauvé mon adolescence

Suite au décès de ma mère, les brides furent coupées net. J’ai fait alors une crise extraordinaire d’adolescence paumée entre 14 ans et 16 ans. Extrêmement actif et nerveux, je passais mes nuits avec mon meilleur ami, à voler des voitures, à cambrioler les maisons de luxe du 92 en région parisienne, à dealer du cannabis, à détruire du mobilier urbain, et toujours armé d’une lame de boucher ou d’un gros papillon pour me défendre au cas où. Il ne manquait plus que le port d’armes à feu dans mon palmarès judiciaire, mais heureusement pour moi, je ne les aimais pas.

Ecole du cheval : La Chabraque

Enfant de la DASS, orphelin, délinquant, mes éducateurs s’arrachaient les cheveux pour me calmer, m’occuper. C’est la directrice de mon foyer qui a eu l’idée de me mettre au pas avec les chevaux, et surtout de me faire quitter Paris pour finir chez les campagnards et dans des écuries qui puent le crottin de cheval.

En deux mois, du refus d’obstacles, je suis passé au galop de travail. En clair, ça m’a très vite calmé et en bonus j’aimais monter à cheval et les soigner.

Je n’ai pas fait l’armée, j’ai fait les ch’vaux !

J’ai fait les ch’vaux ! Ma réponse quand on me demandait si j’avais fait l’armée ou pas, afin de savoir qui avait le parcours de vie le plus dur.

Mes années d’étudiant en internat (CFA)

J’en ai bavé un maximum. En effet, grande gueule, délinquant, alcoolique et coureur de jupon, j’ai fait plus de stages de réflexion que d’études. Le stage de réflexion, c’est un moyen de punir les élèves qui enfreignent le règlement du CFA, en plaçant les étudiants récalcitrants chez les pires écuries et maîtres de stage, et ce pendant 15 jours. Mon record ? 6 mois d’affilés de punition, avec un cumule de trois ans de stages de réflexion pour 4 années d’études. J’ai réussi tout de même à obtenir de justesse mon CAP de soigneur d’équidé et mon galop 4…

Je saturai de travail à la dur, je n’en pouvais plus, j’étais dans le rouge, dans le blanc et le bleu était affreux !

Le seul repos bien mérité de ces 4 années d’études, sont les quelques étés à apprendre à l’école le comportement, l’anatomie, les soins, ainsi que les métiers du cheval. Les vacances en fait…

Malgré tout, je dis un grand merci à cette école de cavaliers, qui m’a évité de terminer en prison.

En classe, pas plus de 10 élèves, on avait des difficultés, certes, mais on y arrivait tout de même, car tous les moyens étaient mis en place.

Mais l’équithérapie, je la dégueulais, je l’insultais de poudre à perlimpinpin. J’en ai arpenté des montagnes d’étron dans les écuries très sélects.

L’équithérapie, je l’ai donc tutoyé pendant 4 ans sans y croire ; de 16 ans à 20 ans, je travaillais très dur pour pas un rond. Les écuries ? Commerciales, de vraies usines de canassons en cages. J’ai vomi mes trippes à bosser comme un dingue, 14 heures minimum par jour, du lundi au lundi, sans repos ni vacances, pendant 1460 jours.

Vous l’avez compris, j’étais étudiant et soigneur d’équidés ainsi que cavalier dégouté des écuries de commerces…

L’équithérapie me sauvera encore

L’équithérapie ma encore sauvé la vie, mais cette fois avec le concours de patients, soignants et médecins. Soit une équipe appelée en langage Labordien, de moniteurs, pensionnaires et psychiatres. Sans oublier bien-sûr les chevaux du poulailler sans poule de la clinique de La Borde. Le miracle s’est passé dans cette incroyable clinique où la psychothérapie institutionnelle est reine. Non, nous ne sommes pas à Lourde, ici c’est le 41700 Cour-Cheverny, les progrès, c’est du concret !

A la Borde, en deux ans d’hospitalisation, j’ai fait plus de progrès qu’en 13 ans de psychiatrie dans le public où je brassais de l’air. Pourtant, même à la Borde, j’ai eu un épisode dépressif très long de 6 mois, et le simple fait de soigner les chevaux un jour par hasard, m’a encore une fois redressé. J’ai passé 20 ans à cracher sur l’oreille des chevaux, en pensant que l’équithérapie était une grosse arnaque, alors que la clé de la réussite était à quelques centaines de mètres de ma chambre, mon refuge, ma grotte, mon trou.

Le piège en psychiatrie à éviter comme la peste

Le pire du pire, c’est l’inaction, aux limites de la léthargie. Ne rien faire en tant que patient, c’est, je me répète, brasser de l’air. Pire, ne pas communiquer avec les soignants et patients, c’est s’enfermer dans une boucle toxique qui nous empoisonne et peut même nous tuer à petit feu. L’inertie en psychiatrie c’est une fin de vie programmée. Alors qu’attendre ? Avoir la chance d’être admis dans une clinique hors-norme comme la Borde. Avoir la chance d’être dirigé vers le paradis des fous. La Borde, c’est l’hyper activité, s’ennuyer est impossible, même quand l’oisiveté est tant désirée. En effet, il y aura toujours un pensionnaire ou un moniteur pour tirer du lit le patient alité.

L’équithérapie, ou la dernière chance

Pendant les 3 premiers mois de mon hospitalisation à la Borde, j’étais dans une inactivité aigue et voulue. J’ai pourtant essayé toutes les activités proposées et seule l’atelier bricolage m’a maintenu en vie pendant un an. Le problème, était l’organisation en dents de scie, car j’étais le moteur malade de cet atelier avec un ami moniteur. Mon humeur instable se reflétait sur l’état de santé de la section bricolage.

Contrairement au bricolage, l’atelier poulailler sans poule de la Borde, en clair, les écuries, était tenu par les moniteurs et pas uniquement par les pensionnaires. Il y avait donc une continuité toute l’année des soins apportés aux chevaux par les soignants et soignés.

Un jour, un moniteur me trouvant toujours endormi le matin, m’a tiré du lit un peu maladroitement. Je l’ai donc envoyé bouler et je lui ai expliqué que j’étais complètement fatigué de ne rien faire de mes journées, jusqu’à avoir peur de croiser mes camarades. Il m’a donc proposé de l’accompagner soigner les chevaux. J’ai accepté et le processus fut enclenché. La première journée de soin, je l’ai craché par mes poumons moisis par la cigarette et 6 mois d’inactivité physique. Le second jour, même pas mal, et le troisième jour au garde à vous ! Le quatrième jour, j’ai enfin goûté à l’efficacité de l’équithérapie pour la première fois de ma vie, sans même monter à cheval.

Aujourd’hui, je suis enfin heureux avec des progrès et j’ai compris la puissance de l’équithérapie.

Conclusion sur l’équithérapie

Elle n’existe pas, car elle est sans fin. Nourrir les chevaux, c’est déjà un pied à l’étriller, les soigner, c’est se soigner, les monter, c’est la résurrection.

L’équithérapie, ça fonctionne ! Pourtant, je suis un vrai boulet têtu qui ne croit que ce qu’il désire croire. Je suis tombé dans l’écurie de la Borde et en 72h je suis à nouveau opérationnel et prêt pour me projeter dans l’avenir.

Le CFA de ma jeunesse

La Chabraque à qui je dis un grand merci

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Lionel Belarbi

Lionel Belarbi

Sur ce blog je traite et analyse des sujets d’actualités qui me font frémir de délire, sans avoir un avis journalistique ou autres, j’exerce en toute impunité. Écrivain bipolaire à la plume corrosive, poétique, parfois humoristique ou tragique, mais toujours authentique. Merci de me signaler les fautes d'orthographe, elles sont nombreuses et je m'en excuse par avance.

1 réponse

  1. Avatar Diane dit :

    Superbe article !
    Merci

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