(Enquête) La Cancel Culture existe-t-elle vraiment ?

Cancel Culture
Cancel Culture

Claire* est une féministe intersectionnelle qui a plusieurs milliers d’abonnés sur Twitter.
Depuis maintenant plus de 3 semaines, elle reçoit des appels au blocage, des insultes, ainsi que des menaces d’agressions dans la rue et se fait afficher sur des tweets comportant des dizaines de milliers de likes.
Mais que s’est-il passé au juste pour en arriver là ? Et c’est quoi ce phénomène de lapidation publique en ligne ? Après avoir parlé des « fachos » nous allons parler de l’autre extrême, les « SJW » qu’on va plutôt appeler les « cancelleurs » sur cet article.

Définition : La cancel culture, c’est quoi ?

La cancel culture, ou culture du call-out, est un phénomène apparu il y a quelques années en ligne et s’étant démocratisé depuis 2018.
C’est littéralement la « culture de l’annulation » : au démarrage, on lynchait et des artistes qui avaient commis des agressions sexuelles, par exemple. On les « cancel » : on boycottait leurs œuvres, et on les « call out » : on appelle au boycott, à les éviter, à les boycotter et, si l’artiste en question avait été sponsorisé, on demandait des comptes aux marques sponsors.

Cela ne vous choquera probablement pas et c’est normal : on parle d’agression sexuelle, de viols ou de demandes de « nudes » (photos ou vidéos nues) à des mineurs. Ce sont des faits extrêmement graves et illégaux.
Heureusement que ça n’arrive jamais pour avoir dit « Non » sous un tweet de BFMTV, parce que sinon ce serais assez grave…

Un call-out, ça ressemble à quoi ?

Si vous n’êtes pas un habitué des réseaux, il y a peu de chance que vous ayez déjà vu un exemple de « call out » et pourtant… ce n’est pas si rare. Si vous avez tapé « Cancel culture » sur Google, vous avez probablement vu les exemples de JK Rowling (dont nous reparlerons plus tard) ou de Justine Sacco. Si ces exemples vous intéressent spécifiquement, voici une vidéo qui donne quelques exemples.


Non, moi je vais vous parler d’un autre exemple qui est récent et ne touche pas un habitué des réseaux ou une célébrité. Parce que ça peut toucher tout le monde.
C’est l’histoire de Claire*, qui s’est prise une monstrueuse mandale virtuelle il y a 3 semaines, avec insultes, appels au blocage, appels au harcèlement, menaces d’agressions physiques, threads entiers, affichages sur des tweets avec des dizaines de milliers de likes et des milliers de RT…
Mais pourquoi ? Au démarrage, c’était à cause d’un de ses anciens tweets qui avaient été déterrés. Ce tweet, datant de 2015, disait ceci :

Cancel Culture
Exemple de propos déplacés menant au pilori.




Ce tweet contient le fameux « mot en N » (Les « mots en N » désignent les injures racistes comme « Nègre » ou « Négresse ».) et, nous sommes d’accord, c’est inapproprié. Il s’agit d’une injure raciste, et là vous allez probablement trouver le cancel justifié… Mais c’est pas si simple.


Déjà, il faut savoir qu’elle s’est excusée, et si vous avez pris le temps de regarder la capture d’écran vous aurez vu que la capture date de… 2015. Cela ne rend pas l’injure raciste moins injurieuse & raciste, mais la personne peut avoir changé: elle s’est d’ailleurs excusée en expliquant qu’elle était juste bête a l’époque, et qu’elle est la première à lutter contre le racisme aujourd’hui. 5 ans et 3 mois, ça vous paraît court pour une injure raciste ? Et pourtant, 9 mois de plus et on atteignait le délit de prescription de poursuites pour les délits punissables de PRISON qui est de 6 ans.

Mais bon, admettons qu’elle ait eu ce qu’elle mérite pour avoir sorti une énorme injure raciste alors que femmes et hommes sont encore persécutés et même tués pour leur couleur de peau ce qui, rappelons le, est inacceptable : On a pas à discriminer quelqu’un pour sa couleur de peau, son origine, sa religion, son sexe… C’est hors de question.
Cependant, un call-out ne va jamais seul : il y a un effet boule-de-neige, car les cancelleurs « guettent » leurs proies. C’est ainsi que nous sommes passés d’un retour de manivelle pour un propos raciste à un lynchage collectif pour… avoir donné un avis sur le port du voile à l’école.


En effet, à l’occasion du marronnier annuel du voile, un tweet de BFMTV montrait une interview d’une femme voilée défendant le port du voile à l’école, et Claire* a simplement dit « Non » à cela.
Pour ma part, je suis entièrement pour le port du voile car je considère ça comme une liberté individuelle, la seule exception étant les écoles privées qui ont le droit de l’interdire car il s’agit d’une propriété privée. Autrement dit, je ne suis pas d’accord avec elle mais à aucun moment je n’en arriverais à lyncher quelqu’un pour ses opinions et encore moins pour un simple « Non ».

Pourtant, les cancelleurs sont à l’affût et ont fait des captures d’écran du tweet pour le reposter publiquement en laissant le pseudo, le nom de mention et la photo de Claire* qui s’est donc fait harceler. Nous sommes passées de « Claire* a eu des propos racistes dans le passé et nous lui signalons car c’est grave » à « Claire* est raciste, islamophobe, transphobe, homophobe, fasciste et toxique », parce qu’il y a un autre aspect de la cancel culture qui est moins connu : la déformation des propos et le manichéisme.

Pour l’exemple d’Astronogeek, il avait dit qu’il détenait des armes, et certains ont fini par dire qu’il détenait des armes… illégalement. De même, il n’est pas possible d’avoir un avis modéré : Soit t’es d’accord avec eux sur tout, soit tu émets une petite contradiction donc tu es un fasciste réactionnaire d’extrême droite. Tu ne peux pas refuser le port du voile dans les écoles publiques sans être islamophobe, si tu a un avis sur le port du voile et qu’il n’est pas exactement celui des cancelleurs et des SJW, tu es forcément un perroquet de droite qui voudrait prohiber la religion musulmane et discriminer les musulmans : il n’y a pas de nuance possible.


De la même manière que JK Rowling a juste dit qu’il y avait un nom pour désigner les personnes qui ont des règles : « des fem, des fam, des fammeuh… » et s’est fait taxer de transphobe, retirer des prix et lyncher depuis 3 mois maintenant. L’exemple étant connu, je ne vais pas en parler plus longtemps, vous trouverez aisément des informations sur le sujet sur Google.

Les cancels sont-ils utiles, ou au moins justifiés ? Font-ils du mal ?

Mais pour se faire un avis éclairé, il faut se poser calmement la question : « Les cancels sont-ils utiles, ou mêmes justifiés ? ».

Les SJW et cancelleurs diront que oui, ou que la cancel culture n’existe pas. Et tenez vous bien, car j’en ai vu certains justifier le harcèlement ciblé pour des opinions politiques jugées problématiques (et le harcèlement est immoral et illégal, que ça soit pour des opinions politiques ou pour autre chose).

Cependant, mettez vous à la place de la victime du cancel 5 minutes. Pensez vous vraiment que, si vous étiez cancellé, cela changerait vos opinions politiques ? Est-ce que cela vous rendrait moins raciste, sexiste ou homophobe, cela vous pousserait-il a vous remettre en question ? Probablement pas, d’autant que les victimes de cancel ne se sont souvent pas rendu compte que leurs propos étaient discriminatoires et injurieux.

Ça ne veut pas dire qu’il faut laisser les gens tenir des propos discriminatoires, racistes, homophobes et autre, cela veut juste dire qu’il faut faire la part des choses entre les propos réellement discriminatoires et l’humour de mauvais goût ou une simple erreur qui ne se reproduira pas (comme pour Claire*), expliquer à la personne qui a tenu ces propos en quoi ils sont problématiques, et si il s’agit de propos discriminatoires volontaires on peut les signaler (ce que j’ai fait pas mal de fois d’ailleurs, si vous saviez le nombre d’homophobes ou de transphobes que j’ai pu signaler et qui n’étaient et ne seront jamais cancel car les vrais propos discriminatoires, personne n’en parle et ne signale…) voire porter plainte.

Il est également important de comprendre que NON, la violence n’améliore pas la société. Tabasser ou même insulter un trans parce qu’il est trans ou un transphobe car il est transphobe ne va rien changer, ça ne fera pas changer l’identité de genre du premier et l’« opinion » (ou plutôt le dégoût et la haine) du deuxième.
Insulter, harceler, diffamer, bloquer, menacer ou encore stalker ne fera pas changer quelqu’un de position, au contraire ça a plus de chance de le repousser dans l’autre sens et de le rendre plus extrême encore.

Par exemple, nombreux sont les anciens communistes qui se sont fait défoncer car ils avaient des divergences d’opinions sur certains courants communistes, et qui ont finalement viré a droite capitaliste et conservatrice, ce qui est exactement l’inverse du but recherché par les communistes lyncheurs au début.
Le meilleur moyen de changer la société et de lutter contre les discriminations, c’est… L’éducation.

Expliquer aux enfants dès le plus jeune âge que nous sommes tous des humains et que nous sommes tous égaux, quelque soit notre couleur de peau, notre religion, notre sexe, notre genre, notre classe sociale ou encore notre handicap physique ou mental, et faire de la prévention à tout âge, de façon constructive (expliquer calmement en quoi le mot « Négre » est une injure raciste et pourquoi il ne faut jamais l’utiliser sera bien plus efficace que d’envoyer la personne qui a utilisé ce mot au pilori, d’autant que ce qui est évident pour vous ne l’est pas pour tout le monde.

Vous avez sûrement utilisé des jurons de façon courante quand vous étiez enfant, mais pourtant vous n’en utilisez plus car on vous a expliqué, pour ma part j’ai arrêté d’en utiliser non pas quand on m’a puni ou enguirlandé quand j’en utilisais mais quand on m’a donné les définitions et l’étymologie de ces mêmes jurons, et ce qu’ils voulaient réellement dire !)

D’ailleurs, c’est pour ça que souvent les plus racistes, homophobes ou transphobes sont les plus âgées ou au contraire les plus jeunes et défavorisés qui n’ont pas eu accès à une éducation de qualité (bien que ce ne soit pas une généralité) : le monde était beaucoup plus discriminant dans la première partie du XXe siècle et on ne faisait pas de prévention ni d’éducation à l’époque, d’ailleurs on en fait pas ou pas suffisamment auprès des personnes en situation défavorisées (quartiers populaires…).

Les cancels ont-ils des conséquences ?

Les cancelleurs justifient souvent leurs actes par le fait que la victime « va bien. Son compte est toujours en ligne, elle est soutenue et défendue, elle a un nouvel emploi ailleurs, et de toute façon on ne l’a pas tabassé, si ? »
Seul une personne n’ayant jamais été victime de harcèlement (y compris de harcèlement scolaire, de harcèlement de rue, de harcèlement au travail…) ou a oublié ce qu’elle a ressenti sur le coup peut dire une bêtise pareille.

Mais admettons. Une personne qui te harcèle dans ton travail, pendant des études ou dans la rue, c’est au mieux chiant et c’est généralement flippant. 3 personnes, c’est inquiétant, c’est dur à vivre. 10 personnes qui te harcèlent quotidiennement pendant des mois, tu ne dors plus, t’as la boule au ventre 24 heures sur 24.
Alors imaginez 5 minutes qu’on ne parle plus d’une poignée de personnes, mais de 20, 50, 100, 250, 500, des milliers voir des dizaines de milliers de personnes qui vous insultent, vous diffament, vous affichent, se moquent de vous, vous harcèlent et vous envoient des messages privés et publics vous invitant cordialement à démarrer vos grands morts ?


Des dizaines, des centaines, des milliers voir des dizaines de milliers de personnes qui vous bloquent et incitent autrui à le faire (El famoso « Tiens ce compte là est méchant, vous le suivez donc c’est mal, si vous le suivez je vous bloque à vue mais vous en faites ce que vous voulez surtout ») si l’on reste dans le cadre des réseaux sociaux, et si l’on connaît votre identité, on contacte votre famille, on vous fait virer de votre emploi ?


Des centaines, des milliers voir des dizaines de milliers de personnes qui vous considèrent comme problématique sur des ouï-dire alors que 5 minutes plus tôt ils ne vous connaissaient même pas de nom ?
Tout ça pour quelques mots de travers, aussi discriminants et graves soient-ils, ce n’est pas un peu beaucoup ?

J’ai vécu un cancel. Des messages à plusieurs dizaines voir centaines de likes et de RT qui comportent autant de qualificatifs péjoratifs qu’on peut en caser en 240 caractères. Je ne raconterais pas ça car je souhaite rester objectif et ne pas remettre des sous dans la jukeboxe ni verser dans le revanchisme, mais j’ai fait une crise d’angoisse (je suis autiste et j’ai des troubles de l’angoisse du coup, entre autres) et cette crise d’angoisse était particulièrement intense : Lundi et mardi j’ai eu envie de pleurer sans raison toute la journée, mercredi j’ai eu une énorme crise où j’avais une boule au ventre extrême, j’étais tétanisé, je mangeais compulsivement, j’avais des idées lugubres et l’impression que j’étais sur le point de mourir…

J’ai quasiment pas dormis pendant deux jours, j’ai eu d’énormes diarrhées, j’ai été extrêmement fatigué jusqu’à dimanche et il m’a fallu encore plusieurs jours avant de ne plus être fatigué ou avoir une anxiété continue « en fond ». J’ai été méchant avec certaines personnes dans des groupes de discussion cette semaine et je le regrette, je me suis excusé et j’ai temporairement fermé mes deux comptes twitter.

Mais quel rapport me diriez-vous?Vous vous en fichez franchement de mes crises d’angoisses…Et bien, cette crise d’angoisse, je l’ai faite… un peu plus d’une semaine avant de me faire canceller. Si j’avais été cancel à peine une semaine plus tôt, je ne sais simplement pas si je serais encore de ce monde, je ne supportais même pas qu’on me parle à ce moment là.
Derrière un compte tenant des propos jugés problématiques, il y a une personne : Peut être que la personne qui se fait canceller a été virée de son job aujourd’hui et a tenu un propos problématique sous le coup de la colère, et peut être qu’il va se pendre suite au cancel qu’il s’est pris.


Peut être que la personne que vous cancellez souffre d’une maladie…est a la rue…est elle-même victime de discriminations et crache juste son venin en retour…
Quelqu’un qui perd son emploi suite à un cancel, c’est quelqu’un qui n’aurait plus de quoi manger ni de toit sur la tête d’ici peu pour quelques mots de travers au démarrage (!!) voire qui ne pourra plus aider financièrement sa famille qui n’a rien a voir avec ce qu’il s’est passé.
Quelqu’un qui perd sa famille suite à un cancel peut perdre non seulement ses biens suite au divorce mais en plus la garde de son ou de ses enfants et finir isolé socialement, voir mal tourner, péter une durite, se mettre à voler et tomber dans la drogue.

Mais qui sont les cancelleurs ?

Les cancelleurs « défendent » les minorités, hors la plus petite minorité est l’individu.

(Ayn Rand).


Les cancelleurs sont généralement des SJW. Mais un SJW, c’est quoi exactement ? Un SJW est quelqu’un qui défend de nobles causes (féminisme, antiracisme, droits des LGBT+…) d’une façon jugée mauvaise, comme en harcelant par exemple. Si il est vrai que ce terme est abondamment utilisé comme coupe-débat (par exemple, traiter quelqu’un de SJW car il dit « médecienne » pour désigner une femme-médecin) il est regrettable qu’il existe effectivement des SJW, aussi appelés « Baizuo »
Bien que n’importe qui puisse être un SJW, ils sont souvent reconnaissables sur Twitter par certains aspects de leur profil : une PP rouge et noir (à ne pas confondre avec les « rouge-bruns », le drapeau rouge-noir désignant anarchocommunisme) la présence explicite de leurs pronoms (Il, iel, elle, lui, she, her, they…) parfois plusieurs fois, utilisation abondante et parfois exagérée de l’écriture inclusive, ont le slogan « ACAB » dans leur biographie et se revendique de l’intersectionnalité.

Attention : Si beaucoup de SJW ont ces caractéristiques sur leur compte, l’inverse n’est pas vrai, beaucoup de bons militants ont ces caractéristiques ou peuvent ressembler à des SJW mais n’en sont absolument pas, voir luttent contre la cancel culture.

Il y a autre chose à prendre en compte : les cancelleurs sont également des victimes. En effet, il s’agit quasiment systématiquement de personnes victimes de discriminations sociétales, sur leur orientation sexuelle, leur ethnie, leur handicap ou encore leur sexe, et beaucoup sont en situation de précarité.
Ils ont été, sont et seront victimes de discriminations importante, de haine et de violences horribles.

Mettons-nous cette fois-ci à la place du cancelleur/SJW : Si vous étiez en situation de précarité extrême (de là à ne pas pouvoir manger à sa faim ou à avoir des cafards chez vous), si vous étiez tabassé dans la rue pour votre orientation sexuelle, si vous étiez discriminé a l’emploi pour votre couleur de peau et si vous étiez victimes de violences médicales car vous êtes handicapé physiquement ou mentalement, vous ne seriez pas un peu énervé ? Probablement, si.

Et si, du jour au lendemain, on vous donnait un moyen permettant de « rendre la justice » à votre échelle – ou du moins avoir l’impression de – vous l’utiliseriez ? Probablement oui, c’est pourquoi il est difficile d’en vouloir aux SJW même si ils sont toxiques voir dangereux.

D’ailleurs, j’en profite pour dire quelque chose que j’aurais dû dire bien avant : quelque soit les opinions politiques ou les méthodes de quelqu’un, il pense bien faire.

Aussi surprenant que ça puisse paraître, un fasciste pense bien faire en discriminant les minorités, et un néonazi pense bien faire en commettant un génocide. Ça ne veux PAS dire qu’ils font bien et ça n’excuse rien, mais ils pensent bien faire.


C’est dégueulasse, horrifiant et à vomir mais c’est vrai, il pense bien faire tout comme vous, communiste, socialiste, libéral, anarchiste ou encore marxiste pensez bien faire. Vous êtes de bonne foi, et les rouge-bruns aussi. Pour avoir déjà discuté avec des fascistes revendiqués, ils ne pensent pas mal faire : ils me racontaient comment ils imaginent la société idéale et pour eux la société idéale est autoritaire et monarchiste, et beaucoup finissent par ne plus être fascistes au bout d’un temps et virent plus à gauche ou au centre, mais ça les SJW ne le sauront jamais car ils sont enfermés idéologiquement.

Ils insultent et bloquent tous les contradicteurs , et justifient généralement ces blocages par du harcèlement (4 ou 5 réponses en 48h) par de la X-phobie (avoir critiqué un de leurs mouvement ou une de leurs opinions sociétales) ou encore par un esprit mal placé car tu leur as donné des conseils de la vie quotidienne ou car tu leur as posé une bête question (d’où viens-tu ? par exemple), non pas parce qu’ils sont de mauvaise foi mais parce qu’ils le perçoivent comme une agression. Si on vous avait dit tous les jours toute votre vie que vous étiez un voleur car vous êtes d’origine maghrébine (ce qui est du réel racisme donc) un « d’où tu viens » peut paraître être un coup de couteau, là où cette question est l’une des premières qu’on pose quand on se présente, ne serait-ce que pour savoir de quel département français ou de quelle ville la personne vient par exemple.

Si on vous a agressé plusieurs fois car vous êtes transgenre, vous faire appeler par votre ancien pronom peut paraître être une véritable insulte là où la plupart des gens se fichent qu’on les appelle il ou elle.Si vous êtes en situation de précarité extrême, que quelqu’un se vante de bien gagner sa vie en ayant un salaire plus élevé que le SMIC peut paraître être un véritable mépris alors que la plupart des gens s’en fichent ou sont content que cette personne ait réussi.

D’ailleurs, si vous avez déjà entendu quelque chose du genre « mâle blanc cishet » ou encore « All Men Are Trash » c’est pour la même raison : ils ont été victimes de tant de haine qu’ils pensent que tous les mâles blancs cis et hétéros, ou tous les hommes, sont responsables de leur vécu. Pourtant ce n’est pas si simple : Pour avoir été victime de discriminations en médecine et de maltraitances importantes en psychiatrie, je ne dirais pas que tous les médecins et tous les travailleurs de la psychiatrie sont des sales…

Malotrus ? D’autant que je n’ai aucune statistique le démontrant, de la même manière qu’il n’y a pas de statistiques montrant que les mâles blancs cishet sont tous des oppresseurs, même si il y a statistiquement plus d’oppression de leur part (Par exemple, 96% des viols sont commis par des hommes, et ça doit être dit et répété, mais 96% des hommes ne sont pas des violeurs pour autant, là est la nuance !)
D’ailleurs, il faut ajouter une chose : Les mâles blancs cishet ne sont pas « privilégiés » : ils sont « justes » drastiquement moins discriminés. Ne pas être discriminé n’est (ne devrait pas ?) pas un privilège mais la norme.

Ces gens ne sont pas de mauvaise foi, ils sont juste victimes d’une réelle haine ou de réelles discriminations et rejettent leur haine sur leur prochain comme le ferait n’importe qui a leur place finalement, et pensent bien faire ou être dans le bon camp !

Que faire en cas de cancel culture, si vous êtes victime de call-out ?

Si vous êtes le cancelleur ou témoin d’un cancel

Si vous êtes témoin d’un cancel, d’un call-out ou d’un appel au blocage, ne faites rien. En effet, un message disant « Untel est telle chose » ne veut rien dire, surtout lorsqu’il n’y a pas une preuve. Appliquez la présomption d’innocence.


Si vous êtes le cancelleur ou que vous êtes à deux doigts de faire un tweet pour défoncer la personne, patientez et attendez : Ce retweet était-il une approbation ? Ai-je bien interprété le message, est il réellement problématique ou c’est juste ma perception et mon opinion personnelle ?

Est-ce que cette personne le mérite ? Est-ce que c’était juste de l’humour de mauvais goût, et si c’est le cas ne faudrait-il pas juste dire à la personne que c’est pas drôle ? Est-ce que c’était un message ancien, dans ce cas là la personne peut avoir changé ? Est-ce que c’était un message privé ou restreint, dans ce cas là la personne avait peut être l’habitude de tenir ces propos avec certaines personnes comme clin d’œil sans pour autant que ça soit ce qu’elle pense réellement ? J’en passe, je ne pourrais pas réciter toutes les circonstances amenant à être cancellé pour rien.


D’ailleurs, vous êtes les premiers à être contre la justice punitive, la peine de mort et le modèle carcéral y compris pour des crimes ou des délits qui ne sont pas anodins, pensez vous vraiment que c’est une bonne idée d’en arriver là pour quelques mots de travers qui n’étaient probablement pas dit pour faire du mal ? Pourquoi ne pas juste faire remarquer à cette personne en privé en quoi ce qu’elle dit est problématique, et éventuellement signaler son tweet/post et passer à autre chose ? Autant ne pas accorder d’importance à cette personne, si ?


Expliquez lui simplement, si possible en message privé et de manière calme, en quoi son propos est problématique, et soyez ouvert à la possibilité que vous ayez simplement mal interprété le propos et que vous ayez tort. Si vous suivez la personne, ne l’unfollow pas, ne la bloquez pas ou ne portez pas ça en public : ça va juste répulser la personne et lui donner raison.


De même, quand quelqu’un tient un propos problématique, et encore plus quand c’est un tweet sans preuve qui parle d’un propos problématique, évitez d’y prendre part (même si on vous mentionne.) et si vous souhaitez quand même y prendre part, vérifiez le propos et soyez pédagogue. Et si la personne s’excuse, au moins en partie, et/ou dit se remettre en question et changer ses propos ou ses méthodes à l’avenir : Passez à autre chose. Le problème est réglé, pas la peine de continuer à lui tomber dessus derrière alors même qu’elle n’a rien demandé et a tourné la page.

Si un jour vous apprenez que quelqu’un que vous avez cancel pour quelques mots sur Internet s’est tiré une balle et son conjoint aussi juste après, et que deux enfants sont orphelins derrière ça, je pense que vous vous sentirez beaucoup moins fier. C’est déjà ce qu’il se passe à cause du harcèlement « traditionnel » et un jour ce type de drame va arriver suite à un cancel.

Et ce qui suit s’adresse spécifiquement aux SJW, bien qu’il n’y aura aucune remise en question, peut être que ça évitera que certaines personnes deviennent des SJW :


Si vous pensez que vous ne devez aucune pédagogie, qu’il vaut mieux lapider la personne que lui expliquer ou prendre ses propos d’un autre angle, qu’après tout le lynchage est mérité, que vous avez raison de tout façon car tel étude sociologique le dit, que le monde doit se terraformer selon votre vision de ce dernier sans aucun débat, que vous ne devez pas débattre avec vos opposants ou certains groupes sociaux (hommes, blancs, cis, hétéros…)

ni les écouter et que c’est a eux de se « déconstruire » sans ample débat ou explications, que vous êtes la seule victime et que tout les autres gens en dehors de votre clan font partie du camp du mal, que les non-concernés doivent juste vous suivre ou la fermer, que certains mots, certaines phrases ou certains courants de pensée sont réservés à des idéologies précises ou a des groupes sociaux précis, que de toute façon cette personne est x-phobe quelque soit ses arguments et les nuances qu’elle essaye d’apporter.

Ou encore si vous pensez que le harcèlement, les injures, la diffamation, l’ostracisation et autres joyeusetés sont horribles et ne sont pas justifiés « sauf dans certains cas, comme dans le cas d’une opinion politique problématique, d’un dérapage, de propos déplacés, etc…» : Résiliez votre abonnement Internet.
Vous ne militez pas, vous prêchez les convaincus de votre safe-space et vous repoussez les autres, vous êtes toxique et vous enfreignez la loi sur plusieurs niveaux (harcèlement, injures, discriminations pour opinions politiques, pour identité de genre ou ethnie, diffamation…).

Si vous êtes la victime du cancel

Déjà, remettez vous en question. Claire* par exemple, a effectivement utilisé une injure raciste, et bien que le cancel soit allé beaucoup trop loin pour « juste un mot » et qu’elle ne méritait pas ça, ça reste une injure raciste.
Pour l’exemple d’Astronogeek, il ne méritait en aucun cas d’avoir 25 000 tweets l’insultant et le diffamant mais son thread était mauvais au moins sur la forme (en particulier la partie sur le viol).
Ensuite, ignorez : Ne répondez pas, tout bêtement. Ce conseil paraît simple et pourtant, quand on se fait incendier c’est très dur de résister à l’envie de répondre.

N’insultez pas en retour, ne menacez pas, n’essayez pas de vous justifier… Les cancelleurs retourneront tout cela contre vous. Ne les bloquez pas, ils prendront généralement une capture d’écran du blocage pour dire a qui veut l’entendre que vous n’aimez pas débattre, même si le « débat » a commencé avec une invitation a aller vous faire mettre.


Masquez les conversations et les comptes et n’hésitez pas a désactiver vos comptes quelques jours ou a restreindre leur visibilité, ce n’est absolument pas un acte de faiblesse que de faire ça quand on est harcelé, insulté, diffamé… et qu’on ne le supporte plus psychiquement ou même physiquement.
La bave du crapaud n’atteint pas la colombe, quelque soit la couleur du crapaud ou de la colombe…

Et là, on pourrait se dire que c’est fini : on a tout dit. Pourtant, non, à chaque fois que j’écris une ligne de cet article j’en ai 3 qui me viennent en tête, il y a tellement d’exemples, c’est tellement énorme… Pour vous dire, les SJW et cancelleurs sont détestés par tout les camps politiques, de l’extrême gauche a l’extrême droite, et même maintenant chez les intersectionnels.
Du coup, j’ai dû m’arrêter car sinon j’en avais pour des semaines à écrire tout ce qu’il y a à écrire. Vous n’êtes pas convaincu par ces énormités que la cancel culture n’est pas anodine de même que les SJW ? Ou tout simplement ces « Wokeries » vous amusent ?


Et bien voici un dernier exemple, mais non des moindres (quoi que, une partie deux sortira peut être)
Je vous assure, vous allez rire un bon coup si vous n’êtes pas un SJW. Je vous met la plus drôle (c’est tellement énorme qu’on se demande comment c’est possible…) mais n’hésitez pas à tout regarder !


*Les noms ont été anonymisés.

Total Page Visits: 1511 - Today Page Visits: 3
The Perturbator

The Perturbator

"Les GJ et autres mouvements sociaux réagissent par l'émotionnel Je vais donc réagir par le rationnel"

1 réponse

  1. Article intéressant, très long mais accessible. Je ne connaissais pas le terme Cancel Culture ni ce procédé barbare d’annulation d’internaute sur le réseau internet. Cependant, je vois du lynchage quotidien sur Twitter.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *