Enquête Fascisme : FA, c’est vraiment toi ?

Enquête Fascisme
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FA, c’est vraiment toi ?

Jamais un mot n’aura été aussi galvaudé dans l’histoire contemporaine. A l’heure de la Cancel Culture, de l’écriture inclusive, de l’inclusion, en d’autres termes, de tout un champs de réformes sociétales censées gommer les discriminations, le résultat serait-il l’exact opposé?

Raciste: être ou ne pas être telle est la question

La lutte contre le racisme est devenue une cause sociétale, et ce dans toutes les sphères. La vitrine télévisuelle reflétant cette aseptisation généralisée et volontaire des rapports sociaux, du cinéma au sport, en passant par l’humour: rien n’y échappe. A grands renforts de spots publicitaires ou d’opérations de communication, les bougres devraient bien intérioriser une bonne fois pour toute ce qu’il est permis et non permis de penser. Et pourtant…

Le penser c’est une chose, le dire en est une autre

Heureusement pour la mère patrie, l’épouvantail Zemmour a débarqué. Ne nous leurrons pas, son audience est à la hauteur de son utilité pour le système qui lui est immuable de mandat en mandat. Et tous ceux qui voient en lui un Zorro 2.0 seront déçus. Dans le grand jeu des élections, le radicalisme a toujours servi à justifier l’immuabilité d’un système en place et le second tour verra triompher, pour un quinquennat de plus, son adversaire.

Chacun sa route, chacun son combat

Chacun veut sa part du gâteau, pourtant conscient de la légitimité du combat du voisin. Résultat: une véritable concurrence victimaire où chacun tire la couverture à soi au détriment du voisin. Le « Je pense donc je suis » laissant place au « Je suis donc je cris » Dans cette cacophonie généralisée, tout le monde souffre et veut le faire entendre, plaçant l’ego et le culte du « moi je » à son paroxysme.

On a connu les colonies

Dans son histoire, la France a toujours tenté d’étendre son territoire avec en ligne de mire l’assise de sa suprématie. Déjà en 1830, Charles X au plus bas de l’opinion publique s’était lancé dans la conquête de l’Algérie afin de satisfaire la soif de conquête de ses concitoyens. Mais le pas sera franchi et assumé à partir du second Empire: Napoléon III ambitionne d’un rayonnement mondial, passant ainsi par la modernisation de la Marine de guerre.

L’annexion de la Nouvelle Calédonie en 1853 sera le premier acte fondateur d’une volonté politique, qui traversera les temps et les régimes. En effet, la proclamation de la première République  ne changera en rien les aspirations précédentes. La République Française conservera ses territoires colonisés et cette ambition d’expansion géographique et politique, avec en point d’orgue, la sortie de la première guerre mondiale: la société des Nations octroie à la France un mandat pour la Syrie et le Liban.

La seconde guerre mondiale marque un tournant pour les territoires d’Outre Mer qui deviennent un véritable bastion de la résistance nationale. Le décret du 16 juillet 1945 fixera les conditions dans lesquelles seront étudiées les plans de développement économiques des colonies: un maître mot, la centralisation métropolitaine et ce malgré les engagements solennels du gouvernement pour garantir aux peuples d’Outre Mer l’insubordination de l’économie coloniale à l’économie métropolitaine et leur droit à l’affirmation économique.

Ajoutons à cela, l’apport humain et militaire des colonies sur le front, n’en déplaise aux révisionnistes de l’Histoire de France et leur constante volonté de minimiser les faits. L’Union Française en 1946 souhaite intégrer davantage les colonies dans la vie de la République. Cependant, les tentatives sont vaines et les peuples colonisés restent dans un état de subordination, de plus en plus insupportable. La décolonisation est en marche.

D’abord l’Afrique occidentale et l’Asie, ce qui diminue drastiquement l’étendue de l’outre mer français avec des conflits historiques qu’il s’agisse de l’Indochine conclu par les accords de Genève en 1954 et l’Algérie par les accords d’Evian en 1962. Un nouveau visage se dessine, la France perdant peu à peu de sa suprématie territoriale et géographique. Entre 1975 et 1980, l’indépendance est accordée à trois colonies supplémentaires, achevant la décolonisation de l’Afrique: les Comores à l’exception de Mayotte, les Afars et Issas et les Nouvelles-Hébrides. 

Depuis cette date, la dynamique gouvernementale métropolitaine a oscillé entre intégration des territoires à la République (les DOM devenant des régions d’Outre Mer) et reconnaissance de leurs spécifiticté avec les statut de collectivité d’Outre mer. La Nouvelle Calédonie, dont le sort est en discussion depuis 1980, rejettera son indépendance malgré un référendum organisé en 2018.

L’immigration, le goût et les couleurs

D’un point de vue sociétal, la colonisation, le clivage intestin légué par les conséquences de la seconde guerre mondiale et les vagues d’autodétermination des peuples à disposer d’eux mêmes auront marqué le citoyen français. Emotionnellement, il sera passé par tous les états.  Tantôt conquérant, suprémaciste, tantôt défait pris entre une France collaborationniste qui fait tâche et une France résistante pleine de gloire, héritage pénible à assumer.

Difficile de sortir d’une crise, dont le périmètre reste limité dans le temps: les héros d’hier le resteront à postérité jusqu’à ce que l’Histoire se plonge dans les tréfonds de leurs parcours de vie. On omettra pas de mentionner le passé de résistant comme un soupçon lumineux dans une carrière nébuleuse. Pour un combat commun, la ligne jaune n’existe plus: sous une même bannière auront été résistants autant de voyous que d’honnêtes citoyens.

Mais une fois la cause triomphante, chacun retourne à ses premiers amours. Le service d’action civique, lancé par De Gaulle, en sera le parfait exemple et lumière sera faite par la tragédie de la tuerie d’Auriol. 
Une France détruite, une France à reconstruire. Dans les années Trente, les étrangers représentaient déjà 7% de la population nationale. La Seconde Guerre mondiale aura provisoirement stoppé ces flux mais au sortir du conflit la France est détruite et donc à reconstruire.

Et le besoin en main d’œuvre est primordial. Alors, le 2 novembre 1945, l’Etat met en place l’ONI (Office National de l’Immigration) pour contrôler les flux migratoires tout en les favorisant. A l’époque, certains travailleurs étaient directement recruté dans leurs pays d’origine. Plusieurs vagues d’immigrations européennes s’en suivront. D’abord les Italiens atteignant la barre des 629000 en 1962, puis viendront les Espagnols passant de 289000 en 1954 à 607000 en 1958 et enfin les Portugais passant de 20000 en 1954 à 759000 en 1975.

Contrairement à toute attente, c’est bien cette population qui représente la première minorité étrangère sur le territoire français (22%). Après eux viennent les Algériens (711 000 en 1975).

L’Algérie, une exception française ?  

Oui du temps de sa colonisation. Jusqu’en 1962, l’Algérie est composée de trois départements français. De fait, elle dispose de conditions particulières de circulation et ne passent pas par l’aval de l’Office National de l’Immigration. Après son indépendance, les choses changent.

Des accords sont signés entre la France et l’Algérie pour réglementer les flux de travailleurs algériens. L’accord du 27 décembre 1968 prévoit un contingent de 35 000 entrées annuelles, ramenées ensuite à 25 000 en 1972. La carotte, trouver un travail et ce dans les neuf mois suivant l’arrivée. S’ils y parviennent, c’est le jackpot enfin..pour cinq ans: ils deviennent titulaires d’un certificat de résidence. 

La population immigrée représente 7% de la population active en 1975. Elle travaille majoritairement dans le secteur secondaire : bâtiment, travaux publics et industrie. Ils sont aussi nombreux dans l’agriculture. Loin du Brain Drain si populaire de nos jours, ils occupent majoritairement des emplois peu qualifiés. Pourtant, malgré ses efforts pour réguler les flux, les entrées sur le territoire se font de manière exponentielle, irrégulière et clandestine. Cependant, 82% de cette population est régularisée en 1968.

Au début des années 1970, le gouvernement tente de reprendre la main sur le dossier immigration, jusqu’à l’interdire en 1975. Une suspension alors que le nombre dépassait les trois millions. 24 ans plus tard, la barre dépasse les 4 millions, bien aidé par le jeu des migrations dites autorisées (regroupements familiaux et demandes d’asile)

Le choc des cultures

En 1980, le mouvement skinhead prend son essor en France. Issu d’Angleterre, il s’exporte progressivement et n’échappera pas aux logiques de bandes. A l’époque, la lutte est intestine au sein du mouvement: un groupuscule nationaliste se revendique d’une branche radicale des skinheads. Un porte parole en la personne de Serge Ayoub, dit Batskin. Leur combat: l’immigration et l’identité. Une vie en marge des codes sociétaux revendiquée, à grands renforts de coups de poings, de provocations voire de crimes racistes.

Face à cette extrêmisassion du mouvement, des bandes rivales issues du mouvement originel se développent pour lutter frontalement contre l’ennemi nationaliste: les Red Warriors, les Ruddy Fox ou encore les Ducky Boys parmi les plus connus.

Pendant une décennie, les tensions seront virulentes et violentes plongeant les immigrés dans la crainte de faire la mauvaise rencontre au mauvais endroit, au mauvais moment. Les choses tenderont à basculer à la fin des années 80 avec l’exportation, cette fois-ci, d’une autre culture. Afro-américaine cette fois ci. Le Hip Hop débarque et commence à représenter un espace d’identification des populations issues de l’immigration.

C’est le moment de prendre sa revanche, bien que le mouvement skinhead radical se soit progressivement délité dû à l’évolution personnelle, professionnelles et géographiques des individus composant ce groupuscule. La chasse au skin devient un véritable cheval de bataille pour des groupes comme les Black Dragons. D’autres mouvements issus de cette jeunesse prendront une autre trajectoire: les Requins Vicieux, plutôt spécialisés dans la dépouille.

L’ennemi se délite, presque disparaît. Ne reste plus que la bagarre pour la bagarre, et les années 90 verront proliférer des conflits entre bandes rivales. Les prémices de ce que l’on connaît aujourd’hui, la violence physique ayant gravi d’un cran avec l’entrée des armes à feu par les réseaux de l’Est européen doublée de la jeunesse de plus en plus poussée des acteurs (et donc encore moins de recul) dans les grand jeu de la violence.

Ces années fastes auront également vu l’émergence de Jean Marie LE PEN et de son Front national qui aura cristallisé l’attention des mouvements antiracistes. Son aura politique l’aura conduit à un second tour historique en 2002 contre l’ennemi Chirac. Entre temps, la France triomphante footballistiquement et l’avènement par Chirac lui même de la France Black Blanc Beur. SOS racisme et consorts n’auraient pas fait mieux. Car quand elle gagne, l’union est au beau fixe.

Quand elle perd, repli communautaire et recherche du coupable sont à prioriser. En digne héritière, Marine aura un temps fait l’illusion avant de s’affranchir de son père pour lancer son Rassemblement National. Une défaite en 2017 contre Macron et depuis l’émergence progressive de l’oiseau Zemmour. De bonne augure pour la suite?

L’identité nationale sera toujours un débat puisque les origines de ce conflit résident dans l’Homme lui même. Et ce peu importe la nature de la thématique choisie, les ressorts profonds restent les mêmes. Le besoin d’appartenance, de se revendiquer d’un groupe, de scléroser son rapport à la vie, d’étiqueter ce qu’il ne comprend pas, de ranger dans des cases hermétiques. Le besoin de contrôler sa vie, de ses émotions. Son instinct de domination.

L’Homme est un loup pour l’Homme et dans cette comparaison, les dents les plus acérées n’appartiennent pas à celui que l’on croit. 

Mc Solaar – Avec Les Loups – Kassded

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