Élections présidentielles 2022 : et la suite ?

Élections présidentielles 2022 : et la suite ?
Élections présidentielles 2022 : et la suite ?

Élections présidentielles 2022 : et la suite ?

Premier tour de passé, et l’effervescence est maintenant pour le deuxième tour, ou même le troisième tour… Je vous propose un peu de politique fiction.

Entre légendes et innovation.

Le pari des deux candidats repose sur ce paradoxe : il faut à la fois assurer aux électeurs traditionnels de son camp, que l’on reste bien et le gardien du temple et à la fois, il faut séduire d’autres électeurs en promettant ce qui était encore impossible dimanche.

Pour l’emmerdeur, l’image de marque est celle du gestionnaire de crise, celle de l’homme providentiel. Rappelez-vous, il est le sauveur de la crise Covid, le pompier international, le sauveur de l’emploi, le fossoyeur des gilets jaunes. Mais cette légende d’homme déterminé, inflexible, clairvoyant connaît maintenant ses limites. Il faut élargir la base électorale, aller chercher des voix plus au centre, ou même à gauche.

La dernière fois, il était le barrage contre l’extrême-droite, et cette notion de front républicain suffisait à elle seule pour assurer la victoire, aujourd’hui, il semble que pour de nombreuses personnes, ces cinq années ont démontré qu’il ne serait pas la barrière anti extrême-droite, et qu’il serait peut-être au contraire, le fournisseur officiel, en fracturant la société.

Plus à gauche, c’est oser classer « j’emmerde » dans les phrases affectives, c’est oser négocier la fameuse loi sur la retraite, c’est encore oser promettre un peu plus de démocratie par la proportionnelle et les consultations, c’est oser aller rencontrer « le peuple ». C’est compliqué, car il ne doit pas inquiéter les partisans, et plaire aux « Autres ». Certaines promesses sont sans risque, ce sera bien après son second mandat. La stratégie s’appuie également sur la déconsidération de l’adversaire, celle qui voulait du vaccin russe !

Pour Marine Marchande de haine, le paradoxe est similaire, elle doit associer la droite brutale et la gauche. D’un côté, elle prône la préférence nationale, et l’indépendance nationale, et de l’autre côté elle verse dans le social (coût de la vie, retraite à 60 ans) et plus de démocratie avec plus de référendums. Elle aussi fait rire en parlant de l’adversaire : « Dans quelques semaines, à force de me copier, il va appeler à voter Marine le Pen ! ».

Elle a aussi comme atout, le front anti-Macron, on voit fleurir beaucoup de « tout sauf Macron ».

Un pronostic ?

La tendance du « je ne choisis pas entre la peste et le choléra » va connaître ses limites, après la colère, la déception, l’éducation anti-facho, le réflexe républicain (il faut voter) vont reprendre le dessus. Macron sera réélu, moins fortement qu’il y a cinq ans. La gauche honteuse et déçue ne peut pas cautionner le RN, les Français sont encore nombreux à croire aux vertus du scrutin, à croire que les politiciens comptent…

Donc l’histoire va se répéter.

Le troisième tour ?

Là, j’arrête les pronostics. Le troisième tour est en fait dans les élections législatives. Comment les Français vont-ils réagir ? Seront-ils furieux d’avoir raté la marche par une gauche désunie, ou une extrême droite décevante ? Seront-ils comme souvent dans le mouvement de renforcement du président, et remettront-ils de En marche partout ?

La gauche commence déjà les manœuvres, Mélenchon se place déjà en leader dictateur, la cause de l’environnement est oubliée…

Il ne faut pas oublier les élus locaux PS et LR, la raclée présidentielle n’est pas la raclée locale… Une surprise peut nous attendre. Et quelle est la puissance de feu d’Eugène Z ?

Non, pas de pronostics, car il peut y avoir en copiant la réflexion d’Edgar Morin, de l’imprévisible, du créatif et la fin des systèmes anciens n’est pas encore réalisée.

Le quatrième tour : la rue

Évidemment, on va en parler, il faudra et qu’importe le troisième tour démontrer que les forces vives existent encore, il faudra mettre en garde les tenants du pouvoir. Comme un bon chien de garde, on va montrer les crocs, et une fois ce travail fait, le bon chien ira se recoucher en attendant sa pâtée.

Et tout fut à recommencer… (Prévert)

Le système électif fonctionne encore, il permet à chacun de se déresponsabiliser, on vote, on gueule et on s’endort. De toute façon, si cela ne va pas, c’est la faute des autres… … Si demain les étrangers sont rejetés, si demain les pauvres sont un plus saignés, si demain la planète va encore plus mal… Ce n’est pas de ma faute.

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

4 réponses

  1. diane dit :

    Marine Marchande de haine
    Tu peux développer s’il te plait !
    Merci

  2. Bonjour Diane,
    Merci de cette question, un peu étonnante, car j’emploie l’expression depuis de nombreux articles, que nous nous reprenons jamais mutuellement sur nos colères, critiques et insultes (parfois) pour les personnages publics, que ton appel au vote, que j’ai lu, se fonde sur un anti-macron et le fait que la candidate est une femme, non pas sur sa virginité politique, et enfin pourquoi pas me demander de développer, l’emmerdeur, Eugène Z … Etc.

    Pour Marine marchande de haine, l’expression n’est pas de moi, mais de Fatou Diome. Je ne dis pas ça pour me défausser, juste pour rendre à Fatou sa créativité. Cette auteure d’origine sénégalaise décrit dans plusieurs de ses ouvrages le racisme ambiant, et s’oppose légitimement (selon moi) à ta nouvelle favorite. Son combat anti-raciste est également le mien. Aujourd’hui, Marine Marchande de haine défend dans son programme la préférence nationale et pose l’immigration en problème. C’est un discours haineux. On peut débattre, mais rien que la façon d’amener la problématique est une base de haine populaire. Enfin, faut-il le rappeler, je ne défends pas l’emmerdeur, elle et lui sont pour moi les deux faces d’une pièce… Écœurante.

  3. Diane dit :

    Bonjour Renard
    La haine se lit aussi dans les faits et choisir qui peut vivre ou mourir est un fait grave et haineux voir eugeniste ; donc pour moi refuser de l eau à une réfugiée noire et offrir une fontaine à une réfugiée blanche est une haine ouverte et couverte !
    Bien à toi

  4. La noirceur de l un ne blanchit pas l autre

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