Elections présidentielles 2022 : Oh, qu’ils sont beaux !

Candidats Elections présidentielles 2022 : Oh, qu’ils sont beaux !
Elections présidentielles 2022 : Oh, qu’ils sont beaux !

Elections présidentielles

En bon citoyen, j’ai reçu les professions de foi des candidats. Pour une fois, j’ai regardé, j’ai lu. Et je m’autorise quelques observations.

La beauté, que de la beauté !

C’est sans doute l’aspect le plus impressionnant, et à la fois l’aspect le plus ignoré : c’est un concours de beauté. Pour être Président, il faut plaire. C’est évident pour chacun, mais pas pour moi. D’abord, j’exagère, Poutou, Arthaud ont choisi « le naturel », sans être laids. Ils ont tous un grand portrait, avec des regards qui vous regardent au fond de vous ; ils jouent la séduction. Ils vont même dans les textes à rappeler qu’ils sont des personnes simples issues du peuple.

Il est normal de séduire, enfin, c’est donc ça une élection, une opération de charme. C’est certain qu’une sale tête de clodo aurait peu de chances d’aller au second tour. La retouche photo est impressionnante, j’ai failli tomber amoureux de Pécresse la girouette, et les yeux de Marine Marchande de haine m’ont pénétré. Quant aux gars, ils présentent bien, sauf Poutou avec sa casquette de chômeur. L’emmerdeur fait homme mûr.

Ne me dites pas : « Il ne faut pas s’arrêter à ça ». Combien de personnes, d’électeurs responsables vont justement s’arrêter à ça. Le look ! Ce serait vraiment amusant de faire des élections à l’aveugle, fauteuils retournés comme dans The Voice.

Jacques Séguéla rapportait dans son bouquin « Ne dites pas à ma mère que je suis dans la publicité, elle me croit pianiste dans un bordel » que dans une assemblée, on avait diffusé une image floue d’un homme sympathique qui parlait aux enfants et  caressait son chien. On a demandé si les personnes présentes voteraient pour lui, et la grande majorité a approuvé. L’image est devenue nette, c’était Hitler.

Bourvil le chantait bien, l’important, c’est la façade.

On ne peut rien y changer, mais juste se dire que tout ça, finalement, se joue sur une bonne ou une mauvaise gueule.

J’oubliais… Les idées, il y a aussi les idées.

Dans un quatre pages, les idées tournent court. Elles sont des slogans, pas des dissertations. Bien sûr, on ne peut pas développer « le manifeste du parti communiste » pour expliquer le bonheur promis par Roussel, bien sûr Marine marchande de haine n’a pas la place pour faire l’inventaire de l’immigration qu’elle dénonce, bien sûr, l’emmerdeur n’a pas le temps d’expliquer le paradoxe entre son « nous tous », et son « je vous emmerde », bien sûr, l’homme en vert ne peut pas développer la démocratie qu’il développera partout sauf dans son parti, et enfin Eugène Z n’a pas le temps d’expliquer sa fraternité, mais juste de glisser « Je combats l’islam conquérant qui menace la France, mais je défendrai nos compatriotes musulmans qui aiment notre pays : ils sont nos frères. »

Et de toute façon qui lit ? Qui réfléchit par lui-même. On a chacun nos soucis ailleurs, et les journalistes font le travail.

À propos des idées, elles ne sont pas si nombreuses : on embauche des policiers et des infirmières, on chasse des étrangers et surtout, on limite leurs droits, on défend l’agriculture et l’environnement, on défend la France, l’industrie et les Français.

Je parie que ces idées étaient déjà présentes dans toutes les élections présidentielles de la Cinquième République.

Timidement, il y a un plus d’environnement, de protection, très modeste tout ça.

Heureusement, il y a les sondages…

Déjà, cela permet d’éliminer les candidats sans intérêt, les moins de 10 %. Ce sera donc soit Macron, soit Macron, avec une assise de plus de 40 % d’idées d’extrême droite. Soyons optimistes, imaginons une surprise. Un lapin qui sort du chapeau ! hors le comique de la situation, cela ne changerait pas grand-chose.

Ils sont tous présidentiables, autrement dit, ils sauront tous se conformer aux usages. Ils sauront allier discours, inaction et protection des grandes fortunes… Puisque cette République est faite pour ça !

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David Lerenard

Une vie de travail et une vie de nomade, environ trente emplois et autant de lieux d'habitation dans toute la France, des rencontres multiples et intenses. Sociologue, Directeur d'action sociale auprès de demandeurs d'asile, de jeunes en rupture sociale, de personnes handicapées et de différents services d'aide à la personne, l'auteur n'a cessé de fouiller les aventures humaines dans un seul souci, nourrir la confiance en soi de chaque âme en errance. Finalement heureux de se définir en clown aux bulles de savon, il cultive les lumières fugitives.

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