Élections 2022 : un jeu de dupes ?

Élections 2022
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Élections 2022

Le 13 mai 2022, Emmanuel Macron achèvera son mandat quinquennal. De nouveau, les sans dents retrouveront grâce aux yeux de la caste politicienne, bien obligée de s’y soumettre puisque le système électoral en place l’exige. Mince alors.

Ouverture du bal, premières danses de séduction et c’est reparti pour deux tours. Avec l’objectif essentiel : faire bonne impression. Intéressé ? À vous de jouer !

Pour être candidat, il vous suffira d’être majeur, jouir de vos droits civils et politiques et n’être dans aucun cas d’incapacité prévu par la loi – dans certains cas, la présomption d’innocence sera votre meilleure alliée, l’acquittement votre meilleure réponse.  Il vous faudra également réunir 500 signatures d’élus nationaux ou locaux d’au moins 30 départements différents, sans dépasser un dixième, soit 50 pour un même département ou une même collectivité. Un parcours du combattant s’ouvre à vous, et ce n’est que la première étape : séduire les élus. La seconde, séduire les électeurs. Toujours d’attaque ?

Et malgré un contexte sanitaire lourd à gérer, se projeter reste primordial pour nos têtes pensantes. Ainsi – bien que le dépôt officiel des demandes se fera en mars 2022, quelques-unes s’y voient déjà. Et parmi elles, quelques personnages familiers : Emmanuel Macron en sa qualité de président sortant, Laurent Wauquiez, Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand ; l’épouvantail Marine, son adjoint Philippot et la surprise du chef : Éric Zemmour : une belle brochette en perspective pour un avenir radieux sur l’Hexagone.

Pendant ce temps, l’insoumis Mélenchon donnera de la voix pour en retirer à ses acolytes Nathalie Arthaud, Anasse Kazib ou encore Fabien Roussel. Ajoutons à cela les plus petits, mais, sans nul doute, les plus enclins à un vrai changement, qui n’auront très certainement aucune chance d’atteindre le second tour : Philippe Poutou, François Asselineau ou encore Jean Lassalle. Parmi tous ces candidats, peut-être la moins prise en compte, mais la plus représentée démocratiquement dans les pourcentages : Madame Abstention. 

D’ici là, place aux coups bas en tout genre car dans ce monde-là, soyons certains, la fin justifie toujours les moyens.

Élections 2022 Foules sentimentales en période électorale ?

Abordons le sujet avec plus de sérieux. Dans Psychologie des Foules, Gustave Lebon, offre une analyse de la psychologie de l’électeur. « La première des qualités à posséder pour le candidat est le prestige. Le prestige personnel ne peut être remplacé que par celui de la fortune. Le talent, le génie même ne sont pas des éléments de succès. Cette nécessité pour le candidat d’être revêtu de prestige, de pouvoir par conséquent s’imposer sans discussion est capitale.

Si les électeurs, composés surtout d’ouvriers et de paysans, choisissent si rarement un des leurs pour les représenter, c’est que les personnalités sorties de leurs rangs n’ont pour eux aucun prestige. Ils ne nomment guère un égal, que pour des raisons accessoires, contrecarrer par exemple un homme éminent, un patron puissant, dans la dépendance duquel se trouve chaque jour l’électeur, et dont il a ainsi l’illusion de devenir un instant le maitre… »

Élections 2022 Exposition médiatique, influence électorale ?

L’influence de la masse et son opinion reste également primordiale dans nos choix, pouvant modifier nos perceptions jusqu’à nous voir nous y conformer. Dès lors, impossible de minimiser le rôle de l’exposition médiatique. Et Dieu sait que notre cher président en a outrageusement bénéficié lors de sa campagne électorale.

Élections 2022 Voter à la tête du client : mythe ou réalité ?

Alexander Todorov est professeur de Psychologie à la Booth School of Business de l’Université de Chicago. En 2005, il propose à ses étudiants une expérience originale mais terrifiante si l’on prend un temps soit peu de recul : chaque participant se voyait diffusé, pendant une seconde, des photographies de visages de politiciens ayant participé aux élections du Sénat et de la Chambre des représentants. Les sujets devaient désigner, parmi ses portraits, la personne la plus compétente – à noter, que chaque politicien connu au préalable par les sujets étaient écartés de l’étude pour ne pas fausser l’expérience.

Résultats : bien loin d’être rationnel, notre jugement se porterait sur les compétences  que l’on octroie en fonctions des traits physiques du candidat. Autrement dit, nos jugements seraient largement influencés par ce que l’on nomme « l’heuristique de représentativité » ; à savoir, en vulgarisant un peu, que notre choix se porterait sur les attributs physique DU candidat correspondant à notre propre représentation stéréotypée de ce à quoi devrait ressembler un homme politique. Une réponse parfaite quand l’on sait combien l’apparence prime dans les plus hautes sphères de notre société.

Élections 2022 La peur du changement

Georges Emmanuel Marcus est un professeur d’anthropologie à l’Université d’Irvine en Californie, dont la spécialité est l’anthropologie des élites. S’appuyant à la fois sur des résultats en psychologie sociale et en neurosciences, il a étudié les rôles de l’enthousiasme, de l’aversion et de l’anxiété dans la production des jugements politiques, notamment lors des élections.

L’anxiété est très intéressante. Lorsqu’elle est générée face à une situation d’incertitude, elle déclenche en réaction chez l’électeur la recherche d’information et court circuite le recours aux habitudes de penser. Si le changement d’intention de vote pourrait s’expliquer via cette théorie, elle remet en cause l’idée que la pensée conservatrice s’appuierait sur la peur du changement. En effet, cette dernière est plutôt favorable au changement, au contraire de la colère ou l’aversion qui maintiennent dans un système de pensée conservatrice. 

Intéressant lorsque l’on se remémore les dernières joutes pour le second tour. 

Élections 2022 Retour sur une décennie électorale

En 2007, la campagne controversée de Nicolas Sarkozy avait créé, à grand renfort médiatique, un besoin sécuritaire exacerbé chez les Français allié à des grandes promesses de réformes du gouvernement et du pays. En 2012, déçu en fut l’audience , déchu de la présidence ! 

« Le changement, c’est maintenant »… enfin pas tout de suite, tout de suite non plus

Pour l’incarner, François Hollande qui, à sa décharge, aura eu fort à faire avec l’une des périodes les plus anxiogènes de ces dernières décennies marquées par le terrorisme sur le territoire national. Moment fort de son quinquenat : l’application du 49 :3 contre lequel il s’insurgeait quelques années plus tôt. Et dans ses rangs, Emmanuel préparait son rush.

Dans le Mur, la République en Marche ! Elle l’était en 2017, triomphant face au Front National de Marine Le Pen. Elle l’est toujours en 2021. Espérons qu’elle ne loupe pas l’arrêt en 2022…

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Kevin BOËDARD

je souhaite mettre à profit ma passion pour l'écriture pour traiter de sujets sociétaux qui me tiennent à cœur (le handicap, politique nationale et internationale) ou encore des sujets plus transversaux sous un angle critique (dopage dans le sport, hooliganisme dans le sport etc.)

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