Edito 22 : L’anniversaire du Patron du Bar avec ses 40 ans de rouge, de rose et de noir

lionel belarbi Anniversaire
Lionel Belarbi Anniversaire

L’anniversaire du Patron

Une année et des miettes pour le journal abrasif ; 40 ans pour le patron ce lundi 8 février 2021, donc à moi-même, Lionel Belarbi.

Encore debout pour la quarantième

1981, 18 heure 30, un 8 février, arrivé dans le douzième arrondissent de Paris loin des ghettos de France, de la brigade des stups et des mineurs. Proche de la DASS, des psychologues et du commissariat du dix-neuvième arrondissement pour fugues récurrentes. Elevé à la dure par une mère isolée, seule, fatiguée, morte à mes 14 ans. Devenu orphelin, pupille de la nation, adolescent rebelle ne supportant pas les autorités, les éducateurs de mon foyer ont en perdu des cheveux.

Pour mes 15 anniversaires d’hivers a vendre des zedoux à Belleville, j’avais déjà un juge, un avocat et une cellule de GAV disponible un peu partout à Paname.

Les femmes ? Adoré et éduqué enfant par des prostituées (nounous), en clair, des collègues de ma mère, j’ai haï les hommes et le père que je n’ai jamais connu. Adolescent puis adulte, nombreuses ont fait partie de ma vie, je les ai toutes aimées et elles m’ont toutes oublié ou détesté.

Je pensais avoir, au féminin, tout écrit, dit, écouté, vu, connu, vécu, mais j’ai foiré mon existence, je me suis bien planté et je subis aujourd’hui le célibat avec les cheveux gras, mal rasé, puant le tabac froid…

Ma vie est un vrai champ de ruines, je n’ai plus rien à perdre. En effet, comme le dit M dans Skyfall à son 007 : « Les orphelins font toujours les meilleures recrues ».

Je ne suis pas le James Bond de la galère, mais une bonne recrue pour une sacrée vie de merde (VDM).

A 20 ans sans un franc en poche, mais logé au chaud dans un studio sans électricité, la littérature me berçait dans le noir avec deux trois vieilles bougies. En quelques mois, j’ai décroché un job et blindé de fric, je dépensais sans compter.

Jusqu’à mes 26 ans, je n’ai manqué de rien, avec un salaire de 3800€ net par mois, sans diplômes, le tout en autodidacte.

27 ans, une année de luxe puis de merdier, 120 000€ de dépenses avec 44 000 € de dettes, je suis passé du bélouga et du pétrus au pain sec de temps en temps, raccordé illégalement au courant électrique des parties communes de l’immeuble, emmerdant le syndic de copropriété et à qui je devais 4 ans de charges. Première hospitalisation en psychiatrie à la suite d’une grève de la faim et d’un suicide amer.

De 28 ans à 38 ans, 10 ans de tartines de merde, j’aurais connu, la rue, la psychiatrie (longs séjours), le mal-logement parfumé d’urine et de matière fécale avec les menaces de mort qui vont bien de la famille du propriétaire. Sur une dizaine de tentatives de suicide, j’ai presque réussi à m’envoyer en l’air, quelques minutes sans vie à être réanimé par les gendarmes, le SAMU et les sapeurs-pompiers. Je vous l’avoue, je n’ai pas vu de lumière blanche, même pas le néant. En effet, je n’avais pas les droits d’accès au paradis ni à l’enfer selon le très haut. La faucheuse a mâché le travail, quelle connasse !

Je voulais mourir, et je m’y prenais très mal. Pourtant, mélangé à cette vie nauséabonde, j’ai connu l’opulence, les soirées bourgeoises, le pognon plein les poches, avec quelques cartes bancaires qui ne m’ont jamais dit non. Ma banque ne m’a jamais rien refusé également. Propriétaire d’un joli appartement dans une belle résidence à 50 mètres du parc des Buttes Chaumont à Paris. A la limite du bourgeois-bohème (Bobo) et du nanti. Je ne me refusais rien, on ne me refusait rien ! Elle avait bon gout la vie putain !

Je suis passé de 1000€ par semaine de dépense à zéro euro du jour au lendemain à fumer les mégots et fouiller les poubelles de Paris car je refusais de faire la manche.

Aujourd’hui, je profite de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), je suis sous curatelle renforcée et j’ai 70€ de budget personnel par semaine accordé par ma curatrice. Je ne suis pas à plaindre ; je suis certes une personne sans domicile fixe, habitant en clinique psychiatrique depuis 5 ans non stop, malade mentale pas stabilisé. mais je ne suis pas à la rue et je mange à ma faim en dormant au chaud dans une chambre double avec un camarade fort sympathique. La classe ! Le 5 étoiles, c’est encore mieux qu’un Fouquet’s…

J’apprends à digérer le passé, et je tiens enfin à la vie n’ayant plus peur de rien, même les douleurs physiques et psychiques ne m’impressionnent plus.

J’ai du oublier pas mal de pages, voire de livres pour raconter ma vie, peut-être qu’un jour je l’écrirai pour mes lecteurs. Elle n’est pas vraiment mauvaise, si je la pèse sur une balance en faisant le point à cet instant. J’ai bien vécu, j’ai profité, je suis même presque mort.

Je pratique le mode FUCK ! Plus rien ne m’atteint et je me fous de tout le nuisible, les relations toxiques, les hommes et les femmes qui me boudent car je suis devenu une loque humaine et un franc-tireur qui dégueule bien fort ce qu’il pense.

J’ai quarante ans, ma vie est acide, elle commence à rouiller et d’autres la vivent, aujourd’hui encore…

Te laisse donc pas aller…

Te laisse donc pas aller…La Rumeur

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Lionel Belarbi

Sur ce blog je traite et analyse des sujets d’actualités qui me font frémir de délire, sans avoir un avis journalistique ou autres, j’exerce en toute impunité. Écrivain bipolaire à la plume corrosive, poétique, parfois humoristique ou tragique, mais toujours authentique. Merci de me signaler les fautes d'orthographe, elles sont nombreuses et je m'en excuse par avance.

3 réponses

  1. michel dit :

    La vie n’est pas un conte de fées. Vous n’êtes pas le premier et le dernier à vous précipiter dans la vie, pensez à l’avenir sans oublier le passé.
    Vous avez une expérience de vie derrière vous et la transformez en vie. Quarante ans, ce n’est pas beaucoup, il vous reste au moins quarante ans à vivre. Montrez que vous pouvez et en 40 ans écrivez que vous avez gagné votre vie.
    Joyeux anniversaire.

  2. QuiCouYou dit :

    La chaleur nest plus dans ton coeur A l’encre de tes veines tes écrits me sensibilisent
    Ne lâches pas la plume
    Très bon Anniversaire Lionel

  3. Diane dit :

    Main dans la main sur ton bateau et sur le pont chaque jour avec toi !
    Ta plume est magnifique c’est ton plus grand trésor.
    Bon anniversaire Patron !

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